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FRIGHTENED RABBIT @ LE POINT ÉPHÉMÈRE (20.11.2013)

Winter is coming. Rien de tel qu’une soirée pluvieuse de Novembre sur les bords du canal St Martin pour s’en convaincre. Sur les pavés luisants d’humidité, à peine protégée par l’auvent de la terrasse-bar, une petite queue de mélomanes attendait avec résignation que sonnent vingt heures pour pouvoir enfin échapper au glauque ambiant. À l’intérieur, lumière, chaleur et musique live, soit le cocktail idéal pour repousser la bouffée de sinistrose menaçant d’engloutir ce dernier jour de Brumaire*, étaient proposées en généreuses quantités. Juste ce qu’il fallait pour prolonger d’une nuit l’euphorie collective consécutive à l’obtention d’un permis d’aller se faire humilier au Brésil en Juin prochain. Un bonheur par jour, ça c’est du régime.

*: À un mois près, j’aurais pu me fendre d’une belle assonnace républicaine en -ose (Nivôse débutant, comme chacun sait, le 21 Décembre). Ah, destin cruel…

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Touch My Soul/Taste My Solo

En guise d’apéritif, THE BURNIN’ JACKS prouvèrent à nouveau que l’on pouvait compter sur eux pour mettre une salle en condition en première partie d’un groupe écossais (série en cours). Après une prestation sauvage à l’International en Septembre en ouverture des Three Blind Wolves, la quintette hard/glam/blues rock parisienne revenait faire résonner ses hymnes païens dans les chastes oreilles de Marie-Adélaïde et ses coreligionnaires ayant fait le mur. La disposition des lieux conduisit la joyeuse bande à livrer un set moins brut que celui asséné rue Moret quelques semaines plus tôt, le longiligne frontman Syd Alexander Polania ne quittant cette fois pas l’estrade pour plonger dans la foule en délire comme il l’avait fait en sa folle jeunesse d’il y a deux mois (il faut le comprendre: risquer un faceplant sur un sol en béton depuis une hauteur de trois mètres cinquante suite à une tentative de slam mal négociée, ça inciterait n’importe qui à la prudence*). Cette légère retenue fut toutefois amplement compensée par un son bien meilleur que celui de l’International (comprendre: les choeurs étaient audibles), ce qui permit de vérifier de manière irréfutable que les gars en avaient dans les doigts et sous le capot. Capables de composer aussi bien des chevauchées stoners (Touch My Soul, Cheap Blonde) que des pépites pub rock (Bad Reputation, Molly) ou du R’n’B sixties que n’auraient pas renié les Stones – comparaison d’autant plus évidente qu’Alexandre  Richter, guitariste rythmique de son état, avait décidé de se la jouer comme Richards tout le long du set – quand ils roulaient encore correctement (My Baby’s Straight et surtout The Reason Why). Pour un peu, ils seraient capables de faire de la country, et de reprendre le Folsom Prison Blues de Johnny Cash. Oh wait.

*: Sauf peut-être Ozzie. Mais tout le monde sait qu’Ozzie est un toon déguisé (comme le juge de Qui Veut La Peau De Roger Rabbit – spoiler! -), et qu’il ne peut pas vraiment se faire mal.

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En une demi-heure énergique pour huits titres envoyés en salle (on peut saluer la cadence d’abattage), les Burnin’ Jacks confortèrent avec brio leur statut de futures figures de proue de la scène rock hexagonale. Laissons encore quelques semaines aux médias spécialisés pour prendre la mesure de ces gaillards, dont vous entendrez forcément parler ailleurs que sur ce modeste blog dans un futur proche. Il n’y a plus qu’à espérer que le groupe négocie ce passage programmé et mérité sous les feux de la rampe de manière plus probante que la majorité de leurs confrères et soeurs de la nouvelle scène française. De grâce, épargnez-nous la mauvaise ironie que constituerait, avec un nom comme le vôtre, une trajectoire de chandelle romaine. Ne pas faire long feu quand on s’appelle The Burnin’ Jacks, voilà qui serait pour le moins fâcheux.

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Setlist The Burnin’ Jacks:

1)Touch My Soul 2)Don’t Stop Till You Go Insane 3)Can’t Find My Way 4)My Baby’s Straight 5)The Reason Why 6)Molly 7)Bad Reputation 8)Cheap Blonde 

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Si tant est que l’on croyait aux coïncidences, alors il n’y avait pas à chercher bien loin pour marquer la suite de la soirée du sceau des évènements spéciaux. Qu’on en juge: non seulement l’intégralité des goodies proposés aux curieux sur le petit stand monté à droite de la scène étaient estampillés FR (sans doute un signe de l’amour porté par le groupe à ses fans français – dont c’était la seule occasion d’assister à un concert de leurs idoles dans l’Hexagone dans le cadre de cette tournée – plutôt qu’une simple évocation des initiales de ce dernier, comme les esprits chagrins ne manqueront pas de le faire remarquer), mais en plus la date du concert coïncidait avec l’anniversaire du leader de FRIGHTENED RABBIT, Scott Hutchison. Son pantalon s’en souvient encore*.

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On pouvait certes regretter le manque de reconnaissance du groupe de Mr Hutchison dans notre beau pays, désintérêt général contrastant fortement avec la belle notoriété indie de la quintette de l’autre côté de la Manche, et particulièrement dans leur Ecosse natale (le dernier album en date de la formation, Pedestrian Verse, vient juste d’être élu album de l’année par l’influent blog The Pop Cop – comme quoi, il y a des avantages à publier des live reports un moins après le concert qu’ils chroniquent – ), mais le plaisir égoïste d’assister à la prestation intimiste d’un groupe désormais plus habitué à tourner dans des grandes salles (juste avant de remplir péniblement le Point Ephémère – 300 personnes -, Frightened Rabbit avait joué deux soirs de suite dans l’O2 Arena de Glasgow – 2500 personnes, soit l’équivalent de notre Grand Rex – ) compensa largement cette triste injustice.

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Question existentielle: pourquoi Grant Hutchison s’est-il fait tatouer la formule du dichlorométhane sur le bras gauche? Ahaaaa…

Après une interminable balance, qui vit les roadies vérifier chaque micro avec un zèle admirable, même si fortement chronophage, les cinq Calédoniens prirent possession de la scène pour  un show de une heure et demi parfaitement rôdé, passant en revue en une vingtaine de morceaux la discographie du groupe. On put heureusement compter sur un Scott Hutchison enjoué et volubile** pour donner du relief à une prestation autrement assez impersonnelle (il faudra que j’arrête d’aller sur setlist.fm avant chaque concert, je me fais du mal), mais du reste tout à fait satisfaisante, en particulier pour une première expérience live (mon cas, précisément). Efficaces mais guère bavards, les quatre acolytes du frontman de Frightened Rabbit contribuèrent sensiblement à cette impression de pilotage automatique, peu aidés il faut le dire par l’étroitesse de la scène du Pont Ephémère, qui contraignit le pauvre Andy Monaghan à accomplir son office caché derrière une colonne de béton pendant les trois quart du show. Big rabbit, small stage.

*: Ou pourquoi il faut faire attention à ne pas se tacher n’importe où quand on mange son gâteau d’anniversaire, surtout si les traces laissées par ce dernier sont blanchâtres.

**: Difficile de croire que ce grand bonhomme au charisme tranquille et à la blague facile était il y a quelques années le timide quasi-pathologique d’après lequel le groupe gagna son nom (Mme Hutchinson qualifiant son rejeton de « Lapin Effrayé »). C’était l’indispensable minute anecdote de notre chronique.

Setlist Frightened Rabbit:

1)Holy 2)Modern Leper 3)Nothing Like You 4)Dead Now 5)Old Old Fashioned 6)December’s Traditions 7)Music Now 8)The Wrestle 9)Fast Blood 10)State Hospital 11)Head Rolls Off 12)Nitrous Gas 13)Poke 14)My Backwards Walk 15)The Oil Slick 16)Acts Of Man

Rappel:

17)The Woodpile 18)Keep Yourself Warm 19)The Loneliness And The Scream

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Voilà qui termine (pour ma part) cette année 2013 en matière de concerts. Je m’excuse d’avoir mis si longtemps à terminer cette chronique (le froid ralentit l’organisme, c’est bien connu), et espère que chacun a trouvé son compte d’artistes à suivre et de morceaux à écouter en boucle au cours de ces douze derniers mois. Rendez-vous en 2014 pour de nouvelles aventures soniques, et d’ici là, bonnes fêtes à tous!

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K.W.A.S.S.A.: LA NOUVELLE SCÈNE ÉCOSSAISE

De toutes les discussions que j’ai pu avoir concernant l’Écosse au cours de ma vie, je dois avouer que pratiquement aucune n’a porté sur la musique produite par les sujets de Mary Stuart (cornemuses mises à part – qui pourrait s’empêcher de parler de cornemuses dès que l’occasion se présente? – ). L’Écosse, pays du whisky, du kilt, du haggis et du lancer de troncs d’arbre, ne semblait pas  à mes yeux, ni à ceux de mes interlocuteurs, présenter de spécificités notables dans le domaine d’Euterpe. Alors que le voisin anglais (et dans une moindre mesure, irlandais) se révélait une réserve inépuisable de groupes et d’artistes fantastiques, la Calédonie me paraissait livrer ses millésimes musicaux avec une économie justifiant à elle seule la réputation de pingrerie collant au tartan de ses habitants depuis des temps immémoriaux. Avec le temps et quelques recherches (merci Wikipédia), je m’aperçus que ce constat sévère méritait d’être remis en question, beaucoup de musiciens écossais de renom ayant été soit « récupérés » par d’autres nations dans l’imaginaire populaire, soit incorrectement étiquetés comme anglais par des médias français pour qui Royaume-Uni, Grande Bretagne et Angleterre sont de parfaits synonymes (ce qui est bien pratique pour éviter de se répéter dans un papier). Alors comme ça, Mark Knopfler – le Mark Knopfler? (Dire Straits) – vient de Glasgow? Comme Bon Scot (bon, celui-là, avec un nom pareil, j’aurais du m’en douter) et la fratrie Young (AC/DC)? C’est la meilleure celle-là. Et les Beatles et les Stones, ils viennent du nord du mur d’Hadrien aussi?* Sans blague.

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Avouez que ça a plus de gueule qu’un concert de Bénabar

Un groupe de rock culte qui vole en éclats à cause de l'inimitié de deux frères, ça ne vous rappelle rien? (non je ne parle pas d'Oasis)

Un groupe de rock culte qui vole en éclats à cause de l’inimitié de deux frères, ça ne vous rappelle rien? (non je ne parle pas d’Oasis)

L‘Écosse a donc un potentiel prouvé, mais sous-estimé, en matière de musique contemporaine. Cependant, comme tout un chacun vous le dira, il est difficile d’être et d’avoir été:  ce n’est pas parce qu’on a réussi à trouver la bonne formule pour séduire le public dans les années 80 que l’on arrivera à rééditer la performance trois décennies plus tard. Certes, la mode du revival tout crin qui sévit actuellement dans le domaine de la culture au sens large du terme peut permettre à de vieux chaudrons de continuer à vendre leur confiture, mais avec l’explosion de l’offre qu’a entraîné le web 2.0 (tout comme il a permis à la demande de satisfaire ses besoins sans passer par la case paiement, ce qui a profondément transformé le business model du secteur), il ne fait pas bon se trouver à la périphérie du circuit de financement et de promotion assuré par les grandes majors musicales.
Or, force est de constater que l’Écosse ne se situe pas au cœur de la machine: à de rares exceptions près, le buzz provient soit d’Angleterre, soit d’une des deux côtes américaines. Les artistes écossais ayant réussi à faire parler d’eux à l’international n’ont pas été légion ces dernières années, et parmi eux ne figure aucune véritable superstar de rang mondial (à part peut-être Calvin Harris et Franz Ferdinand). Biffy Clyro reste dans l’ombre des groupes pour lesquels il ouvre régulièrement (Muse, Foo Fighters), Travis n’a pas suivi la trajectoire ascendante de Coldplay et de Keane, et les percées rapides de Paolo Nutini, KT Tunstall ou Amy McDonald ne se sont pas vraiment concrétisées sur la durée.

Scottish Album Of The YearAlors, les artistes écossais parviendront-ils un jour à s’imposer franchement à l’échelle mondiale? La question reste ouverte, et l’exemple islandais incite à un certain optimisme en la matière.
Toujours est-il que l’Écosse demeure un vivier incroyable de nouveaux talents musicaux, dont l’éclosion est favorisée par le dense réseau de salles de concerts dont dispose le pays, la ferme implantation d’une culture rock (que l’on retrouve d’ailleurs partout au Royaume-Uni), particulièrement à Glasgow, et la mentalité résolument pro-jeunes affichées par les acteurs du milieu, qu’il s’agisse des organisateurs de concerts (T in the Park est ainsi le seul festival du Royaume Uni mettant deux scènes à la disposition des artistes locaux), des responsables de labels (créateurs de la Scottish Music Industry Association et du Scottish Album Of The Year Award) ou encore des bloggers (dois-je encore une fois rappeler que le formidable Music Alliance Pact – qui fêtera en Octobre ses cinq ans – est une initiative écossaise?).
C’est cette alchimie qui a permis, et permet toujours, à une nation d’à peine 5 millions d’âmes de s’établir comme une grande pourvoyeuse d’artistes de qualité, alors que des pays bien plus peuplés peinent à renouveler leur contingent de musiciens.

Ce qui suit est à la fois une présentation (succincte et incomplète) et un hommage à cette « nouvelle scène écossaise » qui n’a cessé de m’impressionner par sa diversité et sa qualité depuis que j’ai eu la chance de la découvrir, il y a environ un an. La proximité géographique aidant, il y a de fortes probabilités pour qu’au moins quelques uns des noms égrenés ci-dessous se retrouvent sur une affiche française (ou au moins parisienne) dans les mois à venir, et leur notoriété balbutiante à l’international permettra à coup sûr à l’auditeur averti de les découvrir en live dans des conditions très privilégiées. Bref, il y a tout à gagner et rien à perdre à partir à la découverte de la filière écossaise,

*: Presque. Andy White (Glasgow) a remplacé Ringo Starr derrière les futs au cours de l’enregistrement du premier tube des Beatles, Love Me Do, et Ian Stewart (Fife) fonda les Rolling Stones en 1962 avec les sieurs Jagger, Richards et Jones (évincé officiellement 1963 pour raisons marketing, « Stu » continua à jouer un rôle primordial dans le groupe en tant que pianiste et road manager jusqu’à sa mort en 1985) .

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LA NOUVELLE SCÈNE ÉCOSSAISE:

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Depuis sa formation en 2007, ADMIRAL FALLOW (anciennement connu sous le nom de Brother Louis Collective) s’est taillé une solide réputation tant au niveau régional que national. Leur deuxième album, Tree Bursts In Snow, faisait partie de la short list du Scottish Album Of The Year Award (SAYAWARD) de 2012, c’est dire. Le morceau qui les a fait connaître, Squealing Pigs, possède une implacable dynamique folk évoquant les meilleurs titres de Mumford & Sons. Ah, et vous ai-je dit qu’ils ont un clarinettiste?

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Repéré par The Pop Cop dès le deuxième mois du Music Alliance Pact, BEERJACKET alias Peter Kelly continue de tracer sa route (quatre albums depuis 2006, et un cinquième à venir à la fin de l’année 2013) en solitaire, égrenant sur son passage des pépites acoustico-minimalistes. Du one man folk du meilleur tonneau.

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Autrefois dénommés Kitty The Lion, BLOOD RELATIVES est entré dans une nouvelle phase de son histoire; nouveau nom donc, et nouvel album à la fin du mois d’Octobre. Si vous êtes à la recherche d’un groupe d’indie pop frais et léger pour négocier la mauvaise saison, pas besoin d’aller plus loin.

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Les BROKEN RECORDS ont été signé par le fameux label 4AD (The National, Mark Lanegan, St. Vincent, Cocteau Twins, Beirut… je continue?). Rien que ceci devrait vous convaincre de jeter une oreille à leur production musicale, mais comme je suis un fervent partisan de l’overkill en matière de musique, j’ajouterai que l’on peut retrouver sans peine de l’Arcade Fire et de l’Editors dans les travaux du groupe d’Edimbourg, qui pourrait revenir sur le devant de la scène (après une année creuse) en 2014.

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DOTJR n’est pas homme à se laisser étiqueter sans réagir. Après des débuts acoustiques et acclamés par la critique, il choisit de tenter sa chance dans un registre electro et R’n’B radicalement différent de ses premières amours, ce qui n’alla pas sans contrarier certains fans de la première heure. Une manœuvre risquée, mais on peut tout se permettre avec ce type de voix.

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Endor n’a pas eu le temps de gagner la réputation qu’il méritait à l’international, mais a laissé une marque indélébile dans le cœur de tous les Ecossais qui ont eu la chance d’écouter la musique des quatre ewoks de Glasgow du temps de leur splendeur: tapez donc « Chapel Doors » dans la barre de recherche de YouTube pour vous en rendre compte. Endor était bien, mais Endor est mort (rime). Bouh. La bonne nouvelle est que les deux têtes pensantes du groupe ont démarré aussi sec un nouveau projet, appelé FAKE MAJOR. All is well that goes on well.

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Tous ceux qui ont écouté la musique de FATHER SCULPTOR ont immédiatement fait le rapprochement avec The Smiths. La voix du chanteur Thomas David développe en effet les mêmes intonations mi-goguenardes, mi-angoissées que celles de son illustre prédécesseur Morrissey, du temps où le quatuor de Manchester était très probablement le plus grand groupe (indie) du monde. Un tel héritage est certes difficile à porter sur la durée, mais Father Sculptor a déjà montré suffisamment de belles choses pour que n’on remette pas en doute sa capacité d’influencer à son tour les artistes des décennies à venir.

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Les membres de FRENCH WIVES sont d’une régularité impressionnante, et ce pour deux raisons. Premièrement, ils dévoilent de nouveaux morceaux selon un algorithme bien établi (Octobre-Mai-Février-Octobre-Mai…). Deuxièmement, il s’agit à chaque fois de gemmes pop folk qui se fraieront à coup sûr un chemin jusqu’à votre playlist favorite, et ce dès la première écoute. Impressionnant, c’est bien le terme qui convient.

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Il n’y a sans doute pas de meilleur moment pour se pencher sur le cas de FRIGHTENED RABBIT. Pour résumer la situation, il s’agit peut-être de la plus grosse sensation indie rock écossaise à l’heure actuelle, ce qui leur permet de tourner à guichets fermés un peu partout au Royaume-Uni, et même de partir à la conquête du vaste monde, qui, lui, ne les connaît encore qu’assez mal, voire pas du tout pour certains pays reculés (comme la France par exemple). Le résultat de l’équation est simple: un grand groupe dans une petite salle (en l’occurrence le Point Ephémère le 20 Novembre prochain). Pas très cool pour les pauvres lapins, mais méga bon plan pour les grenouilles parisiennes. Ne regardez pas la vidéo ci-dessous si vous ne pouvez pas en être, vous risqueriez de déprimer.

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Les auteurs-compositeurs-interprètes sont les super-héros de notre époque. Le jour, ils mènent la même vie que vous et moi, mais la nuit (et parfois le weekend), ils enregistrent les morceaux dont le monde a besoin. Voilà un super-pouvoir que je donnerais cher pour posséder. Avec la dissolution de ses Little Eskimos il y a deux ans, KEVIN HARPER est redevenu le chevalier noir d’Alloa, poursuivant en solitaire sa lutte contre le côté obscur de la musique (beaucoup de références en peu de lignes, mais j’ai confiance en toi lecteur). Il a de plus eu la bonté de rendre public la vidéo officielle du premier extrait de son excellent album Kingdom Of Wires juste à temps pour que je puisse l’inclure dans l’article. Quel homme.

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Certains artistes ont besoin de temps pour atteindre leur meilleur niveau, et laissent à la postérité des premiers albums d’un intérêt purement historique. Les KID CANAVERAL de Fife (et maintenant Edimbourg) ne font définitivement pas partie de cette catégorie: leur premier album, Shooting At Wildlife est une tuerie, et leur second (sorti cette année) Now That You Are A Dancer est un génocide (pour filer la métaphore). Si vous les aviez raté jusqu’ici (ce que malheureusement beaucoup de gens ont fait), il est plus que temps de vous accrocher au wagon de ce quatuor indie pop, dont la mise en orbite est maintenant imminente.

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Les six de MEURSAULT savent s’y prendre pour confectionner des morceaux qui prennent aux tripes les amateurs de folk expérimental. Aussi à l’aise dans les instrumentations baroques que dans les interprétations minimalistes, le sextuor d’Edimbourg s’est fait une spécialité de surprendre l’auditeur, toujours en bien, évidemment.

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MIKE NISBET nous vient d’Oban (le Duluth de Calédonie en quelque sorte), et a passé les dernières années à sillonner la Grande Bretagne du nord au sud dans une errance tout Kerouaciennne. Heureusement pour nous, il avait sa guitare et son harmonica à portée de main pendant tous ses voyages, et a pris le temps de s’arrêter en studio le temps d’enregistrer Vagrant, un premier album sonnant comme une invitation au voyage.

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Un bon nom de groupe peut se révéler un formidable accélérateur de carrière. Que celui qui n’a jamais considéré acheter un disque juste par ce qu’il trouvait le nom de son interprète intrigant me jette la première pierre. Partant, il est dommage que My Cousin I Bid You Farewell ait explosé en plein vol après avoir seulement livré une poignée de (bons) singles, car vous reconnaitrez avec moi que l’on confinait au génie en matière de nomenclature. C’est en solo que le leader de MCIBYF poursuit maintenant l’aventure, en tant que JONATHAN SEBASTIAN KNIGHT. Ca claque pas mal aussi, notez.

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Si, comme moi, vous avez un gros faible pour l’accent écossais, particulièrement lorsqu’il teinte une voix féminine (appelons ça le syndrome Amy McDonald), vous ne pouvez pas passer outre OLYMPIC SWIMMERS. De la pop délicate rehaussée d’une pointe de shoegaze, sublimée par une impressionnante science de l’arrangement et par la voix de Susie Smillie (votre nouvelle chanteuse préférée): voilà ce qui vous attend dans No Flags Will Fly, le premier album du groupe. Magnifique.

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Quel est le point commun entre Time To Pretend de MGMT, Midnight City de M83 et Out Of The Blue de PRIDES? Ce sont tous de méga tubes électro-rock basés sur un riff aussi simple que génial (il y a d’ailleurs de fortes chances que vous ayez l’un de ces riffs en question dans la tête en ce moment même). Comment, vous n’avez jamais entendu parler du dernier exemple de la série? Pour votre défense, Prides n’a pour le moment sorti qu’un seul morceau (Out Of The Blue donc), mais quel morceau. Guettez la suite avec impatience, brave gens.

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Les Highlands, ses landes, ses châteaux, ses légendes, ses moutons… et ses artistes! Il aurait été impensable que cet article n’inclue aucun ressortissant de cette province aussi sauvage que caractéristique de l’Écosse, même s’il faut reconnaître que les Central Lowlands sont bien plus dynamiques dans tous les domaines, y compris celui de la culture. Voici donc RACHEL SERMANNI, jeune chanteuse folk de Carrbridge (vous ne connaissez pas -moi non plus d’ailleurs-), promise à une ascension Tunstallesque dans les prochains mois selon tous les experts. Elle jouera bientôt en France, c’est dire si sa carrière est sur le point de décoller.

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RODDY HART (maintenant accompagné par les Lonesome Fire) est en quelque sorte le chouchou de l’influent blog musical écossais The Pop Cop, que je soupçonne d’avoir lancé le Music Alliance Pact rien que pour élargir sa fanbase à l’international. C’est en effet une de ses chansons (Dead Of The Night) qui représenta l’Écosse pour la première livraison du MAP, et c’est encore lui que l’on retrouve pour le symbolique cinquantième numéro de la série, avec un morceau (Queenstown) de son dernier album en date, Roddy Hart & The Lonesome Fire. Et à écouter ce dernier, on comprend sans peine les raisons de « l’acharnement » des rédacteurs de The Pop Cop.

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Cela va bientôt faire un an que l’on est sans nouvelle des SEBASTIAN DANGERFIELD, le départ de leur bassiste pour d’autres cieux ayant semble-t-il précipité le groupe dans une stase difficile à supporter pour les amoureux de power americana et de belles moustaches. En ces heures de doute, on peut toujours tirer un peu de réconfort dans l’écoute du quatre titres The Sound Of The Old Machines, et espérer que le phénix renaisse un jour de ses cendres.

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Amis français, voici qu’arrive le nom que vous avez le plus de chance de reconnaître de toute la liste, celui de SIOBHAN WILSON. En tant qu’artiste produite par My Major Company, mademoiselle Wilson s’est donc faite un nom dans l’hexagone avant de retraverser la Manche pour poursuivre sa carrière chez sa Gracieuse Majesté, après avoir enregistré son premier album à New-York. Si, comme de nombreux autres avant vous, vous tombez sous son charme, rassurez-vous, elle revient régulièrement à Paris.

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Malgré tous mes efforts d’investigation, je suis à l’heure actuelle incapable d’affirmer de manière certaine si THE KAYS LAVELLE sont encore officiellement en activité ou non. Le groupe a perdu un (ou plusieurs) membre(s) depuis la sortie de son seul album à date, Be Still This Gentle Morning, et ceux qui sont restés ont l’air de s’impliquer davantage dans de nouveaux projets que dans la finition de leur second disque. Qualifiant eux-mêmes leur musique d’électro-folk, The Kays Lavelle sont le chaînon manquant entre Fleet Foxes et Snow Patrol, ce qui est déjà pas mal.

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Le line-up de THE SEVENTEENTH CENTURY ressemble à s’y méprendre à ce qu’on obtiendrait s’il était possible de coucher sur le papier la composition du parfait groupe d’indie alternative. Pensez donc, ils ont un violoniste et un trompettiste (sur cinq membres, c’est un quota très respectable en matière d’indie alternative). Ajoutez le trio rock par excellence (guitare, basse et batterie), et contemplez la merveille.

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La dissolution d’Aereogramme en 2007 fit beaucoup de bruit en Écosse, où le quatuor était considéré comme un des fers de lance de la scène nationale. Ce fut donc avec un intérêt non feint que le public se pencha sur les débuts de THE UNWINDING HOURS, association de Craig B. et Ian Cook (que l’on retrouve également chez Chvrches, ce gars est vraiment très occupé), soit 50% des membres du cher disparu. Au programme, du bon vieux rock des familles, avec ce souci du détail et de la surprise que The Unwinding Hours partage avec son glorieux aîné. Qui s’en plaindrait?

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À regarder le nombre impressionnant de tags qualifiant la musique de THERE WILL BE FIREWORKS sur le bandcamp du groupe, on se prendrait facilement à sourire. Encore des petits jeunes qui cherchent à ratisser large en multipliant les mots-clés, quand un ou deux suffiraient largement à englober leur production. Et puis on écoute le premier album (éponyme) pour se faire une idée. Une fois. Tiens, c’est pas mal du tout. Deux fois. C’est vrai qu’ils n’ont pas eu peur de se frotter à différents styles… Trois fois. C’est un concept album en fait! Dix fois. Vivement la suite. Vingt fois…

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Dans une autre vie, Ross Clark, leader des THREE BLIND WOLVES, devait sûrement être un artiste spécialisé dans la technique du collage. Après une réincarnation réussie, le personnage s’est simplement tourné vers une autre discipline (la musique), afin de continuer ses expérimentations, avec une réussite indéniable. Ne pas savoir à l’avance comment le morceau que l’on écoute sonnera dans quinze secondes est devenu tellement rare par les temps qui courent qu’il convient de dire les choses comme elles sont: les chansons des Three Blind Wolves ne s’écoutent pas, elles se savourent.

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Les WASHINGTON IRVING se sont spécialisés dans le folk électrique, et ils ont bien fait. Il a été scientifiquement prouvé par des études renouvelées à chaque concert qu’il était physiquement impossible de résister à l’envie de danser et de faire la fête qui vous prend dès que la quintette de Glasgow commence à jouer. Si vous cherchiez une alternative à la gym suédoise ou à la zumba, vous devriez essayer la feria écossaise. Résultats garantis, et musique bien supérieure en prime.

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« Pourquoi n’ai-je encore jamais entendu parler d’eux? » sera sans doute la première chose qui vous passera par la tête quand vous découvrirez WE WERE PROMISED JETPACKS. Car ces gars là ont absolument tout pour eux: un nom génial, une classe folle, du talent à revendre, des tubes (potentiels) de gros calibre, une présence scénique indéniable et une maturité impressionnante. En attendant le coup de pouce final qui leur permettra de prendre la place qui leur revient de droit sur la scène internationale, il serait sage de se préparer à l’inéluctable en vous familiarisant avec le répertoire des Jetpacks, bombe à retardement musicale dont l’explosion ne saurait plus tarder…

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Nous voilà arrivés à la fin de cette petite visite guidée de la nouvelle scène écossaise en 2013. J’espère que vous avez trouvé de nouveaux artistes à suivre dans la liste détaillée ci-dessus, et dans le cas (assez peu probable) contraire, rassurez-vous: il en reste encore plein à découvrir. N’hésitez pas à défendre vos favoris oubliés dans la rubrique commentaires, si vous jugez important qu’ils figurent eux aussi dans cet article, amené à croître régulièrement durant les prochains mois, au fur et à mesure que d’autres pépites calédoniennes remonteront à la surface. D’ici là, révisez vos nouveaux classiques, et tenez vous prêts à venir supporter leurs auteurs quand ils passeront le Channel pour venir prendre le bon air français.

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