Archives Mensuelles: octobre 2015

MAMA FESTIVAL JOUR 2 (15.10.15)

Abondance de biens ne nuit pas. Et c’est la même chose pour les concerts: après quelques semaines de calme plat, une vague d’évènements musicaux a déferlé sur Paris, emportant votre serviteur sur son passage. Compte-rendu du Day Two.

Le line up des Trois Baudets en cette soirée du 15 Octobre ayant été placée sous de bien nordiques auspices (Spot On Denmark Night), j’optai pour un brin de sédentarité pour ce deuxième de jour de festival, et arrivai donc sur les coups de 20h pour assister au set de DAD ROCKS!, populeux combo (6 personnes tout de même) de l’Islandais Snævar Njáll Albertsson. Sorte de Gaz Coombes scandinave – ce qui fait de Dad Rocks! une version viking de Supergrass, pas mal – Mr Albertsson se révéla être un hôte enjoué, énergique et aux multiples talents, ses improbables riffs de guitare s’interrompant le temps d’un morceau Neil-Young-Live-At-Massey-Hall-esque, pendant lequel il déroula l’élégie d’un de ses amis chômeur en fin de droits (ou quelque chose comme ça), seul au piano et à l’harmonica.

Dad Rocks! 1

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Au delà de cette très bonne performance, je retiendrai surtout l’incroyable générosité de Snævar Njáll et de sa bande, s’étant enquillés 14 heures de minivan depuis le Danemark pour jouer un set de 35 minutes devant 40 personnes, mais avaient tout de même l’air d’être contents de jouer à Paris. Chapeau messieurs. Le rappel effectué par le groupe (une reprise de This God Damn House de The Low Anthem), fut la parfaite expression de ce merveilleux état d’esprit, toute la petite troupe descendant de la scène pour jouer cet ultime morceau en unplugged à 20 centimètres des spectateurs du premier rang. Que dire sinon que Dad Rocks! rocks?

Dad Rocks! 3

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Le deuxième acte de la soirée revint à PALACE WINTER, quatuor mené par la guitare de Carl Coleman et les claviers de Caspar Hesselager. Malgré la relative jeunesse du groupe, l’ensemble possède d’ores et déjà une forte identité et un véritable son, et emprunte avec bonheur autant au rock indie qu’à l’electro. Menant sa barque avec décontraction et professionnalisme, Coleman (ex Sink Ships) déroula un set de grande qualité, même un peu trop formel à mon goût.

Winter Palace 2

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Cette session danoise fut clôturée par un duo très haut en couleur, en les personnes de LYDMOR & BON HOMME, alias Chapeau Melon et Gros Délire. Madame est une auteur-compositrice-interprète ayant jusque là plutôt donné dans le piano/voix intimiste (Lamppost Light). Monsieur est le chanteur et bassiste du trio WhoMadeWho. Leur collaboration est une catharsis electro festive et débridée, qui surprendra autant les fans de l’une que de l’autre. Bien aidé par une brochette de spectateurs survoltés, le duo transforma les 3 Baudets en boîte de nuit pendant trois quarts d’heure, elle menant d’audacieux raids à travers les rangées de sièges de l’auguste maison (audacieux car son micro était filaire), lui s’improvisant batteur pour les besoins du set, sa bonne humeur communicative compensant amplement les occasionnelles erreurs de tempo. Bref, un engagement total et sans filet de la part de nos deux compères, qui ont très dignement conclus cette soirée 100% scandinave.  

Lydmor & Bon Homme 1.

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Pour aller plus loin:

Year of the Flesh, le dernier album de Dad Rocks!, est une vraie pépite indie rock, où s’exprime toute l’inventivité et la science de l’arrangement du groupe. De l’Admiral Fallow immédiatement accessible en quelque sorte. C’est un compliment. Un exemple: Peers

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Palace Winter n’a pour l’instant sorti qu’un seul E.P., Medication, qui trace son chemin entre le rock mélancolico-ciselé de The Boxers Rebellion et les chevauchées instrumentales de Toy. C’est également un compliment. Un exemple: Menton

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Le premier album de Lydmor & Bon Homme, Seven Dreams of Fire, n’était pas encore sorti au moment où le duo s’est produit aux 3 Baudets. Et si la pochette évoque fortement les White Stripes, le contenu se rapprocherait plutôt d’une version 2.0 d’Eurythmics, le cold wave en moins, la glam touch en plus. Compliment toujours. Un exemple: Things We Do For Love

AURORA @ LES ETOILES + MAMA FESTIVAL JOUR 1 (14.10.15)

Abondance de biens ne nuit pas. Et c’est la même chose pour les concerts: après quelques semaines de calme plat, une vague d’évènements musicaux a déferlé sur Paris, emportant votre serviteur sur son passage. Compte-rendu du Day One.

Rendez-vous au théâtre Les Étoiles pour une piqûre de rappel du talent d’AURORA, dernier phénomène en date de la nouvelle scène norvégienne, décidément impressionnante de qualité et d’éclectisme. Après un premier passage à la Boule Noire en Juin 2015, Mlle Aksnes revenait à Paris en terre quasiment conquise, enchanter à nouveau ses fans hexagonaux et engloutir des quantités phénoménales de crêpes au Nutella. C’est ce qu’on appelle joindre l’utile à l’agréable.

Aurora

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Auparavant, DAVID ZINCKE, soit le petit frère caché de Jimmy Fallon (la guitare en plus et la cravate en moins), avait régalé l’assistance avec son one man show mêlant folk, pop et blues. Secondé par Bill Withers (jolie reprise de Grandma’s Hands) et Medi (producteur du premier EP du natif de Doncaster, et choriste de luxe sur le dernier titre – Oh My – du set), David a fort bien rempli son rôle de chauffeur de salle, malgré son sens de l’auto-flagellation so very brittish. C’était très bien, Mr Zincke.

David Zincke

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Pour la deuxième partie de la soirée, changement de décor. Exit les Étoiles, et bonjour la salle du bas du bar La Foule, à Pigalle. Un point de chute inhabituel pendant la majeure partie de l’année, mais pas au cours du Mama Festival, dont une bonne partie des concerts se déroule dans des établissements « séculiers ». Après Highasakite dans la cave du Petit Moulin, un autre groupe scandinave faisait ses premières armes françaises dans un sous-sol aménagé pour l’occasion, en l’occurrence les trois fantastiques de HEY ELBOW.

Le line up du Mama étant particulièrement chargé, et la notoriété du trio encore balbutiante dans l’Hexagone, le concert commença devant un public plus que clairsemé, ce qui n’empêcha pas Julia Ringdahl, Ellen Petersson et Liam Amner de faire honneur à leur premier album, Every Other, effort jazz rock psychédélique sensationnel et dépaysant. Fort heureusement, l’assistance se renforça au fil des morceaux, permettant ainsi à Hey Elbow de faire salle comble pour leur première date parisienne! On ne peut qu’espérer que l’intrigant combo revienne nous présenter sa smala (chaque titre de l’album ayant été baptisé d’un prénom) dans un futur proche et des conditions un peu plus optimales, la furia débridée de Mr Amner ayant plus d’une fois noyé les parties (guitare, trompette et voix) de ses comparses. Prenez date, braves gens.

Setlist Hey Elbow:

1)Ruth 2)Rael 3)Saga 4)Blanca 5)People 6)Matilde 7)Finn 8)Martin 9)Wildbirds 10)Alice 11)Fire

Hey Elbow

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Pour aller plus loin:

Digne représentante de la scène « pop » (à défaut d’un meilleur qualificatif) scandinave, Aurora a la sale habitude de ne sortir que des morceaux merveilleusement équilibrés, imparables mais toujours sobres, tubesques sans être creux (ce qui pour un tube, est tout de même assez compliqué). Un exemple: Runaway

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David Zincke est le genre d’artiste qui font que les sessions scènes ouvertes des pubs britanniques sont et restent une institution nationale. Une voix, une guitare, une stomp box et roulez jeunesse. Jamais de facilité dans ses compositions, tout a été fait, travaillé et peaufiné pour surprendre l’auditeur, toujours en bien of course. Un exemple: Settle Down

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Avec son most scandinavian line up ever (guitare électrique, trompette/claviers, batterie), Hey Elbow est un creuset de styles, de sons et d’ambiances. Au petit jeu des comparaisons, on peut les rapprocher de Bendik, Anna von Hausswolff ou encore Anna Calvi. Et si vous vous demandez ce que ces trois artistes ont en commun, la réponse est bien sûr Hey Elbow. Un exemple: Blanca

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