OF MONSTERS AND MEN @ L’OLYMPIA (25.06.2013)

On prend les mêmes et on recommence. Trois mois après leur soirée neigeuse au Trianon, les OMAM revenaient à Paris pour (re)défendre  leur premier album, My Head Is An Animal. Nouvelle étape d’une tournée marathon (90 dates depuis novembre 2012), cette escale dans la salle la plus prestigieuse de la capitale avait comme un avant-goût de déjà vu, déjà vécu. La question était de savoir si le septuor de Reikjavik récompenserait la fidélité (certains parleront d’acharnement) des spectateurs déjà présents en Mars dernier, en ne proposant pas exactement le même show que celui livré cent jours plus tôt. Pour être honnête, je nourrissais de sérieux doutes à ce sujet, mais j’étais tout de même disposé à laisser leur chance aux islandais volants, que je savais par ailleurs tout à fait capables d’enflammer la vénérable maison Cocatrix. Surprenez moi les gars.

Premier inédit de la soirée (autre que la mouette en peluche qui trônait sur l’ampli scène de Kristján Páll Kristjánsson – c’était un dragon en plastique au Trianon*-), ÁSGEIR TRAUSTI, nouvelle coqueluche des médias islandais, investit la scène en compagnie des deux musiciens de son groupe, nommé comme il se doit l’Ásgeir Trausti Band. Suite à un début de set assez déconcertant (au moins autant que le style capillaire d’un de ses acolytes, qui semblait avoir hybridé la célèbre mulette des années 80 avec la demie-iroquoise si populaire en ce moment, pour un résultat définitivement racé), assez proche du style minimal wave des XX, le propos se recentra sur du folk bon teint, ce qui permit à la voix du jeune songwriter (21 ans seulement) de se mettre en valeur.

Asgeir Trausti 11'

Doté d’un timbre aussi délicatement cotonneux que celui de James Vincent McMorrow, de compositions adéquatement rêveuses même si légèrement surannées et de la présence scénique humble, voire effacée, qui fait tout le charme des consorts de Justin Vernon et Ray LaMontagne, Ásgeir Trausti livra une prestation tout à fait satisfaisante, à laquelle l’Olympia réserva un accueil très favorable. Manquait toutefois la dimension créative, inhérente aux musiciens islandais depuis l’avènement de Björk et de Sigur Ros, pour convaincre totalement. Reste que pour un premier essai, Dýrð í dauðaþögn (Gloire dans le silence de mort, tout un programme**) se présente comme un album solide, et qui devrait aider Trausti à prendre pied en Europe, lorsqu’il sera disponible à la vente sur le vieux continent.

*: Chacun est libre d’interpréter ce changement de totem comme il l’entend.

**: Détail intéressant, toutes les chansons de l’album disposent d’une version originale (en islandais) et d’une version anglaise, vraisemblablement pour faciliter l’export.

Setlist Ásgeir Trausti:

1)Hærra 2)Heimförin 3)Sumargestur 4)Þennan Dag 5)Að grafa sig í fönn 6)Frost 7)??? 8)Leyndarmál

Les 20 minutes d’entracte réglementaire de l’Olympia permirent aux techniciens de préparer la scène pour la suite de la soirée, notamment en hissant une grande toile blanche entre la fosse et l’estrade, derrière laquelle on ne distinguait plus guère que les silhouettes des sphères suspendues derrière la batterie d’Arnar et les pianos droits de Steingrimur et Ragnhildur (ces noms, ces noms…). Ce fut donc en ombres chinoises que les OF MONSTERS AND MEN firent leur entrée à l’Olympia, sous un tonnerre d’applaudissements qui ne laissa planer aucun doute quant à la motivation du public.

Of Monsters And Men 5'

Alone we travelled on with nothing but a shadow…

Comme pour le concert du Trianon, ce fut Dirty Paws qui inaugura la setlist, après que les chants liturgiques bulgares servant d’introduction au groupe se soient tus. Le premier break du morceau vit tomber le voile qui masquait la scène, et s’en fut fini des innovations par rapport au précédent show parisien, pour une bonne demi-heure tout du moins. Les chansons s’enchaînèrent dans le même ordre que trois mois plus tôt, le Skeletons des Yeah Yeah Yeahs ayant simplement été décalé dans le rappel, et Sloom biffé au profit d’un inédit, Beneath My Bed. Ce morceau (écarté de la tracklist de My Head Is An Animal au moment de l’enregistrement de l’album, et cela se comprend à l’écoute; la chanson tirant un peu trop sur la corde de la simplicité mélodique, même selon les standards assez conciliants du groupe sur ce point), décrit par Ragni comme étant dédié à un voisin grenouille ayant déménagé en France (ah, l’univers coloré des OMAM), constitua donc la seule véritable nouveauté de la setlist, à la fois sur le fond et sur la forme. (Petite) Déception.

Malgré le caractère festif du concert, l’ardeur du public (aiguillonné à l’entrée de la dernière ligne droite par un lâché de confetti dorés) et la qualité de la prestation, je ne pus m’empêcher de me demander si le groupe ne jouait pas en pilote automatique, solution de confort souvent privilégiée lors de tournées interminables comme celle dans laquelle nos sept Islandais sont engagés depuis neuf mois. Ceci dit et quoiqu’il en fut réellement, je tiens à préciser que les Monsters mirent un point d’honneur à satisfaire leur public parisien, même si la communication avec ce dernier fut sensiblement moins importante que durant le concert du Trianon. Au moins, nous eûmes la confirmation que Nanna n’avait pas oublié le petit master class de français de Mars dernier au moment de Love Love Love, (re)rebaptisé Amour… pour l’occasion. Mené par un Arnar Hilmarsson tonitruant et ultra généreux, les OMAM firent passer aux 2000 spectateurs de l’Olympia une soirée mémorable, qui s’acheva )à nouveau par un Yellow Light partagé avec le public. Pourquoi diantre changer une formule qui marche…/?

Of Monsters And Men 9'

Notez tout de même que Ragni a osé le chapeau cette fois. On est loin du haut de forme de Kristján au Trianon, mais tout de même…

Setlist Of Monsters And Men:

1)Dirty Paws 2)From Finner 3)Slow And Steady 4)Mountain Sound 5)Your Bones 6)Love Love Love 7)King And Lionheart 8)Beneath My Bed 9)Lakehouse 10)Little Talks 11)Six Weeks

Rappel:
12)Skeletons (Yeah Yeah Yeahs’ cover) 13)Yellow Light

Au final, ce fut encore une soirée plaisante, et qui l’aurait été encore plus si je n’avais pas eu la mauvaise idée d’être un « revenant ». Engagez-vous, mais ne vous rengagez pas (sauf si vous êtes un fan absolu du groupe, bien sûr), voilà ce que je vous dis, et ce que je ferai pour le cas Of Monsters And Men, au moins jusqu’à ce qu’ils reviennent avec un nouvel album. D’ici là, l’album devrait suffire à combler tous mes besoins de lalala et hey hey, sans repasser par la case concert. À bon auditeur…

À propos de Schattra

Égoïstement optimiste, çapourraitêtrebienpirologiste assumé. Selfishly optimistic, proud itcouldbemuchworsologist

Publié le juillet 2, 2013, dans Revue Concert, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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