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SOLIDAYS 2012 – JOUR 3 (Dimanche)

DIMANCHE

À la différence des deux jours précédents, je reviens à Longchamp le dimanche accompagné. Si si, ça change des trucs, ne serait-ce que parce qu’il (Bon Dieu que c’est moche comme tournure de phrase) est plus difficile de trouver un compromis valable entre les goûts musicaux de 4 personnes que d’une seule (et même ça parfois, c’est dur).
Autre changement majeur, la météo, qui accuse franchement le coup après deux jours estivaux. C’est un ciel plombé et menaçant qui accueille donc notre petit groupe à la sortie de la navette, mais avec l’insurpassable K-Way au chaud au fond du sac à dos, pas de raison de s’inquiéter outre mesure. Qui sait, peut-être que le vent chassera tous ces nuages d’orage avant GARBAGE (assonance en « age », 18 points)?

Côté programmation, c’est pas l’emballement non plus. Je connais vaguement la plupart des artistes, mais aucun  ne me tente particulièrement, mis à part le singulier BERNHOFT, dont la coupe de cheveux brosse à dents et la maîtrise du Jam Man ont emballé le jury du Spellemann Prisen (l’équivalent Norvégien de nos Victoires de la Musique) au point que ce dernier a couronné le fringant Jarle Meilleur Artiste Masculin 2011. Contrairement à nos latitudes, la compétition entre les artistes de l’excellente scène norvégienne (voir la revue du Steinkjerfestival 2012) est féroce, et se voir décerner une telle récompense est forcément révélateur d’indéniables qualités. Le créneau de 19h étant donc booké, ne restait plus qu’à s’occuper avant et après notre balade programmée en terre viking.

L’appel de l’élastique se révélant trop fort pour la moitié du groupe (malgré une queue toujours aussi impressionnante en dépit de la fine bruine qui avait commencé à tomber dès nos premiers pas dans l’enceinte du festival), nous fîmes ce que tout groupe digne de ce nom fait dès lors que ses membres démontrent de trop fortes divergences artistiques : nous splitâmes (it’s passé simple time!).
Pas assez tôt pour arriver à l’heure au show des LOUD CLOUD, sympathique duo guitare-batterie en chemise à fleurs (on reste assez loin des Black Keys tout de même) sous le chapiteau Circus, mais à l’heure pour le lancement du concert des A FREAK IN SPACE à Domino.

Si j’étais mauvaise langue, je dirais que la foule considérable réunie sous la toile étoilée était plus là pour se mettre à l’abri de la pluie que par pure conviction musicale, mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, je suis content que les quator orienté « alien pop et psychogroove » (merci au site du guitariste Eric Löhrer, j’aurais eu du mal à sortir ce descriptif moi-même) ait pu faire le plein grâce/à cause de la météo.
Je dis quator et non pas trio, car aux trois musiciens du groupe est venue se greffer par intermittence (une chanson sur deux) une danseuse-mascotte répondant au doux nom de Rosie, compensant largement par son énorme… charisme le peu de présence scénique de ses acolytes.
Serrés comme des sardines dans une étable (si si), on se sèche un peu à la chaleur humaine dégagée et on esquisse même quelques pas de danse, mais l’ambiance ne décollera pas vraiment avant notre départ pour Bagatelle où l’express Bamako-Paris de 16h demande la permission d’atterrir.

A son bord, le couple d’Africains le plus bankable du moment, AMADOU & MARIAM. Musicalement parlant, j’ai du mal à concevoir comment on peut mettre le monde à ses pieds avec une bluette comme Dimanche à Bamako, chanson certes sympathique, mais franchement quelconque. J’ai ma petite théorie sur la success-story de nos amis les Maliens, qui tiendrait plus (selon moi) de la politique de discrimination positive mise en place par les ayatollahs de la critique musicale que du caractère novateur des morceaux proposés par le tandem. Moi, cynique et désabusé? Mais tout à fait!
Mais il ne s’agissait pas pour autant de juger l’affaire avant d’avoir entendu  le plaidoyer de la défense. Et en embuscade au premier rang, on n’en a pas raté une miette.

Précédé de leurs musiciens et choristes, le couple star arrive sur scène à l’heure dite sous un fin crachin évoquant plus une fin d’automne à Plougastel qu’un début d’été à Gao, mais l’accueil du public de Bagatelle est tout de même chaleureux.
La première demi-heure du set s’écoule à un rythme tranquille, même si Amadou commence sérieusement à me taper sur les nerfs en demandant « est-ce que ça va? » à la fin de chaque morceau. Man, il pleut, il fait (assez) froid et le sol est en train de se transformer en champ de boue, mais à part ça, tout baigne.
Il paraît qu’Alice Cooper s’est renversé un seau d’eau sur la tête lors de son passage au Hellfest cette année pour se mettre sur un pied d’égalité avec son public. On n’attend pas la même chose de Mr et Mme Bagayoko que du Prince of Darkness, œuf corse, mais coupés du vent et de la pluie par la structure de la scène et réchauffés par les spots, on ne peut pas dire qu’Amadou et Mariam sont en osmose avec leur dévoué public.

Heureusement, le temps décide de s’en mêler, et les quelques gouttes du début du concert se transforment en hallebardes, et cette fois, tout le monde en profite.
Nos invités réalisent vite que le dimanche à Longchamp, c’est le jour de l’essorage, et sont prestement rapatriés par leur staff vers l’intérieur de la scène. Je crains pendant un moment que la saucée vienne mettre fin au concert avec un peu d’avance, mais le Doc Watson de Bamako nous laisse le choix : « vous voulez que l’on continue ou pas? ». Question rhétorique et réponse évidente, mais qui le fait remonter dans mon estime.
Les 20 dernières minutes sont également l’occasion pour lui de faire étalage de son talent de guitariste (même s’il faudrait que quelqu’un se dévoue pour lui dire que les grattes plaqués or, même Prince n’ose plus en sortir), et malgré les éléments, le show finit bien mieux qu’il n’a commencé, avec l’inévitable Dimanche à Bamako en clôture. Pas de quoi dynamiter un mausolée à Tombouctou non plus.

La grille de programmation étant curieusement vide à 17h (sans doute afin de faire converger le public vers la scène Paris pour la cérémonie du Patchwork) et la pluie ne faisant pas signe de faiblir, l’heure est propice à une pause casse-croûte à l’un des nombreux stands de nourriture du village du festival. Quoi de mieux qu’une collation éthiopienne, haïtienne ou vietnamienne pour oublier que cet été 2012 est vraiment pourri? Détrempé et piétiné par des dizaines de milliers de pieds, le sol est devenu une mare de boue digne des tranchées de la Somme à l’automne 1916, et bien peu nombreux sont les festivaliers assez altruistes pour aller écouter les témoignages de diverses associations invitées à s’exprimer sur leurs actions contre le VIH. Qu’on se le dise, la solidarité est un concept qui marche surtout quand il fait beau.

Mis à part les fans acharnés  de TIKEN JAH FAKOLI qui rêvent du soleil du soleil d’Odienné et des plages de la Jamaïque en attendant l’arrivée du rasta ivoirien à 18h, le reste du public essaie tant bien que mal de se trouver une place sous l’un des trois chapiteaux en attendant que le temps s’améliore, sans se montrer trop difficile sur les artistes devant s’y produire. Je peux me porter garant qu’ARTHUR H a fait tente comble lors de son passage, reléguant les retardataires, dont notre petit groupe, sous la toile du Dôme, où Bernhoft est attendu une heure et demie plus tard. Qu’importe la tente/l’attente, ici le sol est sec, et même s’il fait trop humide pour pouvoir espérer sécher convenablement, personne ne sentait prêt à braver l’averse pour aller voir si c’était mieux ailleurs.

Quand arrive enfin 19h, Jarle est accueilli par un public compact d’une neutralité bienveillante : il y avait fort à parier que seule une minorité était vraiment familière du répertoire du soulman d’Oslo, mais tout le monde était prêt à lui donner sa chance.
Seul en scène avec ses guitares, son clavier et son fidèle Jam Man, Bernhoft livre un concert époustouflant de maîtrise et gorgé de good vibes. C’est toujours fascinant de voir un morceau, une ambiance, se construire progressivement depuis un simple rythme frappé sur la caisse d’une guitare jusqu’à une symphonie étourdissante de boucles instrumentales et vocales. Il faut le voir pour le croire (et surtout pour réaliser que oui, il fait vraiment tout tout seul, ce qu’on a tendance à oublier quand on écoute l’album), filez donc jusqu’aux bureaux de MIC à Oslo, où Jarle vous attend pour un showcase privé.
Le show se termine avec une reprise du Shout de Tears for Fears scandée en chœur par le public (enfin, surtout le « Shout Shout » du refrain, le reste des paroles de Roland Orzabal étant réduit en pulpe – ça doit être pour ça que l’on dit « chanter en yaourt »-) à la sauce Bernhoft, c’est-à-dire bien plus groovy que la version originale de l’hymne new wave.
Visiblement content de lui et ravi de l’accueil que lui a réservé le Dôme, Bernhoft s’en va avec un grand sourire, laissant sa machine infernale finir le spectacle seule dans une dernière série de loops. La classe.

À la sortie, miracle, il ne pleut (presque) plus. Bon, pour la boue, on ne pourra pas faire grand-chose à part se rouler de dedans (et certains l’ont fait), mais au moins le concert de CHARLIE WINSTON peut se dérouler dans des conditions à peu près correctes. On est dimanche soir et c’est mon premier concert sur la grande scène, comme quoi, les têtes d’affiche, on peut très bien s’en passer. Grâce à l’écran géant qui flanque l’estrade surélevée, pas besoin de s’aventurer dans le marigot des premiers rangs pour éviter de jouer à Où est Charlie à Solidays, ce qui est toujours appréciable.
D’un point de vue personnel, j’ai suivi d’un œil et d’une oreille distraite le lancement du dernier album de Charlie, alors que j’ai exploré de fond en comble son Hobo. Résultat, je découvre les nouvelles compositions autant que je retrouve les « anciennes », avec une préférence marquée pour ces dernières. Honnêtement, on ne peut pas dire que Where Can I Buy Happiness ou Hello Alone  tiennent la comparaison face à des chansons du calibre de Like A Hobo, In Your Hands ou Generation Spent, qui servira de dernière cartouche (effet dum-dum) pour le bref rappel de Charlie et sa bande. Un bon concert, qui aurait été encore meilleur si la météo avait joué le jeu.

Pas le temps de souffler que déjà retentissent dans le lointain les rugissements courroucés du jaguarr de St Denis. Du calme Didier, on s’en vient. Adepte de la Bagatelle, l’ancien NTM est déjà à pied d’œuvre lorsque nous arrivons, haranguant ses nombreux fidèles dans son style bien particulier de sa voix bien particulière.
Guère amateur de rap en temps normal, je dois tout de même reconnaître que Joey a une énergie peu commune et que son show n’est pas réservé aux seuls initiés : il suffit de savoir osciller la tête de bas en haut, hurler et lever le poing quand  il le demande –souvent- pour être intégré dans la Starrmy. Impossible cependant de comprendre ce que lui et son acolyte racontent dans leurs morceaux, ce qui est un peu embêtant pour un chanteur à textes comme lui (oui, ça fait drôle de l’écrire mais JOEY STARR est bien un chanteur à textes, comme Bob Dylan), tant les beats balancés par Eaque, Minos et Rhadamante, les trois DJs infernaux tapis au fond de la scène, remplissent les tympans.
La seule accalmie viendra du featuring express d’Oxmo Puccino sur un titre dont j’ai oublié le nom. À côté de la hargne et des kilomètres avalés par Joey lors de ses allers-retours incessants d’un bout à l’autre de la scène, Oxmo fait figure de vieux sage posé débitant son flow avec une économie de mouvements plus proche du slam que du rap. On en aurait presque peur pour lui, Starr semblant capable de virer berserk à tout moment, mais le Black Jacques Brel repartira indemne de son cameo.

À 22h, retour à la grande scène pour le dernier acte de ce week end festif. Le temps s’est remis au beau et il est l’heure de sortir les ordures.
Emmené par sa passionaria rousse, très curieusement vêtue (doudoune sans manches, collants noirs et short-culotte rouge) pour l’occasion, le quator de Madison joue très fort ses chansons: même positionné au niveau de la régie, les bouchons d’oreilles sont les très bienvenus. N’étant pas un expert du groupe, je suis content qu’ils choisissent de jouer les deux seules chansons que je connais, I Think I’m Paranoid et Stupid Girl avant 22h45, heure à laquelle il nous a fallu quitter Longchamp, considérablement lestés de boue, à moitié trempés, fourbus mais ravis. Car comme les bénévoles nous l’ont chanté à la sortie, en guise d’ultime concert avant de retrouver la navette, ce n’est qu’un au revoir.

VERDICT

Ce weekend passé à l’hippodrome restera un très bon souvenir, malgré le déluge enduré dimanche. Même si je connaissais une bonne partie des artistes programmés cette année (et c’est ça qui m’a fait venir) et n’ai fait qu’une seule découverte vraiment emballante durant ces trois jours, je crois que je n’hésiterai pas à être un peu plus aventureux l’année prochaine et à retenter le coup même si je ne connais personne. Pour 39 euros les trois jours (je serai plus réactif la prochaine fois!), on peut se permettre d’y aller sans gros coup de cœur préalable.
Seuls petits bémols (en plus du programme à acheter sur place), la pseudo interdiction d’apporter des appareils photos, totalement ignorée par la moitié des festivaliers au bas mot, mais qui m’a quand même incité à ne pas prendre le mien (d’où la qualité médiocre des images, je m’en excuse), et les prix assez salés pratiqués sur les stands de nourriture (rien de bien consistant en dessous de 8 euros, ça fait cher).
Pour le reste, un grand bravo et merci à l’organisation, aux bénévoles et aux artistes qui ont offerts aux quelques 162.000 festivaliers + moi un festival d’excellente facture.

SOLIDAYS 2012 – JOUR 2 (Samedi)

SAMEDI
De retour sur place après une courte nuit et une mâtinée de récupération (les petits avantages de ne pas dormir dans un camping au confort tout relatif et à l’animation perpétuelle…). Miracle, le beau temps semble faire de la résistance, et ne nous fera pas défaut aujourd’hui. Tout ça se paiera chèrement lors de la journée de dimanche, mais sur le moment, on se contente de savourer ce petit bout d’été et se félicitant de ne pas avoir oublié ses lunettes de soleil.Côte programmation, c’est le feu d’artifices, à la fois en terme de qualité et de styles de musique représentés. Il va falloir faire des choix, impossible de tout voir à moins d’avoir son permis d’ubiquité (malheureusement pas mon cas). En théorie, il est possible d’assister à 6 concerts, même pour les gens qui ne peuvent pas rester jusqu’au bout de la nuit, mais l’éloignement des scènes les unes par rapport aux autres et la volonté de « sécuriser » une bonne place pour certains concerts stratégiques amèneront à revoir cette estimation à la baisse. D’autre part, malgré un premier show des PARIS JEUNES TALENTS débutant à 15h, la grille de programmation ne se remplissant vraiment qu’en deuxième partie d’après-midi n’incite pas vraiment à arriver très tôt à l’hippodrome.

La session du samedi commence donc à 18h sous le Domino, pour des retrouvailles avec un de mes coups de cœur français du moment, l’iconoclaste et globe-trotter ROVER, qui prouve avec brio que l’on peut conjuguer physique de rugbyman (deuxième ligne) et voix atmosphérique.
Encore une découverte des Francofolies de l’année dernière, au cours desquelles il avait joué deux morceaux seul avec sa guitare sur la grande scène pendant la balance entre Yodelice et The Dø, puis enflammé la petite salle de la Coursive en compagnie des June & Lula. Mais Rover en concert, c’est surtout la Maroquinerie qu’il avait entièrement rempli de fans convaincus lors du lancement de sa première tournée solo, et auxquels il avait livré un show d’exception à la confluence du rock et de la pop, servi par des arrangements léchés et une osmose totale avec ses musiciens. Ah, il y avait sa voix aussi (d’ailleurs au lieu de vous bassiner avec, je vous conseille d’aller écouter Aqualast).
Bref, malgré tout le battage médiatique (mérité je dois dire) qui a entouré l’ex New Government depuis le lancement de son album éponyme en février dernier (même 20 minutes lui a consacré un article, c’est dire), effervescence hype qui a tendance à provoquer des réactions épidermiques chez votre serviteur, assez complètement allergique à la philosophie du buzz, c’est en confiance que je me glisse sous le chapiteau étoilé du Domino, prêt pour des retrouvailles bienvenues avec « une bande de vieux potes » (5ème fois que je vois Rover –et ses excellents musiciens- en concert en l’espace d’un an).

J’ai eu beau m’y prendre bien à l’avance, le buzz se venge de mon dédain envers lui en ne me laissant qu’une place au second rang (qui reculera davantage lorsque, dans une magnifique illustration du caractère purement moutonnier de la psychologie d’une foule, les gens sagement assis en attendant le début du show s’agglutineront au plus près de la scène sans aucune raison 10 bonnes minutes avant l’heure dite). Pour ne rien arranger, je commets la grave erreur de me positionner pile dans l’axe de l’estrade, et donc droit sur le caillebotis de plastique qui protège les câbles courant de la scène à la régie. PLUS JAMAIS (le pourquoi du comment plus bas).

Comme à l’accoutumée, le set débute par mon morceau préféré, le lancinant  Late Night Love (ou pourquoi il ne faut jamais faire du voilier seul avec sa future-ex), que le groupe maîtrise à merveille : Rover commence seul à la guitare, et la rythmique le rejoint au fil des couplets pour un crescendo émotionnel garanti.
Pourtant, j’ai du mal à me laisser embarquer, un je ne sais trop quoi néfaste m’empêchant de m’immerger totalement dans la musique du dandy armoire à glace. Passent Queen of the Fools et Aqualast (setlist que j’ai trouvé assez surprenante, puisque « sacrifiant » tous les « tubes » dans le premier quart d’heure), et je mets enfin le doigt, ou plutôt la jambe, sur mon mal : décalé sur la gauche par la houle humaine, je me retrouve avec un pied sur le caillebotis et l’autre sur le sol, position des plus inconfortables au bout de quelques minutes. La différence de niveau n’a beau être que de quelques centimètres, impossible de répartir le poids du corps sur les deux jambes en même temps, et du coup, mouvements de balanciers de l’une à l’autre pendant près d’une heure. Éprouvant.

Pour ne rien arranger, Rover, d’habitude si communicatif avec le public (option humour pince sans rire avec mention très drôle) se contente d’enquiller chansons après chansons comme s’il était à l’usine, et décide à la moitié du set d’alterner nouveaux morceaux (glop glop) et versions longues de ses anciennes compositions (pas glop). J’ai beau bien aimer Tonight, étiré sur plus de 8 minutes, la lassitude gagne.
Cerise sur le gâteau, Rover enclenche le mode « no more » (une ligne de paroles, un « no more ») dans le dernier quart d’heure, ce qui achève de me soûler. Le mot est fort mais la Maroquinerie était tellement mieux que je ne peux que sortir déçu (et courbaturé) du Domino, avec une question en tête : Rover en a-t-il assez sous le capot pour rouler en extérieur, ou devrait-il se contenter de tourner en salle? Il faudra attendre le Festival des Soirs d’Été de OÜI FM en juillet pour avoir la réponse.

Un peu désappointé par cette prestation en demi-teinte, sur laquelle je comptais pour bien lancer la journée/soirée, j’échoue sous le chapiteau du Circus investi par les TWIN TWIN, à la recherche d’un euphorisant surpuissant (parce que Rover, même quand c’est bien, c’est assez mélancolique, ne nous voilons pas la face) pour remettre ce samedi sur les bons rails.
Connaissance très limitée de ma part sur ce collectif à géométrie variable (« ok, ils s’appellent comme ça parce que c’est un duo de jumeaux… sauf qu’ils ont aussi un guitariste/beatboxer et un DJ qui ne fait pas vraiment partie du groupe. Hum. ») dont seule la chanson By My Side m’est familière. On ne peut pas dire que j’ai vraiment accroché jusque-là, mais ayant été conquis par le show et l’énergie de leur lointain cousins les Naive New Beaters à Rock en Seine, et la concurrence n’étant pas trop dure à cette heure de la journée, je leur laisse assez volontiers leur chance.

À faire le pied de grue jusqu’à pas d’heure devant Rover, il ne faut pas s’étonner d’être relégué bien loin de la scène, ce qui, au vu des loustics survoltés qui tenaient les barrières et de mon humeur plutôt grincheuse à ce moment précis, ne fut pas une déception trop dure à surmonter.
Nos 4 gaillards envoient le bois comme on dit, leur enthousiasme débridé et leur générosité indéniable compensant le caractère très basique des compositions délivrées. C’est de la musique qui se saute mieux qu’elle ne s’écoute, et si on est dans le mood, je dis why not (il paraît que le franglais, c’est in).
Manque de pot pour moi, je n’y suis pas vraiment, et même si je ne regrette pas le moment passé en compagnie des Jumeaux ++, un coup de coude (involontaire) décoché par mon voisin de devant, déjà bien imbibé (on a tous déjà eu ce genre de mec, plus tellement maître de ses mouvements mais terriblement décidé à prouver au monde qu’il sent cette p….n de vibe à grands renforts de moulinets des bras, à côté de nous dans un concert, et vous serez d’accord avec moi pour dire que l’attente de l’inévitable choc suffit à elle seule à détourner totalement son attention de la scène), me pousse à quitter la party pour… Domino tiens. Encore.

« Expulsé » bien avant la fin du set des Twin Twin, j’ai tout le temps de me dégotter mon premier premier rang de la journée, pour le concert de FRANCOIS AND THE ATLAS MOUNTAINS.
Encore un groupe que je connais plus ou moins (et plutôt moins que plus), mais jouissant d’une grosse réputation dans les milieux autorisés. Pour ma part, j’en suis resté à  Be Water et à 15 minutes grappillées d’une oreille distraite au Rock en Seine 2011.
Pendant que François (avec un accent chelou sur le « a » que j’ai la flemme d’aller chercher) déplace ses montagnes sur la scène du Domino, je tente de me remémorer mon impression sur la prestation du groupe en août dernier, mais peine perdue. Balles neuves et clean slate pour les petits Frenchies du coup. C’est moche de vieillir.

Après un début gentiment pop, avec un Be Water rapidement évacué pendant les hors d’œuvres, l’ambiance glisse graduellement vers les rivages colorées et vaporeux de la world-prog’ (oui, toi aussi tu peux créer des tags musicaux improbables quand tu ne sais pas à quoi rattacher la musique que tu écoutes), où les djembés, claves et autres percussions tribales dialoguent joyeusement avec les nappes de synthé et les envolées de violon. Putain, je ne savais pas que l’Atlas montait si haut. Cloué sur place par la surprise ou par le manque d’oxygène, on ne peut que regarder François sautiller comme un dahut du Bolshoï sur les contreforts escarpés de ses montagnes natales. Même les caches-câbles d’étoffes colorées finissent par ressembler furieusement à une cordée de drapeaux de prières népalais. Bref, un trip total, et une forte envie de partir faire du trek dans les régions fantasmagoriques survolées pendant une heure. La vraie belle découverte du weekend, la voilà.

C’est rouge, c’est bleu, c’est vert, C’EST BROADWAY!!!

Après un atterrissage en douceur (plus facile à dire qu’à faire, c’est pas bien large un domino), je décide de récupérer un peu du jet-lag en restant sagement adossé à la barrière de la scène. Mouais, bon, ça c’est l’explication fleur bleue, que je ne tarde pas à allègrement piétiner lorsque mon voisin, qui a eu la même idée que moi, me demande d’un air innocent si TRIGGERFINGER, c’est bien. Oh, un novice.
Deux minutes et un rapide topo explicatif de ce qu’il est endroit d’espérer du prochain show, il se dépêche de réajuster ses bouchons d’oreille, juste à temps pour éviter le pire pendant les balances que le triumvirat du plat pays effectue en personne. Il faut dire qu’ils n’ont pas encore percé en France, alors qu’outre Meuse, ce sont de véritables stars.

Donc, si je suis resté sur place au lieu de rendre visite à SKIP THE USE ou à YOUSSOUPHA, c’est d’abord et avant tout pour être aux premières loges à l’heure du waterzoei. Ne faîtes pas ça sans protection auditive les enfants, mais ça vaut franchement la peine.
Car Triggerfinger, c’est le groupe de rock qui console tous les fans de stoner trop jeunes pour avoir connus Led Zep autrement que sur le best of familial, et trop pauvres pour aller sacrifier leur audition sur l’autel de Queens Of The Stone Age ou de Them Crooked Vultures. À cette époque où les guitares tissent sagement des arpèges folk ou meublent les compos indies, il fallait qu’un guitar hero des temps jadis surgisse du fin fond des enfers (ou des faubourgs d’Anvers, c’est pareil) pour remettre les pendules du rock à l’heure. Avant de se faire reclasser en outil de labour musical, la gratte électrique a été une arme de guerre, à la croisée de la rapière espagnole, de la masse d’armes teutonne et des orgues de Staline, on a tendance à l’oublier. Pour qui souhaite un cours d’histoire musicale accéléré, Ruben Block est l’homme idéal. Excellent gratteux jonglant avec maestria entre riffs salaces, rythmiques bétonnées et soli ravageurs, chanteur plus qu’honorable capable de monter décrocher what next to the moon au besoin (First Taste et son AAAAHAAA stratosphérique en tête) et frontman sexy en diable, Mr Block fracasse tous les clichés sur la belgitude sur le manche de sa méphistophélique Gretsch écarlate. Un must.

Pour autant, ce serait faire une grave erreur que de résumer Triggerfinger à son porte-parole et principal compositeur, car la section rythmique de notre power trio flamand mérite largement le détour.
À ma gauche, Mr Paul et son quasi double-mètre de groove, chaînon manquant entre Oswald Chesterfield Cobblepot et l’agent 47, apporte la profondeur et les contrepoints mélodiques nécessaires aux hurlements de la 6 cordes de Ruben.
À ma droite, rien de moins que le meilleur musicien des Music Industry Awards 2011 (ok, c’est en Belgique, mais rigolez pas, il y a de la concurrence), Mario Goossens himself, costard à rayures et solo de batterie intégrés dans le package. À voir le sourire béat qui lui barre le visage d’un bout à l’autre du show, on jurerait que la régie a branché une pompe à endorphine sous la semelle de sa pédale de grosse caisse.

À 22h, les rangs des spectateurs du Domino sont encore clairsemés, mais ça n’empêche pas nos trois gladiateurs de débuter pied au plancher un set qui mélangera morceaux du dernier album All This Dancin’ Around et chansons plus anciennes tirées du séminal What Grabs Ya?
Plus convaincu par le second que par le premier (qui quitte les sentiers du stoner pour s’aventurer dans le blues dépouillé, sur des titres comme My Baby’s Got A Gun, et contient moins de hits immédiats du calibre de First Taste, Short Term Memory Love ou Is It), j’ai toutefois l’agréable surprise de découvrir que les nouvelles compos, pas évidentes sur le CD, passent l’épreuve du live avec brio.
Sûrs de leur force et de leur fait, les sujets de son altesse Albert II prennent un malin plaisir à chauffer le public parisien, de plus en plus nombreux et enthousiaste, jusqu’au point d’ébullition, ne faisant retomber la pression (sur My Baby’s Got A Gun, justement) que pour ré-attaquer encore plus fort derrière.
Plongé dans une séance prolongée et jubilatoire de headbanging, votre humble serviteur s’excuse platement pour ne pas avoir trouvé le temps de capturer une ou deux images correctes de ce live démentiel. Minuscule déception, ils repartiront de Paris sans jouer « leur » plus gros succès, le I Follow Rivers emprunté à Lykke Li (7 semaines en tête des charts belges et néerlandais tout de même).

Le samedi s’achève donc (pour moi) sur cette grosse claque rock après un début de journée en demi-teinte, et c’est en Européen convaincu (mais avec les oreilles qui sifflent un peu) que je retourne au camp de base, prêt pour un final grandiose.

SOLIDAYS 2012 – JOUR 1 (Vendredi)

C’était l’année ou jamais. Pour un amateur de rock comme moi, les Solidays avaient toujours représenté un festival trop hype et frenchouillard dans sa programmation pour valoir le détour (BENABAR s’y est produit à 5 reprises au fil des années, ça veut tout dire).
Mais l’édition 2012, avec sa grille bien renforcée en vrais bon groupes/artistes dont je me savais déjà être fan avant de venir, s’est révélée trop tentante pour que je résiste à l’appel des sirènes (même si je me suis débrouillé pour acheter un billet par jour au lieu du pass weekend, pour un résultat très salé au niveau financier). En plus, l’hippodrome de Longchamp se situe à un jet de pierre des locaux de l’ONG où j’avais fait un stage en début d’année (si c’est pas un signe ça). C’est donc en novice intrigué mais relativement confiant que je prenais le chemin du bois de Boulogne, pour trois jours de festivités et de musique placées sous le signe de la lutte contre le SIDA. Sortez ouverts (d’esprit).

VENDREDI

La première fois, on a beau se dire qu’on s’est préparé pour, il y a toujours des trucs que l’on découvre dans le feu de l’action. Solidays ne fait pas exception, la première surprise (désagréable) se présentant avant même le départ pour l’hippodrome.
Impossible en effet de mettre la main sur la programmation détaillée, avec scènes et horaires de passage, avant de se mettre en route. Ce n’est qu’une fois sur place que je découvre la première spécificité propre à ce festival, c’est à dire le programme à « acheter » sur place auprès de l’organisation, sous couvert de collecter des fonds pour les victimes du VIH.

Alors autant en soit, je trouve l’idée excellente (le festivalier n’est rien sans son guide, tout le monde sait ça, et comme le montant est fixé par l’acheteur, le livret se rentabilise rapidement pour l’organisation – même s’il est théoriquement possible de donner un centime pour le précieux sésame -), autant je trouve les répercussions de ce choix assez terribles pour les gens qui viennent d’assez loin (et « assez loin » commence à Paris intra-muros, car les derniers concerts commencent à 1h du mat’, donc plus trop de métro pour rentrer si on veut y assister) et ne sont pas en camping.
Dans mon cas (banlieusard de grande couronne), ça veut dire partir au plus tard à 22h30 pour espérer attraper le dernier train, et donc faire une croix sur des groupes comme THE KILLS ou SHAKA PONK. Je n’étais pas venu spécialement pour eux, donc passe encore, mais j’imagine sans peine la frustration des mes camarades ayant fait le déplacement exprès.
Pas de solution miracle à ce problème épineux (si on balance le programme avant, qui accepterait de payer pour?), à part peut-être diffuser la liste des artistes passant après 23h les vendredi et samedi (sans plus de précisions) pour permettre à tout le monde de s’organiser. [/râleur:off]

Mais après cette première petite déconvenue, tout se déroule admirablement. Attente raisonnable à l’entrée du festival, bénévoles souriants et météo au beau fixe (ce qui tenait de l’intervention divine après le mois de juin hmm… tempéré  que nous avions du subir jusqu’ici).
Les premiers concerts ne commençant qu’une heure et demie après mon entrée dans l’arène – il faut bien laisser le temps aux campeurs le temps de s’installer – on en profite pour déambuler dans le village qui s’anime doucement, caresser l’idée de se payer un frisson gratuit en faisant du saut à l’élastique (caresser seulement, car la queue était déjà importante, et pas vraiment envie de rater des concerts pour 15 secondes d’extase) et distinguer les scènes chapiteaux les unes des autres. C’est Domino qui est au fond ou bien c’est Dôme?

Mais c’est sur la petite dernière de la fratrie, Circus, que les choses sérieuses  commencent, avec une présentation des gagnants d’un concours organisé par la Métisse (comme la moitié masculine du duo de présentateurs, une sorte de Joey Starr de Monoprix assez risible, nous le répétera à de nombreuses reprises, entre deux tentatives avortées de chauffer le public clairsemé et assis de ce premier show). Au programme, 3 artistes/groupes au style assez divers.

On commence avec la charmante ANDREA, tellement inspirée par Ayo qu’elle a carrément repris son look. Secondée par un batteur percussionniste et un bassiste dont les dreads et l’air béat font immédiatement songer à Jar Jar Binks, la belle égrène ses compositions pop-folks mâtinées caraïbes sous l’œil et la caméra attentifs de son agent (je suppose).
Elle s’en sort plutôt bien, malgré des chansons qui ont tendance à durer trop longtemps pour leur propre efficacité. Cerise sur le gâteau, elle chante en français des choses plutôt intéressantes, ce qui n’est jamais facile. À suivre.

On enchaîne avec le quator des CHEYENNE DOLL, que mon ami le MC annonce comme revenant des States avec un son très différent de celui des origines du groupe. Vu que c’est la découverte totale, je serai bien en peine de le contredire. Ça donne de la pop jazzy lorgnant tantôt sur Cocoon, tantôt sur Feist. Rien de bien marquant, à part le look travaillé des musiciens (un guitariste taillé death metal avec haut de forme slashien, et un contrebassiste en robe-tablier avec un vague air de ressemblance avec le Jigsaw de la série Saw).

On termine avec les gagnants du concours, après que notre duo de présentateurs ait noyé de cadeaux le public (qui menaçait il faut dire de partir voir BLITZ THE AMBASSADOR) et failli par la même occasion envoyer une pauvre festivalière aux urgences (les CD ne sont pas des shurikens enfin!), les très nombreux et très soul WINE.
8 sur scène, avec DJ et choristes à choré, dans le plus pur style R’N’B, ça envoie je dois dire. Le guitariste se révèle en plus être capable de cracher deux-trois petits soli assez sympathiques, bonne surprise pour les gens comme moi qui n’iraient pas d’eux même vers ce genre de musique. Cette dernière, rythmée et sucrée, a pour effet secondaire de remplir les jauges de bonne humeur en moins de temps qu’il en faut pour l’écrire. Vraiment pas mal, et de bonne augure pour la suite du programme, qui se trouvera être DIDIER WAMPAS, sous chapiteau lui aussi.

Aiguillé dans mon choix par le retour positif d’un ami l’ayant vu dans un pub au début de l’année, j’arrive assez tôt pour pouvoir me positionner au deuxième rang. Un choix lourd de conséquences, certaines positives, d’autres négatives, pour le concert qui s’en vient, mais une décision prise en connaissance de cause.
Précédé de ses musiciens en costard, Didier arrive sur scène et livre une prestation énergique mais pas survoltée non plus, même s’il descendra deux fois dans la « fosse », la deuxième fois sans poser le pied au sol, grâce à la magie du crowdsurfing, et finira le set perché sur deux amplis empilés l’un sur l’autre. Déception pour moi qui connaît assez mal son répertoire (à part Par Dessus La Troisième Corde, chanson sur le noble art du catch, comme le lecteur sagace l’aura deviné), il ne jouera pas ses succès Wampas, se contentant de piocher dans le répertoire de son album Taisez-Moi.
Encore sobre à cette heure précoce de la journée, j’endure l’inévitable pogo avec philosophie (j’étais prévenu), mais supporte en revanche beaucoup moins bien que mon voisin de derrière, visiblement plus imbibé que la moyenne des spectateurs, m’arrache un bouchon d’oreille du conduit auditif pour m’aider à profiter du spectacle plus à fond. Non mec, ce n’était pas un écouteur de MP3, et oui j’entendais très bien la musique avant que tu n’interviennes. De toute façon, on ne va pas à un concert de Didier Wampas pour faire une étude de texte des paroles, si?
Au final, un artiste que je ne regrette pas d’avoir vu, mais que je ne suis pas prêt à payer pour revoir.


Il fait toujours beau, il fait toujours chaud, et la scène Domino sous laquelle se produit le folkeux BEN HOWARD est pleine comme un œuf. Mal placé pour le coup, je tire ma révérence après deux morceaux, pas vraiment convaincu par la qualité scénique du petit génie de la sèche du moment, malgré tout le bien qu’on m’en a dit. En plus il semblait avoir un problème avec sa guitare, d’où de longs moments pendant lesquels ses musiciens ont tenu la baraque (et étiiiiiiiiiiiré la chanson) le temps que les techniciens règlent le problème.
Comme il le sera confirmé plus tard au cours du week end, certains artistes et certaines musiques ne passent pas vraiment bien sur une scène extérieure, même (re)couverte.

On traverse donc le champ d’un bout à l’autre (10 minutes de marche) pour aller voir MILES KANE, qui écume les festivals pour défendre son Colour of the Trap depuis une grosse année (il était déjà présent au Rock en Seine de l’année dernière). La scène Bagatelle, deuxième en terme de taille, est déjà entourée d’une nuée de fans impatients à mon arrivée, et il faudra donc recevoir l’offrande du leader des Rascals à une bonne centaine de mètres de distance.
Miles et son groupe sont en forme, c’est indéniable, et Kane le survivant a de bons morceaux dans son répertoire (Come Closer, clôture intelligente du show, Rearrange, qui ouvre ce dernier de manière tout aussi opportune, entre autres), c’est indiscutable.
Énergique comme à son habitude, l’homme en  bleu offre même au public une reprise de Jacques Dutronc, Le Responsable, attention louable sans doute un peu faussée par le fait qu’il ne s’agit pas vraiment de la chanson la plus connue de Jacky. Essaie Les Cactus ou Crac Boum Hue la prochaine fois, Miles!

22h, et le premier dilemme existentiel du festival se pose. Aller voir SELAH SUE, son accent belge et son Raggamuffin sur la grande scène, ou filer applaudir LA GRANDE SOPHIE, que j’ai récemment appris à ne pas résumer à son Du Courage à Domino? De toute façon, il s’agirait dans les deux cas que d’un pis aller, le véritable objectif étant bien entendu les terribles CONCRETE KNIVES sous le chapiteau Circus à 23h.
Finalement, la France sort vainqueur de ce duel musical (il faut bien gagner de temps en temps), et ce furent donc 20 minutes en presque tête à tête avec une des artistes vétérans de l’évènement, 4ème participation, qui se passent très agréablement et se concluent par le morceau qui m’avait amené à reconsidérer Sophie, le magnifique Suzanne de son dernier album.
Je m’éclipse aux premières mesures de Du Courage, comme un signe du destin, en direction du Circus, juste à temps pour chopper l’une des dernières places au premier rang. Car même engagés en concurrence directe avec le phénomène METRONOMY et la valeur sûre AYO, les Concrete Knives n’ont rien de seconds couteaux, et cela commence à se savoir.
Petit bonus bienvenu pour un fétichiste des paroles comme moi (sauf pour Didier Wampas, vous l’aurez compris), les balances micros se font sur my personnal favourite, l’ébouriffant Greyhound Racing (et pas Greyhound Racine, comme j’ai pu le voir sur Youtube).

Les freaky coeds se mettent en place des deux côtés de la barrière et bientôt les hymnes exutoires (composition béton -mouahaha- , énergie sans faille) des CCKS remplissent le chapiteau de déçus de Metronomy et de simples passants curieux de voir de plus près le phénomène.
Pour moi qui savait à quoi m’attendre (découverte au Diane’s lors des Francofolies 2011, confirmation au Rock en Seine de la même année), la claque est tout de même monumentale, et salutaire. Ambiance de folie sous la toile cirée, les tubes en devenir se succédant sans temps morts: Greyhound Racing bien sûr (qui sera repris en rappel pour une version survoltée, remplie de « Nananana »  repris en chœur par des centaines de voix), mais aussi Brand New Start (« Vous connaissez cette chanson? »), Youth Compass ou encore Happy Mondays, tous tirés de l’EP You Can’t Blame the Youth.
Pour nous rappeler que l’album approche à grands pas (Be Your Own King, octobre prochain), la quintette de Caen joue également une poignée de morceaux inédits, aussi enthousiasmants que les valeurs sûres citées ci-dessus. Le meilleur concert du vendredi, c’était ici.

Au final, un démarrage de festival en douceur, avec un seul « gros » concert qui permet de repartir dans ses pénates avec des étoiles plein la tête et de grosses attentes pour la suite des évènements.

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