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K.W.A.S.S.A.: LA NOUVELLE SCÈNE ÉCOSSAISE

De toutes les discussions que j’ai pu avoir concernant l’Écosse au cours de ma vie, je dois avouer que pratiquement aucune n’a porté sur la musique produite par les sujets de Mary Stuart (cornemuses mises à part – qui pourrait s’empêcher de parler de cornemuses dès que l’occasion se présente? – ). L’Écosse, pays du whisky, du kilt, du haggis et du lancer de troncs d’arbre, ne semblait pas  à mes yeux, ni à ceux de mes interlocuteurs, présenter de spécificités notables dans le domaine d’Euterpe. Alors que le voisin anglais (et dans une moindre mesure, irlandais) se révélait une réserve inépuisable de groupes et d’artistes fantastiques, la Calédonie me paraissait livrer ses millésimes musicaux avec une économie justifiant à elle seule la réputation de pingrerie collant au tartan de ses habitants depuis des temps immémoriaux. Avec le temps et quelques recherches (merci Wikipédia), je m’aperçus que ce constat sévère méritait d’être remis en question, beaucoup de musiciens écossais de renom ayant été soit « récupérés » par d’autres nations dans l’imaginaire populaire, soit incorrectement étiquetés comme anglais par des médias français pour qui Royaume-Uni, Grande Bretagne et Angleterre sont de parfaits synonymes (ce qui est bien pratique pour éviter de se répéter dans un papier). Alors comme ça, Mark Knopfler – le Mark Knopfler? (Dire Straits) – vient de Glasgow? Comme Bon Scot (bon, celui-là, avec un nom pareil, j’aurais du m’en douter) et la fratrie Young (AC/DC)? C’est la meilleure celle-là. Et les Beatles et les Stones, ils viennent du nord du mur d’Hadrien aussi?* Sans blague.

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Avouez que ça a plus de gueule qu’un concert de Bénabar

Un groupe de rock culte qui vole en éclats à cause de l'inimitié de deux frères, ça ne vous rappelle rien? (non je ne parle pas d'Oasis)

Un groupe de rock culte qui vole en éclats à cause de l’inimitié de deux frères, ça ne vous rappelle rien? (non je ne parle pas d’Oasis)

L‘Écosse a donc un potentiel prouvé, mais sous-estimé, en matière de musique contemporaine. Cependant, comme tout un chacun vous le dira, il est difficile d’être et d’avoir été:  ce n’est pas parce qu’on a réussi à trouver la bonne formule pour séduire le public dans les années 80 que l’on arrivera à rééditer la performance trois décennies plus tard. Certes, la mode du revival tout crin qui sévit actuellement dans le domaine de la culture au sens large du terme peut permettre à de vieux chaudrons de continuer à vendre leur confiture, mais avec l’explosion de l’offre qu’a entraîné le web 2.0 (tout comme il a permis à la demande de satisfaire ses besoins sans passer par la case paiement, ce qui a profondément transformé le business model du secteur), il ne fait pas bon se trouver à la périphérie du circuit de financement et de promotion assuré par les grandes majors musicales.
Or, force est de constater que l’Écosse ne se situe pas au cœur de la machine: à de rares exceptions près, le buzz provient soit d’Angleterre, soit d’une des deux côtes américaines. Les artistes écossais ayant réussi à faire parler d’eux à l’international n’ont pas été légion ces dernières années, et parmi eux ne figure aucune véritable superstar de rang mondial (à part peut-être Calvin Harris et Franz Ferdinand). Biffy Clyro reste dans l’ombre des groupes pour lesquels il ouvre régulièrement (Muse, Foo Fighters), Travis n’a pas suivi la trajectoire ascendante de Coldplay et de Keane, et les percées rapides de Paolo Nutini, KT Tunstall ou Amy McDonald ne se sont pas vraiment concrétisées sur la durée.

Scottish Album Of The YearAlors, les artistes écossais parviendront-ils un jour à s’imposer franchement à l’échelle mondiale? La question reste ouverte, et l’exemple islandais incite à un certain optimisme en la matière.
Toujours est-il que l’Écosse demeure un vivier incroyable de nouveaux talents musicaux, dont l’éclosion est favorisée par le dense réseau de salles de concerts dont dispose le pays, la ferme implantation d’une culture rock (que l’on retrouve d’ailleurs partout au Royaume-Uni), particulièrement à Glasgow, et la mentalité résolument pro-jeunes affichées par les acteurs du milieu, qu’il s’agisse des organisateurs de concerts (T in the Park est ainsi le seul festival du Royaume Uni mettant deux scènes à la disposition des artistes locaux), des responsables de labels (créateurs de la Scottish Music Industry Association et du Scottish Album Of The Year Award) ou encore des bloggers (dois-je encore une fois rappeler que le formidable Music Alliance Pact – qui fêtera en Octobre ses cinq ans – est une initiative écossaise?).
C’est cette alchimie qui a permis, et permet toujours, à une nation d’à peine 5 millions d’âmes de s’établir comme une grande pourvoyeuse d’artistes de qualité, alors que des pays bien plus peuplés peinent à renouveler leur contingent de musiciens.

Ce qui suit est à la fois une présentation (succincte et incomplète) et un hommage à cette « nouvelle scène écossaise » qui n’a cessé de m’impressionner par sa diversité et sa qualité depuis que j’ai eu la chance de la découvrir, il y a environ un an. La proximité géographique aidant, il y a de fortes probabilités pour qu’au moins quelques uns des noms égrenés ci-dessous se retrouvent sur une affiche française (ou au moins parisienne) dans les mois à venir, et leur notoriété balbutiante à l’international permettra à coup sûr à l’auditeur averti de les découvrir en live dans des conditions très privilégiées. Bref, il y a tout à gagner et rien à perdre à partir à la découverte de la filière écossaise,

*: Presque. Andy White (Glasgow) a remplacé Ringo Starr derrière les futs au cours de l’enregistrement du premier tube des Beatles, Love Me Do, et Ian Stewart (Fife) fonda les Rolling Stones en 1962 avec les sieurs Jagger, Richards et Jones (évincé officiellement 1963 pour raisons marketing, « Stu » continua à jouer un rôle primordial dans le groupe en tant que pianiste et road manager jusqu’à sa mort en 1985) .

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LA NOUVELLE SCÈNE ÉCOSSAISE:

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Depuis sa formation en 2007, ADMIRAL FALLOW (anciennement connu sous le nom de Brother Louis Collective) s’est taillé une solide réputation tant au niveau régional que national. Leur deuxième album, Tree Bursts In Snow, faisait partie de la short list du Scottish Album Of The Year Award (SAYAWARD) de 2012, c’est dire. Le morceau qui les a fait connaître, Squealing Pigs, possède une implacable dynamique folk évoquant les meilleurs titres de Mumford & Sons. Ah, et vous ai-je dit qu’ils ont un clarinettiste?

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Repéré par The Pop Cop dès le deuxième mois du Music Alliance Pact, BEERJACKET alias Peter Kelly continue de tracer sa route (quatre albums depuis 2006, et un cinquième à venir à la fin de l’année 2013) en solitaire, égrenant sur son passage des pépites acoustico-minimalistes. Du one man folk du meilleur tonneau.

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Autrefois dénommés Kitty The Lion, BLOOD RELATIVES est entré dans une nouvelle phase de son histoire; nouveau nom donc, et nouvel album à la fin du mois d’Octobre. Si vous êtes à la recherche d’un groupe d’indie pop frais et léger pour négocier la mauvaise saison, pas besoin d’aller plus loin.

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Les BROKEN RECORDS ont été signé par le fameux label 4AD (The National, Mark Lanegan, St. Vincent, Cocteau Twins, Beirut… je continue?). Rien que ceci devrait vous convaincre de jeter une oreille à leur production musicale, mais comme je suis un fervent partisan de l’overkill en matière de musique, j’ajouterai que l’on peut retrouver sans peine de l’Arcade Fire et de l’Editors dans les travaux du groupe d’Edimbourg, qui pourrait revenir sur le devant de la scène (après une année creuse) en 2014.

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DOTJR n’est pas homme à se laisser étiqueter sans réagir. Après des débuts acoustiques et acclamés par la critique, il choisit de tenter sa chance dans un registre electro et R’n’B radicalement différent de ses premières amours, ce qui n’alla pas sans contrarier certains fans de la première heure. Une manœuvre risquée, mais on peut tout se permettre avec ce type de voix.

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Endor n’a pas eu le temps de gagner la réputation qu’il méritait à l’international, mais a laissé une marque indélébile dans le cœur de tous les Ecossais qui ont eu la chance d’écouter la musique des quatre ewoks de Glasgow du temps de leur splendeur: tapez donc « Chapel Doors » dans la barre de recherche de YouTube pour vous en rendre compte. Endor était bien, mais Endor est mort (rime). Bouh. La bonne nouvelle est que les deux têtes pensantes du groupe ont démarré aussi sec un nouveau projet, appelé FAKE MAJOR. All is well that goes on well.

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Tous ceux qui ont écouté la musique de FATHER SCULPTOR ont immédiatement fait le rapprochement avec The Smiths. La voix du chanteur Thomas David développe en effet les mêmes intonations mi-goguenardes, mi-angoissées que celles de son illustre prédécesseur Morrissey, du temps où le quatuor de Manchester était très probablement le plus grand groupe (indie) du monde. Un tel héritage est certes difficile à porter sur la durée, mais Father Sculptor a déjà montré suffisamment de belles choses pour que n’on remette pas en doute sa capacité d’influencer à son tour les artistes des décennies à venir.

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Les membres de FRENCH WIVES sont d’une régularité impressionnante, et ce pour deux raisons. Premièrement, ils dévoilent de nouveaux morceaux selon un algorithme bien établi (Octobre-Mai-Février-Octobre-Mai…). Deuxièmement, il s’agit à chaque fois de gemmes pop folk qui se fraieront à coup sûr un chemin jusqu’à votre playlist favorite, et ce dès la première écoute. Impressionnant, c’est bien le terme qui convient.

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Il n’y a sans doute pas de meilleur moment pour se pencher sur le cas de FRIGHTENED RABBIT. Pour résumer la situation, il s’agit peut-être de la plus grosse sensation indie rock écossaise à l’heure actuelle, ce qui leur permet de tourner à guichets fermés un peu partout au Royaume-Uni, et même de partir à la conquête du vaste monde, qui, lui, ne les connaît encore qu’assez mal, voire pas du tout pour certains pays reculés (comme la France par exemple). Le résultat de l’équation est simple: un grand groupe dans une petite salle (en l’occurrence le Point Ephémère le 20 Novembre prochain). Pas très cool pour les pauvres lapins, mais méga bon plan pour les grenouilles parisiennes. Ne regardez pas la vidéo ci-dessous si vous ne pouvez pas en être, vous risqueriez de déprimer.

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Les auteurs-compositeurs-interprètes sont les super-héros de notre époque. Le jour, ils mènent la même vie que vous et moi, mais la nuit (et parfois le weekend), ils enregistrent les morceaux dont le monde a besoin. Voilà un super-pouvoir que je donnerais cher pour posséder. Avec la dissolution de ses Little Eskimos il y a deux ans, KEVIN HARPER est redevenu le chevalier noir d’Alloa, poursuivant en solitaire sa lutte contre le côté obscur de la musique (beaucoup de références en peu de lignes, mais j’ai confiance en toi lecteur). Il a de plus eu la bonté de rendre public la vidéo officielle du premier extrait de son excellent album Kingdom Of Wires juste à temps pour que je puisse l’inclure dans l’article. Quel homme.

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Certains artistes ont besoin de temps pour atteindre leur meilleur niveau, et laissent à la postérité des premiers albums d’un intérêt purement historique. Les KID CANAVERAL de Fife (et maintenant Edimbourg) ne font définitivement pas partie de cette catégorie: leur premier album, Shooting At Wildlife est une tuerie, et leur second (sorti cette année) Now That You Are A Dancer est un génocide (pour filer la métaphore). Si vous les aviez raté jusqu’ici (ce que malheureusement beaucoup de gens ont fait), il est plus que temps de vous accrocher au wagon de ce quatuor indie pop, dont la mise en orbite est maintenant imminente.

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Les six de MEURSAULT savent s’y prendre pour confectionner des morceaux qui prennent aux tripes les amateurs de folk expérimental. Aussi à l’aise dans les instrumentations baroques que dans les interprétations minimalistes, le sextuor d’Edimbourg s’est fait une spécialité de surprendre l’auditeur, toujours en bien, évidemment.

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MIKE NISBET nous vient d’Oban (le Duluth de Calédonie en quelque sorte), et a passé les dernières années à sillonner la Grande Bretagne du nord au sud dans une errance tout Kerouaciennne. Heureusement pour nous, il avait sa guitare et son harmonica à portée de main pendant tous ses voyages, et a pris le temps de s’arrêter en studio le temps d’enregistrer Vagrant, un premier album sonnant comme une invitation au voyage.

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Un bon nom de groupe peut se révéler un formidable accélérateur de carrière. Que celui qui n’a jamais considéré acheter un disque juste par ce qu’il trouvait le nom de son interprète intrigant me jette la première pierre. Partant, il est dommage que My Cousin I Bid You Farewell ait explosé en plein vol après avoir seulement livré une poignée de (bons) singles, car vous reconnaitrez avec moi que l’on confinait au génie en matière de nomenclature. C’est en solo que le leader de MCIBYF poursuit maintenant l’aventure, en tant que JONATHAN SEBASTIAN KNIGHT. Ca claque pas mal aussi, notez.

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Si, comme moi, vous avez un gros faible pour l’accent écossais, particulièrement lorsqu’il teinte une voix féminine (appelons ça le syndrome Amy McDonald), vous ne pouvez pas passer outre OLYMPIC SWIMMERS. De la pop délicate rehaussée d’une pointe de shoegaze, sublimée par une impressionnante science de l’arrangement et par la voix de Susie Smillie (votre nouvelle chanteuse préférée): voilà ce qui vous attend dans No Flags Will Fly, le premier album du groupe. Magnifique.

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Quel est le point commun entre Time To Pretend de MGMT, Midnight City de M83 et Out Of The Blue de PRIDES? Ce sont tous de méga tubes électro-rock basés sur un riff aussi simple que génial (il y a d’ailleurs de fortes chances que vous ayez l’un de ces riffs en question dans la tête en ce moment même). Comment, vous n’avez jamais entendu parler du dernier exemple de la série? Pour votre défense, Prides n’a pour le moment sorti qu’un seul morceau (Out Of The Blue donc), mais quel morceau. Guettez la suite avec impatience, brave gens.

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Les Highlands, ses landes, ses châteaux, ses légendes, ses moutons… et ses artistes! Il aurait été impensable que cet article n’inclue aucun ressortissant de cette province aussi sauvage que caractéristique de l’Écosse, même s’il faut reconnaître que les Central Lowlands sont bien plus dynamiques dans tous les domaines, y compris celui de la culture. Voici donc RACHEL SERMANNI, jeune chanteuse folk de Carrbridge (vous ne connaissez pas -moi non plus d’ailleurs-), promise à une ascension Tunstallesque dans les prochains mois selon tous les experts. Elle jouera bientôt en France, c’est dire si sa carrière est sur le point de décoller.

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RODDY HART (maintenant accompagné par les Lonesome Fire) est en quelque sorte le chouchou de l’influent blog musical écossais The Pop Cop, que je soupçonne d’avoir lancé le Music Alliance Pact rien que pour élargir sa fanbase à l’international. C’est en effet une de ses chansons (Dead Of The Night) qui représenta l’Écosse pour la première livraison du MAP, et c’est encore lui que l’on retrouve pour le symbolique cinquantième numéro de la série, avec un morceau (Queenstown) de son dernier album en date, Roddy Hart & The Lonesome Fire. Et à écouter ce dernier, on comprend sans peine les raisons de « l’acharnement » des rédacteurs de The Pop Cop.

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Cela va bientôt faire un an que l’on est sans nouvelle des SEBASTIAN DANGERFIELD, le départ de leur bassiste pour d’autres cieux ayant semble-t-il précipité le groupe dans une stase difficile à supporter pour les amoureux de power americana et de belles moustaches. En ces heures de doute, on peut toujours tirer un peu de réconfort dans l’écoute du quatre titres The Sound Of The Old Machines, et espérer que le phénix renaisse un jour de ses cendres.

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Amis français, voici qu’arrive le nom que vous avez le plus de chance de reconnaître de toute la liste, celui de SIOBHAN WILSON. En tant qu’artiste produite par My Major Company, mademoiselle Wilson s’est donc faite un nom dans l’hexagone avant de retraverser la Manche pour poursuivre sa carrière chez sa Gracieuse Majesté, après avoir enregistré son premier album à New-York. Si, comme de nombreux autres avant vous, vous tombez sous son charme, rassurez-vous, elle revient régulièrement à Paris.

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Malgré tous mes efforts d’investigation, je suis à l’heure actuelle incapable d’affirmer de manière certaine si THE KAYS LAVELLE sont encore officiellement en activité ou non. Le groupe a perdu un (ou plusieurs) membre(s) depuis la sortie de son seul album à date, Be Still This Gentle Morning, et ceux qui sont restés ont l’air de s’impliquer davantage dans de nouveaux projets que dans la finition de leur second disque. Qualifiant eux-mêmes leur musique d’électro-folk, The Kays Lavelle sont le chaînon manquant entre Fleet Foxes et Snow Patrol, ce qui est déjà pas mal.

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Le line-up de THE SEVENTEENTH CENTURY ressemble à s’y méprendre à ce qu’on obtiendrait s’il était possible de coucher sur le papier la composition du parfait groupe d’indie alternative. Pensez donc, ils ont un violoniste et un trompettiste (sur cinq membres, c’est un quota très respectable en matière d’indie alternative). Ajoutez le trio rock par excellence (guitare, basse et batterie), et contemplez la merveille.

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La dissolution d’Aereogramme en 2007 fit beaucoup de bruit en Écosse, où le quatuor était considéré comme un des fers de lance de la scène nationale. Ce fut donc avec un intérêt non feint que le public se pencha sur les débuts de THE UNWINDING HOURS, association de Craig B. et Ian Cook (que l’on retrouve également chez Chvrches, ce gars est vraiment très occupé), soit 50% des membres du cher disparu. Au programme, du bon vieux rock des familles, avec ce souci du détail et de la surprise que The Unwinding Hours partage avec son glorieux aîné. Qui s’en plaindrait?

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À regarder le nombre impressionnant de tags qualifiant la musique de THERE WILL BE FIREWORKS sur le bandcamp du groupe, on se prendrait facilement à sourire. Encore des petits jeunes qui cherchent à ratisser large en multipliant les mots-clés, quand un ou deux suffiraient largement à englober leur production. Et puis on écoute le premier album (éponyme) pour se faire une idée. Une fois. Tiens, c’est pas mal du tout. Deux fois. C’est vrai qu’ils n’ont pas eu peur de se frotter à différents styles… Trois fois. C’est un concept album en fait! Dix fois. Vivement la suite. Vingt fois…

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Dans une autre vie, Ross Clark, leader des THREE BLIND WOLVES, devait sûrement être un artiste spécialisé dans la technique du collage. Après une réincarnation réussie, le personnage s’est simplement tourné vers une autre discipline (la musique), afin de continuer ses expérimentations, avec une réussite indéniable. Ne pas savoir à l’avance comment le morceau que l’on écoute sonnera dans quinze secondes est devenu tellement rare par les temps qui courent qu’il convient de dire les choses comme elles sont: les chansons des Three Blind Wolves ne s’écoutent pas, elles se savourent.

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Les WASHINGTON IRVING se sont spécialisés dans le folk électrique, et ils ont bien fait. Il a été scientifiquement prouvé par des études renouvelées à chaque concert qu’il était physiquement impossible de résister à l’envie de danser et de faire la fête qui vous prend dès que la quintette de Glasgow commence à jouer. Si vous cherchiez une alternative à la gym suédoise ou à la zumba, vous devriez essayer la feria écossaise. Résultats garantis, et musique bien supérieure en prime.

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« Pourquoi n’ai-je encore jamais entendu parler d’eux? » sera sans doute la première chose qui vous passera par la tête quand vous découvrirez WE WERE PROMISED JETPACKS. Car ces gars là ont absolument tout pour eux: un nom génial, une classe folle, du talent à revendre, des tubes (potentiels) de gros calibre, une présence scénique indéniable et une maturité impressionnante. En attendant le coup de pouce final qui leur permettra de prendre la place qui leur revient de droit sur la scène internationale, il serait sage de se préparer à l’inéluctable en vous familiarisant avec le répertoire des Jetpacks, bombe à retardement musicale dont l’explosion ne saurait plus tarder…

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Nous voilà arrivés à la fin de cette petite visite guidée de la nouvelle scène écossaise en 2013. J’espère que vous avez trouvé de nouveaux artistes à suivre dans la liste détaillée ci-dessus, et dans le cas (assez peu probable) contraire, rassurez-vous: il en reste encore plein à découvrir. N’hésitez pas à défendre vos favoris oubliés dans la rubrique commentaires, si vous jugez important qu’ils figurent eux aussi dans cet article, amené à croître régulièrement durant les prochains mois, au fur et à mesure que d’autres pépites calédoniennes remonteront à la surface. D’ici là, révisez vos nouveaux classiques, et tenez vous prêts à venir supporter leurs auteurs quand ils passeront le Channel pour venir prendre le bon air français.

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THREE BLIND WOLVES @ L’INTERNATIONAL (13.09.2013)

La rentrée n’a pas que de mauvais côtés. Musicalement par exemple, le mois de Septembre est un des plus actifs en matière de sorties d’albums et de tournées, les salles de concerts se livrant alors une compétition féroce pour attirer le chaland suite à la traditionnelle relâche estivale. Après avoir épluché les tombereaux de newsletters spammées avec une obligeance appréciable et une largesse non feinte par tout ce que la région parisienne compte de lieux culturels, le choix de la rédaction de S.A.U.S.O.R.O. se porta à l’unanimité (tout autre résultat aurait été plutôt inquiétant) sur la soirée du vendredi 13 Septembre, date fatidique s’il en est, telle que la proposait l’International, bar-concert parisien s’étant fait une spécialité des premières dates françaises d’artistes internationaux prometteurs. Après les excellents Kid Canaveral en Février dernier, la Calédonie envoyait donc de nouveau ses jeunes talents à la conquête de l’Hexagone (une tradition remontant au XIIIème siècle, lorsque William Wallace vint prendre des RTT mérités à la cour de Philippe IV). Saddle up fawks.

Après une heure et demie à siroter une pinte de Pelforth en se demandant si annoncer l’ouverture des portes (ou plutôt le retrait de la chaîne en plastique condamnant l’accès au sous-sol) deux heures avant le début effectif des festivités relevait de l’habile entourloupe à visée consumériste ou du piège à gogo crânement assumé, il nous tardait de passer aux choses sérieuses, en l’occurrence la première partie assurée par THE BURNIN’ JACKS (à ne pas confondre avec Burning Jacks – tout est dans l’apostrophe – groupe allemand à la notoriété tout aussi relative que son quasi homonyme hexagonal*), rejetons infernaux de la toujours active scène rock parisienne, qui semble plus que jamais prête à tout pour se débarrasser de l’image proprette que le grand public lui a accolé depuis l’éclosion (suivi de la mort précoce de la majorité) des fameux « Bébés Rockers ».

The Burnin' Jacks 2'

Guitare lead: Félix Beguin – Chant: Syd Alexander Polania – Batterie: Jeremy Norris – Basse: Vicomte Macumba – Guitare rythmique: Antoine Richter Astronaute

Pour faire simple, les Burnin’ Jacks sont aux BB Brunes, Naast et autres Plasticines ce que la Miley Cyrus des VMA Awards est à la prude Hannah Montana: une réaction aussi violente que sulfureuse, une rupture totale tant sur le fond que la forme, et un parpaing trash envoyé la mare du conformisme. La preuve par l’exemple. Premier morceau: Syd Alexander Polania, longiligne frontman ayant fait siens les enseignements de St Iggy Pop, patron des performances scéniques déjantées depuis presque un demi-siècle, fait tomber le haut et s’en va twerker la jambe du stoïque mais impressionnant guitariste lead du groupe (Félix Beguin). Troisième morceau: le même Syd profite du pont pour aller rouler une pelle au Vicomte Macumba, bassiste de son état, casaque pivoine et afro fellainienne. Cinquième morceau: première tentative de slam du padawan de l’Iguane, qui, malgré le soutien sans faille des fans s’étant déplacés en nombre, ne peut s’affranchir bien longtemps des lois de la gravité, peu aidé il faut dire par l’exiguïté des lieux et la bassesse du plafond (en briques) du sous-sol. Qu’à cela ne tienne, la communion avec le public passera donc par des incursions répétées dans la « fosse », négociées avec toute la finesse d’un brise glace traçant sa route dans le détroit de Bering par un 18 Février, avec les groupies en transe dans le rôle des icebergs dégagés sans ménagement. Je soupçonne Adrien Gallo d’avoir écrit Coups Et Blessures de retour d’un concert des Burnin’ Jacks au Pigalle Country Club. Just kidding.

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Une approche sans concession donc, à l’image de la musique (et du look, dommage que mon appareil n’ait pas été en mesure de rendre hommage à la garde robe chamarrée de ces messieurs: même les Rival Sons n’ont pas fait mieux lors de leur passage au Nouveau Casino) des Jacks, rock bluesy exubérant et nerveux, dans la continuation des Yardbirds de Jeff Beck, de la première glorieuse décade d’Aerosmith et plus récemment, des brûlots du Jim Jones Revue. Après trois quarts d’heure  de show, 12 titres et autant de litres de sueur perdus par chacun des membres du groupe, les BJ déposent finalement les grattes après un final épique Touch My Soul + Bad Reputation. Merci les copains, c’était The Burnin’ Jacks.

*: Ouais, je me renseigne avant de venir au concert, ça rend souvent de fiers services.

Setlist The Burnin Jacks:

1)Cheap Blonde 2)Don’t Stop Till You Go Insane 3)Slow Down 4)Won’t You Be Mine 5)My Baby’s Straight 6)The Reason Why 7)Caress Me 8)Noise 9)Can’t Find My Way 10)Molly 11)Touch My Soul 12)Bad Reputation

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Une bonne partie du public ayant fait le déplacement pour applaudir la quintette parisienne, les rangs étaient un peu clairsemés au moment où les THREE BLIND WOLVES sortirent de la micro-coulisse pour prendre place sur scène. La glace ne mit cependant pas longtemps à se rompre entre le quatuor de Glasgow et les spectateurs lutéciens, ces derniers acceptant sans histoires de se rapprocher du groupe à l’invitation de Ross Clark, leader des trois loups aveugles (une référence aux Three Blind Mice, figures populaires de la littérature enfantine anglo-saxonne – elles apparaissent mêmes dans la série Shrek), et synthèse parfaite entre Elvis Costello et un bûcheron canadien.

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Guitare: David Cleary – Batterie: Fearghas Lyon

Pour leur premier concert en France (qui se trouvait être également la dernière date d’une mini tournée européenne), les ex Scarfs Go Missing avaient sans doute à cœur de bien faire, particulièrement après le set volcanique livré par leurs prédécesseurs. Rien d’étonnant donc à ce qu’ils aient choisi de débuter par le morceau manifeste Hotel, calvacade americana psychédélique (une minute d’introduction tout de même) contenant tous les éléments du son Three Blind Wolves: un fond bluegrass/folk/rock, des harmonies à trois voix, des cassures de rythmes régulières et un final épique à même de retourner un stade. L’accueil enthousiaste réservé par l’International à ses hôtes écossais à la fin de ce premier morceau de bravoure de quelques six minutes acheva de dissiper les derniers doutes, s’il en restait, quant à la bonne poursuite des opérations.
Histoire d’enfoncer le clou une bonne fois pour toutes, le groupe enchaîna sur le premier single extrait de l’album Sing Hallelujah For The Old Machine, le très excellent Parade (téléchargeable gratuitement grâce au Music Alliance Pact, affaire à saisir). La présentation de ce premier LP, sorti au mois de Mai dernier, se poursuivit avec le plutôt grunge Honey Fire, l’intimiste et quasi acoustique Farmer With A Pulse (l’occasion d’entendre l’incroyable voix de basse du – la nature est bien faite tout de même – bassiste Kevin MacKay dans des conditions privilégiées), Slow Summer Deer ainsi que l’incontournable Here In Somewhere, pour lequel David Cleary poussa la ressemblance avec le regretté Levon Helm (The Band) jusqu’à délaisser sa guitare pour une mandoline (tandis que votre serviteur délaissait pour sa part son vieux boîtier numérique pour tester son nouveau jouet – une GoPro – en conditions live).

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Three Blind Wolves 11'

Chemise à carreaux: Ross Clark – Basse: Kevin Mackay

Ce fut toutefois sur un morceau plus ancien, l’effréné Echo On The Night Train que les Blind Wolves tirèrent leur révérence, s’offrant le luxe de refuser un rappel spontanément réclamé par un public parisien conquis (pas un mince exploit, au vu de la réputation d’indolence et de tiédeur qui est la nôtre). Pour une première, on a tutoyé le sans faute, même si j’aurais apprécié d’entendre une des reprises que le groupe insère de temps à autre dans ses shows: un petit Atlantic City (Bruce Springsteen) ou un Heart Shape Box (Nirvana), par exemple, n’aurait absolument rien gâché. Voilà déjà une raison d’attendre avec impatience le retour des loups dans une bergerie française, sans doute à la sortie du prochain album, même si une date sur un festival hexagonal serait évidemment la très bienvenue d’ici là. Ceci dit, puisqu’on a la preuve irréfutable que Ross Clark et sa bande sont capables de concevoir et d’enregistrer un album en l’espace de deux jours (en l’occurrence, le sept titres – dont une première version de Here In Somewhere, c’est dire si célérité rime avec qualité pour les Three Blind Wolves –  The Maybe Forrest), il se pourrait que l’attente soit plus courte que prévue…

Setlist (incomplète, mea culpa) Three Blind Wolves:

1)Hotel 2)Parade 3)Down In The Mud 4)Honey Fire 5)Farmer With A Pulse 6)Slow Summer Deer 7)In Here Somewher 8)Echo On The Night Train 

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Bilan des courses pour cette première sortie de la saison 2013-2014: une belle découverte française (ça faisait longtemps tiens… cocorico), une confirmation écossaise, un film GoPro convenable (pour une première), le tout sans débourser un centime. Bon, c’est pas tout à fait vrai en ce qui concerne la GoPro, mais pour le reste, avouez qu’il y a pire comme premier souvenir de rentrée, non?

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