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W.H.A.T.T. (I.F.): Silence, je révise!

Et voilà. À chaque fois, c’est la même chose. La programmation finale du festival vient de tomber, vous êtes devant votre ordinateur et contemplez d’un air gourmand la grille horaire complète des festivités à venir. Seulement, il faut bien se rendre à l’évidence: sur les 50+ artistes bookés, vous ne devez en aimer que 10%, être plus ou moins familier avec un autre 20%, et avoir lu une ou deux fois le nom de 30% du reste. Ce qui vous laisse avec 40% de parfaits inconnus (admirez au passage la magnifique progression 10/20/30/40)..
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Face à cette situation, deux types de réaction:
1) « Bah, c’est pas grave: je fais mes concerts (sous-entendus, je vais voir les 10% pour lesquels j’ai acheté mon billet) et avec un peu de chance, je tomberai bien sur des groupes sympas pendant les heures creuses. »
2) « Raaah, mais ils font chier les orgas à donner les infos au dernier moment! Je vais encore être obligé d’enquiller les nuits blanches pour me faire une idée sur tout le monde avant de venir. »
Ces temps-ci, je dois admettre que je me reconnais plus dans la seconde que dans la première catégorie, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Mes premiers festivals ont ainsi été marqués des sceaux de l’innocence et de la baguenaude, ce qui ne m’a pas empêché de faire de très belles découvertes de temps en temps.
Boum, un petit The Temper Trap à Rock en Seine en 2010, crac, un joli Concrete Knives aux Francofolies de 2011. Et en 2012… Rien en 2012. Enfin, si, plein de choses en 2012. Mais 99% mes coups de cœur avaient été soigneusement repérés bien avant le concert en question, si bien qu’on ne peut que difficilement les classer dans la première rubrique*..
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*: Ah, il y a tout de même eu le sympathique Rich Aucoin aux Vieilles Charrues.
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Dans mon cas, le déclencheur a été le festival de Steinkjer. Le raisonnement a été le suivant: « quitte à claquer 600 euros pour un week-end en Norvège, autant ne pas faire le voyage pour rien ». Avouez qu’il aurait été bête d’y aller les mains dans les poches et de se rendre compte une fois de retour dans l’Hexagone qu’on a raté le concert de the-groupe-de-la-mort-qui-tue parce qu’on cassait la croûte à ce moment là. J’ai donc fait ce que je n’avais fait auparavant pour un festival (un tableau Excel) et je me suis attelé à la tâche d’écouter la musique proposée par la grosse trentaine d’artistes programmés.
Heureusement pour moi, novice en la matière, les organisateurs avaient eu la riche idée de créer une playlist spéciale sur Spotify, ce qui m’a épargné la tâche fastidieuse de la réaliser moi-même. Ne restait plus qu’à l’écouter, encore et encore et encore, en relevant les noms des artistes les plus intéressants, jusqu’à avoir une idée précise du déroulé du festival. Je ne suis pas sûr que j’aurais découvert des groupes aussi intéressants que Bendik, Baskery, The Cute Crash Combo ou Hedvig Mollestad Trio sans cette préparation « rigoriste », et croyez bien que je m’en serais mordu les doigts après coup..
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Tout ça nous amène à la conclusion suivante: un bon festival, ça se prépare soigneusement en amont. J’ai essayé de couvrir précédemment toute la partie logistique des opérations, mais en ce qui me concerne, l’essentiel du travail s’effectue avec un casque sur les oreilles. Et, oui, je considère cette « révision » comme un travail, car cette besogne est longue, parfois fastidieuse (quand les orgas n’ont pas trouvé utile de créer une playlist, et que 75% des liens qu’ils ont mis sur leur site ne marchent pas…) et nécessite une concentration minimum pour être menée à bien. Pas toujours une partie de plaisir donc, mais comme ils le disent de l’autre côté de l’Atlantique: no pain, no gain..
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Vendredi prochain,
ce sera Rock en Seine. Je ne sais pas pour vous, mais ce festival a toujours un arrière-goût de fin de vacances pour moi. Alors, histoire de terminer la saison des concerts de masse et de plein air en beauté, faisons les choses dans les règles et révisons en profondeur pour arriver au parc de Saint Cloud totalement maîtres de notre sujet..
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I) Trouver la grille horaire complète du festival
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3 jours et 61 concerts… Pas sérieux, s’abstenir.

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II) Sélectionner les concerts que vous voulez faire à tout prix

Généralement, ils ne sont pas très nombreux. Je parle bien des artistes que vous suivez avec attention, et que vous iriez revoir en concert le jour d’après avec joie..
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Dans mon cas, on a Sigur Ros, Placebo, The Temper Trap et The Waterboys (oui je sais, j’ai très bon goût)

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III) Compléter avec les concerts que vous aimeriez faire « en curieux »

Pour coller à notre cas de figure, j’ai sélectionné un bon paquet d’artistes, pour des raisons diverses:

– J’ai un CD d’eux que je trouve sympa, mais pas transcendant non plus: Yeti Lane, Deus, The Bewitched Hands, Noel Gallagher, The Black Keys, Mark Lanegan, Green Day

– Ils ont une très bonne presse dans les médias musicaux que je consulte régulièrement (magazines, webzines, blogs, radio, télé…): The Shins, Of Monsters And Men, Alberta Cross, Hyphen Hyphen, Caravan Palace, Deus, Ed Sheeran, The Black Keys, Mark Lanegan, Stuck In The Sound, Foster The People

– Ce sont des « grands noms » qui ne passent pas souvent en France et/ou dont les places de concert coûtent assez chers: Bloc Party, Noel Gallagher, The Black Keys, Green Day

– Je les ai déjà vus sur scène, et c’était pas (trop) mal: Bloc Party, Caravan Palace, The Bewitched Hands, Stuck In The Sound

– J’aime bien un de leurs morceaux (sans connaître le reste): The Shins, Bloc Party, Of Monsters And Men, Foster The People

– …

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, certains artistes se retrouvent dans plusieurs catégories, ce qui les place évidemment en tête de ma shortlist. Et comme vous pouvez le voir ci-dessous, certains concerts ont lieu sur le même créneau horaire, ce qui va poser problème….
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IV) Isolez les tranches horaires où « vous n’y connaissez rien » et rencardez vous sur les artistes programmés

La plupart du temps, ce sont les débuts d’après-midi qui nécessitent ce type d’enquêtes plus poussées, puisque les têtes d’affiche trustent les soirées. Pour progresser efficacement, soyons organisés: le premier contact se noue généralement sur la page dédiée par le festival au groupe/artiste inconnu dont il est question. Même si les bios qui illustrent ce genre de publications sont la plupart du temps bien trop laudatives pour qu’on puisse en tirer grand chose, elles vous apprendront au moins le style pratiqué par l'(es) invité(s) mystère(s). Plus constructif, un morceau « représentatif » accompagne souvent l’article, et pour peu que le lien fonctionne, vous pourrez faire une première idée sur la question.

Pour aller plus loin, I-tunes est bien pratique, puisqu’il permet d’écouter entre 30 » et 1’30 » de chaque chanson du groupe/artiste. Prenez l’album le plus récent de ce dernier (puisqu’il s’agira certainement de celui dans lequel il tirera le plus de morceaux pour le set), lancez une lecture de tous les extraits disponibles et jugez sur pièce. YouTube, Spotify et Deezer sont également pratiques pour approfondir les titres les plus prometteurs*.

*: Certains artistes qui viennent juste de commencer leur carrière ne sont répertoriés nul part sur le web. Avec un peu de chance, ils auront pensé à proposer leur musique à l’écoute sur leur site personnel, mais ce n’est pas le cas de tous. Et bien, tant pis pour eux..
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V) Sélectionnez les artistes que vous voulez voir dans les plages définies à l’étape précédente

Si vous arrivez à remplir tous les vides, bravo! Mais comme on a parfois le choix de l’embarras plus que l’embarras du choix, ne rien sélectionner peut s’avérer être la meilleure alternative possible. L’occasion de faire un tour aux stands, d’arriver plus tôt pour avoir une bonne place pour le concert suivant, ou encore de rentrer se reposer pour attaquer le jour suivant en pleine forme..
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Vendredi entre 18h30 et 19h: le rock aviaire de Dionysos ou le hip hop bangesque de The Knux? Ni l’un ni l’autre…

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VI) Vérifier que les choix de l’étape II) valent vraiment le coup en les comparant aux inconnus programmés sur les mêmes tranches horaires

L’étape la plus longue, la plus fastidieuse, mais également celle qui vous permettra de faire un paquet de belles découvertes. Courage!.
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VII) Arbitrer les incompatibilités horaires restantes avec les oreilles… Vous avez votre roadmap! .
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Ah… ces concerts qui se chevauchent de quelques minutes. Un grand classique des festivals. Ajoutez à l’équation l’éloignement entre les scènes, et vous vous rendrez compte qu’à moins de maîtriser l’art délicat de la téléportation, vous allez forcément rater des petits bouts de sets de ci de là. Ce qui vous dire que vous allez devoir choisir si vous préférez sacrifier la fin d’un show pour ne pas rater le début du suivant sur votre liste, ou le contraire. Ce n’est jamais évident, mais ça fait partie du jeu*.

*: Et pour ceux qui ne veulent pas rater la chanson pour laquelle ils ont choisi de voir un concert, le site setlist.fm est un must. Il y a encore des artistes qui changent de setlist tous les soirs, mais (faut-il en rire ou en pleurer?), ces empêcheurs de planifier en rond sont assez rares..
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Le bras de fer entre The Bewitched Hands et Deus a vu la victoire des Belges. Faut dire qu’ils y sont allés à 4 mains (huhu)…

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VIII) Se faire une playlist récapitulative du programme et se la passer en boucle pour être au top le jour J

La « révision » proprement dite. Vous allez me dire qu’une fois que l’on sait que l’artiste est bon, ça ne sert pas à grand chose d’apprendre tous les morceaux qu’il joue par cœur. Vous avez parfaitement raison. Ça doit être mon côté FBDM….
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Bref, après bien des efforts, vous voilà avec une magnifique roadmap personnalisée du festival. Félicitations, vous pouvez être fiers de vous! Vous voilà prêt à enquiller les concerts avec l’assurance et l’optimisation d’un vieux briscard. Vous avez toutes les cartes dans les mains pour passer un super week-end musical, reste à espérer que la météo soit de votre côté….
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The long and winding road…

W.H.A.T.T. (I.F.): You will cry if you forget this (Part 2)

Have you learned your lesson?* Car les choses sérieuse commencent maintenant. Aller à un festival est en effet une chose assez intuitive pour toute personne ayant l’habitude de faire des concerts dans l’année. Certes, ça dure plus longtemps, il faut sans cesse marcher et, parfois, il pleut. Mais dans l’ensemble, la similitude entre ces deux types d’évènements est assez grande pour que les rats de salles se muent en rats des champs sans trop de problèmes.
À ce titre, le précédent article a sans doute été perçu par une partie du pointilleux et affuté lectorat que j’ai la chance d’avoir (j’ai tous les noms sur mon cahier) comme une session effrénée d’enfonçage  de portes ouvertes (et surtout, n’oubliez pas de prendre de l’eau et de quoi manger… « C’est moi où il me prend pour un abruti, le père Schattra? »).Allez, ne mentez pas, vous l’avez pensé très fort derrière votre écran. Je ne vous en veux pas, j’aurais réagi exactement de la même façon.
Mais voici le moment où l’exposé pontifiant s’élève légèrement au dessus du niveau des pâquerettes, puisque nous allons poursuivre notre exercice avec la checklist de tous les objets que le festivalier devrait avoir avec lui quand il choisit de vivre son expérience à fond, c’est à dire de planter sa tente au camping pour la durée du week-end. Aha. J’en vois déjà qui écoutent/lisent plus attentivement. Ils font bien, car à force de pratiquer cette forme si particulière d’hébergement, j’en suis venu à la conclusion suivante: c’est ce qui passe en camping qui décide du succès ou de l’échec du festival pour le participant.
Car on a beau venir plein de bonne volonté, et tout prêt à passer un super moment, si les pépins se succèdent dans l’éphémère ville de toile dans laquelle on a élu domicile, il y a fort à parier que le souvenir global que l’on retirera de l’expérience sera plus négatif que positif, et ce même si l’on assiste à de très bons concerts.
Alors bien sûr, je ne prétends pas que les quelques lignes qui vont suivre suffiront à elles seules à vous garantir un séjour absolument merveilleux parmi vos semblables festivaliers. Il y a bien trop de facteurs à considérer, bien trop de sources potentielles d’ennuis et de complications, pour être certain que tout va bien se passer de A à Z. Et puis, un aléa de temps en temps, ça permet de rester aiguisé, et ça fait de chouettes souvenirs en perspective à raconter aux générations futures quand elles seront en âge de partir en festival à leur tour (aaaah, la fois où j’ai fait tombé mon portable dans le trou de la toilette sèche… Depuis, j’ai fait posé une dragonne sur mon GSM, on n’est jamais trop prudent).

Mais comme un peu de planification et d’organisation a priori ne font jamais de mal, et que je crois fermement que nous sommes capables de tirer profit des expériences des autres, sans avoir à répéter les erreurs de nos aînés pour retenir les leçons qu’ils ont du apprendre de la manière forte (heureusement d’ailleurs… sinon on aurait droit à une guerre mondiale tous les 25 ans, juste pour le fun), allons-y gaiement pour une nouvelle checklist, spéciale camping de festival.

*: Comme je n’étais pas certain du caractère cristallin de la référence du titre de ce diptyque d’articles, je me permets de rajouter une couche en ouverture..
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JE PARS EN CAMPING DE FESTIVAL : CHECKLIST

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Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je vois ça, je pense au matos des Ghostbusters…

Qui dit camping dit tente, à moins que vous n’ayez la chance de faire partie de l’infime minorité des festivaliers qu campent en mobile-home (mais peut-on encore parler de camping?). Il vous faudra donc une tente pour commencer.
Si vous en avez déjà une chez vous qui pourrait faire l’affaire (évitez juste de partir en vadrouille avec la robuste et spacieuse – mais hyper lourde à porter et méga longue à monter – canadienne familiale… c’est fini les camps de beatniks dans le Lubéron), pas de problème particulier à ce niveau des opérations.
Mais comme la plupart des impétrants festivaliers campeurs sont des jeunes pas encore super équipés, il est plus que probable que vous échouiez au Décathlon quelques semaines/jours/heures/minutes avant le départ pour acquérir une fameuse Quechua 2 secondes. Il y a de fortes chances qu’elle soit verte. Si vous comptiez vous démarquez des tentes du voisinage, c’est raté.
Mais à côté de ça, ce modèle présente des avantages tels qu’on fait généralement fi du manque d’originalité. La Quechua 2 secondes est en effet très facile à (dé)monter, peu chère, plus robuste qu’il n’y paraît (même si on est jamais à l’abri d’un lot défectueux avec arceaux cassants… je vous conseille de faire quelques montages/démontages chez vous avant de partir, afin de vérifier que tout est ok de ce côté) et légère. Ses principaux défauts sont une absence de système de portage digne de ce nom, manquement particulièrement handicapant sur les plus grands modèles, et une ergonomie assez imposante en position repliée. Vous voilà prévenus*.

*: Il va de soi qu’il vaut mieux savoir comment replier la tente avant de partir en camping. Les premières tentatives ne sont en général pas très concluantes, mais une fois le coup de main pris, l’affaire se plie (huhu) en 15 secondes 2 minutes montre en main. N’ayez pas peur de tordre franchement les arceaux au moment délicat du « huit »: ils sont fait pour ça.

□ Tente

À gauche, le modèle 1 place. À droite, le modèle… 3 places. Oui, ça fait pas large.

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Vous avez maintenant une tente. C’est un bon début. À moins d’être un fakir avec des lombaires en acier trempé, il y a de fortes chances que vous souhaitiez aussi disposer d’un matelas, d’un duvet et d’un oreiller pour (essayer) de dormir. Profitez donc de votre balade chez Décathlon pour regarder les modèles proposés en magasin.

Le principal écueil ici est de sélectionner du matos avec un encombrement minimum, surtout si vous prévoyez de ne pas venir en voiture (et donc, aurez à porter vos affaires avec vous). Pris séparément, le matelas gonflable et le duvet de base sont en effet assez volumineux pour remplir les ¾ de n’importe quel sac, ou de monopoliser un bras chacun pour le portage. Pas glop. Même les espèces de cubes tout compris proposés par Décathlon représentent un volume assez importants, en plus d’être impossible à caser dans un sac à dos standard.
Pour ma part, j’ai opté pour un Sleepin’ Bed (on passera sur le nom particulièrement peu inspiré de l’objet), qui inclut à la fois un matelas (certes très fin), un coussin gonflable pour la tête et un duvet (très fin aussi) pour un prix, et surtout un encombrement très modéré. Comme l’ensemble se range en se roulant sur lui-même, il est très facile de le coincer en haut du sac, ce qui en fait un must absolu pour les baroudeurs aimant voyager léger et compact. Évidemment, une telle ergonomie se paie au niveau du confort, un matelas pneumatique de 3 cm d’épaisseur ne pouvant rivaliser avec des modèles quatre fois plus profonds. Mais pour un séjour d’un week-end, ça passe tout à fait.

□ Matelas, oreiller et duvet

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Terminons cette première partie consacré au « logement » par un petit accessoire souvent oublié, et qui, je l’espère, ne vous sera jamais utile: un cadenas. Pour fermer votre tente, oui oui.
Au risque de passer pour un misanthrope paranoïaque fini, j’affirme haut et fort que je ne campe jamais sans cette petite précaution, au pouvoir de protection tout relatif il est vrai (car ne nous voilons pas la face: un coup de couteau dans la toile de la tente, et la forteresse inexpugnable devient une ruine ouverte aux quatre vents), mais qui, on ne sait jamais, pourrait un jour décourager un visiteur non désiré (que ce dernier ait des intentions chapardeuses ou pas: l’alcool aidant, certaines personnes développent soudainement des comportements extrêmement… extravertis) de rentrer chez vous. Et puis, avec toutes ces tentes identiques, un cadenas vous donne un moyen d’identifier la vôtre à coup sûr, même à 4h du matin par une nuit sans lune.

*: Je pars du principe que si vous n’arrivez pas à ouvrir le cadenas, ce n’est pas votre tente (ou alors vous êtes complètement torché).
□ Cadenas

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Maintenant que vous avez réglé la question de l’hébergement, il est temps de passer à celle, à peine moins importante, de la toilette. La plupart des campings de festival proposant des douches à leurs utilisateurs (et même des douches chaudes pour certains d’entre eux!), plus d’excuse pour se vautrer dans sa propre crasse pendant tout un week-end. La crasse des autres est bien suffisante, croyez-moi sur parole.
Ce chapitre hygiéniste commence bien sûr par le paragraphe des vêtements de rechange. Sans vouloir paraître trop optimiste, l’été, saison des festivals, est généralement une période chaude de l’année, ce qui signifie, entre autres choses, qu’à moins de vous être préalablement roulé dans le talc jusqu’à ressembler à une sole meunière, vous risquez fort de transpirer. Mariner dans son propre jus pendant trois jours de suite n’étant pas une expérience des plus plaisantes, je préconise fortement d’emporter avec soi au moins autant de t-shirts, chaussettes et sous-vêtements que de journées de camping prévues. Si la météo est à la canicule, vous pouvez même prévoir plus large. Comme toute cette lingerie prend de la place dans le sac, on peut mettre la pédale douce sur le reste de la vêture, moins directement exposée aux conséquences corporelles des grosses chaleurs. Un seul jean et sweat-shirt (ou équivalents… vous pouvez favoriser le kilt et le poncho, à votre guise) devraient suffire le temps d’un week-end. Si vous êtes de nature confiante et peu frileuse, vous pouvez remplacez le premier par un short.

□ Vêtements de rechange

Hop, c’est parti pour un petit week-end (vendredi/samedi/dimanche/lundi).

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On continue avec l’indispensable trousse de toilette, qui vous permettra de tirer le meilleur des magnifiques infrastructures mises à votre disposition par les organisateurs. Dans la mienne, on peut trouver: du savon (en pain: rustique mais compact et durable), une serviette, une brosse à dents, du dentifrice, une brosse à cheveux et du déodorant. Basique, mais assez complet. Je suppose qu’on peut toujours trouver un peu de place dans le sac pour ajouter fond de teint, rouge à lèvre et mascara…
J’emporte aussi un sac poubelle, qui me sert de sac à linge sale et m’évite de transporter ce dernier à même le sac à dos une fois le festival fini.

□ Savon Serviette Brosse à dents Dentifrice Brosse à cheveux Déo Sac poubelle

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Avec tout ça, vous avez de quoi parer à la plupart des situations, mais vous pouvez faire encore mieux. La suite de la checklist sera donc consacré à tous les objets dont vous n’aurez pas forcément l’usage (ou ne pourrez pas toujours utiliser), mais qui, le cas échéant, vous rendront de fiers services. Comme je ne les considère pas comme absolument essentiels au bon déroulement du week-end, ce sont eux que je « sacrifie » en premier en cas de manque de place dans le sac à dos.
En vrac, on trouve donc dans cette catégorie fourre-tout: un masque de sommeil, de l’anti-moustique, mon(es) lecteur(s) MP3, le(s) câble(s) d’alimentation de ce(s) dernier(s), ainsi que l’adaptateur prise idoine (de plus en plus de trains sont équipés de prises de courant, ce qui permet de recharger les batteries sur le chemin… pour peu que les prises en question fonctionnent), le câble d’alimentation de mon portable, un livre… Impossible de faire le tour du sujet de manière exhaustive!

Dernier conseil: n’hésitez pas à laisser un peu de place dans votre sac, car 1) on est généralement beaucoup plus soigneux et ordonné dans la préparation de ce dernier à l’aller qu’au retour, ce qui se traduit par des volumes plus importants dans le deuxième cas 2) il n’est pas rare qu’on revienne d’un festival avec des souvenirs (éco-cup, t-shirt, CD, cochon empaillé…), alors autant prévoir un peu de place pour ces goodies.

□ Masque de sommeil Anti-moustique Lecteur MP3 Câble d’alimentation MP3 Livre       Adaptateur prise Câble d’alimentation portable 

J’ai perdu mon masque aux Vieilles Charrues et le spray anti-moustique a été saisi par la sécurité de l’aéroport de Trondheim… I miss you guys.

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Voilà qui conclut notre propos.Comme pour le précédent article, on se quitte avec un gabarit PDF qui récapitule toute la checklist et que vous pouvez utiliser librement si vous en avez l’usage. N’oubliez pas de m’envoyer une carte postale.

Checklist Camping Festival

W.H.A.T.T. (I.F.): You will cry if you forget this (Part 1)

La préparation au départ pour un festival est toujours un moment délicat. On est généralement super content et excité que le jour soit enfin arrivé, mais cette euphorie peut très vite se transformer en bon vieux stress des familles quand, au moment de prendre la route, un pernicieux sentiment vous envahit. Aaaah, cette diffuse et horrible sensation d’avoir oublié quelque chose de très important à la maison, sans réussir à identifier l’item omis, bien sûr (ce ne serait pas drôle sinon)… Ça vous le fait à vous aussi? Bienvenue au club.

La plupart du temps, bien heureusement, on se rend compte après tout que l’on s’est fait du souci pour rien (et l’ulcère à l’estomac se résorbe un peu). Encore ce crétin de subconscient qui a fait du zèle et continué à envoyer le message « T’es sûr que tu n’as rien oublié? Sûr? Sûrsûrsûr? » alors qu’il aurait du changer de disque et embrayer sur quelque chose de plus relax (« I’ve gotta feeling that tonight’s gonna be a good good night » « Tonight’s the night »* par exemple). Mais parfois, on réalise bien plus tard que Cassandre a tapé dans le mille, et qu’on aurait mieux fait de l’écouter au lieu de balayer ses mises en gardes lancinantes d’un revers de main (ce qui demande déjà un bon entraînement… c’est pas mal intangible, le subconscient**).

Généralement, la première chose qui vient à l’esprit du festivalier après avoir traversé le grand moment de solitude qui le submerge quand il réalise qu’il a oublié d’imprimer son pass 3 jours/de prendre du liquide pour payer son sandwich/d’emporter son appareil photo/insérez votre plus beau failstival/est la chose suivante: la prochaine fois, je me fais une checklist pour suppléer aux défaillances de mon cerveau prématurément usé par des années de débauche débridée… Putain, c’est moche de vieillir.

Seulement, on sait tous que s’il était facile de tenir ses bonnes résolutions, le monde ne serait peuplé que de personnes minces, non fumeuses, en couple, ayant leur permis et parlant au minimum huit langues étrangères (l’enfer quoi). Bref, notre festivalier distrait se débrouillera comme il pourra pour se passer de ce qu’il a laissé dans ses pénates, finira par trouver sa mésaventure cocasse, rentrera chez lui et oubliera totalement de faire ce qu’il avait promis sous le coup de l’émotion. Quitte à se traiter de misérable demeuré quand il se retrouvera confronté à la même situation quelques festivals plus tard.

Heureusement pour tous les têtes en l’air mélomanes, il y a des exceptions à la règle, des gens sérieux qui mettent en pratique les engagements qu’ils se sont eux-mêmes fixés (c’est le moment où vous pouvez applaudir derrière votre écran). Voici donc une checklist de tous les objets incontournables que tout festivalier(e) digne de ce nom devrait avoir avec lui/elle dans ses péripéties estivales. Plus d’excuses.

*: Mon Dieu, j’ai failli faire de la pub pour The Black Eyed Peas – qui ça ? –  sur mon propre blog… Heureusement, Ol’ Neil était là.
**: Ne pas essayer de prendre la formule au pied de la lettre: vous vous mettriez des claques.
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JE PARS EN FESTIVAL : CHECKLIST

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Commençons par l’essentiel et l’indispensable. Puisque vous avez payé (cher) le droit de dégrader votre audition pendant une ou plusieurs journées, autant ne pas oublier le billet qui vous permettra de ne pas être refoulé à l’entrée. Sans lui, tout s’arrête avant même de commencer, plaçons le donc tout en haut de la liste.
Et comme il est toujours dommage de se présenter devant le scanman avec un bout de papier déchiré, tâché ou détrempé, on n’oublie pas de prendre aussi une pochette plastique pour parer aux mauvaises surprises.

□ Billet(s) d’entrée du festival (dans une pochette plastique).
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On continue avec une autre feuille qui vous sera très utile d’un point de vue organisationnel: le déroulé du festival, avec les horaires de passage de tous les artistes sur toutes les scènes.
La plupart du temps, on peut trouver ce document en format A4 à un endroit ou à un autre du site officiel. Au pire, vous êtes assez grand pour collecter toutes les infos nécessaires à la réalisation de votre propre idiot sheet, comme dirait Johnny Cash.
On complète avec un plan du festival, pour éviter d’errer comme une âme en peine à la recherche de la scène indie/la buvette/des toilettes/du stand merchandising pendant trois heures, on glisse le tout dans la pochette plastique et on s’autorise à s’auto-congratuler de son esprit pratique très supérieur à la normale*.

*: Beaucoup de festival distribuent (gratuitement ou pas) un livret rassemblant toutes les informations pratiques dont les visiteurs pourraient avoir besoin à l’entrée du site. Vous pouvez donc faire l’impasse sur les deux items cités ci-dessus avec une bonne chance de ne pas payer le prix de votre folie imprudence audace. C’est vous qui voyez. Je préfère assurer le coup.

Heures de passage des artistes/scènes et plan du festival

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Avec ça, vous avez la base. Il est temps de penser aux petits extras qui permettent de bonifier l’expérience festivalière.
Comme par exemple, une paire de bouchons d’oreilles, afin que ces dernières ne gardent que des bons souvenirs de l’évènement. Il s’agit typiquement du genre d’objet qu’on oublie dans le feu des préparations, donc j’espère que cette checklist permettra de sauver quelques tympans d’une dégradation précoce.
Ajoutons un appareil photo numérique (avec des piles suffisamment chargées, ainsi que des piles de rechange – on ne sait jamais), assez compact pour pouvoir être camouflé si besoin est, un carnet de notes, un stylo (toujours avoir de quoi écrire avec soi, velléités de chroniques musicales ou pas! C’est fou le nombre de choses dont on était sûr de se souvenir sur le coup que l’on oublie), un peu de liquide et une lampe torche (de poche: très utile pour s’ouvrir le chemin jusqu’à la tente ou jusqu’au parking après le dernier concert de la journée). Et votre portable aussi, évidemment (vous ne rêvez pas, je l’ai mis sur ma liste parce que je suis capable d’oublier mon GSM).
Si vous vous débrouillez bien, tout cet attirail tient dans une sacoche standard*, ergonomie appréciable quand on sait l’amour immodéré qu’ont les vigiles envers les sacs à dos.

*: S’il reste un peu de place, j’essaie de caser un paquet de chewing gum. Ça permet de se caler (un peu) quand on passe toute la journée, et donc les heures de repas, à tenir la barrière devant la grande scène. Et puis, ne pas avoir une haleine de poney mort peut avoir des conséquences positives dans les clubs de rencontre géants que deviennent les festivals une fois la nuit tombée. Bonus.

Bouchons d’oreilles  Appareil photo numérique avec piles de rechange Argent liquide

Carnet de notes et stylo  Mini lampe torche Portable Paquet de chewing gum

Si vous êtes malins, vous aurez remarqué qu’un objet manque à l’appel, et si vous êtes très malins, vous aurez compris pourquoi.

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Tiens, puisqu’on parle de sac à dos: il faut savoir que choisir le bon peut vous faire gagner du temps et du confort une fois sur place. Le truc est de privilégier les sacs « plats » par rapport aux sacs « rebondis », qui sont absolument galère à vider lors de la traditionnelle fouille à l’entrée. À l’inverse, les premiers permettent d’expédier cette formalité en deux coups d’œil (sous réserve que leur contenu ait été préalablement agencé de façon « lisible »).
Plus importants, les sacs plats évitent généralement de se faire chahuter dans tous les sens pendant les concerts où la fosse est taquine. Au contraire, les sacs rebondis sont un calvaire pour leurs porteurs lorsque l’heure du pogo a sonné (voir le très bon article de Solyluna sur les techniques de survie en fosse pour apprendre tous les trucs de vétéran qui vont bien), sans compter que leur forme particulière ne permet guère de se les caler facilement entre les jambes pour réduire la casse, à l’inverse des sacs plats.
Bref, vous l’aurez compris, quand je vais en festival, je déteste être accompagné par des gros sacs (aucun second degré dans cette phrase, vraiment).

Sac à dos (plat de préférence)

Travaux pratiques: quel sac choisiriez-vous pour aller en festival, sachant que la masse du soleil est égale à l’âge du capitaine?


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Évidemment, le corollaire de cette inclinaison pour la finesse est que vous ne pourrez pas emporter des tonnes des choses avec vous. Si vous aviez prévu de partir faire du trek sur les contreforts de l’Annapurna ou de mettre fin à la famine en Éthiopie sur le chemin du retour, c’est embêtant.
Sinon, rassurez vous, on peut tout de même faire tenir quelques incontournables dans ce type de sac: un K-Way (bien plié), des lunettes de soleil (avec étui ou sac, une vilaine rayure est si vite arrivée), une casquette/bob/couvre-chef qui permettra de limiter les risques en cas d’insolation en cas de canicule (et de garder la tête au sec s’il pleut modérément), une petite bouteille d’eau (jusqu’à 50 cl, plus gros ça aura tendance à coincer – n’oubliez pas vos bouchons de rechange! -), un petit encas (sandwich s’il le faut, viennoiseries, fruit) et même de quoi tuer le temps si besoin est (un livre de poche, des sudokus/mots fléchés)… et ça devrait suffire à votre bonheur, non? Ah, et un paquet de mouchoirs aussi. Très important. Ça sert toujours.
Et c’est parti comme en 40. Avouez qu’il aurait été dommage de sortir le 70L familial de l’armoire pour si peu.

K-Way  Lunettes de soleil (avec étui/sac de transport)  Casquette/Bob/Chapeau funky    
Bouteille d’eau (avec bouchons de rechange) Encas De quoi tuer le temps Mouchoirs

Et hop, done. Évidemment, les bouchons en rab’ ne vont pas dans le sac.

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Voilà, je crois que nous avons fait le tour de tout ce dont un festivalier pourrait avoir besoin une fois rendu sur place. N’hésitez pas à remplir un formulaire de réclamation si vous estimez qu’un objet absolument indispensable a été oublié dans la checklist (c’est à ça que sert la section commentaires).
Comme je suis gentil, on se quitte avec un gabarit PDF qui récapitule tout de façon claire, nette et précise. Il y a même des petites cases à cocher pour être sûr de ne rien avoir oublié. Ch’est ti pas meugnon.
 

Checklist Festival

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