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OF MONSTERS AND MEN @ L’OLYMPIA (25.06.2013)

On prend les mêmes et on recommence. Trois mois après leur soirée neigeuse au Trianon, les OMAM revenaient à Paris pour (re)défendre  leur premier album, My Head Is An Animal. Nouvelle étape d’une tournée marathon (90 dates depuis novembre 2012), cette escale dans la salle la plus prestigieuse de la capitale avait comme un avant-goût de déjà vu, déjà vécu. La question était de savoir si le septuor de Reikjavik récompenserait la fidélité (certains parleront d’acharnement) des spectateurs déjà présents en Mars dernier, en ne proposant pas exactement le même show que celui livré cent jours plus tôt. Pour être honnête, je nourrissais de sérieux doutes à ce sujet, mais j’étais tout de même disposé à laisser leur chance aux islandais volants, que je savais par ailleurs tout à fait capables d’enflammer la vénérable maison Cocatrix. Surprenez moi les gars.

Premier inédit de la soirée (autre que la mouette en peluche qui trônait sur l’ampli scène de Kristján Páll Kristjánsson – c’était un dragon en plastique au Trianon*-), ÁSGEIR TRAUSTI, nouvelle coqueluche des médias islandais, investit la scène en compagnie des deux musiciens de son groupe, nommé comme il se doit l’Ásgeir Trausti Band. Suite à un début de set assez déconcertant (au moins autant que le style capillaire d’un de ses acolytes, qui semblait avoir hybridé la célèbre mulette des années 80 avec la demie-iroquoise si populaire en ce moment, pour un résultat définitivement racé), assez proche du style minimal wave des XX, le propos se recentra sur du folk bon teint, ce qui permit à la voix du jeune songwriter (21 ans seulement) de se mettre en valeur.

Asgeir Trausti 11'

Doté d’un timbre aussi délicatement cotonneux que celui de James Vincent McMorrow, de compositions adéquatement rêveuses même si légèrement surannées et de la présence scénique humble, voire effacée, qui fait tout le charme des consorts de Justin Vernon et Ray LaMontagne, Ásgeir Trausti livra une prestation tout à fait satisfaisante, à laquelle l’Olympia réserva un accueil très favorable. Manquait toutefois la dimension créative, inhérente aux musiciens islandais depuis l’avènement de Björk et de Sigur Ros, pour convaincre totalement. Reste que pour un premier essai, Dýrð í dauðaþögn (Gloire dans le silence de mort, tout un programme**) se présente comme un album solide, et qui devrait aider Trausti à prendre pied en Europe, lorsqu’il sera disponible à la vente sur le vieux continent.

*: Chacun est libre d’interpréter ce changement de totem comme il l’entend.

**: Détail intéressant, toutes les chansons de l’album disposent d’une version originale (en islandais) et d’une version anglaise, vraisemblablement pour faciliter l’export.

Setlist Ásgeir Trausti:

1)Hærra 2)Heimförin 3)Sumargestur 4)Þennan Dag 5)Að grafa sig í fönn 6)Frost 7)??? 8)Leyndarmál

Les 20 minutes d’entracte réglementaire de l’Olympia permirent aux techniciens de préparer la scène pour la suite de la soirée, notamment en hissant une grande toile blanche entre la fosse et l’estrade, derrière laquelle on ne distinguait plus guère que les silhouettes des sphères suspendues derrière la batterie d’Arnar et les pianos droits de Steingrimur et Ragnhildur (ces noms, ces noms…). Ce fut donc en ombres chinoises que les OF MONSTERS AND MEN firent leur entrée à l’Olympia, sous un tonnerre d’applaudissements qui ne laissa planer aucun doute quant à la motivation du public.

Of Monsters And Men 5'

Alone we travelled on with nothing but a shadow…

Comme pour le concert du Trianon, ce fut Dirty Paws qui inaugura la setlist, après que les chants liturgiques bulgares servant d’introduction au groupe se soient tus. Le premier break du morceau vit tomber le voile qui masquait la scène, et s’en fut fini des innovations par rapport au précédent show parisien, pour une bonne demi-heure tout du moins. Les chansons s’enchaînèrent dans le même ordre que trois mois plus tôt, le Skeletons des Yeah Yeah Yeahs ayant simplement été décalé dans le rappel, et Sloom biffé au profit d’un inédit, Beneath My Bed. Ce morceau (écarté de la tracklist de My Head Is An Animal au moment de l’enregistrement de l’album, et cela se comprend à l’écoute; la chanson tirant un peu trop sur la corde de la simplicité mélodique, même selon les standards assez conciliants du groupe sur ce point), décrit par Ragni comme étant dédié à un voisin grenouille ayant déménagé en France (ah, l’univers coloré des OMAM), constitua donc la seule véritable nouveauté de la setlist, à la fois sur le fond et sur la forme. (Petite) Déception.

Malgré le caractère festif du concert, l’ardeur du public (aiguillonné à l’entrée de la dernière ligne droite par un lâché de confetti dorés) et la qualité de la prestation, je ne pus m’empêcher de me demander si le groupe ne jouait pas en pilote automatique, solution de confort souvent privilégiée lors de tournées interminables comme celle dans laquelle nos sept Islandais sont engagés depuis neuf mois. Ceci dit et quoiqu’il en fut réellement, je tiens à préciser que les Monsters mirent un point d’honneur à satisfaire leur public parisien, même si la communication avec ce dernier fut sensiblement moins importante que durant le concert du Trianon. Au moins, nous eûmes la confirmation que Nanna n’avait pas oublié le petit master class de français de Mars dernier au moment de Love Love Love, (re)rebaptisé Amour… pour l’occasion. Mené par un Arnar Hilmarsson tonitruant et ultra généreux, les OMAM firent passer aux 2000 spectateurs de l’Olympia une soirée mémorable, qui s’acheva )à nouveau par un Yellow Light partagé avec le public. Pourquoi diantre changer une formule qui marche…/?

Of Monsters And Men 9'

Notez tout de même que Ragni a osé le chapeau cette fois. On est loin du haut de forme de Kristján au Trianon, mais tout de même…

Setlist Of Monsters And Men:

1)Dirty Paws 2)From Finner 3)Slow And Steady 4)Mountain Sound 5)Your Bones 6)Love Love Love 7)King And Lionheart 8)Beneath My Bed 9)Lakehouse 10)Little Talks 11)Six Weeks

Rappel:
12)Skeletons (Yeah Yeah Yeahs’ cover) 13)Yellow Light

Au final, ce fut encore une soirée plaisante, et qui l’aurait été encore plus si je n’avais pas eu la mauvaise idée d’être un « revenant ». Engagez-vous, mais ne vous rengagez pas (sauf si vous êtes un fan absolu du groupe, bien sûr), voilà ce que je vous dis, et ce que je ferai pour le cas Of Monsters And Men, au moins jusqu’à ce qu’ils reviennent avec un nouvel album. D’ici là, l’album devrait suffire à combler tous mes besoins de lalala et hey hey, sans repasser par la case concert. À bon auditeur…

OF MONSTERS AND MEN @ LE TRIANON (12.03.2013)

Qu’est-ce qui est blanc, qui tombe du ciel, et qui peut causer une pagaille sans nom: A. De la neige B. De la cendre volcanique C. Des ours polaires zombies D. Le Pape? Si vous étiez dans les alentours de Paris ce mardi 12 Mars 2013, c’était sans doute la question à un million d’emmerdes. L’impitoyable zèle du général hiver  a plongé le Nord-Ouest de la France dans la consternation en même temps qu’il recouvrait l’ensemble d’une épaisse couche de puff. Sortez les peaux de phoque. Victimes collatérales de cette brève ère glaciaire, usagers du RER, chauffeurs de poids lourds et possesseurs de billets pour le concert des Killers au Zénith de Paris se retrouvèrent comme deux ronds de flan (à la noix de coco le flan, question de dress code). Bref, ce fut sans doute le plus blanc des mardis noirs qui nous fut infligé cette semaine, et par solidarité, je m’abstiendrai de faire la moindre blague quant à la frilosité du quatuor de Las Vegas, apparamment plus Battle Born que weatherproof *.
J’en rigole aujourd’hui, mais sache ami lecteur que je n’en menais pas large le jour même, en grande partie passé à actualiser les pages d’accueil du Trianon et du Transilien, en croisant les doigts pour que les nouvelles tant redoutées ne tombent pas. À quoi ça tient d’assister à un concert dans des moments pareils, hein? Et bien, à pas grand chose, mais ça a tout de même tenu, et je peux donc vous narrer par le menu le récit de la soirée islandaise qui se déroula boulevard de Rochechouart ce fameux mardi. Þriðjudagur en VO.

*: Une seule, c’est pas la mort tout de même.

Tout commence par une bonne heure d’attente devant le Trianon, coincé avec une poignée d’early-comers entre l’énorme bus de tournée des monstres de Reykjavík et les portes vitrées de la salle, fièrement ornées d’un programme trimestriel aussi généreux en têtes d’affiche qu’en fautes d’orthographe. Ce fut donc avec une gratitude non feinte que notre petite bande accueillit l’ouverture avancée des lieux, qui permit à tout le monde de patienter au chaud et au sec l’arrivée des artistes. Entre le mini-drapeau islandais surmontant la grosse caisse tricolore d’Arnar et la paire dragon-panda montant la garde sur l’ampli retour de Brynjar, la scène comportait son lot de décorum exotique et impénétrable à nous pauvres profanes, mais la palme du bizarre revint sans l’ombre d’un doute à l’étrange machine déployée aux avants-postes de l’estrade: depuis la fosse, ça ressemblait fort à une minuscule table de mixage surmontée de deux pupitres à iPad. Une bien piètre description de ce qui se révéla être, mais oui, l’infamous Muginstrument, ou, pour donner à la bête son nom savant, le Mirstumenti.

Mugison 7

Mugimama, is this the Muginstrument? Yes it is, you silly monkey.

Quand MUGISON (barbe jauressienne et costume chocolat) entra en scène, on ne sut trop bien d’abord s’il s’agissait d’un roadie très bien habillé ou de la première partie du concert. Il fallut que le staff consente à baisser l’éclairage jusqu’au point où le public devient attentif pour que la foule penche définitivement pour la seconde proposition. Il faut dire qu’Örn Elías Guðmundsson (il a bien fait de raccourcir je trouve) n’est pas encore très connu hors d’Islande (où il ne peut pas apparemment pas accorder sa guitare dans son garage sans recevoir dans la foulée le trophée du meilleur album de l’année), ce qui constitue une des innombrables injustices de l’existence. Avec dix ans de carrière, cinq albums, trois bandes-originales et un festival* au compteur, Mugison est l’un de ces OVNIs musicaux que l’on pourrait rater pendant toute sa vie, faute d’une exposition médiatique suffisante, mais que l’on ne peut facilement oublier une fois rencontré.

Son set débuta par un petit masterclass de Mirstumenti, affectueusement surnommé « art school shit » par son co-créateur. Malgré un design encore un peu brut de décoffrage, la bête se montra capable d’étonnantes prouesses soniques, évoquant par moments les mannes d’un orchestre d’harmonie (Poke A Pal), et par d’autres  l’esprit baroque d’un ost de synthétiseurs (Jesus Is A Good Name To Moan, The Deer). Une excentricité tout à fait fonctionnelle  (et c’est déjà pas mal), qui fut pourtant abandonnée après trois morceaux, Mugison cédant alors aux attraits rustiques d’une bonne vieille guitare sèche afin de mieux hurler le blues qui encrassait déjà sa voix lors son ouverture artistico-conceptuelle. Beuaaaargh.

Mugison 31

S(w)inging the bluuuuuuuues

Peut-être rassuré par cette approche plus terre à terre, le jusque là très poli public du Trianon décida rapidement de seconder l’intrépide islandais dans son numéro de blues shouter. Cela commença par quelques timides claquements de mains sur I Want You, histoire de marquer la cadence, et se transforma en furieux « singing/swinging » hurlés à pleins poumons par un bon millier de Frenchies remontés comme des coucous. Mugison tint alors à nous décerner le titre de meilleur public de la planète, ce qui est toujours agréable. Un morceau de heavy metal acoustique (si si, avec du grunt et tout) et un furieux Murr Murr plus tard, et il fut déjà temps pour le fils Muggi de prendre congé. Une vraie belle découverte, et un artiste à ne pas rater la prochaine fois qu’il posera le trépied du Mistrumenti par chez nous.

*: Et pas n’importe quel festival: le festival le plus inaccessible d’Islande (ce qui le place en bonne position dans la catégorie des festivals les plus inaccessibles au monde). Comptez 7-9 heures de route depuis Reykjavík pour arriver sur place. Pas de balance ni de soundcheck une fois sur place: tu te branches et tu joues 25 minutes. Et comme il n’y a pas d’hôtel, il faut connaître quelqu’un sur place pour  passer la nuit. Une pure merveille. Ça s’appelle l’Aldrei Music Festival, et cette année, ça tombe les 29 et 30 Mars.

Setlist Mugison:

1)Poke A Pal 2)Jesus Is A Good Name To Moan 3)The Deer 4)I Want You 5)The Pathetic Anthem 6)Sweetest Melody 7)Two Thumb Suck’n Son Of A Boyo 8)Murr Murr

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Of Monsters And Men 2²Ce fut sur les chœurs de l’armée rouge, ou quelque chose dans le style, que les OF MONSTERS AND MEN firent leur entrée sur scène. Sept jeunes gens aux patronymes interminables, engagés dans une tournée mondiale pour défendre leur premier opus, My Head Is An Animal, et de retour en France après un passage au Nouveau Casino et à Rock en Seine l’année dernière. Quelques mois qui auront suffi à faire évoluer le statut du groupe de révélation indie à tête d’affiche internationale, grâce à une poignée de singles irrésistibles et une image de band next door judicieusement utilisée. L’ovation réservée par la foule à la troupe de Reykjavík confirma d’entrée de jeu à cette dernière qu’elle allait évoluer en terrain conquis, et ce fut donc en toute confiance que les guitares de Nanna et Raggi donnèrent le coup d’envoi du show, qui débuta comme l’album par la fable naïve Dirty Paws. Premiers « hey! », premiers « lalala »  de la soirée, et premières communions avec le public, bien moins timide que lors du set de Mugison. Un bon début.

From Finner donna ensuite une première occasion à Arnar, frangé comme spin-off de Roger Daltrey, de s’illustre derrière ses fûts. Le Slow And Steady qui suivit permit à Nanna de vérifier la grande docilité des spectateurs, qui ne se firent pas prier pour soutenir la rythmique du morceau, et à mains levées s’il vous plaît. Après cela, la participation massive et enthousiaste de la foule au refrain de Mountain Sound était une affaire entendue, d’autant plus que le Trianon avait semble-t-il potassé les paroles avant de venir. Good guys. Première accélération à laquelle succéda  un morceau plus posé, le mélancolique Your Bones. Vous ai-je déjà dit que Raggi a une des plus belles voix du monde? Si ce n’était pas le cas, c’est maintenant fait, dommage que son micro ait éprouvé quelques difficultés à couvrir l’accompagnement fourni par le reste du groupe. Arrivés à la moitié de leur set, les Monsters s’autorisèrent une petite digression, la seule de la soirée, en reprenant le Skeletons de Yeah Yeah Yeahs, autre ensemble peu avare en chorus aussi simples qu’entraînants.

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Of Monsters And Men 12²Le morceau qui suivit fut précédé d’un petit exercice de traduction à la simplicité trompeuse. Car s’il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour établir que « love » se dit « amour » en français, il est en revanche assez compliqué de corriger la prononciation légèrement défaillante d’une étrangère quand vos huit cents voisins essaient de faire de même au même moment. Mais tout finit par rentrer dans l’ordre, et Nanna put donc annoncer dans un français impeccable qu’elle s’apprêtait à interpréter la chanson Amour Amour Amour. Pour les lecteurs non familiers avec le répertoire d’OMAM, je précise qu’il s’agit du morceau le plus dépouillé de l’album, une ballade guitare-voix à peine rehaussée de quelques nappes d’accordéon et phrases de piano. L’ambiance aurait donc du être au recueillement et à l’introspection pendant les quelques minutes nécessaire à l’exécution de la pièce. Malheureusement, le dieu des télécoms (connu pour son douteux sens de l’humour) en décida autrement*. Dommage.

Of Monsters And Men 5²Passé ce moment de grâce acoustique mort-né, le set donna de plus belle dans les hymnes fédérateurs, domaine dans lequel Of Monsters And Men bénéficie d’une expertise certaine. King And Lionheart d’abord, puis une version allongée Lakehouse (sponsorisée par Guy Hoquet Immobilier), avant que ne retentissent sans crier gare les premiers accords de Little Talks, qui amenèrent naturellement la salle au point d’ébullition en cinq dixièmes de seconde. La trompette de Ragnhildur eut enfin l’occasion de briller, après trois quart d’heure de travail de fond, et son solo enjoué constitua sans doute l’apogée festive de la soirée. Il échut ensuite à Six Weeks, adaptation islandaise du Wake Up d’Arcade Fire, de refermer le concert proprement dit. La petite troupe quitta la scène sous les ovations du public, pour mieux revenir une minute plus tard afin de tirer ses deux dernières cartouches.

*: Il y a des jours où je me demande pourquoi on a pris la peine d’inventer le mode vibreur et le répondeur.

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Ce fut Sloom, élégie pleine d’amour familiale (« mon père, ma mère, mes frèreszémésoeurs, woho… ») qui ouvrit ce bal des terminantes. Puis, comme pour faire de nouveau écho à la tracklist de My Head Is An Animal, vint le tour de Yellow Light, conclusion d’un album et d’une soirée tous deux forts réussis. Derniers « lalalalalala » repris en chœur, derniers motifs de trompette, dernière communion avec le public… et c’en fut cette fois bien fini. Brynjar s’extirpa de la fosse après un ultime bain de foule et rejoignit le reste de la troupe pour saluer un Trianon tout simplement heureux. Sjáumst seinna!

De retour à l’air libre, chacun se débrouilla comme il put pour rentrer chez lui malgré la neige. Pour un peu, on aurait remercié la météo d’avoir joué la carte islandaise jusqu’au bout. Avant d’arriver à la gare, au moins. Hasard du calendrier, le prochain concert parisien des OMAM (à l’Olympia, le 25 Juin prochain) tombera encore un mardi. Faut-il y voir un signe, et se préparer à aller Boulevard des Capucines en traîneau à chiens, malgré la date estivale de l’évènement? Qui peut dire? Je serais vous, je garderai une petite laine en réserve, juste au cas où…

Of Monsters And Men 27

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Setlist Of Monsters And Men:

1)Dirty Paws 2)From Finner 3)Slow And Steady 4)Mountain Sound 5)Your Bones 6)Skeletons (Yeah Yeah Yeahs’ cover) 7)Love Love Love 8)King And Lionheart 9)Lakehouse 10) Little Talks 11)Six Weeks
Rappel:
12)Sloom 13)Yellow Light

ROCK EN SEINE – JOUR 2 (SAMEDI)

Une des choses appréciables avec Rock en Seine, c’est que les banlieusards occidentaux (comprendre, qui viennent des Yvelines) n’ont pas de problème pour se garer une fois sur place. Pour un festival « parisien », ça mérite d’être souligné. C’est donc en voiture que nous sommes retournés sur place le samedi, prêts à affronter le très dense programme de la journée. Pensez, pas moins de onze noms étaient couchés sur la roadmap du jour au moment du départ, pour un résultat (espéré) des plus copieux. Il allait falloir s’économiser pendant l’après-midi pour ne pas s’effondrer comme une bûche dans la dernière ligne droite, et c’est avec cette consigne en tête que nous nous glissés dans le parc de St Cloud sur les coups de 15h30. L’homme sage connaît ses limites.

Comme la veille, un décollage un peu trop tardif nous force à faire une croix sur le trio Californiens des UME, dont la frontwoman valait pourtant le détour si j’en crois les élogieux retours qui n’ont pas manqué de pleuvoir après la prestation des Yankees sur la scène Pression live (quitte à nommer les scènes d’après les sponsors, ils auraient pu offrir des bières gratuites aux spectateurs faisant l’effort de se rendre jusqu’ici – car ça fait une bonne trotte depuis la grande scène – ). Tant pis.

Je crois que l’illustrateur n’a pas été très inspiré par son sujet (et pourtant, entre Steinbeck, les monstres, l’Islande et la musique du groupe, il y avait de quoi faire)

Pas question cependant de rater les autres Islandais de Rock en Seine, après avoir du renoncer au show de Sigur Ros quelques heures auparavant. La tribu des OF MONSTERS AND MEN posait en effet ses bagages et instruments à St Cloud pour présenter son album My Head Is An Animal, le jour même de sa sortie française. Le hasard fait tout de même bien les choses. Surfant sur le succès de leur single Little Talks et sur le buzz généré par la presse musicale, toujours prompte à adouber des successeurs aux artistes qui marchent fort (dans notre cas, les Montréalais d’Arcade Fire, dont l’indie rock imparable, luxuriant et volontiers épique  peut en effet être rapproché du style de la bande de Garður), les OMAM tournaient depuis des mois avant leur venue en France, d’où une certaine appréhension de ma part au moment de les découvrir en live. La session acoustique enregistrée en Angleterre quelques jours auparavant laissait en effet apparaître des musiciens visiblement peu enchantés de devoir toujours jouer les mêmes chansons.

Heureusement pour nous, le topo fut tout autre ce samedi, les Monsters ayant visiblement à cœur de réussir leur premier show au pays des fromages. L’occasion pour Nanna, Ragnar et le reste de la troupe de réaliser qu’ils jouissaient déjà d’une considérable notoriété auprès du public français, qui n’avait pourtant eu que Little Talks à se mettre sous la dent avant ce 25 Août. Espérons que ça leur donne envie de repasser par chez nous au printemps prochain, après leur tournée anglaise.

Car la musique d’Of Monsters And Men à ce petit truc spécial, ce zeste de je ne sais quoi qui gonfle à bloc les batteries d’optimisme de l’auditeur en l’espace d’un refrain. Les voir construire des hymnes à la joie d’une évidence absolue à partir de quatre accords ouverts sur une guitare sèche (voire moins: 3 seulement pour Lakehouse) est un spectacle aussi fascinant que délectable pour le spectateur, qui pourra méditer longtemps après coup sur la fabuleuse capacité du rock à générer sans cesse de nouvelles chansons géniales malgré un catalogue de notes et d’accords somme toute assez limité.
Bien sûr, l’équation ne serait pas complète si j’oubliais de mentionner les autres atouts que les OMAM ont en main: un duo de chanteurs-guitaristes très complémentaires en les personnes de Nanna (chant joliment heurté et look de folkeuse punk) et Ragnar (voix de velours et physique de hobbit plutôt que de viking), des arrangements léchés et le côté « bande de potes » apporté par le nombre de musiciens sur scène. Et puis, dans une époque dominée par les artistes américains et britanniques, il y a peut-être une préférence instinctive de la part du public français envers les groupes d’une origine plus « exotique ».  Quoiqu’il en soit, voilà une joyeuse troupe qu’il s’agira de ne pas perdre de vue dans le futur, et qui nous a offert un parfait démarrage pour notre samedi. Takk guys.

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S‘est ensuite ouverte une période assez frustrante, pendant laquelle je n’ai pu, pour diverses raisons, assister à un seul concert d’un bout à l’autre. Premiers à pâtir de cet épisode volage, les petits jeunes de TOY, dont le rock shoegaze et largement instrumental (tout du moins, le morceau sur lequel nous les avons rejoints – et quittés – après dix bonnes minutes de marche) était sans doute trop contemplatif pour un samedi après-midi ensoleillé.

Il faut dire qu’après la cure de bonne humeur gracieusement offerte par OMAM et le rapide passage obligé devant le folk rock rugissant d’ALBERTA CROSS sur le chemin de la scène Pression Live, le spectacle de 5 chevelus courbés qui sur sa gratte, qui sur ses claviers, qui sur ses fûts, l’ensemble tricotant patiemment de longues montées orchestrales entre chaque intervention chantée de Tom Dougall, nécessitait sans doute davantage de concentration que ce que l’immense majorité des festivaliers présents (nous y compris) aurait pu rassembler en y mettant du sien. Je reste toutefois persuadé que cette quintette de jeunes loups au look, à l’attitude et à la musique so totally british mérite qu’on se penche sur son cas avec la plus grande attention (vous êtes d’ailleurs cordialement invités à venir voir les TOY jouer – haha – le 16 Novembre prochain à la Maroquinerie).

Et ce fut donc la grande Alberta qui hérita de nous pour une fin de concert (3 morceaux) passée derrière la barrière d’osier qui interdisait l’accès au côté gauche de la scène. Une ruse de sioux qui nous permit de profiter des derniers morceaux du duo à une distance raisonnable, et même de faire quelques photos pas si pire par un des trous ménagés par les festivaliers nous ayant précédé sur le spot (je n’ai fait que l’agrandir légèrement, je le jure votre honneur). Difficile dans ces conditions de se plonger dans la musique proposée par les sieurs Stakee et Wolfers, d’autant plus que je n’avais aucun morceau connu auquel me raccrocher. Et pourtant, je connais cette voix haut perchée et sans artifice, que j’ai du écouter quelques fois sans prendre la peine de chercher à qui elle appartenait. Bref, un créneau 16/17 assez mal négocié de notre part, puisqu’écartelé entre deux bouts de concerts trop courts pour bien profiter et surtout, beaucoup de randonnée pédestre dans le parc de St Cloud.

Chapi Chapo... Bodobo

Chapi Chapo… Bodobo

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Les choses ne s’améliorèrent que de manière très superficielle pour le show d’HYPHEN HYPHEN (prononcer Aïfeun Aïfeun), qui fit les frais d’un aller et retour à travers le public pour reconstituer le groupe, éparpillé après un passage au stand merchandising. Je n’ai donc retenu de Santa et sa bande que leurs peintures de guerre et leur énergique jeu de scène, ce qui est déjà pas mal, mais loin d’être suffisant au vu de la montagne de commentaires élogieux que j’avais lu sur ce groupe de Niçois déchaînés, qui repasseront par la capitale dans point trop longtemps (le 12 Septembre au Café de la Danse).  La troisième fois sera peut-être la bonne…

Après « Santo et le Trésor de Dracula », « Santa et le Mystère de la Tête Géante »… Ça promet.

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Vint ensuite le temps des retrouvailles avec les joyeux allumés de CARAVAN PALACE, qui avaient considérablement secoué le public du festival de Ronquières lors de leur passage au plan incliné en juillet dernier. De nouveau relégués derrière la barrière/paravent (qui n’a pas du finir Rock en Seine en un seul morceau) du côté gauche de la scène, nous assistons à l’intégralité (enfin!) du concert, qui, s’il fut aussi enlevé que ce que l’on était en droit d’attendre de la part des apôtres de l’electro-swing, toujours menés à la baguette par la délurée Zoé Colotis, ne fut jamais proche de rivaliser avec la folie euphorique qui avait balayé le public belge quelques semaines plus tôt. Encore une fois, on peut expliquer en partie la relative tiédeur du public par la chaleur qui régnait au moment du show et à un horaire de passage (17h30 – 18h30) encore trop précoce pour un emballement populaire digne de ce nom, souvent très largement corrélé à la quantité de bière ingurgitée par le festivalier moyen. Sans alcool, la fête est plus molle.

Prestation… lumineuse de Caravan Palace


De retour devant la grande scène en prévision de la prestation lourde de sens de Noel Gallagher et de ses pioupious, nous assistons à quelques minutes du show donné par le dIEU belge du rock (et ses séraphins intermittents), le toujours fringant Tom Barman. Et puisqu’il s’agit de filer notre métaphore éthylique jusqu’à la lie, je me dois de préciser que les dEUS ont bien joué Girls Keep Drinkin à Rock en Seine (merci à Chacaloute pour la vidéo :-)). Dans un monde parfait, je n’aurais pas eu à quitter le pré après un Quatre Mains très attendu et plutôt décevant en live (difficile de retrouver la tension palpable de la version studio dans une enceinte aussi gigantesque) et aurais ainsi pu approfondir ma connaissance de ce groupe qui semble exceller dans toutes les facettes du rock, particularité rare et louable à une époque où la spécialisation forcenée et les reconversions/expérimentations musicales malheureuses (non, je ne parlerai pas du dernier Muse) sont la norme plutôt que l’exception. Mais, que voulez-vous, à quelques centaines de mètres de là, the sea (et la scène de la cascade par la même occasion) was calling, et il aurait été impoli de ne pas répondre à son appel.

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Les Australiens de THE TEMPER TRAP repassaient donc à Paris pour une deuxième et dernière date après le très bon concert donné à la Maroquinerie le 12 Juillet dernier. Ayant eu la chance d’assister à ce dernier, je doutais très fortement de la capacité de Dougy et ses potes de livrer une prestation d’aussi bonne tenue à Rock en Seine, et malheureusement, ce fut bien ce qui arriva. Premier et principal responsable de ce net coup de moins bien, un son proprement dégueulasse. Je veux bien être compréhensif vis à vis des techniciens en charge des balances, chargés de la mission quasiment impossible d’obtenir un rendu de qualité pour des milliers de spectateurs, aussi bien ceux situés à deux qu’à deux cent mètres de la scène, mais je crois honnêtement qu’on a battu tous les records précédemment établis à St Cloud en matière de basses sur-sonorisées, qui ont atteint sans trop forcer la limite basse de l’insupportable pour les malheureux des dix premiers rangs.

On dirait que le précipité bleu de la couv’ du dernier album en a inspiré certains…

C’est dans des situations comme celles-là que l’on est rudement content de ne pas avoir oublié ses earplugs à la maison, et de ne pas dépendre des douteux suppositoires en mousse distribués gratuitement par les organisateurs (et je ne parle même pas des inconscients qui ont enduré l’intégralité du set sans protections du tout). Car quand on sent le cartilage de son nez vibrer à chaque fois qu’un gonze effleure une corde de sa basse, une touche de son clavier ou la pédale de sa grosse caisse, situations assez fréquentes au cours d’un concert de rock, on ne peut qu’espérer que les quelques grammes de plastique faisant barrage dans le conduit auditif suffiront à préserver nos fragiles et précieux petits tympans du pire de l’agression sonique.

Difficile donc dans ces conditions d’apprécier à leur juste valeur les morceaux de la quintette de Melbourne, qui n’a fort logiquement pas atteint le même état de grâce que lors de leur passage en 2010 (c’était sur la grande scène, et le son avait été très correct), sans parler de la magie pure de leur halte à la Maroquinerie.
En grands professionnels, les Wallabies ont tout de même livré un set généreusement fourni en tubes, confirmés (Love Lost, Fader, Science of Fear et bien entendu, l’incontournable Sweet Disposition) ou en devenir (London’s Burning, Need Your Love ou encore Miracle), qui, s’il ne s’est pas révélé très surprenant (quasiment la même setlist que pour le concert de la Maroquinerie), a offert aux fans présents, dont une bonne quantité d’anglo-saxons, une heure d’exutoire pop-rock. Il y en a même eu pour pogotter durant le show, réaction que j’ai trouvé légèrement déplacée eu égard à la musique jouée, mais bon YOLO comme on dit maintenant. Reste que si je ne devais retenir qu’un seul concert des TTT, celui du 25 Août 2012 ne figurerait même pas sur la shortlist des lauréats potentiels. Il y a des jours avec et des jours sans.

Face à l'adversité, Dougy et Jonathon restent stoïques tandis que Joseph... Oh, Joseph, ça va?

Face à l’adversité, Dougy et Jonathon restent stoïques tandis que Joseph… Oh, Joseph, ça va?

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À 20h, NOEL GALLAGHER fait deux belles surprises au public de Rock en Seine. 1) Il monte sur scène (il aurait pu s’engueuler avec le batteur et annoncer la dissolution des High Flyin’ Birds, hein). 2) Il joue près de la moitié des chansons figurant sur son premier album solo, ce qui, au vu des setlists touaregs (comprendre, basées à 90% sur de l’Oasis) servies par le bonhomme durant pas mal de ses dernières prestations festivalières, n’avait rien d’une évidence. Personnellement, j’ai considéré ce parti pris comme une preuve de respect envers les spectateurs français, à qui Nono et ses zosieaux n’ont pas fait le coup de la nostalgie déplacée.

Évidemment, le final a tout de même été l’occasion de faire chanter la foule avec deux vieux millésimes (parce que, hein, Oasis is good), en l’occurence Whatever et un ultime Don’t Look Back In Anger qui pouvait être interprété de bien des manières dans l’enceinte de Rock en Seine, théâtre de la mort du groupe des frangins Gallagher trois ans plus tôt. Mais l’essentiel du set fut consacré à des compositions plus récentes, certes moins populaires auprès des fans bédouins, et Dieu sait qu’ils étaient nombreux parmi le public ce soir, mais toutes solides et agréables à l’oreille, comme Noel sait en ouvrager: AKA…What A Life!Stranded On The Wrong Beach, (I Wanna Live In A Dream In My) Record Machine, Everybody’s On The RunThe Death Of You And Me, If I Had A Gun

L’occasion pour beaucoup de se rendre compte que même sans le charisme hooliganesque de Liam et sa coupe de cheveux innommable, le cadet de la fratrie Gallagher est capable de voler de ses propres ailes. Évidemment, l’absence du frangin grande gueule se fait principalement sentir au niveau du rythme du concert, qui restera planplan d’un bout à l’autre, mais ce n’est pas comme si on ne savait pas à quoi s’attendre avec Noel, qui n’a jamais semblé très à l’aise sur une scène. C’est donc avec un flegme tout britannique que ce dernier met fin aux réjouissances et repart… sans avoir joué Wonderwall. Une preuve supplémentaire de bon goût, vous irez loin Mr. Gallagher.

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Belle affiche, mais absolument pas en rapport avec la musique du groupe (hommage à la Blacksploitation, vous croyez?)

Entre 22h et 23h au parc de St Cloud, le noir était la couleur reine: la nuit est tombée depuis longtemps, le festival est noir de monde et surtout, les artistes programmés sur ce créneau respectent le dress code imposé par les organisateurs: sur la grande scène, les BLACK KEYS et leur blues-rock crasseux et hautement addictif, et sur la scène de la cascade, les BLACK SEEDS et leur reggae festif et inspiré. Faîtes votre choix bonnes gens.

Et, assez curieusement, je me suis retrouvé devant le show des Néo-Zélandais, alors que mes prédispositions naturelles m’auraient plutôt conduit à assister à la démonstration de la paire Auerbach-Carney, sérieuse candidate au titre de meilleur duo rock du moment (surtout depuis la dissolution des White Stripes). Le concert des Kiwis présentait cependant deux énormes avantages par rapport à celui des natifs d’Akron: 1) il était tout à fait permis d’espérer le suivre à une distance raisonnable, voire accoudé à la barrière si on s’y prenait pas trop tard et 2) la scène Pression live sur laquelle Mark Lanegan devait jouer juste après la fin des deux « Black Sabbats » était bien plus proche de la scène de l’industrie que de la grande scène.

Et au final, le choix de la raison se révéla être un vrai coup de cœur, car les Black Seeds, comme les Fat Freddy’s Drop avant eux (un autre groupe néo-zed qui avait emballé le public de Rock en Seine en 2010) ont livré un set impeccable et généreux dans une ambiance bonne enfant incroyable que je ne m’attendais pas à retrouver dans un festival de cette taille. Visiblement très content d’avoir quand même du public malgré la concurrence des Black Keys, les gars ont déroulé un reggae lustré et profond avec un plaisir évident pour les quelques dizaines d’Happy Few qui avaient fait le déplacement. 45 minutes passées dans un univers parallèle, cosy et chaleureux (et pourtant, il a plu à la fin du show!), plus proche de l’intimité d’une Maroquinerie, d’un Point Éphémère ou d’une Flèche d’Or que du gigantisme parfois un peu pesant du parc de Saint Cloud. Ce n’est pas souvent que l’on voit les techniciens danser dans les travées backstage, et c’est précisément ce qui s’est passé pendant le concert, un spectacle qui n’a fait qu’ajouter un peu à la douce euphorie générale de l’ensemble. Le genre de prestation qui vous réconcilie avec la musique live, si besoin était. Very well done, Wellington.

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Décidément, c’est l’année des tumeurs cérébrales funky (my eye is my sanctuary)

La journée se termine avec un pèlerinage initiatique jusqu’à la scène Pression live, sur laquelle MARK LANEGAN, poète rock buriné à la voix calleuse, doit défendre son dernier disque, le formidable même si légèrement désespérant Blues Funeral (rien que le titre annonce la couleur). Programmé sur un créneau horaire (ooh30-01h30) où l’on s’attend plus à entendre des DJs que de la musique live jouée sur de vrais instruments, et où pas mal de festivaliers n’aspirent plus qu’à aller se coucher après des heures passées à crapahuter de scènes en scènes, les organisateurs ont eu un coup de génie pour attirer tout de même quelques (jeunes) curieux. Ça se passe sur la présentation de l’artiste du livret, je cite: « L’Américain pionnier de la culture grunge […] celui qui fut l’ami de Kurt Cobain… » Bref, de quoi appâter quelques cohortes de nostalgiques des 90’s poisseuses et white trash, à l’époque où porter des jeans troués, des sweats informes et des cheveux graisseux était considéré comme le summum du bon goût.

Seulement, il faut bien se rendre à l’évidence: si Mark Lanegan a bien été l’homme décrit dans le livret, la musique qu’il joue maintenant, et depuis un bon paquet d’années, n’a pas grand chose à voir avec les galettes de Nirvana ou de Pearl Jam. Il ne faut sans doute pas chercher plus loin la cause des nombreuses défections de spectateurs pendant le concert, qui ont estimé, peut-être à raison, avoir été trompés sur la marchandise. D’autant plus que Mark n’a rien fait pour convaincre les indécis de lui donner une deuxième chance: planté devant son micro pendant tout le concert, une étrange casquette de gangsta rap vissé à l’envers sur la crinière, le seul mot qu’il a prononcé en dehors des textes de ses morceaux fut un « merci » enroué à mi-parcours. Il s’est donc montré plus loquace que Dylan aux Vieilles Charrues, mais de pas grand chose. Ajoutez à cela les moues renfrognée, digne d’un Rambo s’apprêtant à s’auto-cautériser avec la poudre d’une de ses cartouches, dont il n’a cessé de régaler le public pendant une heure, et vous comprendrez sans peine pourquoi seuls les fans convaincus étaient encore présents à sa sortie de scène.

Mais pour ceux-là, nul doute que la prestation de Mark et de son band, emmené par un guitariste lead à la croisée de Jamie Hince des Kills et (du fantôme) de Johnny Cash aura été convaincante. Car si le bonhomme n’est pas très causant, il a tout de même de sacrées bonnes chansons, délivrées avec ce mélange de finesse et de rugosité dans laquelle on peut retrouver aussi bien la gouaille d’un Tom Waits que l’élégance d’un Chris Rea. Grandiose. N’étant familier que de son répertoire le plus récent, j’ai particulièrement aimé le final du concert, pendant lequel se sont enchaînés comme dans un rêve le rock bluesy de Riot In My House, les beats mélancoliques de Ode To Sad Disco, et les guitares célestes et pensives du magnifique Harborview Hospital. À peine le temps de respirer (et d’applaudir) que Mark persistait et signait avec un Tiny Grain Of Truth lancinant et hypnotique à souhait. On a vraiment bien fait de rester jusqu’au bout.

La photo d’art c’est facile, il suffit d’un boîtier bas de gamme et d’une luminosité baroque.

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Ce samedi s’achève donc sur une note très positive, grâce à trois derniers concerts variant de la bonne surprise (Noel Gallagher High Flyin’ Birds) au pur moment de magie (Mark Lanegan Band), en passant par une belle découverte (The Black Seeds). Au chapitre des « + », on peut évidemment rajouter les prometteurs Of Monsters And Men en tout début d’après-midi, qui aura tout de même fortement pâti de notre incapacité à nous fixer une fois pour toutes (TOY, Alberta Cross, Hyphen Hyphen, dEUS), de problèmes techniques (The Temper Trap) et, ironiquement, du franc et chaud soleil d’Août, qui favorise plus la torpeur que la communion musicale (Caravan Palace). Merci samedi, et vivement dimanche.

PS:Comme la dernière fois, les lecteurs de bons goûts feront un tour sur le compte-rendu de la journée publié sur mywonderwall.fr, qui prennent de belles photos, font de chouettes vidéos et rendent leurs papiers dans les temps, eux.

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