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FIRST AID KIT @ LE TRABENDO (28.11.2012)

Trabendo 14Souvenez-vous, c’était il y a un gros mois. Le 25 octobre 2012, le Trabendo devenait (pour quelques heures) le centre du monde. En cause, la venue des quatre cailloux les plus révérés du panthéon rock (cailloux – rock… il est beau mon jeu de mots, il est beau) pour un petit tour de chauffe dans ce « club » parisien, en prévision de la micro tournée anglo-américaine organisée à l’occasion du cinquantenaire du groupe. La question était alors de savoir si l’on pouvait pardonner à ces vieilles crapules leurs divers dévoiements artistiques et financiers (paye ta place à 400£*!) sur la seule base de cette « bonne action », qui a permis à 350 fans émerveillés d’assister au showcase de leur vie pour un prix tout à fait correct. Certains ont dit oui, d’autres ont dit non, les Stones sont venus, ont joué, ont convaincu (ou pas) et sont repartis. L’affaire s’est dégonflée et le Trabendo est redevenu une salle de concert parisienne parmi d’autres. Fin de l’histoire? Pas du tout. Le 28 novembre, en effet, l’endroit redevenait le centre du monde pour les quelques cinq cents amateurs de folk nordique venus braver le froid et l’humidité pour assister au retour dans la capitale des sœurs Söderberg, neuf mois après leur passage au Point Éphémère. Suèdeheads, welcome in.

*: Et la mienne aussi, puisque tu as les moyens.

Après deux fois trente minutes d’attente à l’extérieur de la salle (il faut bien rentabiliser la buvette), les portes s’ouvrent enfin sur l’enceinte qui a accueilli le dernier concert abordable des Stones. Vu la configuration des lieux, et la proximité entre la scène et la fosse, ça a du être quelque chose. Mais assez avec le passé, on est venu pour vérifier si les frangines suédoises ont toujours la pêche après une année passée sur les routes d’Europe et d’Amérique pour défendre leur excellent dernier album, The Lion’s Roar. Sur l’estrade, rien ne semble avoir changé depuis février dernier. On retrouve du côté droit les guitares de Klara, tandis que le clavier et l’auto-harpe de Johanna occupent le gauche, le kit de leur batteur refermant le triangle à l’arrière plan. Au centre du dispositif, un piano électrique a été installé pour qu’Amanda Bergman, alias IDIOT WIND, puisse accomplir son travail de chauffeuse de salle. En attendant que la salle se remplisse, les hauts-parleurs diffusent une playliste multipliant les références (tiens, le Return Of The Grievous Angel de Gram Parson et Emmylou Harris… Oh, le Bye Bye Love des Everly Brothers – groupe préféré d’un certain Paul Simon…) et les clins d’œil (ça alors, un morceau de Samantha Crain!*). Les filles ont pensé aux revenants, ça fait toujours plaisir.

La soirée commence pour de bon lorsque Miss Bergman, chapeau mou posé sur une épaisse toison bouclée – Huckleberry Finn like – , sort comme une balle des coulisses pour s’installer devant son piano. À peine le temps d’envoyer un « Good evening » introductif à la salle, et Idiot Wind débute son set par Try To Bend A River, ballade douce amère convoquant autant la Tori Amos de Winter que la Sia de My Love, les instrumentations luxuriantes en moins. Suivront une poignée de morceaux dans la même veine mélancolique, avant qu’Amanda ne délaisse son clavier pour se saisir d’une guitare, dont elle usera pour jouer les deux seules compos qu’elle maîtrise (d’après elle) sur cet instrument. Au menu, une – moins une – reprise, mais pas de Bob Dylan (avec un nom de scène pareil, ça ne m’aurait pas surpris plus que ça): c’est le Boss qui prêtera son I’m On Fire le temps d’une interprétation tout à fait convaincante.

Idiot Wind 6

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Retour au piano pour la fin du set, sensiblement semblable au début de ce dernier, tant sur la forme que sur le fond. Pour impeccable qu’il soit, le répertoire d’Idiot Wind verse en effet dans le principal écueil du folk: une uniformité de ton qui peut finir par lasser l’auditeur (surtout s’il n’est pas familier avec l’artiste en face de lui, ce qui est le lot de la plupart des premières parties). Fort heureusement, Amanda quittera la scène avant que le public du Trabendo ne s’impatiente, et sera raccompagnée en coulisses par des applaudissements nourris et mérités. En attendant que le premier album sorte, peut-être l’année prochaine, allez jeter une oreille (et un oeil aussi, il y a des photos et des paroles) sur le site de la native de Dalarna, et laissez les mélodies d’Idiot Wind vous entourer like a circle around your skull. C’est tout à fait indolore.

*: La première partie du duo plus tôt dans l’année, et notamment lors de leur passage au Point Éphémère.

Idiot Wind 13²

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Lorsqu’elles ont investi le Point Éphémère le 22 février dernier, les FIRST AID KIT n’étaient alors que la tête d’affiche « par défaut » du Festival Fireworks!, un duo de frangines suédoises gravitant dans la nébuleuse Jack White, et dont les médias semblaient bien aimer le dernier album. Pas de quoi se ruer à leur concert en somme, surtout si peu de temps après la sortie de The Lion’s Roar (il est de notoriété publique que les Français ont généralement un train de retard sur le reste de l’Europe en matière de nouveautés musicales). Neuf mois (et deux passages à l’Olympia, en première partie dudit Jack) plus tard, le tableau n’est plus tout à fait le même pour la sororité Söderberg. Après trois saisons de touring intensif, avec tout ce que l’exercice peut apporter en terme de publicité (sessions privées, articles, billets, reports…), FAK s’affirme dorénavant comme un incontournable de la scène indie européenne, même en France (c’est dire).

Pourtant, si on fait abstraction du cadre, rien ne semblait avoir changé depuis l’hiver dernier. Comme le laissait présager la disposition des instruments, la scénographie est restée la même, tout comme « l’uniforme » hippie des filles, silhouettes longilignes entourées du halo vaporeux de leurs robes légères. Et à regarder la setlist avant que la lumière ne s’éteigne, ce ne sera pas non plus le grand chambardement à ce niveau là. Bon, le changement pour le changement n’est que rarement productif, c’est vrai, et la soirée s’annonçait tout de même sous de très bon auspices, à en juger par le menu aux allures de best of proposé par Klara et Johanna au Trabendo. Mais, tout de même, pour un groupe qui dénonce l’effet tue l’amour de la routine (This Old Routine*), conserver la même structure pour ses shows plus de neuf mois, c’est un peu contre-intuitif. Menfin, ce que j’en dis…

*: Jouée en ouverture du concert au Point Éphémère, mais absente des setlists depuis quelques mois… Un signe?

First Aid Kit 21²

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Tout débuta donc avec In The Morning, premier morceau du premier album, qui mit tout le monde d’accord en l’espace de dix secondes: la complémentarité entre les voix des filles Söderberg (ne pas oublier que papa était guitariste dans le groupe Lolita Pop durant les années 80) est tout simplement exceptionnelle et l’alchimie qui en résulte aussi magnifique que bluffante. Comme sur l’album? Mieux même, beaucoup mieux. La magie du live… Blue permet au batteur de se mettre au travail, à grand renfort de xylophone Leader Price (ou l’équivalent suédois: vous savez, c’est celui qui a des lames de toutes les couleurs).
Le set lancé et bien lancé, il est temps de faire les présentations. Tiens, j’avais oublié que Johanna parlait couramment le français: c’est toujours sympa d’entendre un « Bonsoir Paris » de la part d’un artiste étranger, quitte à ce que le reste des interventions se fasse en anglais (ce qui ne fut pas exclusivement le cas). On enchaîne avec un Hard Believer pour passer la seconde, autre pépite tirée de The Big Black And The Blue et preuve irréfutable que les First Aid Kit peuvent relever le tempo sans que leurs harmonies vocales en pâtissent. Et quitte à accélérer la cadence, autant faire ça bien: le Our Own Pretty Ways qui suivit fut dégoupillé en l’honneur de la liberté d’expression et des Pussy Riots. Punk!

First Aid Kit 3²

« Oh why do you look so bluuuuuue? »

S‘ensuivit un épisode étrange et assez drôle, sans qu’on sache bien si l’humour en question était au premier ou au second degré. Pour la faire courte, Johanna se mit à vendre l’édition collector de The Lion’s Roar à sa grande sœur (qui elle incarnait le fan lambda, et donc, près de ses sous et pas facilement convaincu de les dépenser sur cet item à l’utilité douteuse), détaillant avec un enthousiasme exagéré les nombreux bonus dont bénéficieraient les heureux acquéreurs de ce merveilleux artefact: un documentaire exclusif de la tournée! (whaaaa…) un poster! (oooooh!) un mediator aux armes du groupe! (naaaaaaan?) et, last but not least, trois nouveaux morceaux! (sauf que Wolf était déjà fourni avec la version numérique de l’album, mais bon, deux nouvelles chansons c’est toujours ça de pris). Même si le public a ri de bon cœur devant ce petit sketch, je n’ai pas vraiment compris l’intérêt de la manœuvre. S’agissait-il pour les frangines de faire de la pub pour un produit résolument commercial tout en prenant un peu de distance avec le côté bassement mercantile de la chose? Ou bien simplement d’introduire un des inédits en question, Marianne’s Son? Quoi qu’il en soit, voir des hippies jouer les VRP fut une expérience assez bizarre.

Puis vint le moment où le présent et le passé s’amalgamèrent en une seule et même setlist. Johanna saisit son auto-harpe pour accompagner Klara sur New Year’s Eve, avant que le duo n’annonce son intention de « renoncer (pour un temps) à la technologie moderne ». Comprendre que, comme il y a neuf mois, et comme à chaque concert depuis le début de l’année (festivals mis à part, à mon avis), les First Aid Kit jouèrent Ghost Town  sans amplification ni micros, invitant le public à chanter avec elles s’il le souhaitait. Pour avoir raté le coche une première fois en février et m’en être mordu les doigts, je m’étais cette fois préparé avec soin et ait donc pu accompagner (à mon petit niveau) les sœurs Söderberg durant leur morceau de bravoure unplugged, partagé entre joie (elles l’ont refait!) et déception (elles l’ont refait…). Voilà, s’il y a des spectateurs du Trabendo qui me lisent, sachez que ce moment de communion faisait partie du pack standard, désolé si je casse le mythe.

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Ce mini grief évacué, il m’a bien fallu reconnaître que cette deuxième partie de set était tout de même très bien pensée. Alternant habilement entre morceaux enlevés (Wolf, I Met Up With The King) et compositions plus calmes (To A Poet, When I Grow Up, Emmylou), Klara et Johanna surent mener leur barque avec une maîtrise consommée jusqu’à l’explosion finale que constitua The Lion’s Roar, où l’on headbanga sans retenue des deux côtés de la scène. Fin du deuxième acte, place à l’épilogue.

Et ce dernier s’ouvrit avec un hommage appuyé au « meilleur songwriter sur Terre » (dixit Klara, catégorique), aka Paul Simon, pour qui les frangines eurent l’honneur de reprendre America lors de la remise de son Polar Music Prize en mai 2012. Pour être tout à fait honnête, j’ai eu un peu de mal à reconnaître le morceau jusqu’au premier refrain, mais n’est-ce pas la marque des meilleures reprises que de transformer en profondeur des titres que l’on croyait bien connaître? Le Sailor Song qui suivit me convainquis définitivement de dépenser mes billes sur The Big Black And The Blue plutôt que sur la version deluxe de son successeur, quant à l’ultime King Of The World…
Et bien, je dois avouer que c’est la chanson qui m’a le plus ému de tout le concert. Pas parce qu’Idiot Wind est venue prêter renfort aux frangines pour cette dernière chanson (Conor Oberst étant coincé dans un état proche de l’Ohio au moment de son chorus), mais parce qu’il s’agit sans doute du titre le plus personnel des First Aid Kit, dans lequel elles décrivent leurs vies itinérantes avec un mélange de satisfaction et de mélancolie. À la fois queens of nothing et kings of the world, les sœurs Söderberg ne faisaient que passer à Paris, et malgré toutes les critiques que j’ai pu formuler à l’encontre de leur show, je suis bien content d’avoir pu y assister. Vi ses.

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Et voilà comment se termina ma première soirée au Trabendo, salle pourvoyeuse de concerts mémorables avec ou sans les Stones. Et pendant que les vieux cailloux amassent des masses de mousse à coup de concerts pour hommes d’affaires, je connais deux jolies pierres suédoises qui continuent à rouler d’un coin à l’autre du globe. Avec un peu de chance, elles (re)passeront près de chez vous dans un futur pas trop lointain…

First Aid Kit 27³

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Setlist First Aid Kit:

1)In The Morning  2)Blue 3)Hard Believer 4)Our Own Pretty Ways  5)Marianne’s Son 6)New Year’s Eve 7)Ghost Town  8)To A Poet 9)Wolf 10)When I Grow Up (Fever Ray’s Cover) 11)Emmylou 12)I Met Up With The King 13)The Lion’s Roar
Rappel:
14)America (Simon & Garfunkel’s Cover) 15)Sailor Song 16)King Of The World (avec Idiot Wind)

K.W.A.S.S.A. : LE NORDIC MUSIC PRIZE

NMPL’hiver n’est pas uniquement la saison des rhumes, de la neige et de la dinde aux marrons. En matière culturelle, et en particulier, musicale, l’hiver est également la saison durant laquelle les prix récompensant les meilleurs artistes et albums de l’année écoulée sont remis. En attendant que soient attribués Grammy et Brit Awards, Victoires de la Musique et autres Spellemanprisen, je vous propose de vous pencher sur un prix d’un genre particulier, puisque pensé à une échelle régionale plutôt que nationale: le Nordic Music Prize.

Décerné pour la première fois en février 2011, le Nordic Music Prize (NMP) récompense le meilleur album « nordique » de l’année, et est ouvert aux artistes des cinq pays suivants: Islande, Danemark, Norvège, Suède et Finlande. La sélection des nominés se fait en plusieurs étapes, la première voyant cinq comités nationaux définir chacun une liste de 25 albums, d’où sont ensuite sélectionnés 10 noms par pays par un panel comprenant entre 50 et 150 professionnels du monde de la musique. Cette liste de 50 noms est alors réduite à 12 par le comité central du NMP, qui charge un jury international de choisir le nom du vainqueur. Ce dernier reçoit son prix, accompagné d’une dotation de 20.000 euros, lors du festival By: Larm organisé à Oslo à la mi-février.

Inspiré par l’exemple du Mercury Prize récompensant le meilleur album britannique ou irlandais de l’année, le NMP poursuit un triple objectif: consolider les liens unissant l’industrie musicale des pays nordiques, attirer l’attention du reste du monde sur les artistes de la scène « scandinave », et mettre en valeur l’album comme format de création artistique (en opposition avec le single et le clip).

De par son orientation clairement internationale, le NMP constitue un excellent moyen de se tenir au courant de l’actualité de la foisonnante scène musicale nordique pour les observateurs étrangers. Pas besoin en effet de décortiquer des blogs musicaux finlandais ou de s’abonner à des newsletters islandaises pour ne pas rater les dernières révélations nationales: cet épuisant travail de prospection a déjà été effectué par des équipes compétentes et averties, qui, fierté nationale aidant, auront pris soin de ne sélectionner que la crème de la crème (avec une prédilection pour les artistes anglophones, qui, étrangement, sont ceux ayant le plus de chance de faire des tournées internationales, et donc de passer par la France un jour ou l’autre). C’est presque trop facile.

En attendant que soit révélée la liste des 12 finalistes de l’édition 2012 (le 3 décembre, soit dans quelques heures au moment où j’écris cet article), je vous invite donc à faire un tour du côté du site officiel du NMP, afin de jeter une oreille sur ce que les 50 pré-sélectionnés ont à vous proposer. Tâche de longue haleine, c’est vrai, mais on n’est jamais à l’abri d’une erreur de casting de la part du comité central, qui condamnerait un artiste prometteur à rester dans l’anonymat et vous ferait passer à côté de la découverte musicale qui illuminera votre hiver.

Comment ça, vous n’avez vraiment pas le temps de tout passer en revue? Allez quoi, c’est le week-end! Mais si votre emploi du temps est aussi chargé que vous le dîtes (qu’il s’agisse de trouver un cadeau potable au caniche de votre grand-mère, de finir de construire le bunker souterrain dans lequel vous prévoyez de passer la journée du 21 décembre ou de vous reconstruire après l’énorme désillusion qu’a été la défaite de Taïg Chris en finale de Danse Avec Les Stars), je veux bien faire un geste pour vous aider à rester à la point de la tendance de la musique de nos cousins du Nord. Voici donc ma shortlist des 12 artistes que vous devriez suivre avec la plus grande attention à partir de maintenant.

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FIRST AID KIT (Suède) – The Lion’s Roar

Un choix pas vraiment audacieux, étant donné la popularité des frangines Söderberg (dont le précédent opus, The Big Black And The Blue, faisait partie des 12 sélectionnés de 2010) à l’heure actuelle. Reste que The Lion’s Roar est incontestablement un très bon album de folk, magnifiquement servi par les harmonies vocales époustouflantes de Klara et Johanna, ainsi que par des arrangements simples et de bon goût. Un des favoris incontestables de cette édition.

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ANNA VON HAUSSWOLFF (Suède) – Ceremony

Un second album majestueux et complexe, construit autour de la puissance onirique du grand orgue d’église dont les tuyaux figurent sur le cover-art du disque. Grandeur et mysticisme, juste ce qu’il faut pour passer l’hiver.

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THE TALLEST MAN ON EARTH (Suède) – There’s No Leaving Now

Vous reprendrez bien un peu de folk suédois? Jens Kristian Mattsson n’est peut-être pas vraiment l’homme le plus grand sur cette planète, mais guitare en main, il ne craint personne. Si le nom de Bob Dylan revient souvent dès qu’il s’agit de décrire sa musique (ce qui est le lot d’à peu près tous les jeunes chanteurs de folk, soyons honnêtes), je le rapprocherai pour ma part davantage d’Angus Stone, avec lequel il partage plus qu’un look de songwriter néo-hippie.

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CHOIR OF YOUNG BELIEVERS (Danemark) – Rhine Gold

Derrière ce nom prosélytique se cache Jannis Noya Makrigiannis et sa bande de (parfois) joyeux musiciens, experts es compositions planantes et envolées lyriques. Successeur très attendu de This Is For The White Of Your Eyes (et son merveilleux Hollow Talk), Rhine Gold fait mieux que confirmer le talent du groupe: il place ce dernier parmi les figures de proue de la scène indie européenne.

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EFTERKLANG (Danemark) – Piramida

Laissez une poignée de Danois mélomanes errer dans une ville fantôme  perdue quelque part dans les hautes latitudes norvégiennes, bien au dessus du cercle polaire, et avec un peu de chance, vous obtiendrez un album du calibre de ce Piramida dans les mois qui suivront. Quatrième opus de ce groupe jamais rebuté par l’expérimentation, Piramida transporte l’auditeur au pays des aurores boréales et de la longue nuit en moins de temps qu’il n’en faut pour écrire que les Efterklang passeront au Café de la Danse le 13 décembre prochain.

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JACOB BELLENS (Danemark) – The Daisy Age

Si Guy Garvey (Elbow) était né à Copenhague plutôt qu’à Bury, il se serait sans doute appelé Jacob Bellens. On retrouve en effet la même puissance teintée de douceur dans le timbre de cet viking rêvant de l’âge des marguerites. En attendant que son album soit distribué à l’international, Jacob nous invite à faire une petite balade jusqu’au cœur de l’Afrique, histoire de se réchauffer un peu. Attention louable.

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THE NEW SPRING (Danemark) – Secret Armor

Une voix, une guitare acoustique, quelques overdubs de piano et de guitare électrique pour faire joli, et voilà Bastian Kallesøe prêt à conquérir le monde, sanglé dans sa Secret Armor. L’avenir nous dira si le printemps 2013 sera celui de son sacre…

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ANTERO LINDGREN (Finlande) – Mother

Antero Lindgren vaut le détour, ne serait-ce que parce qu’il est toujours bon de pouvoir citer un artiste finlandais (autre que Nightwish ou Lordi, bien sûr) dans les réceptions mondaines pour prouver que l’on possède une culture musicale digne de ce nom. Si en plus, l’artiste en question est à peu près aussi (mé)connu à Helsinki qu’il l’est à Paris (ce qui semble être le cas), le hipster frise l’orgasme. Mais si vous ne deviez avoir qu’une seule raison de retenir le nom d’Antero Lindgren, ce serait d’abord et avant tout parce que son premier album, Mother, est un joyau nu-folk. Raison bonus: il a la même voix qu’Eddie Vedder…

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TILBURY (Islande) – Exorcise

Un peu de pop-électro éthérée? Malgré son titre démoniaque et son cover-art dégoulinant, l’album de Tilbury n’est que calme et volupté, à mi-chemin entre Grandaddy et Wheezer. À moins qu’un volcan islandais ne décide de faire des siennes, ces gars-là devraient bientôt débarquer sur le continent pour convertir les foules européennes aux joies du relaxing, alors préparez-vous.

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SIGUR ROS (Islande) – Valtari

Valtari siginifie « rouleau compresseur » en islandais, et le nouvel album de la bande à Jónsi, premier lauréat du NMP pour son album Go en 2010, risque fort d’écraser la concurrence avec autant d’aisance que la machine dont il a emprunté le nom, à moins que son statut de grandissime favori ne vienne justement jouer en sa défaveur. Quoiqu’il en soit, Valtari devrait, sauf coup de théâtre, se retrouver dans les 12 finalistes de cette année, et ça ne serait que justice.

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PÉTUR BEN (Islande) – God’s Lonely Man

Pas encore distribué sous format physique et déjà nominé! C’est peu dire que le nouvel opus de Pétur Ben a séduit les journalistes musicaux islandais, à raison. Connu comme le loup blanc sur son île, Pétur a toutes les cartes en main pour se faire un nom à l’international: une gueule d’archange viking, une voix aussi sexy que celle de feu Michael Hutchence, un excellent album et les moyens financiers d’assurer sa sortie (une des nombreuses belles histoires du net 2.0). Préparez-vous (bis).

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SUSANNE SUNDFØR (Norvège) – The Silicone Veil

Pourrais-je écrire quelque chose de plus à propos de celle qui bénéficia du K.W.A.S.S.A. inaugural de ce blog? Bien sûr que oui (on est fan ou on ne l’est pas), mais pour sauver l’impartialité de façade de cet article, je me contenterai de renvoyer les curieux vers le billet en question. The Silicone Veil réussira-t-il là où The Brothel a échoué? Bank i bordet! Rendez-vous le 3 décembre pour savoir s’il fait au moins aussi bien que son illustre prédécesseur.

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Quelle que soit la composition de la liste des finalistes, le Nordic Music Prize s’impose donc comme un must follow (mais si ça existe, la preuve) pour tous les amateurs de musique, et pas seulement scandinave. Les talents d’Europe du Nord n’attendent plus qu’un clic de votre part pour venir enchanter votre hiver, alors cap sur le septentrion, sudistes mélomanes.

EDIT

La liste des 12 nominés vient d’être révélée. Avec seulement quatre coups au but, j’ai encore du chemin à parcourir avant d’être tout à fait en phase avec les membres du comité central… et je réalise que j’ai eu raison de défricher la liste des 50 premiers noms, faute de quoi les deux tiers des merveilleuses découvertes que j’ai fait ces derniers jours me seraient passés sous le nez. Grosse surprise: Sigur Rós n’a pas accédé au dernier carré. Et double confirmation pour Susanne Sundfør et First Aid Kit, qui deviennent les premières à placer deux albums dans la shortlist du NMP. Rendez-vous le 14 février pour la remise du prix au vainqueur!

Liste des finalistes de l’édition 2012:

• Selvhenter (Danemark) Frk. B. Fricka
• Choir Of Young Believers (Danemark) Rhine Gold
• Susanne Sundfør (Norvège) The Silicone Veil
• Tønes (Norvège) Sån av salve
• Lindstrøm (Norvège) Smalhans
• Pää Kii (Finlande) Pää Kii
• Kerkko Koskinen Kollektiivi (Finlande) Kerkko Koskinen Kollektiivi
• Neneh Cherry & The Thing (Suède) The Cherry Thing
• First Aid Kit (Suède) The Lion’s Roar
• Anna von Hausswolff (Suède) Ceremony
• Ásgeir Trausti (Islande) Dýrð í dauðaþögn
• Retro Stefson (Islande) Retro Stefson

Pour ceux qui voudraient peser de tout leur poids afin de maximiser les chances de leur album favori, il est possible de voter ici, en attribuant des points suivant le même principe que celui utilisé pendant l’Eurovision: 12 pour le premier, 11 pour le deuxième… et 1 pour le douzième. Je ne sais pas de quelle manière cette participation populaire pondère le résultat du jury international, mais il s’agit en tout cas d’une occasion en or pour soutenir concrètement vos artistes préférés dans la dernière ligne droite. Go go go!

EDIT 2

Le jury a  remis son verdict et décerné le Nordic Music Prize 2012 à First Aid Kit, pour l’album The Lion’s Roar. Je l’avais dit ou pas*? Bravo donc aux sœurs Söderberg, qui n’en finissent plus de remporter des prix, et qui sont d’ores et déjà de grandes dames du folk. Dans quarante ans, on leur dédiera des morceaux, c’est moi qui vous le dit. I’ll be your Johanna, I’ll be your Klara…

*: Pour le moment, 100% des groupes suédois sur lesquels j’ai misé une couronne sont repartis avec le trophée. Une statistique bidon qui prouve amplement à quel point mes goûts musicaux sont au dessus de tous soupçons.

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ANNEXES

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Composition du Comité central du NMP:

Ralf Christensen (Danemark)
Jan Gradvall (Suède)
Ilkka Mattila (Finlande)
Audun Vinger (Norvège)
Arnar Eggert Thoroddsen (Islande)

Composition du jury international:

Andres Lokko – Président  (Journaliste, Suède)
Laurence Bell (Domino Records

, Royaume-Uni)
Jeannette Lee (Rough Trade Records, Royaume-Uni)
Mike Pickering (Columbia Records, Royaume-Uni)
Jonathan Galkin (DFA Records, États-Unis)

Précédents lauréats du NMP:

– 2010: Jónsi (Islande) pour l’album Go Do

– 2011: Goran Kafjes (Suède) pour l’album X/Y

Liste des finalistes des éditions précédentes:

2010:

• Dungen (Suède) Skit I Allt
• Paleface (Finlande) Helsinki – Shangri-La
• Susanne Sundfør (Norvège) The Brothel
• Robyn (Suède) Body Talk
• Efterklang (Danemark) Magic Chairs
• Serena Maneesh (Norvège) S-M 2: Abyss In B Minor
• The Radio Dept. (Suède) Clinging To A Scheme
• Ólöf Arnalds (Islande) Innundir Skinni
• Kvelertak (Norvège) Kvelertak
• First Aid Kit (Suède) The Big Black & The Blue
• Frisk Frugt (Danemark) Dansktoppen Møder Burkina Faso I Det Himmelblå Rum Hvor Solen Bor, Suite.

2011:

• Ane Brun (Norvège) It All Starts With One

• Lykke Li (Suède) Wounded Rhymes

• Rubik (Finlande) Solar

• Gus Gus (Islande) Arabian Horse

• Malk De Koijn (Danemark) Toback To The Fromtime

• Siinai (Finlande) Olympic Games

• Björk (Islande) Biophilia

• Iceage (Danemark) New Brigade

• Montée (Norvège) Renditions Of You

• Anna Järvinen (Suède) Anna Själv Tredje

• The Field (Suède) Looping State Of Mind

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