Archives Mensuelles: novembre 2012

CONCRETE KNIVES @ LA MAROQUINERIE (14.11.2012)

Le mercredi 14 Novembre 2012 était un jour de sortie. Pendant que des hordes de jeunes filles en fleurs et leurs accompagnants (plus ou moins enthousiastes) célébraient en grande pompe la sortie du dernier film de la franchise Twilight en prenant d’assaut tous les cinémas de France et de Navarre, une petite troupe d’aficionados, compensant son écrasante infériorité numérique par une ferveur au moins égale à celle des furies sus-nommées, faisait patiemment le pied de grue devant l’entrée du 23 rue Boyer. Pas de soirée toile en compagnie de vampires emo et de lycanthropes swaggy en perspective pour cette cohorte parisienne, mais une release party attendue de longue date. La Bella que l’on évoque aux abords de la Maroquinerie n’est pas une belle américaine mais un label anglais, et s’il est également question de Révélation avec un -R majuscule, cette dernière relève du quatrième plutôt que du septième art. Entre le last hurrah cinématographique de Mr et Mme Cullen et le kick off de la tournée française de la quintette concrète que les anglais nous envient, il fallait trancher… au (et en faveur des) couteau(x).

Une fois dûment contrôlés (un peu) et tamponnés (beaucoup), nous, individus au goût musical des plus sûrs, nous engouffrâmes dans l’antre de la bête. Toujours aussi exigüe (et c’est comme ça et pour ça qu’on l’aime), la scène de la Maroquinerie accueille déjà les instruments du groupe invité pour faire la première partie, CORNFLAKES HEROES. Avec un nom pareil, il y avait fort à parier que ce combo, dont j’ignorais à peu près tout avant de venir, versait dans l’indie (pop ou rock, cela restait à définir) intégrale et plus qu’un peu désabusée*. Il faut dire que leur morceau le plus connu (et dont la rapide et distraite écoute sur Spotify dans les cinq minutes ayant précédé mon départ pour le concert constitue le seul élément justifiant le « à peu près » de la phrase précédente), Let Me Be Your Tamagotchi, m’avais laissé songeur quand à l’état d’esprit d’un type souhaitant se réincarner dans cet gadget électronique, se condamnant ainsi selon toute vraisemblance à l’agonie interminable qui fut le lot de tant de ces petites bestioles virtuelles, une fois que leurs propriétaires les eurent délaissé pour se consacrer à de plus saines occupations. Ce à quoi nous pousse l’amour, tout de même.

Le set débute par un Ecstatic Peace à la fois tranquille et touffu, assez proche dans l’esprit des chevauchées improbables d’un groupe avec lequel les Cornflakes partagent leurs initiales: Crazy Horse. On aime ou pas, ce fut en tout cas courageux de leur part de débuter par un morceau aussi « anti-pop » dans la forme. La suite, Road Sign, bien que dotée d’un pont pêchu que n’aurait pas renié Billy Corgan pendant les sessions de Mellon Collie, retomba lentement mais sûrement dans les affres du downtempo, pour s’achever en arpèges proto-folk. Hum (c’est le nom de l’album).

Itchy Cheeks, dédié par la bassiste à tous les mal-rasés du public, sembla amorcer un virage plus nerveux. Avec sa rythmique empruntée au Howlin For You des Black Keys, ce titre permit au groupe de faire un peu de blues-rock bien charpenté, même si les paroles évoquaient plus les passions interlopes du Velvet Underground (« I want you O master ») que les romances droites dans leur santiags du power duo de l’Ohio. De son côté, Sex On Channel 4 aurait facilement pu passer pour punk avec son chorus hurlé et son allure échevelée, n’eut été le manque de saturation des guitares et l’élégant détachement qui transparaissait ouvertement dans le chant de Thomas, co-frontman dandy. Preuve ayant été fournie que les Cornflakes Heroes pouvaient produire du gros son s’il leur en prenait la fantaisie, la question était maintenant de savoir sur quelles bases ils avaient envie de terminer leur partie.

Fidèles à l’éclectisme qui avait jusque là caractérisé leur set, les Avengers du petit-dej’ continuèrent à varier les plaisirs et les ambiances au fil de leur quatre derniers morceaux. Dans l’ordre, nous eûmes donc droit à un Trigger Dear qui confirma que toutes les ressemblances notables avec le groupe à la banane warholienne ne devaient rien au hasard, suivi d’un Lifeline rock-ska qui nous fut dédié par défaut, le fan hardcore des Cornflakes à qui le titre était habituellement adressé n’ayant pas pu se libérer cette fois-ci. In My Rags avait le riff, l’énergie et niaiserie nécessaire pour être catalogué pop, mais, comme pour Sex On Channel 4, l’ensemble sonnait plus comme un exercice de style réussi et un brin goguenard que comme une véritable profession de foi. Enfin, Let Me Be Your Tamagotchi, supplication romantico-geek aussi new wave (clavier mono-neuronal à la Da Da Da de Trio inclus dans le pack) qu’un morceau incluant de la trompette puisse l’être, vint terminer cette première partie de manière aussi surprenante que cette dernière avait commencé. Il s’agissait de creuser cette singulière affaire de Cornflakes une fois de retour de la Maroquinerie**, mais pour l’heure, il est temps de passer aux choses concrete.

*: Je crois bien que tous les cadeaux collectés dans les paquets de cornflakes que je me suis enfilé durant mon enfance ont fini à la poubelle dans des délais affreusement brefs. Enfin, c’est la première image qui m’est venue à l’esprit après avoir lu du groupe, d’où cet a priori légèrement neurasthénique.
**: Et avec six ans de carrière et déjà trois LP au compteur (Off With Your Heads en 2006, Dear Mr Painkillers en 2008 et Hum en 2011), il y a largement de quoi faire.

Setlist Cornflakes Heroes:

1)Ecstatic Peace 2)Road Sign 3)Itchy Cheeks 4)Sex On Channel 4 5)Trigger Dear 6)Lifeline 7)In My Rags 8)Let Me Be Your Tamagotchi 9)Devil (non jouée)

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Très concentrés sur leur concert à venir, les quatre mecs du groupe investissent la scène en compagnie du staff, installant et réglant leurs instruments en à peine plus de temps qu’il a fallu à Simon Raymonde pour se décider à les signer sur son label. Nicolas a manifestement résolu de ressusciter le bon goût légendaire des 80’s à lui tout seul et Adrien perdu ses chaussures en chemin: autant de signes prometteurs pour la suite du programme, où je ne m’y connais pas. De l’autre côté de la scène aussi, on s’agite : une poignée de fans plus enthousiastes que la moyenne se fraie un chemin jusqu’au premier rang, rollers en carton en main. Un coup d’œil à la setlist plus tard, les voilà rassurés: ils auront bien droit à leur morceau. Enfin, les derniers techniciens quittent l’estrade, les lumières s’éteignent, et un cri de guerre retentit depuis les coulisses, aussitôt repris et amplifié par une Maroquinerie des grands soirs, prête à lancer la tournée hexagonale des Normands (et assimilés) sur de bons rails. Qu’ils y viennent.

Et ils sont venus, et bienvenus. Comme sur Be Your Own King, tout commence avec le morceau-manifeste Bornholmer, qui caractérise si bien l’approche des CONCRETE KNIVES: une cavalcade pop exutoire et catchy, de l’euphorie pure en format 200 secondes. À peine plus sage que son prédécesseur, Happy Mondays possède ce je ne sais quoi mélancolique qui vient rappeler au public que la quintette a plus d’une corde à son arc, ou plutôt, plus d’une lame à son manche. Mais pour l’heure, il est temps de faire chauffer les cordes vocales de l’assistance, à grands renforts des chorus idéalement simples et génialement addictifs dont les CCKS ont le secret. L’enchaînement Greyhound Racing (« Nananananana ») – Wild Gun Man (« Wohoho-Woho-Wohoho ») appartient déjà à la légende, period.

Après ce début sur les chapeaux de roue, on temporise un peu. Wallpaper est là pour démontrer que même en midtempo, les Knives ne manquent pas de tranchant. Aha. Dans la même veine, Truth et ses quatre minutes chaloupées (une éternité pour un morceau du groupe) peuplés de chorus zarbis achève de libérer l’excès de pression accumulé au cours du quart d’heure précédent. Place au deuxième acte.
Interlude, premier instrumental de la soirée, effectue la jonction avec un Africanize chaudement accueilli par le public, visiblement content de récupérer un peu du soleil contenu dans ce riff de griot, avant que le très opportun Brand New Start ne vienne définitivement relancer la machine. Ralentir pour mieux accélérer, voilà une affaire qui marche, et qui roule même: Roller Boogie (enfin!) fera office de tour de chauffe avant que le collégial Youth Compass ne fasse trembler les murs. Ne reste plus qu’à soigner la sortie de piste, et comme les patins des CCKS n’ont pas de freins, la phase de décélération fut négociée tout en douceur via un Blessed lancinant à souhait. Mouchoirs. Rideau.

Mais bien évidemment, la soirée ne pouvait pas se terminer de manière aussi lacrymale. Le premier rappel fut l’occasion d’un hommage festif adressé à l’un des inspirateurs du son du groupe, en particulier au niveau des chorus neuneu: Ini Kamoze. Mais si, vous connaissez, même si vous n’avez jamais lu ce nom avant. Difficile en tout cas de ne pas faire de rapprochement entre le « Na na na na nah » du Here Comes The Hotstepperdu Jamaïcain et le refrain sensiblement identique du Greyhound Racing des Normands. Now you know.  Le Little Box qui suit voit Morgane partir à l’assaut de l’enceinte gauche de la scène, pendant que les garçons ferraillent ce rock pêchu sur le plancher des vaches. Puis tout le monde repart en coulisses, pas pour très longtemps heureusement. Comme aux Francofolies de la Rochelle en 2011, comme aux Solidays de cette année, tout se terminera par un deuxième et survolté Greyhound Racing, joué entièrement depuis la fosse par Morgane et Nicolas; Martin, Augustin, Guillaume et Alain (invité mystère de la soirée) couvrant les arrières de leurs chanteurs depuis la scène. Apothéose, nous t’attendions.

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Et c’est sur cet ultime tour de cynodrome que prit fin la soirée, laissant les deux partis présence ravis de cette heure et demie passée ensemble. Rendez-vous est déjà pris pour une nouvelle date parisienne l’année prochaine, au Trianon, rien de moins. Espérons que cette auguste salle réserve un accueil aussi chaleureux aux Concrete Knives que celui reçu au sous-sol de la rue Boyer. D’ici là, c’est une tournée hexagonale qui débute, et qui fera résonner les hymnes pop de la quintette caennaise aux quatre coins du pays. Ce Be Your Own King Tour, il faudra en être, ou regretter à jamais. No more kidding lads, no more…

Setlist Concrete Knives:

1)Bornholmer 2)Happy Mondays 3)Greyhound Racing 4)Wild Gun Man 5)Wallpaper 6)Truth 7)Interlude 8)Africanize 9)Brand New Start 10)Roller Boogie 11)Youth Compass 12)Blessed
Rappel 1:
13)Here Comes The Hotstepper (Ini Kamoze Cover) 14)Little Box
Rappel 2:
15)Greyhound Racing

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SUSANNE SUNDFØR @ LE POINT ÉPHÉMÈRE (10.11.2012)

En Norvégien, samedi se dit lørdag, ce qui signifie: « jour de lessive ». Partant, il était peu étonnant que les fameuses pluies de Novembre, immortalisées par un certain Mr Rose et ses Guns, s’invitent au décorum de la soirée à thème (nordique) organisée au Point Éphémère. Coïncidence? Je ne crois pas.
Sans pour autant se féliciter du climat froid, humide et détestable dans lequel s’est déroulé l’attente devant les portes de la salle, il était à propos de souligner les conditions exceptionnelles dans lesquelles l’unique date française de SUSANNE SUNDFØR, valkyrie songeuse à la voix de cristal, allait se dérouler: pour une artiste à laquelle l’étiquette du doom and gloom (rien à voir avec le dernier sursaut créatif en date des fossiles du rock) est si souvent accolée, il y avait quelque chose d’approprié à se produire dans un cadre aussi lugubre*. Le spleen, c’est bon et c’est de saison, écoutez-en.

*: J’adore le Point Éphémère (malgré son incapacité à orthographier correctement le nom des artistes scandinaves qui viennent s’y produire), mais force est de reconnaître que l’endroit évoque plus le squat bohème en déréliction que la retraite des Muses au sommet de l’Hélicon. Ajoutez des problèmes récurrents avec la préfecture et une forte population de SDF plus ou moins amicaux  aux abords du lieu, et vous comprendrez pourquoi il était opportun que la créatrice de The Brothel fasse escale ici.

Soirée à thème donc, puisque la première partie était assurée par une autre Norvégienne, la ravissante THEA HJELMELAND, qui semblait être une habituée des lieux. Multi-instrumentiste nomade ayant sorti son premier album Oh, The Third… plus tôt dans l’année, Thea nous venait aussi bien de Forde que de Cuba, du jazz que du hip-hop (pas forcément dans cet ordre). Un cocktail détonnant d’influences multiples, mises au service d’un folk à la fois intimiste et déluré, mais toujours classieux, comme quelques écoutes de l’opus en question (sur lequel l’incontournable Bernhoft a filé un coup de main et de voix, élément très favorable à verser au dossier) vous en convaincront rapidement.

Débarquée sur les planches du Point FMR avec armes, bagages, guitare, mandoline, banjo et ukulélé, resplendissante dans sa robe pailletée, Miss Hjelmeland a débuté son set par quelques morceaux joués en arpèges sur les manches de ses multiples instruments, canevas minimaliste sur lequel Thea broda à loisir d’incroyables motifs. Car, mazette, quelle voix! Difficile de décrire l’étendue des possibilités vocales de cette sirène du grand Nord avec mes pauvres mots tout muets, mais les exercices de haute-voltige auxquels l’ex-choriste de Lars Vaular* s’est prêtée étaient largement au niveau des vocalises psychédéliques de The Great Gig In The Sky, pour recentrer notre propos sur un exemple bien connu. Pour ceux et celles qui ont un jour essayés d’accompagner Clare Torry dans ses loopings soniques (et ils sont nombreux je pense – moi le premier – même si le résultat n’a pas du être très probant), imaginez réitérer cette performance en position assise et en jouant de la mandoline, et vous aurez une idée du respect que je porte désormais à Thea Hjelmeland en tant qu’interprète.

Le moment fort du set fut indubitablement la version participative (comprendre que Thea invita le public à l’accompagner sur le refrain avant de commencer le morceau) de It’s Too Late, étendue bien au delà de ses 4’45 » réglementaires par une Hjelmeland très inspirée, soutenue par un banjo plus folk que blue-grass. S’en suivit un Ladies aux petits oignons (et au ukulélé) ainsi qu’un Perfume dans la droite ligne du Midnight Blues de Liz Green, ultime escapade dans la discographie officielle de cette artiste prometteuse, qui finit sa partie avec deux unreleased comme on dit en anglais (ne me demandez pas comment ça se dit en norvégien), The Well et Reven. Il ne tient qu’à vous d’accélérer la mise en disponibilité de ces titres en votant pour la bonne personne sur cette page. À bon entendeur…

*: Comment, vous ne connaissez pas le Joey Starr viking, le Booba arctique, le Kerry James de Bergen? Mais comment se fait-ce? Sachez, pauvres béotiens, que nous parlons du rappeur le plus connu de Norvège, rien de moins. Cessez de ricaner, c’est également le cousin de Sondre Lerche. Comment, vous ne le connaissez pas non plus?

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Setlist Thea Hjelmeland:1)Age 2)Make Believe 3)Define 4)It’s Too Late 5)Ladies 6)Perfume 7)The Well 8)Reven

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« From Rhodes, Rhodes, Rhodes/From the ashes of Rhodes/Come back… » (air connu)

Thea partie, le staff du Point s’activa à l’installation de la star de la soirée, j’ai nommé l’emblématique clavier Rhodes que l’on retrouve sur une bonne partie des titres de Susanne, The Brothel en tête. La belle ayant choisi de voyager léger pour sa tournée européenne (un choix raisonnable compte tenu de son relatif anonymat à l’international, mais qui a du frustrer plus d’un fan étranger familier du faste des concerts norvégiens de Sundfør), quitte à ne prendre qu’un seul instrument pour faciliter le transport, autant choisir celui-ci. Un « petit » piano à queue de complément aurait sans doute été le bienvenu pour varier les plaisirs et les sonorités au cours du set, mais la salle n’en possédant pas en réserve, le régime musical de ce soir fut donc strictement limité aux vibratos éthérés du synthétiseur fétiche de Susanne Sundfør, enrichis par une foultitude de pédales amenés, aux dires de cette dernière, principalement parce qu’elles avaient l’air cool (blague).

L’imposante machine en place, voilà le taciturne roadie de Susanne qui revient avec dans les mains un fardeau bien plus léger mais tout aussi important au bon déroulé de la soirée: la setlist. Et là, divine surprise, j’aperçois sur le papier blanc les sept lettres que j’avais secrètement espéré lire depuis ce premier concert il y a presque un an de celà: O Master. Pour la faire courte, il s’agit du morceau qui m’a fait découvrir et adorer la musique de Sundfør, quand elle n’était encore à mes oreilles qu’une jeune auteur-compositeur-interprète scandinave dont Francis Zegut s’efforçait (en vain) de prononcer correctement le nom au cours de ses émissions nocturnes. Sauf imprévu de dernière minute, c’est une partie de ma boucle sundførienne qui devait donc être bouclée dans les prochaines minutes, et rien que pour ça, ça valait amplement le coup de venir. Tusen hjertelig takk, Susanne.

Et enfin arrive le moment tant attendu, espéré et fantasmé depuis le 24 Septembre dernier: Susanne surgit des coulisses et s’installe devant son noir pupitre, derrière lequel elle disparaît presque totalement (du point de vue des premiers rangs tout du moins). Après les quelques applaudissements de bienvenue de rigueur, un silence religieux tombe dans la salle, et la première touche effleurée libère la première note du premier morceau de ce récital parisien. Le temps suspend son vol sur le canal St Martin.

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Tout commence par une berceuse (Lullaby), introduite après un prologue atmosphérique et déroutant duquel émerge petit à petit le thème principal du morceau. Issu de The Brothel, ce titre présente la redoutable spécificité de reposer en grande partie sur une progression de synthétiseur d’une complexité toute baba o’rileyenne, impossible à reproduire en live, à plus forte raison lors d’un concert en solo. L’écueil sera contourné par de nouvelles « expérimentations » musicales de Sundfør, qui permettront au morceau d’atterrir sans heurts, même si la grâce onirique de la version studio ne sera pas émulée au cours de l’opération.

Directement greffé aux dernières mesures de Lullaby, When, valse lente faite d’amour et de neige, marcha sensiblement dans les traces de son aîné. Joué adagio, soit sensiblement plus lentement que sur l’album (un parti pris étendu à tous les morceaux joués au cours du set), et introduite par des chemins détournés, cette ballade romantique et funèbre fit forte impression sur un Point Éphémère religieusement à l’écoute. S’ensuivit un Turkish Delight à peine plus enjoué (et pourtant, il s’agissait probablement de la chanson la plus « légère » du concert), avant que Susanne n’attaque le terrible O Master, perle d’une noirceur absolue dans laquelle se reflètent les silhouettes de corbeaux et de chats sans yeux, nourris des os fendus des poupées ayant eu le malheur de déplaire au maître. Ambiance.

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Avant de poursuivre plus avant, Susanne prit le temps de discuter avec le public, réussissant du même coup à alléger un peu l’atmosphère, apprendre un nouveau mot de français et se faire offrir un verre de « vin de rouge ». Pas mal du tout pour une artiste souvent attaquée pour son apparente froideur sur scène.

La suite (et fin) du set fut largement consacrée à des morceaux plus récents (Rome, White Foxes et The Silicone Veil, tous tirés de l’album éponyme distribué en France depuis début Octobre), à l’exception d’un Torn To Pieces tout droit sorti du premier effort de Sundfør, et qui aurait sans doute gagné à être complété par le Day Of The Titans avec lequel il forme une sorte de diptyque naturel sur le CD. Dommage.

Dommage aussi, et c’est bien plus regrettable, que Susanne ait finalement choisi de ne pas jouer l’inédit Trust Me qui pourtant figurait sur la setlist (merci au spectateur du show de Köln qui a eu la bonne idée d’immortaliser ce work in progress plus tôt dans la semaine). Mais bon, le seul fait de savoir que la native de Haugesund est d’ores et déjà en train de travailler sur de nouveaux morceaux suffit à mon bonheur. Winter is coming, new songs too. Kul.

Après nous avoir remercié d’être venus, et nous avoir demandé ce que nous comptions faire après le concert  (si c’était une invitation déguisée à une virée parisienne, personne n’a osé saisir sa chance), Susanne fit mine de partir, avant de revenir conclure la soirée par l’incontournable The Brothel, chef d’œuvre désespéré au potentiel lacrymal encore renforcé par la certitude qu’après ce morceau, c’en serait définitivement fini. Mais, comme Susanne le chante, seuls vivent vraiment ceux qui peuvent mourir, et ça vaut aussi pour les concerts. Carpe Noctem.

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Et c’est ainsi que se termina le passage de Susanne Sundfør au Point Éphémère, laissant dans son sillage ce mélange de joie et déception qui est la marque des évènements espérés plus que de raison. Pouvant sans doute prétendre au qualificatif de fan hardcore de la sirène de Norvège, je suis sorti de la salle avec des étoiles dans les yeux et dans la tête, sans douter un instant que mon sentiment ne puisse pas être partagé par le reste du public. Avec le recul, j’en suis toutefois venu à réaliser qu’il y avait pourtant de nombreuses sources potentielles de déception pour les spectateurs moins avertis/partiaux/enthousiastes que moi. Sonorisation parfois limite, set assez court (neuf titres), artiste peu communicative, « bidouillages » expérimentaux avec les pédales du Rhodes, public très (trop?) discret*… Pour qui escomptait assister à un concert aussi impressionnant que ceux dont les extraits sont visionnables sur le net (celui de la release party de The Silicone Veil au Parkteatret par exemple, ou la session jouée pour la radio suédoise P3), ou imaginait retrouver les luxuriants arrangements des albums en live, la désillusion a pu être grande.
J’aurais évidemment préféré moi aussi que Susanne emmène avec elle toute sa fine équipe de musiciens dans sa tournée continentale, mais, outre le fait que la plupart de ces derniers est engagée dans des projets musicaux parallèles (et donc passablement occupés), le coût de l’opération aurait sans doute été disproportionné au regard de la notoriété limitée de Sundfør en dehors de Scandinavie.

Pour ma part, je préfère voir ce concert, aussi minimaliste fut-il, comme un cadeau offert par Susanne à ses fans européens, sentiment renforcé par l’absence de stand de merchandising et la diversité de la setlist (quatre morceaux de The Brothel, quatre de The Silicone Veil et un de Susanne Sundfør): de toute évidence, Sundfør n’est pas venue au Point Éphémère pour vendre son nouvel album (d’ailleurs, elle n’a a aucun moment évoqué le fait qu’elle venait de sortir un nouveau LP au cours du show). Et cependant, elle est tout de même venue « all the way from Norway » (dixit herself) pour se produire dans une petite salle parisienne. Venant d’une artiste qui pourrait se contenter de vivre de sa seule aura nationale (deux prix Spellemann à son actif, une critique dithyrambique, un succès commercial qui ne se dément pas et des concerts programmés dans les salles les plus prestigieuses du pays – dont un passage par l’Opéra d’Oslo avec les TrondheimSolistene en Décembre prochain -), le geste est, à mes yeux du moins, hautement symbolique.
Merci donc Susanne pour cette soirée trop vite passée, et à une de ces nuits froides, terribles et belles que tu chantes si bien.

*: Je pense tout de même que Susanne Sundfør préfère que son public soit trop calme (comprendre, attentif) que trop bruyant. Elle a ainsi suggéré aux bavards qui étaient venus la voir se produire à Kongsberg en Octobre de – je cite – : « gå hjem og spis bæsj » (traduction littérale: rentre chez toi et mange de la m….). 

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Setlist Susanne Sundfør:

1)Lullaby 2)When 3)Turkish Delight 4)O Master 5)Torn To Pieces 6)The Silicone Veil 7)Trust Me (pas jouée, malheureusement) 8)Rome 9)White Foxes

Rappel:
10)The Brothel

BAND OF HORSES @ LE TRIANON (05.11.2012)

C‘est dans le superbe écrin du Trianon de Paris que les broncos de Seattle avaient donné rendez-vous à leurs fans français pour leur unique date dans la métropole. Après avoir fait trembler la Maroquinerie, la Flèche d’Or et la Cigale, la bande à Bridwell faisait donc halte dans cette belle et grande salle pour présenter son dernier bébé, Mirage Rock, dans le cadre d’une tournée européenne débutée la veille à Milan. Chevaux sur scène et grenouilles dans l’orchestre, retour sur une soirée animale.
La première partie de la soirée vit les cinq garçons de GOLDHEART ASSEMBLY défendre leurs couleurs devant un public attentif et (au moins) une fan acharnée, qui révéla sa présence en osant réclamer une chanson aux deux frontmen du groupe, lesquels invitèrent la demoiselle à quitter la salle. Non mais, c’est vrai ça, la foule qui (tente d’) impose(r) ses quatre volontés aux artistes, c’est so 70’s! Tu t’es crue à un concert des Doors poulette ou quoi?
Évidemment, second degré british oblige, l’injonction de James et John, respectivement bassiste et guitariste de l’assemblée des cœurs d’or, était à prendre au second degré, et le set se poursuivit dans la joie, la bonne humeur et les petites blagues de rigueur entre les morceaux. Petits fripons.

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Franchement desservis par une sonorisation excessive (être obligé de mettre ses earplugs après la fin du premier titre alors qu’on est assis au deuxième balcon, c’est la loose), qui a transformé les nombreux « aaaah » des chorus en attaques soniques de première catégorie, les GHA s’en sont toutefois sortis de manière honorable. Fortement influencés par la britpop des 60’s, perceptible à la fois sur le plan musical (les harmonies vocales, tout à fait beatlesques) et physique (leur guitariste lead semblant tout droit sorti d’un concours de sosie de Keith Relf et/ou Brian Jones*), le combo londonien vit et joue tout de même à son époque: l’indie-rock était également de sortie pendant cette demi-heure introductive, ce qui n’a évidemment pas déplu au public. À noter que James Dale a une tessiture très proche de celle de Nathan Nicholson (The Boxer Rebellion), ce que ne gâche rien.

Sans être aussi révolutionnaires que leurs modèles coupe-au-bol (en même temps, la barre était fixée très haute) les Goldheart Assembly ont fait étalage d’un sens mélodique et d’une inventivité très prometteurs, sans que je puisse malheureusement vous conseiller d’écouter tel ou tel morceau pour étayer mes dires, la setlist étant un peu trop loin pour que je fasse les recoupements nécessaires. Vous pouvez toujours jeter une oreille sur King Of Rome pour vous faire une idée de l’univers musical du groupe. Leur nouvel album étant sur le point de sortir, gageons que cette sympathique quintette devrait revenir par chez nous dans un futur pas trop lointain.

*: Ne saute jamais dans la piscine de l’hôtel avec une guitare non mise à la terre Kyle, ça pourrait mal se terminer.

Pendant l’entracte de rigueur, les roadies de BAND OF HORSES, tous aussi pileux que les membres du groupe, s’activèrent à faire place nette sur la scène. La batterie de Creighton au fond, les claviers de Ryan à gauche, une pedal steel (qu’il n’utilisera même pas en plus) pour Ben au milieu, et roulez jeunesse.

Voilà la joyeuse bande de potes qui débarque sur scène et débute un set long (22 morceaux) et varié, pas vraiment centré sur leur dernière galette (5 titres tout de même, soit autant que Infinite Arms mais un de moins que Cease To Begin) et au cours duquel tous leurs classiques seront livrés en pâture à un public enthousiaste mais pas chaud bouillant non plus, abstraction faite des deux bûcherons barbus du deuxième rang qui passeront la totalité du concert à sauter partout. Il en faut!

Visiblement contents d’être là et toujours aussi complices entre eux (surtout Ben et Ryan, qui s’enverront moultes œillades entendues au cours du show), les BOH gratifièrent en sus le Trianon de deux reprises: Ain’t No Good To Cry de The Hour Glass pendant le tour de chauffe, et Don’t You Take It Too Bad de Townes Zandt dans la dernière ligne droite avant le rappel. Pour m’être rencardé sur leurs précédentes setlists (et oui, on travaille quand même – un peu – en aval), j’avais secrètement espéré qu’ils jouent plutôt le Powderfinger de Neil Young, comme ils l’avaient fait au cours de leurs deux précédentes prestations. Ce ne fut pas pour cette fois, tant pis, c’était bien quand même. Le groupe faisant l’effort de remanier radicalement, si ce n’est la composition, au moins l’ordre de sa setlist chaque soir, il serait tout de même gonflé de leur reprocher cet « oubli ». Cette approche généreuse a toutefois les défauts de ses qualités, certaines silver bullets (Is There A Ghost et Islands On The Coast) ayant été à mon sens tirées trop tôt dans le set, alors qu’elles auraient pu avantageusement se greffer à un bouquet final réduit à sa plus simple expression (Ode To LRC et, bien sûr, The Funeral). Comment ça, je ne suis jamais content?

Qui dit concert de Band Of Horses dit évidemment utilisation immodérée du vidéo-projecteur. Rien de bien transcendant de ce côté là, ni de très neuf non plus, les fans présents au show de la Cigale ayant pu retrouver les mêmes images que celles utilisées à cette occasion. Le même lac pour The Great Salt Lake, la lune tourbillonnante pour Is There A Ghost, le ciel nocturne pendant No One’s Gonna Love You… Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec une présentation PowerPoint (assez basique je dois dire), chaque morceau ayant son slide attitré. Le groupe a toutefois mis à profit son excursion à Montmartre plus tôt dans la journée pour enrichir leur catalogue d’une vue d’ensemble (brumeuse) de la capitale, vraisemblablement prise devant le Sacré Cœur. Sympa.

Soirée diapos au Trianon… Heureusement, la BO des BOH est de qualité.

Après une première sortie de scène bruyamment contestée par le public, le rappel permit à notre bande d’équidés de conclure leur concert par une ultime rétrospective de leur répertoire. Quatre chansons tirées de leurs quatre albums, dont l’incontournable The General Specific, au cours de laquelle le plus barbus des roadies du groupe vint prêter guitare-forte à ses employeurs, offrant même une épaule secourable à la tête de Tyler Ramsey. Tu parles d’une sinécure.

Et c’est sur cette ultime image de franche camaraderie que le show se referma. Merci les gars, prenez soin de vous et n’hésitez pas à revenir nous voir: il y encore des tas de salles parisiennes dans lesquelles vous n’avez pas joué.

Setlist Band Of Horses:

1)For Annabelle 2)Electric Music 3)Ain’t No Good To Cry (The Hour Glass cover) 4)The Great Salt Lake 5)Is There A Ghost 6)Weed Party 7)Islands On The Coast 8)On My Way Back Home 9)Cigarettes, Wedding Bands 10)Everything’s Gonna Be Undone 11)Laredo 12)Older 13)Slow Cruel Hands Of Time 14)No One’s Gonna Love You 15)Don’t You Take It Too Bad (Townes Van Zandt cover) 16)Knock Knock 17)Ode To LRC 18)The Funeral

Rappel:
19)Heartbreak On The 101 20)The First Song 21)Infinite Arms 22)The General Specific

RIVAL SONS @ LE NOUVEAU CASINO (29.10.2012)

Une fois n’est pas coutume, c’est sans avoir le moins du monde potassé mon sujet que je me suis rendu au Nouveau Casino (eh oui, encore) pour assister au concert des RIVAL SONS, un groupe découvert, comme tant d’autres avant lui, via l’émission Pop-Rock Station de Francis Zegut. Originaire de Los Angeles, ce quatuor flamboyant avait bien trop d’arguments à faire valoir pour que je puisse me résoudre à rater son passage dans la capitale. Pour la faire courte, la musique de Buchanan, Holiday, Everhart et Miley est un monumental doigt d’honneur adressé à tous les aigris se désolant à longueur de journée de la supposée mort du rock. Rallié à leur bannière sur la seule foi d’un Keep On Swinging matraqué sur les ondes par Mr Z depuis quelques semaines, et sans avoir pris le temps d’explorer comme il se doit le reste de leur discographie, c’est donc en amateur éclairé plutôt qu’en fan expérimenté que j’ai pris place dans la file ce soir du 29 Octobre. Il faut savoir prendre des risques (calculés) de temps en temps.

Look mama, frogs on fire!

Une fois placé (et très bien placé… j’ai bien fait de venir assez tôt), il fut temps de s’intéresser à la première partie à venir, un groupe dont le nom me disait vaguement quelque chose: BLACKFEET REVOLUTION. Une batterie et une guitare sur scène, et rien de plus. Ça sentait le gros blues-rock qui tâche, cette affaire. Tant mieux.
Surgissant des coulisses avec un entrain faisant plaisir à voir, les deux compères se mirent au travail sans attendre, confirmant immédiatement l’intuition fulgurante et géniale de votre dévoué scribe en moins de temps qu’il en faut pour écrire Charrette (le nom du premier morceau). Riffs de gratte, batterie pachydermique, voix puissantes: les bases sont là, pas besoin de plus pour que la magie opère. Idéologiquement parlant, la révolution pied noir se réclame aussi bien des grands anciens que sont Ram Jam ou Bachman Turner Overdrive que des plus contemporains (feu) White Stripes et Black Keys. Le blanc et le noir, la guitare et la batterie, le blues et le rock… Merveilleuse histoire binaire.
La suite du set ne viendra pas gâcher ce début prometteur, les compositions nerveuses et imparables se succédant avec bonheur jusqu’à ce que toute la salle secoue la tête en cadence sur le Little Suzie qui vint conclure une prestation courte (six titres) mais intense et sans fausse note ni temps mort. Ce fut plus qu’une révolution, ce fut (pour ma part) une révélation, et la preuve par deux que nos petits Froggies (on fire) sont tout à fait capables de faire autre chose que de la pop ou de l’electro avec classe et maîtrise. Comme aurait pu dire Jon Landau s’il avait été des nôtres ce soir, j’ai vu le futur du rock français… et ça fait du bien. Blackfeet Boys, vous avez un nouveau fan.

Setlist Blackfeet Revolution:

1)Charrette 2)Blackfeet Boy 3)Frogs On Fire 4)Liar 5)Mitraillette 6)Little Suzie 

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La suite s’annonça sous les auspices les plus prometteurs. Un plein rack de grattes en backstage, des gobelets porte-bouteilles scotchés sur le caisson servant de table basse au batteur (earplugs fortement conseillés) et pas moins de deux jeux de pédales complets pour le seul Scott Holiday. Ça doit être ça que l’on appelle le rêve américain. N’en jetez plus.

Cette impression bigger than life se prolongea lorsque les quatre fils rivaux montèrent sur scène. Whoah, ces types là sont des rock stars, et ils veulent que le reste du monde le sachent. Avec leurs T-shirts imprimés, pantalons slim rayés, foulards, chaussures pointues et cheveux au vent, Buchanan et Holiday semblaient débarquer tout droit des glorieuses 70’s. Shiny shiny boys! Plus sobres dans leurs choix vestimentaires, mais tout aussi imposants dans leur style, Robin Everhart et Mike Miley complétaient ce casting de tout premier ordre. Branchez les guitares.

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⅓ Plant, ⅓ Morrisson, ⅓ Hutchence: le Buchanan est un cocktail qui a de la (belle) gueule

Pantalon bicolore, veste à galons et bague bottleneck. T’as le look Scott!

Les gars eurent l’amabilité de commencer par l’un des seuls morceaux de leur répertoire connu de ma personne, le Keep On Swinging mentionné plus haut, et pendant l’exécution duquel Jay donna probablement envie à toutes les filles du public de se réincarner en tambourin. Sacré coquin va. Pour m’être rencardé à l’avance sur les setlists de la tournée européenne (qui s’achevait ce soir par cette petite virée parisienne), j’ai ensuite reconnu Burn Down Los Angeles et Gipsy Heart, deux autres titres musclés pour un kick-off franc du collier.

Passé ce stade, ma très insuffisante maîtrise de la discographie du groupe m’a empêché de m’enthousiasmer autant que mes voisins, forcément plus avertis, sur la suite des réjouissances. Non pas que le niveau de la prestation ait baissé, bien au contraire, mais aucun morceau ne s’est franchement démarqué des autres (à mon sens) au cours de l’heure et demie de blues rock qu’a duré le show.
Pour ma part, je n’aurais pas dit non à un petit True (l’autre morceau que je connaissais) en rappel, histoire de varier les plaisirs et de permettre à Buchanan de s’illustrer sur cette sublime balade tout à fait jeffbucklesque dans l’esprit et les arrangements. Ce ne fut pas pour cette fois, tant pis. Ils reviendront bien un jour nous la faire.

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Au final, ce fut encore une très belle soirée passée au Nouveau Casino, qui aurait sans doute été encore meilleure si j’avais pris le temps de jeter une oreille sur les trois albums des Rivals Sons avant de venir. Quel flemmard je fais, tout de même. En attendant qu’ils repassent par chez nous (en mars 2013, d’après quelques bruits de couloirs), il me tarde d’avoir des nouvelles des Blackfeet Revolution, vraie belle découverte de la soirée, et qui eux devraient rester dans les parages durant l’hiver (avec quelques concerts à la clé, croisons les doigts). Long live rock, mozzerføkkers!

Setlist Rival Sons:

1)Keep On Swinging 2)Burn Down Los Angeles 3)Gipsy Heart 4)Manifest Destiny, Part 1 5)You Want To 6)Until The Sun Comes 7)Memphis Sun 8)Wild Animal 9)Jordan 10)Run From Revelation 11)All Over The Road 12)Young Love 13)All The Way 14)Face Of Light 15)Torture
Rappel:
16)Pressure And Time 17)Soul 18)Get What’s Coming

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