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W.H.A.T.T. (N.O.W.): Les 10 Choses À Avoir Sur Son MP3

Le développement technologique de ces trente dernières années a permis à tout un chacun d’emporter sa musique où qu’il/elle aille. Des capacités de stockage de plus en plus grandes pour un encombrement de plus en plus minime, voilà la formule qui a permis aux lecteurs, quel que soit le support utilisé, de trouver leur chemin dans les poches d’un public de plus en plus large, au point que certains observateurs se sont mis à parler d’une headphone culture, souvent en termes assez dépréciatifs*.

Cependant, si le MP3 (je fais ici le pari téméraire de considérer que le walkman, baladeur et autre lecteur de cassettes n’est plus usité activement que par une minorité – nostalgiques, technophobes, hipsters… – d’usagers, ce qui m’autoriserait à centrer mon propos sur leurs équivalents numériques) s’est très largement banalisé dans le monde occidental**, le contenu de ces boîtes à musique du troisième millénaire varie énormément d’un individu à l’autre. De gustibus non disputandum. Pourtant, je suis convaincu qu’il est des éléments que l’on devrait retrouver dans chaque MP3, indifféremment des inclinaisons de son possesseur. Des choses utiles, intéressantes, ou simplement amusantes, grâce auxquelles la bête donnera le meilleur d’elle-même, pour la plus grande satisfaction de son propriétaire. Au terme d’une intense séance de brain-storming, j’ai réussi à lister 10 de ces must have, que j’ai naturellement décidé de présenter sous forme d’un top 10 du meilleur aloi.

Nota Bene: N’ayant ni les moyens financiers, ni les relations professionnelles, nécessaires pour me targuer d’une connaissance encyclopédique de tous les appareils sur le marché, je n’évoquerai dans ce dernier que mon expérience personnelle, une relation exclusive et heureuse (disons-le) avec les produits de la gamme Apple. Il se pourrait donc que certains des éléments du top ci-dessus ne soit pas compatible avec certains types de MP3.

*: Je me demande si ceux qui se désolent de voir les passagers des transports en commun s’isoler dans leur bulle musicale pensent vraiment que la disparition des MP3 transformerait la rame de métro bondée de 8h26 en café philo.

**: Selon l’étude du Professeur Michael Bull, la moitié de la population urbaine occidentale utilisait un MP3 en 2007.

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1. UNE COQUE

Un début littéral donc, et absolument essentiel. Quand on connait le prix moyen de ces petits gadgets, inversement proportionnel à leur résistance aux chocs, on comprend aisément pourquoi il n’est pas idiot d’allonger quelques euros supplémentaires pour protéger sa nouvelle acquisition. Sauf à considérer qu’un écran tactile aussi fendillé qu’une tablette mésopotamienne est le top du swag, ou qu’un boîtier plus cabossé et rayé qu’un tank israélien à la fin de la deuxième Intifada permet de sortir du lot, bien sûr. À moins de manipuler son MP3 avec la précaution et la révérence habituellement réservée au suaire de Turin, aux minutes du procès de Jeanne d’Arc et à la vaisselle de belle-maman, je vous incite fortement à sortir couvert en toutes circonstances.

Thank you for your selfless sacrifice...

Thank you for your selfless sacrifice…

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2. UNE IDENTITE

Même le Père Noël n'est pas à l'abri d'une mésaventure de ce type. Un faux mouvement est si vite arrivé quand on distribue plus de 6000 cadeaux par seconde...

Même le Père Noël n’est pas à l’abri d’une mésaventure de ce type. Un faux mouvement est si vite arrivé quand on distribue plus de 6000 cadeaux par seconde…

Et pas n’importe quelle identité: la vôtre. Un nom, une adresse mail, un numéro de téléphone, un thème astral, un pseudo Meetic…, bref quelque chose qui permettrait à la personne qui ramasserait votre bien dans le métro (correspondance négociée au forceps),  un bar (coordination musculaire hasardeuse après le cinquième litre de bière), ou sur le glacier de la Meije (si si, ça peut arriver, demandez à Nicolas Hulot) de rentrer en contact avec son propriétaire légitime. Vous êtes certainement en train de vous dire que je suis un doux rêveur en m’imaginant que cette précaution permettrait de réunir objets et sujets, mais après tout, vous n’avez rien à perdre à croire en la bonté intrinsèque de la nature humaine (team Rousseau) plutôt que dans son caractère rapace et mesquin (team Hobbes). Ce serait dommage de tomber sur un bon samaritain providentiel, et de réduire à néant sa volonté d’aider son prochain à cause d’une bête absence de données*. Pensez à motiver son sens de la justice en promettant une récompense contre le retour de la marchandise, si vous pensez que cela pourrait faire la différence.

*: D’accord, il y a de fortes chances que votre MP3 soit constellé d’empreintes digitales, fragments de peau et autres échantillons génétiques, mais à moins d’avoir égaré le bestiau dans le quartier d’Horatio Caine pendant les RTT du bonhomme, ces indices resteront malheureusement inexploités.

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3. LA PLAYLIST « DU MATIN »

Qui dit MP3 dit forcément playlist(s). Pour les plus jeunes des lecteurs, je rappelle que cette pratique consistant à regrouper des morceaux dans un même fichier selon une logique pertinente (plus ou moins – des goûts et des couleurs… -) doit son origine à un banal manque d’espace de stockage, les premiers baladeurs numériques ne pouvant guère ingurgiter plus d’une cinquantaine de morceaux. Et encore, des courts*. Mainteannt que la moyenne basse de mémoire se situe plutôt aux alentours du terra octet, l’ère des choix cornéliens en matière de musique fait définitivement figure de préhistoire, mais l’intérêt populaire pour les playlists en tous genres n’a pas faibli, loin de là. À l’heure de la culture de masse, il s’agit d’un des derniers moyens de se singulariser par rapport au reste du troupeau, et je ne suis pas le dernier à penser qu’on en apprend plus sur un individu en jetant un œil à la composition de sa playlist favorite plutôt qu’en épluchant son CV ou en espionnant son activité sur les réseaux sociaux**.

Pour en revenir à notre point, la playlist dite « du matin » est un must have pour attaquer la journée du bon pied. S’il est bien connu que la musique adoucit les mœurs, je suis persuadé qu’elle peut également agir comme une puissante source de motivation et de conditionnement « énergétique », pour peu que l’on utilise les bons morceaux au bon moment. Quoi de mieux qu’un shot d’AC/DC au réveil pour regonfler ses batteries et booster sa confiance en soi? Ajoutez un peu de Bonney M et de Stevie Wonder pour les bonnes ondes et une pointe de sarcasme (souverain lorsqu’on arrive pas à décider qui est le plus bondé entre le quai de métro sur lequel on attend depuis dix minutes et la rame qui vient juste d’entrer en station) typiquement british avec quelques titres des Smiths, et vous obtiendrez un puissant euphorisant qui vous permettra d’arriver sur votre lieu de travail sans arrières pensées homicides, ou si peu.

Le matin...

Le matin…

*: C’était l’époque où l’on devait choisir entre Shine On You Crazy Diamond ou un double live des Ramones. Dur.

**: Si j’étais le boss de la NSA, je mettrais le paquet sur Spotify, Deezer et Soundcloud plutôt que sur Facebook, Twitter et Tumblr. Just saying.

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4. LA PLAYLIST « DU SOIR »

Si la playlist du matin peut s’apparenter à une pinte (neuronale) de redbull coupée au Tabasco et aromatisée à la juvamine, la playlist du soir ressemble plutôt à une infusion de spleen relevée aux anxiolytiques et agrémentée d’une rondelle de mélancolie jemenfoutiste (pour la déco). Le cocktail parfait pour vous faire oublier que votre vie est misérable et que vous seriez tellement mieux ailleurs, loin de cette trop supportable routine dans laquelle vous vous engluez chaque jour un peu plus. Bref, la playlist du soir ne respire pas franchement la joie de vivre et la positive attitude*, mais la bonne humeur, c’est bon pour les débiles, pas vrai? Tristesse et beauté, voilà les maîtres mots de cette compilation, où se croisent solennellement le corbeau de Poe et l’albatros de Baudelaire, adaptés réciproquement par Alan Parson et Léo Ferré, tandis que Nick Cave trucide Kylie Minogue sur le bord d’une rivière, que les Arcade Fire chroniquent la dernière guerre des banlieues et que Cat Stevens enterre sa Lady d’Arbanville. Entre (beaucoup d’) autres.

...et le soir

…et le soir

*: Vous pouvez tout de même mettre des chansons de Lorie si vous le souhaitez, mais privilégiez les plus récentes, comme celles des albums Regarde Moi et Danse, bides monumentaux illustrant à merveille la difficulté qu’ont les artistes pour ados à survivre sur le long terme. Ah, je suis vraiment immonde. Et j’aime ça.

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5. LA PLAYLIST « LISTEN TO ME PLEASE »

La chanson derrière le titre de la playlist. Listen to Rick, he knows what's good for you.

La chanson derrière le titre de la playlist. Listen to Rick, he knows what’s good for you.

Il est tellement facile et rapide de télécharger de la musique que l’on a vite fait de se retrouver avec des dizaines, voire des centaines, de titres en attente d’une première écoute sur son MP3. Ajoutez à cette réalité technologique la tendance très humaine de rester ad vitam eternam dans sa zone de confort plutôt que d’aller se frotter à l’inconnu, et vous comprendrez pourquoi il est de toute première instance de disposer d’une playlist regroupant tous les « petits nouveaux » du lecteur, afin de pouvoir immédiatement exploiter les (trop) rares bouffées de « tiens-et-si-je-donnais-sa-chance-à-cet-album-que-j-ai-téléchargé-il-y-a-déjà-trois-mois ». Grâce à la folie statisticienne d’iTunes, il suffit d’un clic pour trier l’ensemble de sa bibliothèque par ordre (dé)croissant de lectures, ce qui permet de créer et d’actualiser très facilement ce genre de playlist.  Les plus disciplinés s’astreindront des règles supplémentaires, comme par exemple l’interdiction formelle d’ajouter de nouveaux morceaux à son MP3 avant que le niveau des « inouïs » ne soit repassé sous un certain seuil (je respecte au plus haut point les gens qui se tiennent à ce genre de régime, car j’en suis moi-même incapable).

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6. LES PLAYLISTS THEMATIQUES

Il y a des moments où on n’a pas envie de lancer le mode shuffle, ni d’écouter un album en particulier, et encore moins de construire son programme morceau par morceau. Dans ce genre de situation, où paresse intellectuelle et envie de musique se font face dans des proportions sensiblement semblables, il est utile de disposer de quelques playlists thématiques pour dénouer avec élégance et nonchalance ce nœud gordien*. Citons par exemple les ensembles décennaux, (60’s, 70’s, 80’s…) toujours pratiques en cas de nostalgite chronique, le regroupement live en cas d’envie pressante de chaleur humaine, ou encore les divisions linguistiques (tout français/anglais/espagnol/islandais…).

*: Enchevêtrement tellement indépêtrable qu’il en devint légendaire, jusqu’à ce qu’Alexandre le Grand ne vienne y mettre un coup de canif. Donnez suffisamment de temps à une paire d’écouteurs lambda, et elle se transformera à son tour en nœud gordien. C’est la fatalité.

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7. UN STARTER

Starter personnel: "Reprise" de Queen (Made in Heaven). Quatre secondes de "Yeaaaaah" par Freddie Mercury himself. Who else?

Starter personnel: « Reprise » de Queen (Made in Heaven). Quatre secondes de « Yeaaaaah » par Freddie Mercury. Just perfect.

Imaginez: vous savez précisément laquelle de vos playlists soigneusement conçues vous avez envie d’écouter, vous avez réglé votre lecteur en mode shuffle pour varier les plaisirs, vous êtes sur le point de lancer la machine… mais vous n’arrivez pas à décider avec quel morceau vous voulez commencer la séance. First World Problem. Le mode shuffle, malgré toutes ses qualités, ne se déclenche en effet qu’à n+1 (à moins d’être lancé pour l’ensemble de la bibliothèque – alias « le grand bain » -), ce qui oblige à choisir la première cartouche soi-même. Mine de rien, cette petite complication peut prendre des proportions déraisonnables, surtout si, comme moi, vous avez une playlist préférée dont vous connaissez tellement bien les morceaux que certains se sont transformés en scies quasiment inécoutables (comme dit l’adage, de l’habitude naît l’ennui), et qu’en conséquence, vous devez scroller jusqu’au dernier tiers de la liste pour lancer l’écoute avec un titre un peu plus « frais » que les autres (que vous écouterez tout de même avec plaisir quand ils seront joués, car vous êtes quelqu’un de compliqué). La solution à ce problème tient en deux mots et moins de cinq secondes: le starter.

L’idée est de placer en tête de vos playlists un morceau très court, ou mieux, un jingle ou une plage sonore, afin de pouvoir goûter aux joies d’un mode shuffle totalement aléatoire. Dit comme ça, ça n’a l’air de rien, et pourtant je peux vous assurer que cette micro astuce améliore nettement le plaisir d’écoute. Ne plus avoir à se prendre la tête au moment de lancer une playlist est un luxe dont on ne peut rapidement plus se passer. L’essayer, c’est l’adopter.

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8. UN JEU POTABLE

Un des petits à côté sympathique des MP3 d’Apple est l’inclusion automatique de mini jeux, qui, s’ils ne vous colleront pas à l’écran des heures d’affilée, permettent néanmoins de passer le temps de manière agréable le cas échéant. Plus d’un trajet en train ou une file d’attente de concert ont ainsi été écourtés par une session sauvage de Klondike ou d’iPod Quizz (malgré son insupportable cruche en robe violette), même si ce dernier tend à vider la batterie à vitesse grand V*. À ne pas tenter au premier jour d’un trek de deux semaines dans le Sahara occidental (à moins d’avoir fait vœu d’abstinence musicale avant de partir), mais salvateur en cas de retardement de TGV, si tant est que l’on a pensé à prendre le câble d’alimentation et l’adaptateur du bestiau avant de prendre le rail, bien sûr (autrement, pas sûr que l’on tienne les 10h réglementaires du Paris-Bordeaux).

*: Les lecteurs attentifs et bien informés se demanderont peut-être pourquoi il n’est pas fait mention de Vortex dans la liste des exemples, puisque ce dernier constituait le dernier membre du trio de jeu inclus de base sur tous les iPod Classic (au moment où j’ai acheté le mien, tout du moins). La raison en est simple: Vortex n’est pas un jeu potable, c’est une application rage quit grossièrement dissimulée par un skin vaguement attrayant, ainsi que le plus sûr moyen d’user prématurément la molette de contrôle du MP3. Connaissant la politique du SAV de la marque à la pomme (dite du « pourquoi remplacer une pièce quand on peut racheter un nouveau lecteur? »), je soupçonne cette dernière d’avoir voulu subtilement troller ses clients en offrant ce jeu à l’achat.

Bienvenue dans le niveau "Eparcyl - la fosse tranquille" de Vortex.

Bienvenue dans le niveau « Eparcyl – la fosse tranquille » de Vortex.

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9. LES COVER ARTS

Avant, j'oubliais toujours d'où venaient les artistes que je découvrais via le Music Alliance Pact, mais ça, c'était avant (que je colle des petits drapeaux sur les cover arts).

Avant, j’oubliais toujours d’où venaient les artistes que je découvrais via le Music Alliance Pact, mais ça, c’était avant (que je colle des petits drapeaux sur les cover arts).

La fin du top approche, et avec elle les points les plus contestables de ce classement (essayez de faire un top 10, et vous verrez que c’est diablement dur de maintenir le niveau jusqu’au bout). Il est vrai que la présence ou l’absence de cover arts ne joue pas un grand rôle dans la qualité d’écoute d’un morceau, mais faire outre de ce qui me semble être une part essentielle de l’œuvre d’un artiste ou d’un groupe que vous appréciez au point de vouloir posséder sa musique me semble être au minimum non intuitif, et au pire carrément scandaleux (si le cover art est vraiment excellent).

On accuse souvent le MP3 d’avoir réduit la musique à des séquences codées et compressées, quand d’autres formats de stockage sont au contraire loués pour leur côté organique et chaleureux, et je ne peux m’empêcher de penser que ces attaques persistantes visent autant l’objet que les utilisateurs de ce dernier, à qui on reprocherait sous le manteau leur consommation « industrielle » et « dénaturée ». Chacun est libre de penser ce qu’il souhaite à ce sujet, du moment qu’il accepte le fait que d’autres ont le droit de ne pas partager ses vues, et pour ma part, en ma qualité de grand utilisateur de MP3, je considère qu’un des moyens à ma disposition pour donner tort aux ayatollahs de la platine vinyle (pour ne pas les citer) est de pouvoir associer chaque morceau de mon lecteur à son cover art, quitte à devoir parfois mettre les mains dans le cambouis et les pieds dans la section images de Google quand GraceNote fait chou blanc… ce qui arrive relativement souvent.

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10. LES PAROLES

Si vous êtes familier avec le logiciel iTunes, vous savez sans doute que le menu « obtenir des informations » (sélectionnable en cliquant avec le bouton droit de la souris sur le titre d’un morceau) se décompose en plusieurs onglets, dont un « paroles ». En revanche, vous ne savez peut-être pas qu’il est possible de faire apparaître ces dernières (sous réserve que vous les ayez ajoutées – manuellement, cela va sans dire – ) sur l’écran de votre MP3 en cliquant 5 fois de suite sur le bouton central. Depuis que j’ai fait cette découverte, complétement par hasard, je dois avouer que je me suis piqué au jeu, et ai passé de longues heures (en cumulé) à copier/coller les paroles des morceaux de mon iPod. Certes, il s’agit d’une tâche fastidieuse et sans gloire, mais elle vous permettra de devenir une sommité reconnue en matière de lyrics au sein de votre cercle d’amis (« quoi, tu ne connais pas le 9ème couplet de A Hard Rain’s A-Gonna Fall? C’est la baaaase man!), de pouvoir réviser dans la file d’attente des concerts (à vous les regards complices échangés avec votre artiste préféré quand -si…- il/elle remarquera que vous connaissez les paroles de toutes ses chansons… Priceless), et accessoirement de comprendre enfin de quoi parle ce morceau que vous fredonniez en yaourt depuis toutes ces années. Bref, ce dixième point n’est certes pas le plus essentiel du top, mais il remporte haut la main le trophée du « détail qui tue », et tout le monde sait que le diable se cache dans les détails. Fans de Burzum, à vos claviers.

Ce n'est pas aussi rigolo que de changer le titre des morceaux pour faire dire n'importe quoi au logiciel VoiceOver (les possesseurs d'un iPod nano comprendront), mais avec un peu de pratique et un bon site de paroles, le rendement est impressionnant.

Ce n’est pas aussi rigolo que de changer le titre des morceaux pour faire dire n’importe quoi au logiciel VoiceOver (les possesseurs d’un iPod nano comprendront), mais avec un peu de pratique et un bon site de paroles, le rendement est impressionnant.

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Voilà qui termine notre checklist des incontournables (certains plus que d’autres) du MP3. J’espère que cette dernière vous permettra de considérer votre lecteur sous un nouvel angle, et d’explorer toutes les possibilités qu’il vous offre, et elles sont nombreuses. Bonne écoute!

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BAND OF HORSES @ LA CITE DE LA MUSIQUE (01.07.2013)

Groundhog Day Musical, deuxième. Moins d’une semaine après avoir été témoin du (re)retour des Of Monsters And Men à Paris, l’auteur de ce blog continua à revisiter ses classiques en se rendant à la Cité de la Musique pour l’ouverture des Days Off, festival curieux de tout et jamais avare en moments de grâce. En cause, un esprit d’innovation permanent, poussant les artistes participant à l’évènement à sortir de leur routine de tournée pour proposer, le temps d’un concert, quelque chose de différent au public. La bande de Ben Bridwell ayant pioché la carte « acoustique » dans le chapeau de l’organisateur, le résultat ne pouvait manquer d’être intéressant. L’unplugged c’est bon, mangez en.

Le Festival Day Off présente plusieurs particularités qui le distinguent nettement de la concurrence estivale, le premier et non le moindre étant qu’il se déroule en indoor, caractéristique qui aurait fait sourire au siècle dernier (quand il y avait encore des saisons et qu’il ne pleuvait qu’exceptionnellement à partir de mi-juin), mais qui n’a plus grand chose d’anecdotique par les temps qui courent. Même si la météo fut très clémente ce soir là, attirant de nombreux futurs spectateurs dans la cour intérieure de la Cité de la Musique pour siroter une bière avant l’ouverture des portes, la certitude de passer la soirée au sec quel que soit l’état du ciel est un luxe que le festivalier français vétéran estime à sa juste valeur.

Deuxième différence notable, l’absence de première partie, ou plutôt son remplacement par le concept de l’avant-scène, qui permet à un jeune groupe français de se produire pendant une demi-heure avant l’ouverture de la salle des concerts, sur une scène annexe de la Cité de la Musique. Mais devoir choisir entre un apéritif sonore ou une bonne place dans la file d’attente ne favorise pas vraiment la découverte de nouveaux talents, en l’occurrence le trio GARCIAPHONE, entendu de loin plutôt qu’écouté de près. J’aurais été au courant de la taille spacieuse de la salle principale de la Cité de la Musique, plus proche d’un Bataclan que d’une Maroquinerie, j’aurais sûrement été plus enclin à laisser sa chance au groupe d’Olivier Perez, victime collatérale de l’astucieuse mise en espace de Christian de Portzamparc.

Après vingt minutes d’attente dans les confortables fauteuils du lieu, à parcourir d’un œil distrait le programme de la saison 2013-2014 (Charlotte Rampling lit Sylvia Plath… à voir), les lumières s’éteignent en même temps qu’un sympathique jingle nous rappelle qu’il est strictement interdit d’envisager de prendre ne serait-ce qu’une photo des concerts qui vont suivre, sous peine de se faire méchamment lourder par les vigiles en cas de flagrant délit. Une déclaration bien vaine à l’âge du smartphone, et assez surprenante de la part d’une organisation qui s’était jusque là montrée vraiment très cool -laxe- en matière de contrôles (billets non scannés à l’entrée, bouteilles d’eau avec bouchons tolérées). Inutile de dire que cette entrée en matière un peu brutale n’a en rien découragé les photographes et vidéastes amateurs, qui ne m’ont pas semblé prendre plus de précautions qu’à l’accoutumée pour commettre leur odieux méfaits. Vilains.

Comme prévu, ce fut LAMBCHOP, sextuor de Nashville, Tennessee, qui débuta le concert. Regroupant pas moins de quatre chemises à carreaux sur la même scène, le groupe de Kurt Wagner (un nom qui le prédestinait à venir jouer à la Cité de la Musique) livra son inimitable country alternative avec une sérénité rassérénante et une délicatesse définitivement jazzy. Sous son apparence de patriarche white trash (la casquette, ça doit être la casquette), Mr Wagner est un poète sensible et mélancolique, le chaînon manquant entre JJ Cale et Jason Lytle. Tellement sensible et mélancolique d’ailleurs que son acolyte Tony Crow (piano) dut envoyer une blague salace au deux tiers du set pour réveiller un peu le public qui commençait à piquer doucement du nez (moi le premier). Après une bonne heure de prestation, les sudistes plièrent les gaules afin de laisser l’équipe technique préparer la scène pour leurs confrères de la côte Ouest. Entracte.

Setlist Lambchop:

1)If Not I’ll Just Die 2) The Good Life (Is Wasted) 3)Mr. Met 4)Gone Tomorrow 5)About My Lighter 6)What Else Could It Be? 7)Nice Without Mercy 8)Betty’s Overture 9)Grumpus 10)Your Fucking Sunny Day 11)Up With People 12)Interrupted

Lambchop 1

Après la journée de la jupe, la soirée de la casquette: Acte I…

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Les premières minutes d’un concert sont toujours délicates à négocier, à plus forte raison quand on est un groupe de rock sevré d’électricité pour la totalité du show. Comme Ben Bridwell le souligna dès la fin du premier morceau, Neighbor, il s’agissait pour les BAND OF HORSES d’un « fun challenge… in a good way! », une excursion assez poussée hors de la zone de confort des musiciens de Seattle. Ne pouvant compter sur une déferlante sonique pour élever les débats d’entrée de jeu, recette couramment employée par les rockers de tout crin pour briser la glace avec le public, le groupe décida à la place de jouer à fond la carte de l’émotion dès le début des hostilité. Le Neighbor en question fut donc exécuté par les seuls Ben, Tyler et Ryan, uniquement accompagnés par le piano de ce dernier. Sur la mélodie réduite à sa plus simple expression, les voix du trio s’entremêlèrent avec une synergie magnifique, encore sublimée par un passage a cappella sur le deuxième couplet. Au nom du Crosby, du Stills et du Nash, saints patrons du folk, jouez en paix.

Ce premier tour du piste constitua l’incipit d’une revue en bonne et due forme de la discographie du groupe, au cours de laquelle Cease To Begin et Infinite Arms furent particulièrement mis en avant (5 morceaux chacun). Souvent joués en petits comités, à deux, quatre ou six mains sur les dix que compte le groupe, les titres de la setlist se dévoilèrent sous un autre jour, la « clarté » de l’acoustique permettant de saisir toutes les nuances des instrumentations et des arrangements, autrement perdus sous le feu roulant de la distorsion. Si les ballades (St. Augustine, No One’s Gonna Love You, Marry Song) gagnèrent un niveau d’intensité grâce à ce traitement minimaliste, ce furent les compositions up tempo qui, à mes yeux, bénéficièrent le plus de cette relecture, et en particulier Weed Party, qui permit à Ryan Monroe de démontrer sa technique à la guitare, et à Bill Reynolds de gratifier la salle d’un court mais réjouissant solo de contrebasse. Ce fut cette même contrebasse, qui servit de trame à un émouvant Detlef Schrempf, secondée dans son effort par l’omniprésent piano de Ryan, qui se paya même le luxe de remplacer la guitare sur les arpèges introductifs de The Funeral. Si vous vous demandez si cette chanson « marche » en acoustique, voici de quoi vous faire votre propre opinion:

Sortis de scène après un The General Specific sur lequel le public de la Cité de la Musique participa presque (sans doute la légendaire retenue des spectateurs de musique classique), les chevaux de Seattle revinrent sur l’estrade pour un court rappel de deux titres, dont un ultime Is There A Ghost, qui ne réussit malheureusement pas tout à fait à décoller il le devait, ce qui aurait constitué un exploit retentissant au vu de la nature foncièrement electric friendly de cette composition. Pas de quoi noircir significativement un tableau autrement dégagé, les Band Of Horses ayant pu prouver au cours de leur heure de prestation, déclinée en pas moins de 17 tableaux, une bluffante maîtrise du format acoustique. Pour avoir assisté au cours des trois dernières années à quatre performances du groupe, autant en plein air (Rock en Seine) qu’en salle (La Cigale, Le Trianon), je dois dire que le concert des Days Off se démarque clairement du lot, autant par sa qualité que par son côté innovant, même si la communion avec la foule a légèrement et logiquement pâti du cadre et de la disposition des lieux. Difficile de faire du slam dans une salle sans fosse, quant au pogo des familles, inutile de commencer à envisager la possibilité d’en initier un, ne serait-ce que pour le fun. On ne peut pas tout avoir.

Band Of Horses 1

… et Acte II. Mais on vous aime quand même les gars.

Setlist Band Of Horses:

1)Neighbor 2)Factory 3)Marry Song 4)Wicked Gil 5)St. Augustine 6)Evening Kitchen 7)No One’s Gonna Love You 8)Everything’s Gonna Be Undone 9)Slow Cruel Hands Of Time 10)Weed Party 11)Older 12)Long Vows 13)Detlef Schrempf 14)The Funeral 15)The General Specific

Rappel:
16)For Annabelle 17)Is There A Ghost

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Et c’est ainsi que se termine la parenthèse « approfondissement » de ces dernières semaines (sauf si j’arrive à assister à quelques soirées du festival Fnac Live pendant la semaine, bien sûr). Bilan mitigé pour cet exercice particulier en ce qui me concerne, avec du bon et du moins bon (mais pas de mauvais, heureusement), qui a eu pour conséquence logique de relancer mon intérêt pour la nouveauté, ce qui tombe à pic puisque le MAP de Juillet 2013 vient de sortir, comme tous les 15 du mois. C’est gratuit, c’est varié, et ça vous permettra de briller en soirée (« ouais en ce moment j’écoute pas mal de grunge indonésien tu vois… c’est frais, j’aime bien »), alors pourquoi hésiter? Je profite également de cette conclusion pour remercier tous les visiteurs de S.A.U.S.O.R.O. pour cette première année de présence sur la toile. Je suis le premier étonné de constater l’état de forme de ce blog, qui, pour la petite histoire, doit son existence à un tweet mêlant à part égale l’aéroport de Trondheim et Brand New Start des Concrete Knives. À quoi ça tient la vie parfois…

OF MONSTERS AND MEN @ L’OLYMPIA (25.06.2013)

On prend les mêmes et on recommence. Trois mois après leur soirée neigeuse au Trianon, les OMAM revenaient à Paris pour (re)défendre  leur premier album, My Head Is An Animal. Nouvelle étape d’une tournée marathon (90 dates depuis novembre 2012), cette escale dans la salle la plus prestigieuse de la capitale avait comme un avant-goût de déjà vu, déjà vécu. La question était de savoir si le septuor de Reikjavik récompenserait la fidélité (certains parleront d’acharnement) des spectateurs déjà présents en Mars dernier, en ne proposant pas exactement le même show que celui livré cent jours plus tôt. Pour être honnête, je nourrissais de sérieux doutes à ce sujet, mais j’étais tout de même disposé à laisser leur chance aux islandais volants, que je savais par ailleurs tout à fait capables d’enflammer la vénérable maison Cocatrix. Surprenez moi les gars.

Premier inédit de la soirée (autre que la mouette en peluche qui trônait sur l’ampli scène de Kristján Páll Kristjánsson – c’était un dragon en plastique au Trianon*-), ÁSGEIR TRAUSTI, nouvelle coqueluche des médias islandais, investit la scène en compagnie des deux musiciens de son groupe, nommé comme il se doit l’Ásgeir Trausti Band. Suite à un début de set assez déconcertant (au moins autant que le style capillaire d’un de ses acolytes, qui semblait avoir hybridé la célèbre mulette des années 80 avec la demie-iroquoise si populaire en ce moment, pour un résultat définitivement racé), assez proche du style minimal wave des XX, le propos se recentra sur du folk bon teint, ce qui permit à la voix du jeune songwriter (21 ans seulement) de se mettre en valeur.

Asgeir Trausti 11'

Doté d’un timbre aussi délicatement cotonneux que celui de James Vincent McMorrow, de compositions adéquatement rêveuses même si légèrement surannées et de la présence scénique humble, voire effacée, qui fait tout le charme des consorts de Justin Vernon et Ray LaMontagne, Ásgeir Trausti livra une prestation tout à fait satisfaisante, à laquelle l’Olympia réserva un accueil très favorable. Manquait toutefois la dimension créative, inhérente aux musiciens islandais depuis l’avènement de Björk et de Sigur Ros, pour convaincre totalement. Reste que pour un premier essai, Dýrð í dauðaþögn (Gloire dans le silence de mort, tout un programme**) se présente comme un album solide, et qui devrait aider Trausti à prendre pied en Europe, lorsqu’il sera disponible à la vente sur le vieux continent.

*: Chacun est libre d’interpréter ce changement de totem comme il l’entend.

**: Détail intéressant, toutes les chansons de l’album disposent d’une version originale (en islandais) et d’une version anglaise, vraisemblablement pour faciliter l’export.

Setlist Ásgeir Trausti:

1)Hærra 2)Heimförin 3)Sumargestur 4)Þennan Dag 5)Að grafa sig í fönn 6)Frost 7)??? 8)Leyndarmál

Les 20 minutes d’entracte réglementaire de l’Olympia permirent aux techniciens de préparer la scène pour la suite de la soirée, notamment en hissant une grande toile blanche entre la fosse et l’estrade, derrière laquelle on ne distinguait plus guère que les silhouettes des sphères suspendues derrière la batterie d’Arnar et les pianos droits de Steingrimur et Ragnhildur (ces noms, ces noms…). Ce fut donc en ombres chinoises que les OF MONSTERS AND MEN firent leur entrée à l’Olympia, sous un tonnerre d’applaudissements qui ne laissa planer aucun doute quant à la motivation du public.

Of Monsters And Men 5'

Alone we travelled on with nothing but a shadow…

Comme pour le concert du Trianon, ce fut Dirty Paws qui inaugura la setlist, après que les chants liturgiques bulgares servant d’introduction au groupe se soient tus. Le premier break du morceau vit tomber le voile qui masquait la scène, et s’en fut fini des innovations par rapport au précédent show parisien, pour une bonne demi-heure tout du moins. Les chansons s’enchaînèrent dans le même ordre que trois mois plus tôt, le Skeletons des Yeah Yeah Yeahs ayant simplement été décalé dans le rappel, et Sloom biffé au profit d’un inédit, Beneath My Bed. Ce morceau (écarté de la tracklist de My Head Is An Animal au moment de l’enregistrement de l’album, et cela se comprend à l’écoute; la chanson tirant un peu trop sur la corde de la simplicité mélodique, même selon les standards assez conciliants du groupe sur ce point), décrit par Ragni comme étant dédié à un voisin grenouille ayant déménagé en France (ah, l’univers coloré des OMAM), constitua donc la seule véritable nouveauté de la setlist, à la fois sur le fond et sur la forme. (Petite) Déception.

Malgré le caractère festif du concert, l’ardeur du public (aiguillonné à l’entrée de la dernière ligne droite par un lâché de confetti dorés) et la qualité de la prestation, je ne pus m’empêcher de me demander si le groupe ne jouait pas en pilote automatique, solution de confort souvent privilégiée lors de tournées interminables comme celle dans laquelle nos sept Islandais sont engagés depuis neuf mois. Ceci dit et quoiqu’il en fut réellement, je tiens à préciser que les Monsters mirent un point d’honneur à satisfaire leur public parisien, même si la communication avec ce dernier fut sensiblement moins importante que durant le concert du Trianon. Au moins, nous eûmes la confirmation que Nanna n’avait pas oublié le petit master class de français de Mars dernier au moment de Love Love Love, (re)rebaptisé Amour… pour l’occasion. Mené par un Arnar Hilmarsson tonitruant et ultra généreux, les OMAM firent passer aux 2000 spectateurs de l’Olympia une soirée mémorable, qui s’acheva )à nouveau par un Yellow Light partagé avec le public. Pourquoi diantre changer une formule qui marche…/?

Of Monsters And Men 9'

Notez tout de même que Ragni a osé le chapeau cette fois. On est loin du haut de forme de Kristján au Trianon, mais tout de même…

Setlist Of Monsters And Men:

1)Dirty Paws 2)From Finner 3)Slow And Steady 4)Mountain Sound 5)Your Bones 6)Love Love Love 7)King And Lionheart 8)Beneath My Bed 9)Lakehouse 10)Little Talks 11)Six Weeks

Rappel:
12)Skeletons (Yeah Yeah Yeahs’ cover) 13)Yellow Light

Au final, ce fut encore une soirée plaisante, et qui l’aurait été encore plus si je n’avais pas eu la mauvaise idée d’être un « revenant ». Engagez-vous, mais ne vous rengagez pas (sauf si vous êtes un fan absolu du groupe, bien sûr), voilà ce que je vous dis, et ce que je ferai pour le cas Of Monsters And Men, au moins jusqu’à ce qu’ils reviennent avec un nouvel album. D’ici là, l’album devrait suffire à combler tous mes besoins de lalala et hey hey, sans repasser par la case concert. À bon auditeur…

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