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FESTIVAL AIR D’ISLANDE @ LE POINT EPHEMERE (01.02.2014)

La question a fini par se poser. Après un n-ième petit soupir mi-amusé, mi-désabusé, de la part de mon interlocuteur après que je lui ai répondu que mon concert de ce soir avait pour thème cette île du grand nord Européen, grande comme l’Irlande et la Belgique réunies* et pourtant moins peuplée que Nice, patrie de commissaires dépressifs, de volcans vindicatifs et de banquiers en liberté conditionnelle, et où le moindre patronyme comporte obligatoirement 28 caractères (dont au moins trois appartenant à un autre alphabet) et finit invariablement par -dur/-dotir, et communément désignée par les profanes comme l’Islande, difficile de ne pas se la poser. Avant de partir pour le Point Ephémère et la deuxième soirée du festival Air d’Islande hébergée céans, je me suis planté devant une glace et ai longuement fixé mon reflet à la recherche d’une réponse à la terrible question dont je vous livre ci-dessous l’énoncé : suis-je un hipster? 
Passe encore le fait que je m’intéresse plus que de raison à la musique nordique, dont la popularité dans nos contrées méridionales m’est apparue jusqu’ici assez limitée (non, The Fox de Ylvis n’est pas un contre-exemple crédible), mais franchement, se passionner pour le single d’un chanteur indonésien (prénommé Marcel, pour ne rien arranger)? Traîner sur Douban et copier-coller le titre des chansons sur Google Translate pour retrouver celle dont parle Woozy dans son billet mensuel pour le Music Alliance Pact? S’improviser promoteur français d’un artiste écossais dont l’album a du se vendre à 35 exemplaires et qui n’aime pas faire des concerts? Qui d’autre qu’un hipster pourrait faire preuve d’une telle radicalité dans son approche? L’introspection ne s’étant pas prolongée assez longtemps pour me permettre de trancher avant l’heure du départ, je me suis donc rendu sur place et ai assisté à la soirée avec un poids terrible sur la conscience. Heureusement pour moi, à la sortie du Point Ephémère, je tenais ma réponse, et celle-ci était négative (à mon grand soulagement, car ça m’aurais ennuyé de devoir me laisser pousser la barbe fournie qui semble être la norme pour le hipster de genre masculin, sans compter les dépenses induites par le renouvellement de ma garde-robe). Démonstration.

*: Pas facile de trouver des exemples parlants. C’était ça où le Kentucky. Personnellement, je n’ai que la plus vague idée de la superficie du Kentucky. Dans le doute, j’ai supposé que c’était aussi le cas pour vous, estimés lecteurs.

La queue importante qui s’enroulait autour des barrières délimitant la terrasse couverte du Point Ephémère à mon arrivée au 200 quai de Valmy fut un premier élément à décharge dans mon dossier en hipsteritude. Il ne fallut en effet que quelques minutes au service d’ordre pour placarder un petit écriteau marqué « COMPLET » sur la porte de la salle, entraînant en conséquence le départ des quelques optimistes qui s’étaient déplacés sans avoir pris le soin de réserver leurs places. Etant de notoriété publique que les hipsters ont fait leur la devise du « moins il y a de fous, plus on rit », le succès (inattendu, au moins de mon point de vue) de la soirée ne pouvait que m’encourager dans la croyance que je n’appartenais pas à ce monde si particulier. Assister à un concert sold out, c’est vrai que ça a tendance à suggérer qu’on a les mêmes goûts que beaucoup de ses semblables, ce qui n’est jamais bon signe quand on se veut hipster.

Therese Aune 1

Billowing shadows: check

Debout sur la scène, souriante derrière la forme baroque de son harmonium indien, THERESE AUNE semblait attendre que les derniers participants passent le seuil du Point Ephémère pour se mettre à jouer. Pour son premier concert parisien, l’acolyte de Moddi avait fait le choix de la sobriété, et laissé le reste de son groupe en Norvège. Oui, vous avez bien lu, en Norvège, car Therese Aune n’est absolument pas islandaise, n’en déplaise aux organisateurs du festival, pour qui la participation au fameux Icelandic Airwaves et la présence de Sturla Mio Þórisson dans le fauteuil de producteur du premier album de la demoiselle, Billowing Shadows, Flickering Lights valaient semble-t-il bien une nationalisation temporaire. Et puis, ces nordiques, ce sont un peu tous les mêmes, comme dirait un expert (puisque Belge) en la matière, Mr Paul van Haver. Y en a marre.

Hautement cinématographiques, les compositions présentées par Therese Aune à son nouveau public furent toutes frappées du sceau du dépouillement, même si son talent de pianiste lui permit de donner à sa prestation un volume appréciable. En l’absence de ses habituels complices et de leurs instruments, Miss Aune dut se contenter de ses doigts agiles et de sa voix puissante pour captiver la salle, ce qu’elle fit de bonne grâce. Toutefois, difficile de nier que l’immersion dans l’univers artistique de la native d’Oslo aurait été facilitée par un accompagnement plus conséquent que le classique piano/harmonium-voix, qui resta la norme tout au long des 35 minutes du set. Impossible de ne pas faire le parallèle avec la venue d’une autre artiste norvégienne au Point Ephémère, il y a un peu plus d’un an, pour un show lui aussi placé sous le signe de la simplicité. Et si, à l’époque, je n’avais rien trouvé à redire à la performance de Susanne Sundfør (et que je n’ai pas changé d’avis depuis, mais ce cas est aussi spécial que désespéré), je dois reconnaître qu’un concert aux arrangements aussi épurés a effectivement de quoi déconcerter le néophyte et le « jeune » fan ne connaissant que les versions abouties figurant sur l’album, et s’attendant – peut-être naïvement – à retrouver la même complexité en live. Ce ne fut pas le cas ce soir (tant pis) mais pour une première, ce fut néanmoins une réussite, qui je l’espère entraînera un rapide retour de Therese Aune dans l’Hexagone, cette fois ci avec son quatuor de choc au fond de la valise.

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Setliste Therese Aune: 1)I Am The One Who 2)Grey Ghost 3)The Lonely Ocean Roar 4)Chameleon 5)Sometimes 6)Silent Song 7)Broken Bird

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Samaris 1Après ce début prometteur, l’inquiétude quant à mon éventuelle appartenance à la caste des hipsters monta en flèche, en même temps que le trio SAMARIS sur les planches de la scène. Le side project de la tête pensante de Pascal Pinon (calembour glacé et sophistiqué) présentait en effet de nombreuses caractéristiques ne pouvant que provoquer l’intérêt des mélomanes les plus pointus: outre sa « glorieuse » genèse évoquée plus haut, citons également sa relative jeunesse (le groupe s’étant formé au début de l’année 2011, et son premier album, éponyme, n’a été publié qu’à la fin du mois d’Août 2013), son line up exotique (chant, ordinateur, clarinette), sa ligne artistique (adapter de la poésie islandaise de la fin du XIXème siècle sur base electro), ou encore son look plutôt décalé (grande utilisation de guirlandes de Noël et de chasubles ou très épaisses ou très légères dans la garde-robe de scène de ces dames). Un cocktail détonnant donc, dégusté avec gourmandise par une grande partie du public du Point Ephémère si je dois en juger par  l’accueil enthousiaste reçu par le trio, dont c’était également la première date parisienne.

Samaris 2

Góða tungl um loft þú líður/ ljúft við skýja silfur skaut… Médite là dessus.

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Mené par une Jófríður Ákadóttir habitée, au sens björkien du terme (susurrements théâtraux, danse chamanique autour du micro, yeux perdus dans le lointain), Samaris livra un set d’une quarantaine de minutes au cours duquel furent joués de nombreux morceaux de leur prochain album, Silkidrangar, ainsi que les titres incontournables du premier opus, dont le désormais « célèbre » Góða Tungl, ode à l’astre nocturne dont je ne désespère pas de comprendre un jour le message (ils ont sorti une méthode Assimil pour l’islandais?).

Samaris 3Contrastant avec l’exubérance de leur chanteuse, les deux autres membres du groupe optèrent pour une approche bien plus modérée, voire monolithique, se contentant de jouer leurs parties avec une retenue toute scandinave. Engoncée dans une sorte de toge blanche que l’on eut dit taillée dans une sous-nappe en bulgomme, la clarinettiste Áslaug Rún Magnúsdóttir avait la digne gravité d’un clown blanc, tandis que son comparse Þórður Kári Steinþórsson semblait trop absorbé par ses machines pour s’occuper de quoi que ce soit d’autre. En bonne maîtresse de cérémonie, Jófríður prit toutefois soin de communiquer régulièrement avec le public, et souvent dans un français remarquablement bien maîtrisé. Une attention bienvenue, qui permit de limiter le décrochage des éléments les moins sensibles aux litanies hypnotiques du trio (et je sais de quoi je parle). À la fin de ce deuxième set, j’avais la tenace et troublante impression d’avoir ingéré un space cake sonique, sans arriver à déterminer si le résultat me semblait plaisant ou pas, et c’est donc l’esprit un peu brumeux que j’abordai le dernier acte de la soirée.

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Setlist Samaris: Bien au delà de mes faibles compétences en islandais, je regrette.

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Une des choses qui continue de me fasciner à propos de l’Islande est la proportion incroyable de  talentueux musiciens que ce petit bout de terre semble capable d’engendrer par rapport à sa population totale, ainsi que la capacité de ces derniers à obtenir une reconnaissance internationale. Depuis l’avènement des Sugarcubes à la fin des années 90, la tendance n’a fait que se poursuivre et se renforcer, Of Monsters And Men et Ásgeir étant les dernières incarnations en date de cette success story à l’islandaise. La terre des glaces n’a rien à envier aux autres nations sur le plan de la vitalité de la scène musicale, qu’on se le tienne pour dit. La venue des MONO TOWN à Paris ne fit que confirmer l’absurde concentration de talents à Reykjavik, véritable El Dorado du quatrième art rivalisant sans peine avec l’effervescence britannique, new-yorkaise ou californienne malgré une taille bien plus modeste.

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Mono Town 3Repéré par les informateurs du Music Alliance Pact dès Septembre 2012, la quintette avait mis a profit l’année écoulée pour terminer l’enregistrement de son premier album, In The Eye Of The Storm (ne le dîtes pas à Roger Hodgson), participer à quelques festivals notables (Icelandic Airwaves, KEXP) ou encore tourner avec les Pixies, excusez du peu. Après avoir enregistré une session Deezer dans l’après-midi, le groupe était fin prêt pour terminer la sixième édition d’Air d’Islande avec panache. Dès les premières notes de Place The Sound, la sensation d’avoir en face de soi un groupe affûté et complétement maître de son sujet se fit jour. La cohérence et l’aisance avec laquelle les cinq musiciens jouaient ensemble, le subtil équilibre des forces entre la voix de Bjarki Sigurdsson (frère cadet caché de Roberto Alagna, en plus sympathique), la guitare « western » de Daði Birgisson, les claviers de son frère Börkur (les deux frangins ayant auparavant officié dans le groupe Jagúar au début des années 2000) et la section rythmique, la construction soignée de tous les morceaux et les arrangements élégants ornant ces derniers: le moindre aspect de la prestation du groupe respirait la classe et le professionnalisme. Combinant l’accessibilité du rock et de la pop avec une savoureuse dynamique funk – c’est toujours plus agréable d’entendre un joueur de basse broder le tempo plutôt que de répéter la même séquence trente fois de suite, non? -, les compositions de Mono Town s’avérèrent aussi impeccables que leurs interprètes, à l’image de l’ultime Can Deny et de sa magnifique cassure de rythme au deux tiers du morceau:  cette capacité à surprendre l’auditeur en variant les ambiances, les sonorités et les progressions aussi bien entre qu’à l’intérieur même des chansons, voilà bien la meilleure arme de l’arsenal de ce nouveau groupe très prometteur, et qui devrait selon toute logique obtenir la reconnaissance qu’il mérite au cours des prochains mois.

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Setlist Mono Town: 1)Place The Sound 2)Jackie O 3)In The Eye Of The Storm 4)Deed Is Done 5)Yesterday’s Feeling 6)Peacemaker 7)Two Bullets 8)Can Deny

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À la sortie du Point Ephémère, j’avais acquis la certitude de ne pas être un hipster, malgré tous les signes tendant à prouver le contraire que j’avais pu lister auparavant. J’ai en effet des goûts musicaux bien trop simples pour pouvoir prétendre rejoindre ce cénacle, même si, la technologie aidant, il m’est tout à fait possible (comme il est possible à chacun) de découvrir et d’apprécier des artistes dont l’éloignement géographique et le peu de notoriété m’auraient fait manquer quelques années plus tôt. Si on y réfléchit bien d’ailleurs, l’Islande est devenue une sorte de grande banlieue européenne (compter 3h30 d’avion entre Paris et Reykjavik, une paille), ce qui l’a logiquement déclassée dans le palmarès des pays-où-chercher-des-groupes-inconnus, activité réputée comme étant un des passe-temps favoris du hipster moyen. Et puis l’Islande, tout le monde en parle maintenant, c’est devenu mainstream au point que Ben Stiller y est allé tourner son dernier blockbuster! De plus, je ne considère pas que le succès commercial d’un album, d’un groupe ou d’un chanteur soit inversement proportionnel à sa qualité, ce qui semble être le point de vue d’un paquet de hipsters, prêts à brûler ce qu’ils avaient adorés dès lors que la barre fatidique des 50/500/5000/5.000.000 likes (selon l’extrémisme du sujet, la limite haute varie) a été franchie. Au contraire, je suis toujours heureux de voir des artistes méritants récolter le fruit de leur travail et réussir à vivre de leur musique, et ai plutôt tendance à favoriser cette reconnaissance à mon petit niveau plutôt qu’à abandonner le navire dès qu’il arrive en vue des côtes de la gloire (c’est beau). Bref, le souffle d’Air d’Islande m’a laissé apaisé et rasséréné, prêt à assumer mes coups de cœur musicaux sans craindre ou sans me soucier (quand bien même, je suis sûr qu’il y a des gens très sympas chez les hipsters) d’être étiqueté en retour. Pour fêter ça, j’ai dès mon retour réservé ma place pour la grande soirée finlandaise du 17 Février prochain à la Flèche d’Or. On ne se refait pas… 

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FRIGHTENED RABBIT @ LE POINT ÉPHÉMÈRE (20.11.2013)

Winter is coming. Rien de tel qu’une soirée pluvieuse de Novembre sur les bords du canal St Martin pour s’en convaincre. Sur les pavés luisants d’humidité, à peine protégée par l’auvent de la terrasse-bar, une petite queue de mélomanes attendait avec résignation que sonnent vingt heures pour pouvoir enfin échapper au glauque ambiant. À l’intérieur, lumière, chaleur et musique live, soit le cocktail idéal pour repousser la bouffée de sinistrose menaçant d’engloutir ce dernier jour de Brumaire*, étaient proposées en généreuses quantités. Juste ce qu’il fallait pour prolonger d’une nuit l’euphorie collective consécutive à l’obtention d’un permis d’aller se faire humilier au Brésil en Juin prochain. Un bonheur par jour, ça c’est du régime.

*: À un mois près, j’aurais pu me fendre d’une belle assonnace républicaine en -ose (Nivôse débutant, comme chacun sait, le 21 Décembre). Ah, destin cruel…

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TBJ 9

Touch My Soul/Taste My Solo

En guise d’apéritif, THE BURNIN’ JACKS prouvèrent à nouveau que l’on pouvait compter sur eux pour mettre une salle en condition en première partie d’un groupe écossais (série en cours). Après une prestation sauvage à l’International en Septembre en ouverture des Three Blind Wolves, la quintette hard/glam/blues rock parisienne revenait faire résonner ses hymnes païens dans les chastes oreilles de Marie-Adélaïde et ses coreligionnaires ayant fait le mur. La disposition des lieux conduisit la joyeuse bande à livrer un set moins brut que celui asséné rue Moret quelques semaines plus tôt, le longiligne frontman Syd Alexander Polania ne quittant cette fois pas l’estrade pour plonger dans la foule en délire comme il l’avait fait en sa folle jeunesse d’il y a deux mois (il faut le comprendre: risquer un faceplant sur un sol en béton depuis une hauteur de trois mètres cinquante suite à une tentative de slam mal négociée, ça inciterait n’importe qui à la prudence*). Cette légère retenue fut toutefois amplement compensée par un son bien meilleur que celui de l’International (comprendre: les choeurs étaient audibles), ce qui permit de vérifier de manière irréfutable que les gars en avaient dans les doigts et sous le capot. Capables de composer aussi bien des chevauchées stoners (Touch My Soul, Cheap Blonde) que des pépites pub rock (Bad Reputation, Molly) ou du R’n’B sixties que n’auraient pas renié les Stones – comparaison d’autant plus évidente qu’Alexandre  Richter, guitariste rythmique de son état, avait décidé de se la jouer comme Richards tout le long du set – quand ils roulaient encore correctement (My Baby’s Straight et surtout The Reason Why). Pour un peu, ils seraient capables de faire de la country, et de reprendre le Folsom Prison Blues de Johnny Cash. Oh wait.

*: Sauf peut-être Ozzie. Mais tout le monde sait qu’Ozzie est un toon déguisé (comme le juge de Qui Veut La Peau De Roger Rabbit – spoiler! -), et qu’il ne peut pas vraiment se faire mal.

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En une demi-heure énergique pour huits titres envoyés en salle (on peut saluer la cadence d’abattage), les Burnin’ Jacks confortèrent avec brio leur statut de futures figures de proue de la scène rock hexagonale. Laissons encore quelques semaines aux médias spécialisés pour prendre la mesure de ces gaillards, dont vous entendrez forcément parler ailleurs que sur ce modeste blog dans un futur proche. Il n’y a plus qu’à espérer que le groupe négocie ce passage programmé et mérité sous les feux de la rampe de manière plus probante que la majorité de leurs confrères et soeurs de la nouvelle scène française. De grâce, épargnez-nous la mauvaise ironie que constituerait, avec un nom comme le vôtre, une trajectoire de chandelle romaine. Ne pas faire long feu quand on s’appelle The Burnin’ Jacks, voilà qui serait pour le moins fâcheux.

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Setlist The Burnin’ Jacks:

1)Touch My Soul 2)Don’t Stop Till You Go Insane 3)Can’t Find My Way 4)My Baby’s Straight 5)The Reason Why 6)Molly 7)Bad Reputation 8)Cheap Blonde 

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Si tant est que l’on croyait aux coïncidences, alors il n’y avait pas à chercher bien loin pour marquer la suite de la soirée du sceau des évènements spéciaux. Qu’on en juge: non seulement l’intégralité des goodies proposés aux curieux sur le petit stand monté à droite de la scène étaient estampillés FR (sans doute un signe de l’amour porté par le groupe à ses fans français – dont c’était la seule occasion d’assister à un concert de leurs idoles dans l’Hexagone dans le cadre de cette tournée – plutôt qu’une simple évocation des initiales de ce dernier, comme les esprits chagrins ne manqueront pas de le faire remarquer), mais en plus la date du concert coïncidait avec l’anniversaire du leader de FRIGHTENED RABBIT, Scott Hutchison. Son pantalon s’en souvient encore*.

FR 5

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On pouvait certes regretter le manque de reconnaissance du groupe de Mr Hutchison dans notre beau pays, désintérêt général contrastant fortement avec la belle notoriété indie de la quintette de l’autre côté de la Manche, et particulièrement dans leur Ecosse natale (le dernier album en date de la formation, Pedestrian Verse, vient juste d’être élu album de l’année par l’influent blog The Pop Cop – comme quoi, il y a des avantages à publier des live reports un moins après le concert qu’ils chroniquent – ), mais le plaisir égoïste d’assister à la prestation intimiste d’un groupe désormais plus habitué à tourner dans des grandes salles (juste avant de remplir péniblement le Point Ephémère – 300 personnes -, Frightened Rabbit avait joué deux soirs de suite dans l’O2 Arena de Glasgow – 2500 personnes, soit l’équivalent de notre Grand Rex – ) compensa largement cette triste injustice.

FR 1

Question existentielle: pourquoi Grant Hutchison s’est-il fait tatouer la formule du dichlorométhane sur le bras gauche? Ahaaaa…

Après une interminable balance, qui vit les roadies vérifier chaque micro avec un zèle admirable, même si fortement chronophage, les cinq Calédoniens prirent possession de la scène pour  un show de une heure et demi parfaitement rôdé, passant en revue en une vingtaine de morceaux la discographie du groupe. On put heureusement compter sur un Scott Hutchison enjoué et volubile** pour donner du relief à une prestation autrement assez impersonnelle (il faudra que j’arrête d’aller sur setlist.fm avant chaque concert, je me fais du mal), mais du reste tout à fait satisfaisante, en particulier pour une première expérience live (mon cas, précisément). Efficaces mais guère bavards, les quatre acolytes du frontman de Frightened Rabbit contribuèrent sensiblement à cette impression de pilotage automatique, peu aidés il faut le dire par l’étroitesse de la scène du Pont Ephémère, qui contraignit le pauvre Andy Monaghan à accomplir son office caché derrière une colonne de béton pendant les trois quart du show. Big rabbit, small stage.

*: Ou pourquoi il faut faire attention à ne pas se tacher n’importe où quand on mange son gâteau d’anniversaire, surtout si les traces laissées par ce dernier sont blanchâtres.

**: Difficile de croire que ce grand bonhomme au charisme tranquille et à la blague facile était il y a quelques années le timide quasi-pathologique d’après lequel le groupe gagna son nom (Mme Hutchinson qualifiant son rejeton de « Lapin Effrayé »). C’était l’indispensable minute anecdote de notre chronique.

Setlist Frightened Rabbit:

1)Holy 2)Modern Leper 3)Nothing Like You 4)Dead Now 5)Old Old Fashioned 6)December’s Traditions 7)Music Now 8)The Wrestle 9)Fast Blood 10)State Hospital 11)Head Rolls Off 12)Nitrous Gas 13)Poke 14)My Backwards Walk 15)The Oil Slick 16)Acts Of Man

Rappel:

17)The Woodpile 18)Keep Yourself Warm 19)The Loneliness And The Scream

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Voilà qui termine (pour ma part) cette année 2013 en matière de concerts. Je m’excuse d’avoir mis si longtemps à terminer cette chronique (le froid ralentit l’organisme, c’est bien connu), et espère que chacun a trouvé son compte d’artistes à suivre et de morceaux à écouter en boucle au cours de ces douze derniers mois. Rendez-vous en 2014 pour de nouvelles aventures soniques, et d’ici là, bonnes fêtes à tous!

INDIANS @ LE POINT ÉPHÉMÈRE (13.02.2013)

F comme Février. F comme Festival. F comme Fireworks. F comme FMR. Et F comme Froid. Le canal Saint Martin s’était paré d’une certaine mystique (glaciale, la mystique) lors de la soirée d’inauguration de la seconde édition du Fireworks! Festival (du 13 au 24 Février). Un évènement bien sympathique, et déjà incontournable malgré son jeune âge, tant il est vrai que le besoin de bons concerts en hiver est inversement proportionnel à l’ensoleillement durant cette période de l’année (autrement dit, plutôt élevé). Bon, c’est pas encore by:Larm* cette affaire, et ce ne le sera sans doute jamais, mais on ne peut que se féliciter des efforts de l’agence Super! pour attirer à Paname « l’avant-garde musicale internationale », avec d’ores et déjà quelques jolies prises. Et comme la tête d’affiche du soir était inscrite dans le double cursus (accéléré, voir plus bas) Paris/Oslo, il aurait été malvenu de passer à côté de cette heureuse concordance. En piste.

*: Tu vois le MIDEM de Cannes (si tu ne vois pas, c’est une sorte de festival où se rassemble l’industrie musicale pour faire son marché)? By:Larm fonctionne sur le même principe, mais dure plus longtemps et invite plus d’artistes. Bref, c’est mieux.

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ZoomPas grand monde à la porte du Point Éphémère pour l’ouverture à 20h. Il faut dire que la programmation du jour était réservée aux initiés et aux curieux, deux catégories de spectateurs guère réputées pour leurs effectifs pléthoriques. L’absence des uns faisant le bonheur des autres, il fut en conséquence ridiculement facile pour votre serviteur de se placer au premier rang, prêt à dégainer son vénérable appareil photo numérique pour immortaliser grossièrement les meilleurs moments de la soirée, et surtout, pour tester dans des conditions optimales du nouveau matos, en l’occurrence le fameux Zoom H2N, enregistreur de poche à la réputation flatteuse (et au prix assez raisonnable, ce qui ne gâche rien).
Malgré une interface et une ergonomie visiblement pensée pour permettre sa bonne utilisation même par un bonobo alcoolisé et mentalement déficient (comprendre que la bête a peu de boutons et qu’ils sont tous d’assez bonne taille), j’étais assez pessimiste quant à mes chances  de revenir au bercail avec un résultat satisfaisant, mon processus d’apprentissage pour tout bidule électronique un tant soit peu avancé relevant en général de l’empirisme le plus laborieux (comprendre que je me dois de faire toutes les erreurs de manipulation imaginables au moins une fois pour être sûr de ne pas les réitérer dans le futur). Bref, malgré une étude studieuse du manuel d’utilisation et des tests préalables concluants,  j’avais peu d’espoir de repartir du Point Éphémère avec un souvenir impérissable de la soirée. En cela, j’avais tort. Enfin, seulement à moitié tort..

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Glass Animals 12²Sur scène, les instruments de GLASS ANIMALS, quatuor anglais, possiblement londonien (les informations sur le groupe sont rares), attendaient patiemment que leurs propriétaires donnent le coup d’envoi du festival. Les patchworks aux motifs orientaux qui recouvraient les deux synthétiseurs disposés sur l’estrade laissaient planer sur la salle une ambiance mystérieuse, à l’image de l’artwork de Leaflings, objet musical intrigant et premier EP (et seul à date) du combo. Amateurs de gros son, passez votre chemin, car c’est sur les terres brumeuses du trip hop que ces animaux de verre ont choisi de s’ébattre. Vous êtes prévenus.

Menés par un chanteur guitariste à la dégaine franchement bonoesque (bonoïenne? whatever) et à la voix de velours, le groupe déroula un set proprement habité, au point que les spectateurs du Point Éphémère n’osèrent applaudir qu’après qu’ils aient été explicitement encouragé à le faire par le dit frontman. D’un minimalisme étudié et élégant, les compositions de Glass Animals sont le genre de morceaux que l’on aime entendre dans le taxi qui vous ramène d’une soirée mémorable aux petites heures de la nuit (c’est précis comme description, hein?). Si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’elles sont ce que les XX auraient voulu réussir à faire s’ils en avaient eu les capacités. Ah bah tiens, je l’ai dit*. Bref, la classe au dessus, quelque part à la confluence de Portishead, Tricky et du Nightcall de Kavinsky. D’ailleurs, si le Driver de Nicolas Winding Refn a survécu à ses blessures, ça ne m’étonnerait pas qu’il écoute Leaflings dans sa tire en rentrant du turbin.

Glass Animals 13²

Notez le magnifique coing (factice) en bas à gauche. Pas utilisé une seule fois durant le concert. Sans doute un porte bonheur.

Très concentrés sur leur affaire, les quatre compères s’attachèrent à rendre le plus fidèlement possible la presque intégralité de leur première galette (soit trois titres sur quatre) dans les conditions du live, chose qu’ils réussirent plutôt bien, même si le trip hop n’est pas vraiment le genre le plus « gig-friendly » du spectre musical, surtout lorsque le public bavarde. Difficile en effet de s’immerger totalement dans les ambiances diaphanes et complexes distillées au quart de décibel près par le groupe sur scène lorsque vos voisin(e)s discutent de leur projet de Saint Valentin avec une discrétion toute relative. En plus des Golden Antlers, Dust In Your Pocket et Cocoa Hooves déjà bien connus du public (nan je déconne), nous eûmes de plus droit à une visite guidée du futur catalogue de Glass Animals, et  je peux d’ores et déjà vous affirmer que leur prochain single répondra au doux nom de Black Mambo. Ça c’est de l’exclu mon petit père. Par contre, en ce qui concerne les quatre autre morceaux du set, les titres donnés dans la setlist ci-dessous sont à prendre avec des pincettes, puisqu’il s’agit à chaque fois d’une savante supputation de ma part (les titres incriminés sont suivis d’un (?) du plus bel effet). Remerciez d’abord mon (désormais) indispensable et (je l’espère) fidèle H2N, qui, s’il n’a pas enregistré un bootleg d’une qualité légendaire pour son galop initial (et la faute m’en revient entièrement), m’a au moins permis de réécouter le concert dans des conditions suffisamment bonnes pour que je puisse hasarder quelques propositions. Cheers.

*: Et je le pense.

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Setlist Glass Animals:

1)Golden Antlers 2)Dust In Your Pocket 3)I Follow Soon (?) 4)I Smile Because I Want To (?) 5)Hatchet (?) 6)Cocoa Hooves 7)Black Mambo 8) (You Can’t Run So) You Must Die (?)

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La deuxième partie de la soirée revint à l’un des artistes les plus intraçables de notre époque, un certain Søren Løkke Juul, plus connu (encore que) sous le nom de scène d’INDIANS. Un pseudonyme des plus fun dès lors qu’on en vient à la question du « comment je trouve ce type sur internet », vous en conviendrez. Pour avoir sué sang et eau pour parvenir jusqu’à son site officiel*, après avoir découvert le bonhomme en première partie de Perfume Genius il y a quelques mois, j’espère que vous apprécierez à sa juste valeur le cadeau que je vous en fait en vous déposant le lien approprié tout cuit dans le bec. En plus, il marche (je suis trop bon).

"Indians is looking forward to meeting you" (site officiel).  Oui, il en meurt d'envie, ça saute aux yeux

« Indians is looking forward to meeting you » (site officiel). Oui, il en meurt d’envie, ça saute aux yeux

Mais que voulez vous, une fois que l’on a goûté à la musique d’Indians, impossible de lui tenir rigueur d’être si dur à trouver sur le wide wild web. Cocktail heureux de nu-folk et d’electro, petite merveille mélancolique placée sous l’étoile du DIY, l’œuvre de Mr Juul provoque à l’écoute une poussée de spleen positif immédiate et prolongée. Bien sûr, il faut aimer ces épisodes contemplatifs pendant lesquels l’âme semble aller faire un tour dans un monde plus romantique (au sens littéraire du terme hein) que le nôtre le temps d’un morceau, d’un album ou d’un concert, et qui laisseront septiques plus d’un adepte de punk ou de rap, mais pour les amateurs de ces petits  voyages immobiles, les morceaux d’Indians sont de la came de premier choix,. Il suffit d’ailleurs d’un simple coup d’oeil à la tracklist de son premier album, Somewhere Else**, pour se convaincre de la forte teneur en onirisme et restlessness (indeed n’est-ce pas) de l’objet: I’m Haunted, Magic Kids, Reality Sublime… sans oublier la chanson titre, bien sûr.

Indians 6²Venu seul à Paris (son groupe étant resté à Oslo dans l’attente de sa participation à by:Larm le lendemain du concert au Point Éphémère), ce fut donc seul en scène qu’Indians accomplit son office, accompagné d’un attirail de synthétiseurs et de pédales loops qui aurait fait la fierté de Bernhoft (autre talentueux homme-orchestre venu du Nord), et d’une guitare empruntée pour l’occasion à une connaissance parisienne. Parfaitement à l’aise dans cet exercice solitaire, peaufiné au cours d’une longue tournée américaine effectuée en compagnie des excellents Other Lives, Indians entraîna en un tour de main son public dans une déambulation au pays de l’aube éternelle/du crépuscule suspendu (selon l’humeur).
Débuté par un brelan de claviers (New, Bird, Magic Kids), le set se poursuivit ensuite par une paire de guitare (I’m Haunted, Cakelakers), pour se terminer comme il avait commencé, dans de l’electro rêveuse grand cru (Reality SublimeLips Lips Lips). Et c’en fut fini (enfin, presque). Déjà? Et oui.

Car s’il fallait mettre un bémol à la performance de notre Danois évanescent, ce dernier soulignerait sans doute l’absolue brièveté de sa prestation, qui ne comprit en tout et pour tout que huit morceaux, étalés sur quarante minutes. Certes, il s’agissait là du concert solo d’un artiste au catalogue encore limité, mais un petit supplément (au hasard, La Femme ou Somewhere Else. Ou les deux, soyons fous) n’aurait pas fait de mal. Mon impression à la sortie fut celle d’un show tronqué afin de permettre à son interprète d’attraper un avion pour Oslo à temps pour participer à by:Larm lendemain. Une bonne opération pour tout le monde sauf pour le public, qui était en droit d’espérer une soirée un peu plus longue vu le prix des places (entre 13 et 15 euros). Un constat d’autant plus rageant que tout aurait pu rentrer dans l’ordre avec des horaires de passage légèrement avancés. Pouce rouge.

Indians 19²Mais cette conclusion précipitée fut rendue plus douce par un « rappel » (« il me reste une chanson, je peux sortir de scène, attendre un peu et revenir vous la jouer, ou faire ça tout de suite… Ok on fait ça ») au cours duquel Indians joua un nouveau morceau, This Moment, bien plus énergique (toute proportion gardée, le headbanging frénétique étant encore à des années lumières) que ceux présents sur Somewhere Else. Une bien belle manière de clôturer les festivités, même si je ne considérerai l’ardoise de Mr Juul comme définitivement effacée que le jour où il donnera un concert d’au moins une heure dans une salle parisienne de son choix. Et sache mon petit Søren que j’ai la mémoire longue et la rancune tenace. À bon entendeur…

*: Site officiel dont l’url joviale et subtilement narquoise (www.heyimindians.com) me laisse à penser que notre gaillard a volontairement choisi son alias pour ses évidentes qualités anti moteurs de recherche. Une démarche aussi intéressante artistiquement parlant que casse-gueule sur le plan commercial.

**: Album dont il informa le public de sa récente parution (fin Janvier 2013)… mais ne donna pas le nom. Avouez que ça aurait été trop facile de remonter jusque lui s’il l’avait fait.

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Setlist Indians:

1)New 2)Bird 3)Magic Kids 4)I’m Haunted 5)Cakelakers 6)Reality Sublime 7)Lips Lips Lips 8)This Moment

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Ce fut donc ainsi que se termina le premier acte du Fireworks! Festival 2013, à l’heure fort civile de 22h20. Pas très rock’n’roll ça. Restait la satisfaction d’avoir passé une fort belle soirée en compagnie d’artistes prometteurs, et la certitude d’arriver à temps à Montparnasse pour attraper un train pour la banlieue. Et, cerise sur le gâteau, je me suis aperçu après coup que mon enregistrement de la prestation d’Indians était tout à fait honorable, comme en témoigne le petit montage vidéo réalisé pour illustrer ‘This Moment’. Mes critères de satisfaction baissent peut-être avec le temps, mais j’avoue que sur le coup, ça a suffi à faire mon bonheur. Cheers.

SUSANNE SUNDFØR @ LE POINT ÉPHÉMÈRE (10.11.2012)

En Norvégien, samedi se dit lørdag, ce qui signifie: « jour de lessive ». Partant, il était peu étonnant que les fameuses pluies de Novembre, immortalisées par un certain Mr Rose et ses Guns, s’invitent au décorum de la soirée à thème (nordique) organisée au Point Éphémère. Coïncidence? Je ne crois pas.
Sans pour autant se féliciter du climat froid, humide et détestable dans lequel s’est déroulé l’attente devant les portes de la salle, il était à propos de souligner les conditions exceptionnelles dans lesquelles l’unique date française de SUSANNE SUNDFØR, valkyrie songeuse à la voix de cristal, allait se dérouler: pour une artiste à laquelle l’étiquette du doom and gloom (rien à voir avec le dernier sursaut créatif en date des fossiles du rock) est si souvent accolée, il y avait quelque chose d’approprié à se produire dans un cadre aussi lugubre*. Le spleen, c’est bon et c’est de saison, écoutez-en.

*: J’adore le Point Éphémère (malgré son incapacité à orthographier correctement le nom des artistes scandinaves qui viennent s’y produire), mais force est de reconnaître que l’endroit évoque plus le squat bohème en déréliction que la retraite des Muses au sommet de l’Hélicon. Ajoutez des problèmes récurrents avec la préfecture et une forte population de SDF plus ou moins amicaux  aux abords du lieu, et vous comprendrez pourquoi il était opportun que la créatrice de The Brothel fasse escale ici.

Soirée à thème donc, puisque la première partie était assurée par une autre Norvégienne, la ravissante THEA HJELMELAND, qui semblait être une habituée des lieux. Multi-instrumentiste nomade ayant sorti son premier album Oh, The Third… plus tôt dans l’année, Thea nous venait aussi bien de Forde que de Cuba, du jazz que du hip-hop (pas forcément dans cet ordre). Un cocktail détonnant d’influences multiples, mises au service d’un folk à la fois intimiste et déluré, mais toujours classieux, comme quelques écoutes de l’opus en question (sur lequel l’incontournable Bernhoft a filé un coup de main et de voix, élément très favorable à verser au dossier) vous en convaincront rapidement.

Débarquée sur les planches du Point FMR avec armes, bagages, guitare, mandoline, banjo et ukulélé, resplendissante dans sa robe pailletée, Miss Hjelmeland a débuté son set par quelques morceaux joués en arpèges sur les manches de ses multiples instruments, canevas minimaliste sur lequel Thea broda à loisir d’incroyables motifs. Car, mazette, quelle voix! Difficile de décrire l’étendue des possibilités vocales de cette sirène du grand Nord avec mes pauvres mots tout muets, mais les exercices de haute-voltige auxquels l’ex-choriste de Lars Vaular* s’est prêtée étaient largement au niveau des vocalises psychédéliques de The Great Gig In The Sky, pour recentrer notre propos sur un exemple bien connu. Pour ceux et celles qui ont un jour essayés d’accompagner Clare Torry dans ses loopings soniques (et ils sont nombreux je pense – moi le premier – même si le résultat n’a pas du être très probant), imaginez réitérer cette performance en position assise et en jouant de la mandoline, et vous aurez une idée du respect que je porte désormais à Thea Hjelmeland en tant qu’interprète.

Le moment fort du set fut indubitablement la version participative (comprendre que Thea invita le public à l’accompagner sur le refrain avant de commencer le morceau) de It’s Too Late, étendue bien au delà de ses 4’45 » réglementaires par une Hjelmeland très inspirée, soutenue par un banjo plus folk que blue-grass. S’en suivit un Ladies aux petits oignons (et au ukulélé) ainsi qu’un Perfume dans la droite ligne du Midnight Blues de Liz Green, ultime escapade dans la discographie officielle de cette artiste prometteuse, qui finit sa partie avec deux unreleased comme on dit en anglais (ne me demandez pas comment ça se dit en norvégien), The Well et Reven. Il ne tient qu’à vous d’accélérer la mise en disponibilité de ces titres en votant pour la bonne personne sur cette page. À bon entendeur…

*: Comment, vous ne connaissez pas le Joey Starr viking, le Booba arctique, le Kerry James de Bergen? Mais comment se fait-ce? Sachez, pauvres béotiens, que nous parlons du rappeur le plus connu de Norvège, rien de moins. Cessez de ricaner, c’est également le cousin de Sondre Lerche. Comment, vous ne le connaissez pas non plus?

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Setlist Thea Hjelmeland:1)Age 2)Make Believe 3)Define 4)It’s Too Late 5)Ladies 6)Perfume 7)The Well 8)Reven

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« From Rhodes, Rhodes, Rhodes/From the ashes of Rhodes/Come back… » (air connu)

Thea partie, le staff du Point s’activa à l’installation de la star de la soirée, j’ai nommé l’emblématique clavier Rhodes que l’on retrouve sur une bonne partie des titres de Susanne, The Brothel en tête. La belle ayant choisi de voyager léger pour sa tournée européenne (un choix raisonnable compte tenu de son relatif anonymat à l’international, mais qui a du frustrer plus d’un fan étranger familier du faste des concerts norvégiens de Sundfør), quitte à ne prendre qu’un seul instrument pour faciliter le transport, autant choisir celui-ci. Un « petit » piano à queue de complément aurait sans doute été le bienvenu pour varier les plaisirs et les sonorités au cours du set, mais la salle n’en possédant pas en réserve, le régime musical de ce soir fut donc strictement limité aux vibratos éthérés du synthétiseur fétiche de Susanne Sundfør, enrichis par une foultitude de pédales amenés, aux dires de cette dernière, principalement parce qu’elles avaient l’air cool (blague).

L’imposante machine en place, voilà le taciturne roadie de Susanne qui revient avec dans les mains un fardeau bien plus léger mais tout aussi important au bon déroulé de la soirée: la setlist. Et là, divine surprise, j’aperçois sur le papier blanc les sept lettres que j’avais secrètement espéré lire depuis ce premier concert il y a presque un an de celà: O Master. Pour la faire courte, il s’agit du morceau qui m’a fait découvrir et adorer la musique de Sundfør, quand elle n’était encore à mes oreilles qu’une jeune auteur-compositeur-interprète scandinave dont Francis Zegut s’efforçait (en vain) de prononcer correctement le nom au cours de ses émissions nocturnes. Sauf imprévu de dernière minute, c’est une partie de ma boucle sundførienne qui devait donc être bouclée dans les prochaines minutes, et rien que pour ça, ça valait amplement le coup de venir. Tusen hjertelig takk, Susanne.

Et enfin arrive le moment tant attendu, espéré et fantasmé depuis le 24 Septembre dernier: Susanne surgit des coulisses et s’installe devant son noir pupitre, derrière lequel elle disparaît presque totalement (du point de vue des premiers rangs tout du moins). Après les quelques applaudissements de bienvenue de rigueur, un silence religieux tombe dans la salle, et la première touche effleurée libère la première note du premier morceau de ce récital parisien. Le temps suspend son vol sur le canal St Martin.

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Tout commence par une berceuse (Lullaby), introduite après un prologue atmosphérique et déroutant duquel émerge petit à petit le thème principal du morceau. Issu de The Brothel, ce titre présente la redoutable spécificité de reposer en grande partie sur une progression de synthétiseur d’une complexité toute baba o’rileyenne, impossible à reproduire en live, à plus forte raison lors d’un concert en solo. L’écueil sera contourné par de nouvelles « expérimentations » musicales de Sundfør, qui permettront au morceau d’atterrir sans heurts, même si la grâce onirique de la version studio ne sera pas émulée au cours de l’opération.

Directement greffé aux dernières mesures de Lullaby, When, valse lente faite d’amour et de neige, marcha sensiblement dans les traces de son aîné. Joué adagio, soit sensiblement plus lentement que sur l’album (un parti pris étendu à tous les morceaux joués au cours du set), et introduite par des chemins détournés, cette ballade romantique et funèbre fit forte impression sur un Point Éphémère religieusement à l’écoute. S’ensuivit un Turkish Delight à peine plus enjoué (et pourtant, il s’agissait probablement de la chanson la plus « légère » du concert), avant que Susanne n’attaque le terrible O Master, perle d’une noirceur absolue dans laquelle se reflètent les silhouettes de corbeaux et de chats sans yeux, nourris des os fendus des poupées ayant eu le malheur de déplaire au maître. Ambiance.

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Avant de poursuivre plus avant, Susanne prit le temps de discuter avec le public, réussissant du même coup à alléger un peu l’atmosphère, apprendre un nouveau mot de français et se faire offrir un verre de « vin de rouge ». Pas mal du tout pour une artiste souvent attaquée pour son apparente froideur sur scène.

La suite (et fin) du set fut largement consacrée à des morceaux plus récents (Rome, White Foxes et The Silicone Veil, tous tirés de l’album éponyme distribué en France depuis début Octobre), à l’exception d’un Torn To Pieces tout droit sorti du premier effort de Sundfør, et qui aurait sans doute gagné à être complété par le Day Of The Titans avec lequel il forme une sorte de diptyque naturel sur le CD. Dommage.

Dommage aussi, et c’est bien plus regrettable, que Susanne ait finalement choisi de ne pas jouer l’inédit Trust Me qui pourtant figurait sur la setlist (merci au spectateur du show de Köln qui a eu la bonne idée d’immortaliser ce work in progress plus tôt dans la semaine). Mais bon, le seul fait de savoir que la native de Haugesund est d’ores et déjà en train de travailler sur de nouveaux morceaux suffit à mon bonheur. Winter is coming, new songs too. Kul.

Après nous avoir remercié d’être venus, et nous avoir demandé ce que nous comptions faire après le concert  (si c’était une invitation déguisée à une virée parisienne, personne n’a osé saisir sa chance), Susanne fit mine de partir, avant de revenir conclure la soirée par l’incontournable The Brothel, chef d’œuvre désespéré au potentiel lacrymal encore renforcé par la certitude qu’après ce morceau, c’en serait définitivement fini. Mais, comme Susanne le chante, seuls vivent vraiment ceux qui peuvent mourir, et ça vaut aussi pour les concerts. Carpe Noctem.

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Et c’est ainsi que se termina le passage de Susanne Sundfør au Point Éphémère, laissant dans son sillage ce mélange de joie et déception qui est la marque des évènements espérés plus que de raison. Pouvant sans doute prétendre au qualificatif de fan hardcore de la sirène de Norvège, je suis sorti de la salle avec des étoiles dans les yeux et dans la tête, sans douter un instant que mon sentiment ne puisse pas être partagé par le reste du public. Avec le recul, j’en suis toutefois venu à réaliser qu’il y avait pourtant de nombreuses sources potentielles de déception pour les spectateurs moins avertis/partiaux/enthousiastes que moi. Sonorisation parfois limite, set assez court (neuf titres), artiste peu communicative, « bidouillages » expérimentaux avec les pédales du Rhodes, public très (trop?) discret*… Pour qui escomptait assister à un concert aussi impressionnant que ceux dont les extraits sont visionnables sur le net (celui de la release party de The Silicone Veil au Parkteatret par exemple, ou la session jouée pour la radio suédoise P3), ou imaginait retrouver les luxuriants arrangements des albums en live, la désillusion a pu être grande.
J’aurais évidemment préféré moi aussi que Susanne emmène avec elle toute sa fine équipe de musiciens dans sa tournée continentale, mais, outre le fait que la plupart de ces derniers est engagée dans des projets musicaux parallèles (et donc passablement occupés), le coût de l’opération aurait sans doute été disproportionné au regard de la notoriété limitée de Sundfør en dehors de Scandinavie.

Pour ma part, je préfère voir ce concert, aussi minimaliste fut-il, comme un cadeau offert par Susanne à ses fans européens, sentiment renforcé par l’absence de stand de merchandising et la diversité de la setlist (quatre morceaux de The Brothel, quatre de The Silicone Veil et un de Susanne Sundfør): de toute évidence, Sundfør n’est pas venue au Point Éphémère pour vendre son nouvel album (d’ailleurs, elle n’a a aucun moment évoqué le fait qu’elle venait de sortir un nouveau LP au cours du show). Et cependant, elle est tout de même venue « all the way from Norway » (dixit herself) pour se produire dans une petite salle parisienne. Venant d’une artiste qui pourrait se contenter de vivre de sa seule aura nationale (deux prix Spellemann à son actif, une critique dithyrambique, un succès commercial qui ne se dément pas et des concerts programmés dans les salles les plus prestigieuses du pays – dont un passage par l’Opéra d’Oslo avec les TrondheimSolistene en Décembre prochain -), le geste est, à mes yeux du moins, hautement symbolique.
Merci donc Susanne pour cette soirée trop vite passée, et à une de ces nuits froides, terribles et belles que tu chantes si bien.

*: Je pense tout de même que Susanne Sundfør préfère que son public soit trop calme (comprendre, attentif) que trop bruyant. Elle a ainsi suggéré aux bavards qui étaient venus la voir se produire à Kongsberg en Octobre de – je cite – : « gå hjem og spis bæsj » (traduction littérale: rentre chez toi et mange de la m….). 

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Setlist Susanne Sundfør:

1)Lullaby 2)When 3)Turkish Delight 4)O Master 5)Torn To Pieces 6)The Silicone Veil 7)Trust Me (pas jouée, malheureusement) 8)Rome 9)White Foxes

Rappel:
10)The Brothel

EUGENE MCGUINNESS @ LE POINT ÉPHÉMÈRE (25.09.2012)

Pas de doutes, l’été avait définitivement quitté nos latitudes en cette fin d’après-midi du 25 Septembre. Ciel gris béton, luminosité morne et vent frisquet se combinaient aux abords du canal Saint Martin pour rendre l’attente devant le Point Éphémère totalement spleenesque. Qu’elles semblent loin les heures torrides des Vieilles Charrues et de Rock en Seine, lorsque l’automne est de sortie avec la volonté avouée de nous préparer (très précocement) à la venue de l’hiver. Avant de faire une poussée aigüe de mélancolite, maladie chronique non mortelle (la plupart du temps) mais diablement contagieuse, il était plus que temps de s’administrer une dose carabinée d’énergie pop afin de maintenir le mauvais karma et les humeurs atrabilaires à distance. Tournée générale.

Dans l’attente de l’ouverture des portes (opération compliquée par le véritable chantier qui s’était établi devant le Point Éphémère, et qui a donné bien du mal au vigile chargé d’installer les sacro-saintes barrières volantes délimitant le sens de la queue), je m’étonne du caractère absolument rachitique de la foule des futurs spectateurs du show de ce soir, que l’on aurait pu dénombrer sur la patte d’un pigeon parisien (ceux qui n’ont pas encore perdus tous leurs doigts) jusqu’à trois minutes avant l’heure dite. EUGENE MCGUINNESS a beau ne pas jouir (encore) de la même notoriété que ses comparses rockeurs britanniques, Arctic Monkeys en tête, il n’en est pas non plus à son coup d’essai, et la sortie de son dernier opus, l’excellent The Invitation To The Voyage, a en outre été largement relayée par les médias spécialisés (Disque du Mois pour Rock & Folk en Août dernier, excusez du peu). Heureusement pour Eugene, la sonnerie de la cloche rameute une petite horde de fans, calfeutrée jusqu’alors dans les profondeurs plus hospitalières de la bâtisse. Il n’aura pas à jouer devant un public clairsemé – ce qui, compte tenu des dimensions réduites du Point Éphémère, aurait constitué un sévère camouflet – et ce n’est que justice.

La première partie, assurée par les (pourtant Bretons) MANCEAU fut l’occasion de se replonger dans un passé pas si lointain, à l’époque où les artisans de la pop rivalisaient d’ingéniosité, de mélodies imparables et de voix de tête proprement Bee Geehesques pour accoucher de singles tellement lumineux que l’on devait écouter leurs morceaux avec des lunettes de soleil. Souvenez-vous, c’était il y a cinq ans plus tôt, à l’époque du cartoonesque Grace Kelly de Mika, du néo-disco I Don’t Feel Like Dancin’ des Scissor Sisters et du sautillant Goodbye Mr A des Hoosiers. Période d’insouciance relative entre deux crises économiques plus graves que la moyenne de la morosité qui afflige les pays développés depuis bientôt quarante ans, ce mini âge solaire de la pop music fut donc ressuscité en bonne et due forme par le quatuor français pendant la demi-heure que dura leur set.

Pour être honnête, l’élégance (parfois un peu maniérée) perceptible d’un bout à l’autre de leur premier LP, Life Traffic Jam, a eu un peu de mal à s’acclimater aux conditions un peu roots du Point Éphémère, pour un résultat hybride (totalement pop dans le fond, souvent garage dans la forme) mais pas déplaisant. Même le single Full Time Job, sans doute le plus représentatif du son développé par le groupe (et assez proche dans la réalisation du Long Distant Call de Phoenix) s’est découvert une urgence et une tension rock inexistantes sur la version studio. On conseillera tout de même aux curieux de se pencher en premier lieu sur cette dernière, ainsi que sur le reste de l’album, afin de s’imprégner au mieux de l’univers musical du groupe, dont les influences remontent beaucoup plus loin (et c’est heureux) qu’à la deuxième moitié des années 2000: un peu d’Ambrosia sur About It, un clin d’œil appuyé aux Beach Boys et aux Beatles sur l’ouverture de Good Morning… Life Traffic Jam est une œuvre soigneusement conçue et arrangée, facilement accessible mais plus profonde que ce que la première écoute le laisserait à penser. Bref, un vrai bon disque pop.

Setlist Manceau:
1) Tricia 2)The Way It Is 3)Lady Killer 4)Take Back 5)Little By Little 6)Good Morning 7)Full Time Job 8)About It

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Eugene "la classe" McGuinness. Aldo peut aller se rhabiller.

Eugene « la classe » McGuinness. Aldo peut aller se rhabiller.

Dernière révélation en date en provenance de l’inextinguible pouponnière pop-rock sise de l’autre côté du Channel, Eugene McGuinness se présente à son tour sur la scène, précédé de quatre musiciens tous aussi élégamment sapés que leur frontman. Une élégance toute mod que l’on pouvait déjà entrapercevoir sur la pochette de The Invitation To The Voyage, figurant un Eugene de trois-quart profil, rasé de près et impeccablement gominé, en flagrant contraste avec le cover art de son précédent opus, qui exploitait quant à lui une autre spécificité anglaise, l’humour un peu absurde et tout à fait pince-sans-rire tant prisé par les sujets de sa Gracieuse Majesté.

Première surprise pour le novice en matière de McGuinnesserie que j’étais au moment du concert: Eugene n’a joué que très ponctuellement de la guitare, un choix assez étonnant de la part de celui qui s’est fait (en partie) connaître comme étant « le guitariste de Miles Kane ». Peut-être était-ce justement pour briser une fois pour toute cette image de backing guy que notre homme a préféré s’attacher à son tour les services d’un gratteux suppléant, afin de donner corps à son nouveau personnage de crooner rock (qui, comme chacun le sait, préfère laisser courir ses mains sur son pied de micro plutôt que le long du manche d’une guitare).

Ceci étant dit, cette impasse sur la six-cordes (mise à contribution uniquement sur Those Black And White Movies Were True, Joshua et Invitation To The Voyage, de mémoire) n’a pas empêché Eugene de livrer une prestation pleine et entière, interprétant avec maestria une grande partie de la tracklist de son dernier album, une paire de morceaux du précédent (Black And White Movies… et l’incisif Fonz) ainsi qu’une reprise de Ian Brown, Dolphins Were Monkeys. S’il n’a pas été possible de juger des qualités de guitariste du bonhomme au cours de ce show parisien, McGuinness a toutefois amplement démontré au spectateurs du Point Éphémère qu’il était un chanteur de premier ordre, capable d’égaler sur scène les prises du studio (performance remarquable à l’écoute de titres aussi exigeants que Joshua ou Videogame), et prêt à mouiller la chemise pour satisfaire son public. Un gentleman au sens du devoir chevillé au corps, voilà ce qu’est Eugene McGuinness. Dommage que sa communication avec la salle, totalement enthousiaste, soit restée assez formelle d’un bout à l’autre du set, car ce n’était visiblement pas l’envie qui manquait à la foule de participer aux chorus ou aux rythmiques des morceaux, en particulier pendant l’explosive conclusion du concert (Lion suivi de Shotgun en rappel, du très lourd donc). Mettons cette retenue sur le compte de la légendaire réserve britannique et concentrons nous plutôt sur les véritables points litigieux de la soirée.

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Eugene McGuinness, possédé par un White Spirit, se change temporairement en Alain Bashung (sérieux, la ressemblance est frappante, non?)

En premier lieu, un set vraiment très court (douze titres, rappel compris) et qui aurait donc pu être prolongé sans problème par l’ajout de quelques pépites issues des premiers albums, comme par exemple Monsters Under The Bed, Moscow State Circus ou encore Wendy Wonders. Deuxième petite déception, l’absence de stand de merchandising, toujours bien pratique (et économique) pour les fans souhaitant enrichir leur discothèque et/ou leur garde-robe à la fin d’un concert les ayant particulièrement emballés, sans compter que c’est souvent l’occasion d’échanger avec les artistes une fois que ces derniers sont redescendus de scène, expérience toujours agréable pour le fan émerveillé qui sommeille en chacun de nous. Mais cette fois, il n’y eut rien à acheter ni personne à féliciter, et c’est donc sans l’exemplaire dédicacé de The Invitation To The Voyage que j’avais secrètement espéré emporter avec moi comme trophée du passage d’Eugene et de ses troupes dans la bonne ville de Paris que je suis reparti du Point Éphémère. Ouate eux pythie.

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Toutefois, ces menus désagréments ne doivent pas venir occulter le fait qu’Eugene McGuinness est un excellent performer disposant d’un tout aussi excellent répertoire, et qu’il serait extrêmement dommage de le rater quand il reviendra sous nos climats. D’ici là, il ne tient qu’à vous de répondre favorablement à l’invitation au voyage qui vous a été adressée. Là, tout n’est qu’ordre et beauté…

Setlist Eugene McGuinness:

1)Harlequinade 2)Japanese Cars 3)Fonz 4)Those Old And Black Movies Were True 5)Joshua
6)Dolphins Were Monkeys (Ian Brown’s Cover) 7)Thunderbolt 8)Sugarplum 9)Invitation To The Voyage 10)Videogame 11)Lion 12)Shotgun (rappel)

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