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FESTIVAL DE RONQUIÈRES – JOUR 1 (SAMEDI)

Si on vous demande un jour quelle est la spécialité de Ronquières, paisible communauté rurale sise en plein cœur de la province du Hainaut, deux réponses s’offrent à vous. En fin connaisseur de l’histoire de l’élevage des gallinacées et autres oiseaux de basse-cour en Europe de l’Ouest, vous pouvez opter pour les iconiques races de dindons qui font la fierté du bourg depuis le 17ème siècle (j’avoue avoir une tendresse particulière pour le Ronquières à épaules jaunes, même si le Ronquières fauve n’est pas mal non plus). Soit.
Mais vous pouvez également choisir de discourir du fameux plan incliné de Ronquières, ouvrage monumental et plutôt laid, dont la fonction principale est de servir d’ascenseur pour les péniches navigant sur l’axe Bruxelles-Charleroi. De là, il n’y a qu’une écluse à franchir pour embrayer sur le tout nouveau festival musical qui est venu égayer le gris béton du lieu le temps d’un week end, les 28 et 29 Juillet derniers. Suivez le guide.

Welcome to the barnyard

Sans vouloir manquer de respect à nos amis Belges et mettre en cause l’indépendance de leur beau pays, la Wallonie peut vraiment être incluse dans la grande banlieue parisienne, grâce/à cause de la qualité de l’infrastructure ferroviaire développée dans la région depuis ces dernières décennies. Pensez: même pas une heure pour rallier Lille depuis la capitale, puis à peine le double de temps pour se rendre sur place, en empruntant les nombreux TER « capillaires » qui irriguent généreusement l’intérieur du plat pays. Rallier Mantes la Jolie depuis Provins prend parfois plus de temps les jours de grève SNCF.

Tu vois pas bien? Clique clique sur l’image, bande de crevettes! (car j’ai des références underground, moâ)

Question transport donc, l’unique couac du périple sera de se faire déposer par la navette, spécialement affrétée par les organisateurs entre Braine le Comte et Ronquières, à un bon kilomètre du site du festival à proprement, alors que rien n’empêchait notre fringuant véhicule de nous laisser au pied de l’accueil du camping. Pas de quoi fouetter le Chat de Gelluck, mais je peux témoigner qu’après une dernière longueur interminable, on n’a qu’une hâte, c’est de déposer la tente Quechua (pratique en tous points sauf au chapitre du transport).

Agrandissement sauvage de la surface colonisable

Fort heureusement pour nos épaules endolories, l’effervescence régnant dans le camping (dont le succès a manifestement pris de court les organisateurs, qui avaient dédié à cette commodité un espace bien insuffisant pour faire face à la demande, d’où une extension réalisée en catastrophe au moment de notre arrivée) nous a permis de glisser, bien inconsciemment, entre les mailles du filet des contrôles de billets, et de nous installer sur le pré sans passer précédemment par la case « pose de bracelet ». Ce n’a été que partie remise, bien évidemment, mais cette légère entorse de procédure a été la très bienvenue pour souffler un peu après dune demi-journée de portage soutenu.
À notre départ pour le village du festival, la Quechua trônait fièrement au bord dans l’unique allée du nouveau camping de Ronquières, bien encadrée des deux côtés par des voisins que l’organisation avait fortement incité à l’agglutination (la place risquant de manquer malgré l’agrandissement de la surface disponible décrété en haut lieu*), et derrière par la route, non fermée à la circulation durant le week end comme on s’en apercevrait plus tard (c’est là qu’on est content d’avoir posé quelques sardines, car le passage des véhicules à quelques centimètres de la tente – il y avait une barrière volante entre la route et le camping tout de même, on n’est pas dans une légende urbaine belge – n’a pas manqué de soulever l’abri de toile). Dans le lointain, HIPPOCAMPE FOU, son set terminé, rendossait sa camisole avant de repartir vers les grands fonds.

*: impossible de me sortir de la tête l’idée – stupide – que les organisateurs avaient pris leurs quartiers tout en haut de la tour du plan incliné, et veillaient au bon déroulement de leur festival du haut de leur inexpugnable bastion.

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Premiers à s’élancer sur l’une des deux scènes du lieu (judicieusement nommées Bâbord et Tribord), les anglais de METRONOMY, que j’avais pourtant pris soin d’éviter à Solidays et aux Vieilles Charrues. La grille horaire de Ronquières ne mettant aucun artiste en compétition, pas d’excuse cette fois pour ne pas assister à la prestation des quatre de Totnes. L’introduction à la Riviera britannique se fera toutefois en douceur, la bande de Joseph ne devant jouer que quarante minutes, un autre festival requérant leur présence en Angleterre plus tard dans la soirée (si on peut en croire le présentateur venu nous annoncer quelle bande de petits chanceux nous étions de pouvoir voir un show de Metronomy à 15h20).

Certains pourront demander la cause d’une telle antipathie manifeste envers le quatuor british que l’Europe s’arrache depuis un an. À ceux là, je n’avais jusque là aucun argument valable à présenter, mis à part ma profonde méfiance vis à vis des artistes portés aux nues par les apparatchiks du microcosme journalistique en charge de la musique, qui nous ont, il faut bien le reconnaître, souvent pris pour des truffes (remember l’épiphénomène Lana del Rey?). I hate hype, un point c’est tout. Mah bon, un tel acharnement négatif sur un groupe dont je n’avais pour tout dire jamais entendu la musique – mis à part un bout de clip à l’esthétique tellement arty-modernisante qu’il vieillira sans doute horriblement mal – n’étant pas une attitude des plus constructives, et n’ayant nulle part où errer de toute façon, il ne me coûtait pas grand chose d’assister à la performance du combo briton.

Ponctuels, les quatre lads prennent possession des lieux dès le retrait du présentateur, d’abord Joseph, suivi de Gbenga, Oscar et enfin Anna (dont Mr Loyal avait vanté l’habileté baguettes en main). S’en suivront 40 minutes pendant lesquelles j’ai vainement attendu qu’ils commencent enfin à jouer la musique excitante pour laquelle ils ont été bombardés tête d’affiche par tous les festivals les ayant booké cet été. Mais rien, absolument rien ne méritant ne serait-ce qu’une écoute distraite dans un ascenseur de supermarché n’est sorti des amplis de la scène Tribord pendant l’entière durée du set, mis à part un ultime morceau vaguement dansant, et qui se voulait sans doute le point d’orgue d’une prestation « enlevée » et « tubesque ». Une des rares phrases du leader barbu des nouveaux gourous de l’electro pop donnera un début d’explication à la réception assez mitigée du public de Ronquières: Jo avait compté sur une foule un peu plus imbibée, cliché sur la fameuse descente belge oblige. Manque de pot, à part les deux soûlons et les trois fans finis (qui se scieront les cordes vocales à hurler le nom des performers entre les morceaux, pour de biens maigres résultats), le reste de la fosse restera assez tiède, à l’image de la bière servie dans les pubs de sa Gracieuse Majesté.

Y a pas de quoi rire, gars

Seul bon point, Anna me rappelle furieusement une autre artiste que j’espère voir bientôt en concert…

On pourrait développer longtemps les raisons de ce presque camouflet infligé à ce que la tendance actuelle voudrait nous faire considérer comme zeveribest, comme par exemple le fait que les Metronomy: 1) sont un groupe à claviers dans l’acceptation Django Djangesque du terme, 2) avaient pour les ¾ d’entre eux un style vestimentaire BCBG moche, 3) sont des instrumentistes très quelconques (mis à part Gbenga, qui surnage à peu près), 4) sont des chanteurs très quelconques aussi; mais tout le monde n’est pas Bob Dylan. Contentons nous de laisser le mot de la fin à Mr Paul de Triggerfinger, qui, interrogé sur le caractère du public belge lors de son passage aux Vieilles Charrues, s’est contenté de souligner son exigence: « si ça passe en Belgique, ça passera partout ailleurs en Europe. » Messieurs les Anglais, tirez (les conclusions qui s’imposent) les premiers.

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À 16h, changement de quart. Direction la scène Bâbord, où les STEREO GRAND n’ont pas attendu longtemps après le départ de Metronomy pour assurer une relève nettement plus rock. Ah, ça fait plaisir de voir un groupe où la guitare n’est pas seulement un ornement scénique que l’on grattouille au passage à l’heure d’hiver pour en tirer un triste fond sonore!

Entourés de leurs amplis et enceintes blancs, les représentants de l’école de Bruxelles ressemblent à des vendeurs de chez Darty profitant de la pause syndicale pour jammer en douce entre les rangées de frigidaires, mais l’essentiel est ailleurs. À peine dérangés par une rotation de bacs sur le plan incliné (une des vraies valeurs ajoutées du festival de Ronquières par rapport à la concurrence: ce n’est pas tous les jours que l’on voit des spectacles de ce genre), les Stereo Grand enchaînent tranquillement les morceaux et en profitent pour se faire un peu d’auto-promotion de bonne guerre au passage (l’album sort en Septembre).

Dommage que les caractéristiques les plus notables du groupe soient pour le moment la vague ressemblance que leur frontman entretient avec Elton John (Elton Jeune, je précise, ça doit venir de l’immense paire de lunettes noires qui lui mangeaient la moitié du visage) et leur clavier avec David Guetta, car, musicalement parlant, tout est en place. Il ne faudra plus attendre longtemps pour qu’ils accouchent d’un tube pop-rock digne de ce nom (leur compo la plus efficace pour le moment étant le très – trop – gentillet Yeah Yeah, qui, à l’image de leur musique, est plein de promesses encore non réalisées… One step beyond, guys!), qui leur permettra de se faire un nom sur la scène européenne. Bref, même si on ne s’attardera pas longtemps sur le premier album à venir, on serait bien inspiré de garder les Stereo Grand dans un coin de sa mémoire et de se réveiller quand l’heure du deuxième opus aura sonné.

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Retour sur la scène Tribord pour une virée en Uruguay avec le groupe MONTEVIDEO. Tel les Pokémons de mon enfance (et de la votre aussi, soyez honnêtes), on a l’impression de se retrouver avec la version évoluée de la bestiole précédente, plus méchante, plus inventive et plus mature. Certes, tous les morceaux joués par la quintette de Bruxelles (encore) à Ronquières n’entreront pas dans la postérité, mais un bon tiers du set était constitué de matériel vraiment solide, qui m’ont donné envie de retenter l’expérience live quand ils passeront au Café de la Danse le 5 Octobre prochain.

Bien servi par un chanteur à l’aise avec son statut de frontman, un guitariste au look Krieger, capable de se fendre de soli incisifs et de s’aventurer en terres funk le temps d’un morceau, histoire de varier les plaisirs, d’une section rythmique carrée (malgré un batteur en béquilles, on salue la performance) et d’un clavier plus typé piano bar que nappes de synthé, ce qui est toujours agréable par les temps qui courent, je classe définitivement Montevideo dans la catégorie des petits  groupes presque arrivés à maturation. Dépêchez-vous de vous accrocher au wagon, et vous pourrez dire que vous les souteniez quand ils étaient encore jeunes et méconnus.

Prêts à tous les sacrifices pour être sûr d’avoir une bonne place lors de la venue d’OZARK HENRY, tête d’affiche personnelle de notre binôme pour ce samedi, nous décidons d’un commun accord de faire une croix sur les BIKINIANS et sur 1995. Une brève escapade à la buvette permettra toutefois de confirmer une folle rumeur: oui, Giacomo Panarasi tient bien les fûts pour le premier des groupes susnommés. Cet homme (déjà frontman des Romano Nervoso, programmés le lendemain) aurait-il tous les talents?

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Heureusement pour nous, la longue attente du show du Joe Dassin de Courtrai (son Indian Summer, loin d’être aussi rococo que l’Été Indien du Français, faisant foi) sera entrecoupée par le concert des invités de dernière minute du festival, le couple de SOLD OUT, qui remplacent sur le pouce les Lillois de SKIP THE USE, excusés pour raisons personnelles.

Un nom aussi bravache combiné à une absence d’instruments autres que le terrible combo claviers+boîte à rythmes n’avait a priori rien pour inciter votre serviteur à la clémence envers le tandem electro convoqué par les organisateurs, et pourtant… Et pourtant, il m’a bien fallu reconnaître l’élégance minimaliste et le savoir-faire évident des hymnes dance, certes pas très originaux, mais rigoureusement efficaces, servis par le duo. Il aurait fallu être de très mauvaise foi, ou sanglé dans une minerve, pour ne pas ne serait-ce que secouer la tête en cadence sur les cascades de beats savamment déversés par la moitié masculine de l’ensemble, responsable de tout ou partie de l’habillage sonore des morceaux, tandis que sa partenaire, mi-Amy Winehouse, mi-Simone de Beauvoir, s’évertuait à sortir de sa torpeur. L’organe de la demoiselle avait beau ne pas être sensationnel (ce qui n’a d’ailleurs rien de bien handicapant dans ce style de musique, où la diction et l’énergie pèsent beaucoup plus lourds que la tessiture et la sensibilité d’une voix), la conviction avec laquelle elle en a fait usage a achevé de me convaincre du potentiel des Sold Out, qui pourraient bientôt rejoindre les rangs des autres groupes/couples (peut on parler de « grouples »?) ayant réussi à se faire une place au soleil ces dernières années, tels The Dø, The Tings Tings ou The Kills. On peut d’ores et déjà leur prédire un grand succès parmi le segment pro-abstinence du grand public, grâce aux titres I Don’t Want To Have Sex With You et You’re Too Drunk To Fuck.

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Looking at the sailor, not the sea

20h. Le jour décline sur le plan incliné, et le présentateur revient affronter la foule pour annoncer l’arrivée imminente d’Ozark Henry, dont il nous prie expressément de respecter l’élégance. Comme si on avait fait le voyage depuis les Yvelines pour lui balancer des chicons, man. Un coup d’oeil au premier rang du public lui aurait en outre permis de distinguer le fan ultime du magicien Oz’, le genre de type qu’on devine prêt à assurer le service d’ordre avec zèle en cas de velléités hooliganesques trop prononcées de la part de spectateurs indifférents à l’élégance du grand Henry.

Car grand, il l’est le bougre. Sapé comme un Man In Black en week-end, l’agent O promène sa carcasse filiforme entre son clavier et le devant de la scène, reléguant son backing band à l’arrière plan, de manière littérale et figurée. Sans être vraiment un showman extraordinaire, Ozark dégage en effet un magnétisme qui rend difficile de le quitter des yeux. Et puis, bien sûr, il y a cette voix particulière, ni très puissante ni très facile dans les aigus (impression encore renforcée par le live, où j’ai eu plusieurs fois l’impression qu’il allait se péter un tendon du cou dès qu’il montait chercher une note un peu haute), mais qui a le truc qui permet de l’identifier à coup sûr dès les premières secondes d’un morceau (d’ailleurs, vous connaissez peut-être Ozark Henry sans le savoir: il a participé à l’un des morceaux les plus connus de Novastar, Never Back Down et son clip ambiance classe piscine).

Petite déception, le géant de Courtrai ne semblait pas au mieux de sa forme vocale ce soir là, faiblesse qu’une performance en plein air ne fait évidemment que renforcer. Au chapitre de la communication avec le public en revanche, sans se montrer très expansif, barrière de la langue oblige, on a senti Ozark visiblement content de se produire à Ronquières, confirmant du même coup « l’attachement de l’artiste à la Wallonie » que le présentateur nous avait fait miroiter avant de lâcher les fauves. Il faut dire que, même très majoritairement francophone, le public présent connaissait ses classiques, comme l’a prouvé sa participation lors du diptyque At Sea et This One’s For You qui ont clôturé le show. On nous avait promis de l’élégance, nous avons été servi. À revoir absolument dans une (petite) salle parisienne dès que possible, pour une balade plus immersive encore dans les montagnes de l’Arkansas.

Quand je vous disais qu’il était immense…

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Revenu de sa cure de désintoxication thaïlandaise (ou viré de cette dernière, comme certains spectateurs n’ont pas hésité à l’insinuer) à temps pour honorer ses engagements belges, après quelques jours de flottements pendant lesquels les organisateurs ne savaient pas trop s’il viendrait ou pas, PETER DOHERTY est déjà à pied d’œuvre sur la scène Bâbord quand nous arrivons enfin à décoller de la barrière Tribord.
Autant l’avouer tout de suite, j’ai longtemps détesté le c0-leader des Libertines, trop admiré et érigé en nouvelle incarnation du songwriter décadent ultime pour être honnête. Il y avait eu ce concert des Babyshambles à la fête de l’Humanité en 2008, subi avec résignation dans l’attente de l’arrivée de Roger Hodgson, où j’avais eu tout le temps de me demander ce qui pouvait pousser autant de personnes à un tel niveau de vénération, pogos frénétiques et évacuations manu militari par le service d’ordre faisant foi de leur foi. Il y avait aussi l’écoute dubitative de Grace/Wastelands, premier opus solo immédiatement catalogué culte par la critique, la même qui devait quatre ans plus tard faire une fixette sur Metronomy (j’en suis sûr). Merde, on se met une pelletée de glaçons dans le slip tout le monde, il n’y a qu’un seul Dylan.

Mais ça, c’était avant de voir Bob aux Vieilles Charrues. S’il ne fallait retenir qu’une seule chose de l’anti-performance de l’icône, c’est qu’il ne sert à rien de vivre dans le passé. Plutôt que de se braquer sur les gloires d’antan, dont certaines auraient mieux fait de mourir jeunes et au top, plutôt que de s’étioler dans les affres de la sénescence et du souvenir de ce qu’elles furent quelques décennies plus tôt, mieux vaut essayer de garder contact avec la scène actuelle, afin d’identifier les mythes de demain avant qu’il ne faille vendre un rein de son premier né pour assister à un de leurs concerts.
Bref, Dylan n’est pas encore mort – certes -, mais cela ne doit pas nous empêcher de lui chercher un successeur valable. Cette hypothèse posée, le cas Doherty méritait d’être sérieusement réexaminé.

Car à y regarder de plus près, le toxico de Hexham et le poète de Duluth ont beaucoup en commun.
Premièrement, une intelligence et une inventivité scénique ayant vite fait de surprendre et de dérouter le spectateur lambda. Dylan réarrange ses chansons sur scène jusqu’à les rendre méconnaissables, Doherty convoque lui une paire de danseuse en déshabillé faire des entrechats en brandissant l‘Union Jack pendant qu’il continue à jouer ses morceaux comme si de rien n’était.
Deuxièmement, nos deux sujets partagent un indubitable sens mélodique, les rendant aptes à trousser des chansons mémorables, ou au moins très au dessus de ce que peut proposer la concurrence, sur une simple guitare sèche. Si j’osais, je dirais même que Pete surclasse largement Zim sur ce point (dont la chance a été d’écrire ses chansons à trois accords ouverts à une époque où c’était encore possible de le faire sans se faire aussitôt poursuivre en plagiat).
Troisièmement, on peut rapprocher les textes, volontiers vagabonds et sujets à interprétation pour nos deux gaillards, que ces derniers brodent à longueur de morceaux. J’entends déjà les pierres des puristes de Dylan me siffler aux oreilles, mais entendons-nous bien: il s’agit là plus d’une similarité dans la démarche que d’une confrontation d’égal à égal, Bob restant à des années-lumières de ses rivaux et de ses padawans.
Quatrièmement, et pour finir, l’attitude franchement désinvolte des deux hommes sur scène, jamais trop regardant quant à la réaction de leur public (même s’il y a plus de jemenfoutisme dans un seul sourire en coin de Dylan que dans toutes les pitreries de Doherty).
Bref, ce parallèle vaut ce qu’il vaut, et on verra si Peter passera lui aussi en tête d’affiche aux Vieilles Charrues le soir du dimanche du 21 Juillet 2052 (vous pouvez vérifier).

En attendant l’expiration du délai, toxic Pete s’est contenté de faire son boulot à Ronquières, tenant l’auditoire en haleine durant l’intégralité d’un set livré seul à la guitare acoustique et à l’harmonica (encore un point  commun des plus évidents), généreusement arrosé de bière (belge, on espère) et terminé sur un Arcady aux contours incertains, à l’image du reste des morceaux, fondus les uns aux autres dans une progression foutraque mais plaisante à suivre, même pour le néophyte. Note personnelle: penser à garder un œil sur le bonhomme dans le futur.

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Le temps d’acheter quelques menues collations pour tenir jusqu’au bout de la nuit, et il a fallu se résoudre à regarder les CARAVAN PALACE de loin. Dommage, mais d’un autre côté, pas sûr que l’assiette de couscous royal poulet aurait résisté aux mouvements de foule déclenchés à loisir par Sonia et ses six acolytes. Je n’aime (toujours) pas le jazz, mais ça, ça décoiffe. En salle, ça doit permettre d’éliminer plus de kilo calories qu’une séance de Gym Tonic avec Véronique et Davina.

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Au petit jeu de quel côté gueulera le plus fort, JOEY STARR apporte la victoire à Bâbord sans discussion possible. On se rend sur place en curieux plutôt qu’en adepte, juste pour voir comment le félin de St Denis arrivera à se dépatouiller du public d’un festival où la tête d’affiche est l’antithèse du 92ème rugissant, M POKORA himself. Matois comme pas deux, Joey évitera le clash direct avec le chouchou de ces dames pour se contenter de taper sur son punching ball habituel, le toujours pratique Doc Gynéco, qui n’a pas fini de payer ses prises de position droitière.

Côté show, on a assisté à une redite du set des Solidays, en moins riche (pas de Mamy Blue ni d’Oxmo Puccino cette fois) et en moins débridé (pas de jeté de masques dans la foule). Pour le reste, c’est tout le monde la main en l’heure pendant l’heure réglementaire, et malheur à ceux qui ne jouent pas le jeu dans la ligne de mire du Jaguarr. Malgré son énergie habituelle, il aura pourtant bien du mal à garder sa troupe à bloc dans la dernière longueur, les légions d’Outre-Meuse n’hésitant pas longtemps avant de déserter en direction du dernier show de la soirée. Tout finira par un Carnival à la chorégraphie bien facilitée par les gros trous dans le public dans ces ultimes moments. Pressentant la fin, l’ex NTM s’éclipse avant que son crew ne surpasse en nombre les derniers fidèles accrochés aux barrières. Pour la postérité, on retiendra que la punition du jour, un sample de la Compagnie Créole, a suscité l’adhésion plutôt que le rejet dans la foule, au grand désarroi de Joey, qui a du se résoudre à utiliser l’arme fatale (le générique de Chapi Chapo, effet garanti) pour obtenir la réaction désirée. Le jaguar ne fait pas la loi dans la basse-cour de Ronquières, qu’on se le dise.

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Allez, on essaie de s’achever avec le flow d’un minot de Marseille rejeté par les flots (moi aussi, je peux rapper) bien loin de la Canebière: SOPRANO, venu avec un pote DJ et une platine dans le Hainault. T’as raison coco, les musiciens, ça coûte cher pour ce que ça sert. Bon déjà, il aurait fallu lui dire que c’était « Ronquières » et non pas « La Ronquière », mais comme il faisait le ramadan et qu’il était fatigué, on lui pardonne. Moi, je ne faisais pas le ramadan, mais j’étais fatigué aussi, alors on a du m’excuser aussi.  Vu de loin (et par un type qui n’a écouté qu’un seul disque de hip hop dans sa vie*), il m’a semblé que le duel Intercités Nord-Sud tournait en faveur du pastaga à l’applaudimètre, mais il faudrait vérifier auprès de quelqu’un ayant eu le courage de rester jusqu’au bout.

*: et c’était du hip hop breton en plus, le Panique Celtique de Manau… La Tribu de Dana, toute mon année de CM2…

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Retour à la tente après une première journée plus placée sous le signe de la (re)découverte que de l’emballement pur et simple. Disons qu’on commence en douceur avant un dimanche à l’affiche beaucoup plus lourde, jugez plutôt: ROMANO NERVOSO (il faut les avoir vu pour comprendre), TRIGGERFINGER et IAMX, rien que ça. Pour l’heure, nous découvrons avec émerveillement le potentiel de la Belgique au « 200 mètres (à) poil » (qui compense heureusement la nullité des athlètes du roi Albert II  au camping ballon – dont le but est, on le rappelle, de ne pas envoyer la balle sur les tentes). Ah, quel beau pays.

PS: Cette chronique est dédiée à un festivalier campeur répondant au nom de Martin. Martin, si tu me lis, j’espère que tu me pardonneras de t’appeler par ton prénom, toi qui a failli fracasser une bouteille sur le crâne du malheureux béjaune qui avait osé faire la même chose cette nuit là. Bref, Martin, arrête de boire si tu as l’alcool aussi violent.

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SOLIDAYS 2012 – JOUR 3 (Dimanche)

DIMANCHE

À la différence des deux jours précédents, je reviens à Longchamp le dimanche accompagné. Si si, ça change des trucs, ne serait-ce que parce qu’il (Bon Dieu que c’est moche comme tournure de phrase) est plus difficile de trouver un compromis valable entre les goûts musicaux de 4 personnes que d’une seule (et même ça parfois, c’est dur).
Autre changement majeur, la météo, qui accuse franchement le coup après deux jours estivaux. C’est un ciel plombé et menaçant qui accueille donc notre petit groupe à la sortie de la navette, mais avec l’insurpassable K-Way au chaud au fond du sac à dos, pas de raison de s’inquiéter outre mesure. Qui sait, peut-être que le vent chassera tous ces nuages d’orage avant GARBAGE (assonance en « age », 18 points)?

Côté programmation, c’est pas l’emballement non plus. Je connais vaguement la plupart des artistes, mais aucun  ne me tente particulièrement, mis à part le singulier BERNHOFT, dont la coupe de cheveux brosse à dents et la maîtrise du Jam Man ont emballé le jury du Spellemann Prisen (l’équivalent Norvégien de nos Victoires de la Musique) au point que ce dernier a couronné le fringant Jarle Meilleur Artiste Masculin 2011. Contrairement à nos latitudes, la compétition entre les artistes de l’excellente scène norvégienne (voir la revue du Steinkjerfestival 2012) est féroce, et se voir décerner une telle récompense est forcément révélateur d’indéniables qualités. Le créneau de 19h étant donc booké, ne restait plus qu’à s’occuper avant et après notre balade programmée en terre viking.

L’appel de l’élastique se révélant trop fort pour la moitié du groupe (malgré une queue toujours aussi impressionnante en dépit de la fine bruine qui avait commencé à tomber dès nos premiers pas dans l’enceinte du festival), nous fîmes ce que tout groupe digne de ce nom fait dès lors que ses membres démontrent de trop fortes divergences artistiques : nous splitâmes (it’s passé simple time!).
Pas assez tôt pour arriver à l’heure au show des LOUD CLOUD, sympathique duo guitare-batterie en chemise à fleurs (on reste assez loin des Black Keys tout de même) sous le chapiteau Circus, mais à l’heure pour le lancement du concert des A FREAK IN SPACE à Domino.

Si j’étais mauvaise langue, je dirais que la foule considérable réunie sous la toile étoilée était plus là pour se mettre à l’abri de la pluie que par pure conviction musicale, mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, je suis content que les quator orienté « alien pop et psychogroove » (merci au site du guitariste Eric Löhrer, j’aurais eu du mal à sortir ce descriptif moi-même) ait pu faire le plein grâce/à cause de la météo.
Je dis quator et non pas trio, car aux trois musiciens du groupe est venue se greffer par intermittence (une chanson sur deux) une danseuse-mascotte répondant au doux nom de Rosie, compensant largement par son énorme… charisme le peu de présence scénique de ses acolytes.
Serrés comme des sardines dans une étable (si si), on se sèche un peu à la chaleur humaine dégagée et on esquisse même quelques pas de danse, mais l’ambiance ne décollera pas vraiment avant notre départ pour Bagatelle où l’express Bamako-Paris de 16h demande la permission d’atterrir.

A son bord, le couple d’Africains le plus bankable du moment, AMADOU & MARIAM. Musicalement parlant, j’ai du mal à concevoir comment on peut mettre le monde à ses pieds avec une bluette comme Dimanche à Bamako, chanson certes sympathique, mais franchement quelconque. J’ai ma petite théorie sur la success-story de nos amis les Maliens, qui tiendrait plus (selon moi) de la politique de discrimination positive mise en place par les ayatollahs de la critique musicale que du caractère novateur des morceaux proposés par le tandem. Moi, cynique et désabusé? Mais tout à fait!
Mais il ne s’agissait pas pour autant de juger l’affaire avant d’avoir entendu  le plaidoyer de la défense. Et en embuscade au premier rang, on n’en a pas raté une miette.

Précédé de leurs musiciens et choristes, le couple star arrive sur scène à l’heure dite sous un fin crachin évoquant plus une fin d’automne à Plougastel qu’un début d’été à Gao, mais l’accueil du public de Bagatelle est tout de même chaleureux.
La première demi-heure du set s’écoule à un rythme tranquille, même si Amadou commence sérieusement à me taper sur les nerfs en demandant « est-ce que ça va? » à la fin de chaque morceau. Man, il pleut, il fait (assez) froid et le sol est en train de se transformer en champ de boue, mais à part ça, tout baigne.
Il paraît qu’Alice Cooper s’est renversé un seau d’eau sur la tête lors de son passage au Hellfest cette année pour se mettre sur un pied d’égalité avec son public. On n’attend pas la même chose de Mr et Mme Bagayoko que du Prince of Darkness, œuf corse, mais coupés du vent et de la pluie par la structure de la scène et réchauffés par les spots, on ne peut pas dire qu’Amadou et Mariam sont en osmose avec leur dévoué public.

Heureusement, le temps décide de s’en mêler, et les quelques gouttes du début du concert se transforment en hallebardes, et cette fois, tout le monde en profite.
Nos invités réalisent vite que le dimanche à Longchamp, c’est le jour de l’essorage, et sont prestement rapatriés par leur staff vers l’intérieur de la scène. Je crains pendant un moment que la saucée vienne mettre fin au concert avec un peu d’avance, mais le Doc Watson de Bamako nous laisse le choix : « vous voulez que l’on continue ou pas? ». Question rhétorique et réponse évidente, mais qui le fait remonter dans mon estime.
Les 20 dernières minutes sont également l’occasion pour lui de faire étalage de son talent de guitariste (même s’il faudrait que quelqu’un se dévoue pour lui dire que les grattes plaqués or, même Prince n’ose plus en sortir), et malgré les éléments, le show finit bien mieux qu’il n’a commencé, avec l’inévitable Dimanche à Bamako en clôture. Pas de quoi dynamiter un mausolée à Tombouctou non plus.

La grille de programmation étant curieusement vide à 17h (sans doute afin de faire converger le public vers la scène Paris pour la cérémonie du Patchwork) et la pluie ne faisant pas signe de faiblir, l’heure est propice à une pause casse-croûte à l’un des nombreux stands de nourriture du village du festival. Quoi de mieux qu’une collation éthiopienne, haïtienne ou vietnamienne pour oublier que cet été 2012 est vraiment pourri? Détrempé et piétiné par des dizaines de milliers de pieds, le sol est devenu une mare de boue digne des tranchées de la Somme à l’automne 1916, et bien peu nombreux sont les festivaliers assez altruistes pour aller écouter les témoignages de diverses associations invitées à s’exprimer sur leurs actions contre le VIH. Qu’on se le dise, la solidarité est un concept qui marche surtout quand il fait beau.

Mis à part les fans acharnés  de TIKEN JAH FAKOLI qui rêvent du soleil du soleil d’Odienné et des plages de la Jamaïque en attendant l’arrivée du rasta ivoirien à 18h, le reste du public essaie tant bien que mal de se trouver une place sous l’un des trois chapiteaux en attendant que le temps s’améliore, sans se montrer trop difficile sur les artistes devant s’y produire. Je peux me porter garant qu’ARTHUR H a fait tente comble lors de son passage, reléguant les retardataires, dont notre petit groupe, sous la toile du Dôme, où Bernhoft est attendu une heure et demie plus tard. Qu’importe la tente/l’attente, ici le sol est sec, et même s’il fait trop humide pour pouvoir espérer sécher convenablement, personne ne sentait prêt à braver l’averse pour aller voir si c’était mieux ailleurs.

Quand arrive enfin 19h, Jarle est accueilli par un public compact d’une neutralité bienveillante : il y avait fort à parier que seule une minorité était vraiment familière du répertoire du soulman d’Oslo, mais tout le monde était prêt à lui donner sa chance.
Seul en scène avec ses guitares, son clavier et son fidèle Jam Man, Bernhoft livre un concert époustouflant de maîtrise et gorgé de good vibes. C’est toujours fascinant de voir un morceau, une ambiance, se construire progressivement depuis un simple rythme frappé sur la caisse d’une guitare jusqu’à une symphonie étourdissante de boucles instrumentales et vocales. Il faut le voir pour le croire (et surtout pour réaliser que oui, il fait vraiment tout tout seul, ce qu’on a tendance à oublier quand on écoute l’album), filez donc jusqu’aux bureaux de MIC à Oslo, où Jarle vous attend pour un showcase privé.
Le show se termine avec une reprise du Shout de Tears for Fears scandée en chœur par le public (enfin, surtout le « Shout Shout » du refrain, le reste des paroles de Roland Orzabal étant réduit en pulpe – ça doit être pour ça que l’on dit « chanter en yaourt »-) à la sauce Bernhoft, c’est-à-dire bien plus groovy que la version originale de l’hymne new wave.
Visiblement content de lui et ravi de l’accueil que lui a réservé le Dôme, Bernhoft s’en va avec un grand sourire, laissant sa machine infernale finir le spectacle seule dans une dernière série de loops. La classe.

À la sortie, miracle, il ne pleut (presque) plus. Bon, pour la boue, on ne pourra pas faire grand-chose à part se rouler de dedans (et certains l’ont fait), mais au moins le concert de CHARLIE WINSTON peut se dérouler dans des conditions à peu près correctes. On est dimanche soir et c’est mon premier concert sur la grande scène, comme quoi, les têtes d’affiche, on peut très bien s’en passer. Grâce à l’écran géant qui flanque l’estrade surélevée, pas besoin de s’aventurer dans le marigot des premiers rangs pour éviter de jouer à Où est Charlie à Solidays, ce qui est toujours appréciable.
D’un point de vue personnel, j’ai suivi d’un œil et d’une oreille distraite le lancement du dernier album de Charlie, alors que j’ai exploré de fond en comble son Hobo. Résultat, je découvre les nouvelles compositions autant que je retrouve les « anciennes », avec une préférence marquée pour ces dernières. Honnêtement, on ne peut pas dire que Where Can I Buy Happiness ou Hello Alone  tiennent la comparaison face à des chansons du calibre de Like A Hobo, In Your Hands ou Generation Spent, qui servira de dernière cartouche (effet dum-dum) pour le bref rappel de Charlie et sa bande. Un bon concert, qui aurait été encore meilleur si la météo avait joué le jeu.

Pas le temps de souffler que déjà retentissent dans le lointain les rugissements courroucés du jaguarr de St Denis. Du calme Didier, on s’en vient. Adepte de la Bagatelle, l’ancien NTM est déjà à pied d’œuvre lorsque nous arrivons, haranguant ses nombreux fidèles dans son style bien particulier de sa voix bien particulière.
Guère amateur de rap en temps normal, je dois tout de même reconnaître que Joey a une énergie peu commune et que son show n’est pas réservé aux seuls initiés : il suffit de savoir osciller la tête de bas en haut, hurler et lever le poing quand  il le demande –souvent- pour être intégré dans la Starrmy. Impossible cependant de comprendre ce que lui et son acolyte racontent dans leurs morceaux, ce qui est un peu embêtant pour un chanteur à textes comme lui (oui, ça fait drôle de l’écrire mais JOEY STARR est bien un chanteur à textes, comme Bob Dylan), tant les beats balancés par Eaque, Minos et Rhadamante, les trois DJs infernaux tapis au fond de la scène, remplissent les tympans.
La seule accalmie viendra du featuring express d’Oxmo Puccino sur un titre dont j’ai oublié le nom. À côté de la hargne et des kilomètres avalés par Joey lors de ses allers-retours incessants d’un bout à l’autre de la scène, Oxmo fait figure de vieux sage posé débitant son flow avec une économie de mouvements plus proche du slam que du rap. On en aurait presque peur pour lui, Starr semblant capable de virer berserk à tout moment, mais le Black Jacques Brel repartira indemne de son cameo.

À 22h, retour à la grande scène pour le dernier acte de ce week end festif. Le temps s’est remis au beau et il est l’heure de sortir les ordures.
Emmené par sa passionaria rousse, très curieusement vêtue (doudoune sans manches, collants noirs et short-culotte rouge) pour l’occasion, le quator de Madison joue très fort ses chansons: même positionné au niveau de la régie, les bouchons d’oreilles sont les très bienvenus. N’étant pas un expert du groupe, je suis content qu’ils choisissent de jouer les deux seules chansons que je connais, I Think I’m Paranoid et Stupid Girl avant 22h45, heure à laquelle il nous a fallu quitter Longchamp, considérablement lestés de boue, à moitié trempés, fourbus mais ravis. Car comme les bénévoles nous l’ont chanté à la sortie, en guise d’ultime concert avant de retrouver la navette, ce n’est qu’un au revoir.

VERDICT

Ce weekend passé à l’hippodrome restera un très bon souvenir, malgré le déluge enduré dimanche. Même si je connaissais une bonne partie des artistes programmés cette année (et c’est ça qui m’a fait venir) et n’ai fait qu’une seule découverte vraiment emballante durant ces trois jours, je crois que je n’hésiterai pas à être un peu plus aventureux l’année prochaine et à retenter le coup même si je ne connais personne. Pour 39 euros les trois jours (je serai plus réactif la prochaine fois!), on peut se permettre d’y aller sans gros coup de cœur préalable.
Seuls petits bémols (en plus du programme à acheter sur place), la pseudo interdiction d’apporter des appareils photos, totalement ignorée par la moitié des festivaliers au bas mot, mais qui m’a quand même incité à ne pas prendre le mien (d’où la qualité médiocre des images, je m’en excuse), et les prix assez salés pratiqués sur les stands de nourriture (rien de bien consistant en dessous de 8 euros, ça fait cher).
Pour le reste, un grand bravo et merci à l’organisation, aux bénévoles et aux artistes qui ont offerts aux quelques 162.000 festivaliers + moi un festival d’excellente facture.

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