Archives Mensuelles: octobre 2014

W.H.A.T.T. (N.O.W.): NO MORE WORDS – REFLEXIONS SUR LE DROIT DE RETRAIT DU BLOGGUEUR MUSICAL

Mardi dernier, je suis allé voir Triggerfinger à la Batterie, petite salle très sympathique de la banlieue ouest parisienne. Comme à mon habitude, j’avais rassemblé mon matériel de live-chroniqueur (Gopro, enregistreur, carnet de notes), afin de pouvoir préparer dans les meilleures conditions l’article que j’avais prévu de rédiger à propos de cet évènement. Cependant, au moment de partir pour la Batterie (la salle de concert en question), j’ai – volontairement – laissé tout mon attirail de reporter au bercail, me contentant d’attraper mes fidèles earplugs (on ne rigole pas avec ça, surtout quand c’est Triggerfinger, alias le plus grand groupe stoner belge de tous les temps, qui régale) avant de partir.

Plusieurs raisons peuvent être avancées pour justifier ce choix, pour le moins inhabituel. Premièrement, j’étais assez fatigué ce soir là, et ne voulais pas me charger plus que nécessaire. Même si les « outils » que j’utilise pour alimenter ce blog ont été spécifiquement choisis pour leur légèreté et leur faible encombrement*, je ne me voyais pas les (sup)porter pendant les quelques deux heures que durerait la soirée.  Deuxièmement, je n’étais pas convaincu de pouvoir retirer de ce concert des enregistrements (tant vidéo qu’audio) probants: n’ayant pas pu ni voulu mettre toutes les chances de mon côté en arrivant tôt à la salle pour pouvoir me coller le plus possible à la scène (seule façon d’obtenir des images à peu près nettes avec une Gopro), et me doutant que l’overdose de décibels risquait fort de saturer les micros de mon Zoom, je me suis facilement laissé convaincre par mon organisme amoindri (voir argument n°1) de ne prendre qu’avec moi que le strict nécessaire. Troisièmement, j’imaginais (stupidement) que ma bonne connaissance – toute relative, n’ayant pas exemple pas jeté une oreille sur le dernier disque du trio belge, By Absence Of The Sun – du groupe et le fait de les avoir déjà vu en live à six reprises me permettraient de pondre un article convenable en me basant uniquement sur mes souvenirs de la soirée.

*: Faisant partie des gens considérant d’un œil mi goguenard, mi agacé les caméra(wo)men amateurs passant la moitié du concert à filmer la scène avec leur smartphone, j’ai pris bien soin de ne pas pouvoir être identifié à cette catégorie de personnes (merci Gopro).

Toutes ces raisons, développées a priori du concert, m’ont amené à assister à ce dernier « les mains dans les poches » (sauf au moment d’applaudir, évidemment). Pour recevables qu’elles étaient, j’avais cependant le sentiment désagréable de n’avoir pas été au fond du problème, et de ne pas avoir identifié la véritable cause de ce comportement réfractaire. Cette question m’a travaillé pendant toute la semaine, et après d’intenses ruminations, je pense avoir finalement touché le cœur du problème: si je n’ai pas pris mon équipement ce soir là, c’est que je n’avais pas vraiment envie d’écrire un article sur ce concert. Tu parles d’une auto-analyse! Freud aurait été fier de moi (même si je suis à peu près sûr que ce manque d’envie n’avait absolument rien à voir avec quelque guéguerre intime entre le ça, le moi et le surmoi – du moins je pense – ).

Une fois cette première étape atteinte, il fallait essayer d’aller plus loin. Pourquoi diable n’avais-je pas eu envie d’écrire un billet sur ce concert? Triggerfinger est un groupe que j’aime énormément et dont les performances scéniques sont toujours mémorables: le trio apparaissait donc de prime abord comme un candidat idéal pour ce genre d’exercice. Et pourtant, cette fois, ça n’avait pas suffi à me convaincre que le jeu en valait la chandelle. Certes, mon emploi du temps est beaucoup plus chargé qu’il ne l’était au moment de la création de ce blog**, ce qui peut expliquer en partie ma réticence à prendre la plume pour relater cette n-ième rencontre avec les pistoleros d’Anvers, d’autant plus que je devais terminer l’article consacré à la deuxième Cigale de Christine And The Queens. J’ai de plus quelques honteux précédents de concerts non-chroniqués pour cause de fainéantise crasse et de procrastination éhontée (Junip au Trabendo, Neil Young à Bercy, The Jezabels à la Maroquinerie, sans compter cette série d’articles sur l’Eurovision qui n’a jamais dépassée le stade de l’ébauche…): il n’est pas impossible que ces malheureux exemples (que je regrette mais avec lesquels j’arrive très bien à vivre) aient joué un rôle dans ma décision de passer sous silence cette soirée à la Batterie. Tous ces éléments de conjoncture apportent des justifications recevables, mais ne suffisent pas à expliquer à eux seuls cette surprenante regimbade, qui condamne de fait ce concert à un oubli plus ou moins rapide***.

**: Souvenir ému de l’été-automne 2012, où j’ai pu assister à 6 festivals et 17 concerts et faire un live-report pour chacun d’entre eux… L’inactivité professionnelle n’a pas que des mauvais côtés.

***: Ce blog a été en grande partie créé pour faire office d’aide-mémoire détaillé et illustré, votre serviteur ayant constaté avec effroi que ses souvenirs des concerts auxquels il avait assisté auparavant s’étaient changés en magma informe d’images et de sensations à plus ou moins brève échéance. 

La vérité est que je n’ai pas écrit ce live-report parce que je ne savais pas quoi raconter de nouveau par rapport aux quatre précédentes chroniques consacrées à Triggerfinger (Solidays, Vieilles Charrues, Ronquières, Nouveau Casino). J’avais l’impression d’avoir déjà abondement exprimé toutes les raisons pour lesquelles je pensais qu’il s’agissait d’un groupe exceptionnel, possédant un répertoire capable de séduire au delà des fanatiques du stoner rock, composé d’individualités fortes, incroyablement charismatiques et absolument complémentaires, et dotées d’une présence scénique hors du commun, due autant à leur talent de musiciens qu’à leur générosité et à leur tendance à la déconnade (qui n’a jamais vu Mario se coincer le nez dans son charley ou Mr Paul poser en caleçon pour une contreplongée audacieuse devrait suivre de plus près les Triggerfinger). Tout ceci, je l’avais déjà raconté à quatre reprises, en développant plus ou moins certaines parties au gré des performances, de mes souvenirs de ces dernières et de mon état d’esprit au moment de l’écriture. Et même si mon dernier live-report consacré aux Trig’ remonte à presque deux ans maintenant, je ne pensais pas avoir assez renouvelé mon approche du sujet pour pouvoir me fendre d’un article répondant aux critères d’originalité que je me suis fixé pour ce blog.

.

À y réfléchir, le cas Triggerfinger n’est pas la première fois où ce problème s’est posé. Je me souviens que l’écriture du live-report du concert des Of Monsters And Men à l’Olympia en Juillet 2013 m’était apparue comme une corvée sans nom, quand bien même je n’éprouvais, et n’éprouve encore aujourd’hui, que de l’affection pour cette sympathique kyrielle d’Islandais. Résultat: un article où j’avais lourdement suggéré que le groupe tournait maintenant avec le pilote automatique, symptôme révélateur d’une trop longue tournée, sans cesse rallongée de nouvelles dates pour capitaliser sur l’engouement populaire suscité par OMAM. Avec le recul, je pense que je n’aurais pas du écrire ce billet, pour lequel j’ai du recourir à la critique à peine voilée pour me démarquer un tant soit peu du live-report rédigé à l’occasion du Trianon de Mars 2013. Le fait que le groupe ait choisi de conserver pratiquement la même setlist d’un concert à l’autre n’a évidemment pas joué en ma faveur, mais ne justifiait pas mon parti pris agressif: ce deuxième concert était d’un très bon niveau, et je n’avais pas le droit de le critiquer pour la simple raison que j’avais eu la chance de voir Of Monsters Of Men à deux reprises auparavant. S’il y a une quatrième fois, je prendrai bien soin de peser le pour et le contre avant de décider de coucher – ou non – mon expérience par écrit.

Il ne s’agit pas là de s’assurer de ne poster que des articles élogieux, ce qui réduirait l’intérêt de ce blog à néant, ou peu s’en faut. Je me réserve le droit de faire part de ma déception quand j’estime que celle-ci à des raisons valables et qu’il pourrait être intéressant de la partager avec autrui. L’objectif est de savoir quand un article de ma part n’apporterait rien de nouveau, pour cause de redite plus ou moins franche de précédents billets. Dans ces cas là, j’estime plus pertinent de faire jouer mon droit (devoir?) de retrait.

Pour la plupart des artistes auxquels j’assiste aux concerts, cela signifiera deux, voire trois couvertures maximum sur une période donnée (disons un an, soit la durée moyenne d’une tournée internationale). Le premier article traite de la découverte (sur scène ou tout court, on n’est jamais à l’abri d’une bonne première partie) d’un nouveau talent, et joue sur le registre de l’émotion et du ressenti plutôt que sur celui de « l’érudition ». Le deuxième article, celui de la confirmation, se base généralement sur une connaissance plus conséquente, et permet donc d’entrer davantage dans le détail de la performance. C’est également l’occasion de documenter sérieusement le concert, en filmant et en enregistrant le set. Le troisième article enfin, est celui de la comparaison: je reprends la logique du second billet et essaie de voir s’il y a eu des évolutions par rapport au concert précédent.

Pour Triggerfinger, la limite à ne pas dépasser était donc quatre. Pour Of Monsters And Men, elle était de deux (et a malheureusement été franchie). Pour Susanne Sundfør… j’espère honnêtement ne jamais le savoir, et encore moins l’excéder. Je pense avoir encore de la marge ceci dit…

Il n’y aura donc pas d’article sur la soirée du 7 Octobre 2014 à la Batterie sur S.A.U.S.O.R.O., et je pense que c’est beaucoup mieux ainsi. Ce concert fut malgré tout très agréable (excepté les petits problèmes de sonorisation du micro de Ruben), avec des nouveautés par rapport au Nouveau Casino mais suffisamment de classiques pour: 1) permettre au fan obsolète que je suis de ne pas être complètement paumé, mais aussi pour 2) convaincre le rédacteur que je suis également de consacrer ses soirées à autre chose qu’à l’écriture d’un compte-rendu détaillé, imagé et drolatique (on y croit) de cette sixième représentation des Triggerfinger. Je suis, que voulez-vous, sous mes abords décontractés et un brin rustiques, un être complexe. Mon seul regret dans toute cette histoire: n’avoir du coup pas la possibilité de dire tout le bien que j’ai pensé d’Astonvilla, première partie de luxe que les amateurs pourront retrouver au Trianon le 21 Octobre prochain, afin de fêter dignement les 20 ans de ce discret monument du rock français. Ah bah tiens, j’ai réussi en à parler quand même. L’honneur est sauf. 

CHRISTINE AND THE QUEENS @ LA CIGALE (01.10.2014)

La Cigale: c’était donc là que tout se passait. Il flottait un parfum d’été sur Pigalle en cette fin d’après-midi, la première du mois d’Octobre 2014. Deux ans plus tôt, presque jour pour jour, l’occupante du 122, boulevard Rochechouart ouvrait pour les Naive New Beaters dans une petite salle d’Aulnay sous Bois. Seule en scène avec son mac, elle avait réussi à embarquer dans son univers so freaky la trentaine de personnes s’étant déplacée pour  la pop electro festive et débraillée du trio de L.A. Une performance remarquable, révélatrice d’un potentiel immense et encore sous-exploité. Six mois plus tard, un Nouveau Casino plein comme un œuf accueillait le premier concert en tant que tête d’affiche de CATQ. Puis vint le 3ème EP, la nomination aux Victoires de la Musique, le premier album, les Olympias et les festivals. Une montée en puissance régulière et irrésistible, dont les deux soirées à la Cigale constituent une étape logique et attendue par les nombreux fans franciliens des Queens. Narcissus is back in town, darlings.

Resté sur la capitale après sa participation à la finale Inrocks Lab 2014, l’annecien BENY LE BROWNIES, pépite délaissée de l’ETG dans son jeune temps, eut la lourde tâche de chauffer une salle assez indifférente, seulement armé de son micro et de sa demi-casquette blanche. Difficile en effet de s’attirer les faveurs du public de la reine Christine quand tu donnes dans le rap naturaliste français, et à plus forte raison quand une sonorisation imparfaite rend inintelligible la moitié de ton flow. D’une humeur magnanime, le parterre de la Cigale se prêta toutefois au jeu des gimmicks avec juste assez d’énergie pour éviter le flop complet à Beny (merci pour lui). Une flopée de Mollares* fut donc mollement échangée en conclusion de la demi-heure de concert du Brownies, qui revisita également et le J’ai Mal Au Mic d’Oxmo Puccino (référence évidente et assumée, à défaut d’être égalée), et le style chorégraphique de Christine sur Don’t Stop ‘Til You Get Enough avant de repartir en coulisse sous les applaudissements du public. C’est ce qu’on appelle réussir sa sortie.

*: N’a pas l’élégance de Kiss My Crass qui veut.

Beny le Brownies 1

.

Débarrassée des platines du DJ de Beny le Brownies, la scène de la Cigale apparaissait curieusement vide pendant l’entracte, seules deux petites estrades placées en retrait de la cour et du jardin indiquant la prochaine arrivée de CHRISTINE AND THE QUEENS (ou plutôt de ses musiciens). Seuls indices laissés par l’équipe technique pendant l’entracte: une poignée de paillettes dorées et une lampe dotée d’une ampoule évoquant plus la boule de cristal de Madame Soleil que la composante de ton plafonnier Ikea GÅSGRUND de base, ami lecteur; toutes deux abandonnées sous le nez du premier rang d’une fosse entrant tranquillement en ébullition à mesure que se rapprochait l’heure fatidique.

Pourquoi tant d’espace me demanderez-vous? Eh bien, mais pour danser pardi! La démonstration en fut faite dès le premier morceau du set, un Starshipper à mi-chemin entre performance « à l’américaine » et danse contemporaine. Encadrée par ses deux danseurs, Christine plaça ce début de concert sous le signe de l’intensité scénique (magnifique Half Ladies à la chorégraphie synchronisée avec la projection sur le fond de la scène). En choisissant de commencer son tour de chant par trois de ses morceaux les plus forts (Starshipper, Half Ladies et IT traitent tous trois du rapport à son corps et à son sexe), elle donna également à cette introduction des allures de manifeste, en rappelant l’importance et l’influence des Queens dans et sur son projet.

CATQ 3

.

Passé ce triptyque inaugural, qui ne fut en rien aussi pesant que ce que le dernier paragraphe peut laisser à penser – je n’ai pas le talent de Christine pour concilier profondeur du message et excellence de la présentation -, débuta la partie « reprises » du show. On commença donc par les Paradis Perdus de Christophe*, premier morceau « statique » du concert, mais dont le plébiscite n’en fut en rien amoindri. Puis vint la séquence R’N’B, comprendre les Photos Souvenirs de William Sheller, pendant l’interprétation desquelles on put vérifier que le public était toujours totalement largué à partir de Passy (laisse-nous encore un peu de temps Christine…). Christine (que j’inclus dans cette séquence reprise, car je la considère être celle de Cripple) nous permit de faire la connaissance Léonii-iii-ii-iie, Xavie-e-er et Johaa-aaan. Enfin, un Amazoniac (Yves Simon) un peu bâclé vint clore ces vingt minutes d’hommages aux glorieux aînés.

La vitesse de croisière atteinte et la glace brisée depuis longtemps (note: Christine chante bien, danse bien et sait faire rire son public), la setlist se mit à alterner les tempos et les époques, en commençant par l’incontournable Narcissus Is Back de l’EP Mac Abbey. Suivit Ugly-Pretty, où le balcon se leva effectivement, puis l’inédit Intranquillité/Dessassossego (futur grand classique). Saint Claude fit retomber la pression pour quelques minutes de quasi-recueillement quasi-lacrymal, avant que The Loving Cup ne fasse remonter en flèche l’attitudomètre de la Cigale. Enfin, Here – et son superbe clip vidéo – vint, comme sur l’album, conclure une prestation impressionnante de maîtrise, de générosité et d’émotion. Enfin, quand je dis conclure…

CATQ 6Car vous vous doutez bien que le public ne laissa pas partir CATQ aussi facilement. Nous eûmes ainsi droit à deux rappels: le premier constitué d’une version piano voix de Safe & Holy où Christine, sain(t)e et sauve dans son halo de lumière, démontra avec brio que la reine des arrangements électroniques maîtrisait également les arcanes de la performance acoustique. Nuit 17 À 52, dans un second temps, permit (enfin) à la Cigale d’accompagner son idole de manière audible, tout en dégainant pour l’occasion qui son iPhone X (pour les plus riches), qui son briquet (pour les fumeurs), qui son gadget lumineux (pour tout le reste). Et n’en déplaise à la principale intéressée, il y avait plus que quelques étoiles.

Le deuxième rappel ne tint qu’en un seul morceau, dont le titre résumait à lui seul la soirée presque écoulée. Assise sur le piano, son fameux bouquet de fleurs à la main, Christine nous initia tous à la Chaleur Humaine. Le tonnerre d’applaudissements qui accueillit cette ultime chanson permit de prolonger le plaisir de quelques mesures a cappella de The Way You Make Me Feel. Un concert de Christine And The Queens sans Michael Jackson? Impensable voyons.

*: En lequel Christine s’était déguisé lors du morceau précédent, Science Fiction, à l’aide d’une paire de lunettes rondes. En tout cas, c’est comme ça que je le vois. 

CATQ 7Setlist Christine And The Queens:

1)Starshipper 2)Half Ladies 3)IT 4)Science Fiction 5)Paradis Perdu (Christophe Cover) 6)Photos Souvenirs (William Sheller Cover) 7)Christine 8)Amazoniac (Yves Simon Cover) 9)Narcissus Is Back 10)Ugly-Pretty 11)Intranquillité/Dessassossego 12)Saint Claude 13)The Loving Cup 14)Here

Rappel 1:

15)Safe And Holy 16)Nuit 17 À 52

Rappel 2:

17)Chaleur Humaine

Que retenir de cette soirée à la Cigale? D’abord que CATQ n’en finit plus de confirmer son potentiel, et qu’elle est désormais une des jeunes chanteuses les plus accomplies et les plus enthousiasmantes de la scène française. Ensuite que sa « très longue première partie se passant extrêmement bien » (sic) risque fort de se poursuivre longtemps, juste et logique reconnaissance venant couronner un parcours sans faute. Enfin qu’il faut aller voir (et revoir) Christine, ses danseurs et ses musiciens sur scène, qui constitue leur milieu naturel et dans lequel ils font véritablement vivre les magnifiques morceaux de la première. Profitez-en, la tournée se poursuit. 2014 restera freaky jusqu’au bout, baby.

%d blogueurs aiment cette page :