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W.H.A.T.T. (N.O.W.): APRÈS D’ÂPRES ACTUALITÉS

On a déjà beaucoup dit, écrit et fait au sujet des terribles évènements qui ont ensanglanté Paris et sa proche banlieue en cette triste nuit du 13 Novembre 2015, et ce n’est sans doute que le début d’un long et douloureux processus cathartique, qui permettra à toutes les personnes affectées par ce drame absurde, et elles sont nombreuses, de mettre des mots sur cette tragédie.

Je prends la plume aujourd’hui alors que cette affaire continue de hanter les esprits de 66 millions de Français et d’innombrables autres habitants de cette planète, et tourne en boucle sur tous les médias à la disposition du quidam que je suis en cette ère digitale. Des réponses seront sans doute apportées aux myriades de questions que tous se posent dans les heures, les jours et les mois à venir, et justice sera peut-être rendue aux perpétrateurs de ces lâches attentats à plus ou moins long terme. Espérons.

En tant qu’être humain doué de raison, Français, Francilien, blogueur et amateur de musique ayant fréquenté plus qu’à mon tour les salles de concert parisiennes, dont le Bataclan à plusieurs occasions, et la dernière fois pas plus tard que le 17 Octobre dernier, je me sens particulièrement touché par cette nuit d’horreur, au cours de laquelle l’homme a pu démontrer ce qu’il avait de plus méprisable, mais également de meilleur, en lui.

J‘aurais pu être au 50 boulevard Voltaire hier soir, pour assister au concert d’un des nombreux artistes qui me font vibrer, sans me douter que cet évènement festif, solidaire et pacifique, tournerait au bain de sang. J’étais au show d’IAMX (chanteur autrement plus « gentil » que les Eagles of Death Metal) dimanche dernier au Cabaret Sauvage, et aurais du assister à la prestation d’Émilie Nicolas ce soir à la Boule Noire. J’aurais pu être ciblé, agressé, meurtri dans ma chair et exécuté par un illuminé armé jusqu’aux dents pour le simple motif « d’idôlatrerie »,  pour reprendre le terme du communiqué de l’État Islamique. On aurait pu me condamner à mort pour crime de mélomanie. D’autres l’ont été, et c’est avec cette idée absurde, grotesque, insensée mais néanmoins irréfutable que je vais devoir vivre à partir de maintenant.

Mes pensées vont à toutes les victimes des attaques terroristes du 13 Novembre 2015, ainsi qu’à tous leurs proches. Je m’associe à la douleur des seconds et m’engage à faire vivre le souvenir des premières, en montrant à tous les fous furieux prêts à toutes les ignominies pour imposer leur vision du monde à ce dernier, qu’il s’agit d’un combat qu’ils ne peuvent et ne pourront jamais gagner. Simplement par ce que je, parce que nous l’avons décidé.

PiP

MAMA FESTIVAL JOUR 3 (16.10.15)

Abondance de biens ne nuit pas. Et c’est la même chose pour les concerts: après quelques semaines de calme plat, une vague d’évènements musicaux a déferlé sur Paris, emportant votre serviteur sur son passage. Compte-rendu du Day Three.

Retour aux Trois Baudets pour cette dernière soirée de Mama, pour un enchainement cosy et allégé par rapport au programme des deux journées précédentes (eh, c’est le week-end pour tout le monde). Tout commence par un set de HANNAH LOU CLARK, seule en scène avec sa guitare et sa fidèle rythmique électrique. L’ex Foe, qui de son propre aveu, a passé la journée à errer dans Paris avec son matériel à la main, livre une prestation assez convaincante, même si les morceaux ont tendance à se suivre et à se ressembler. À retenter avec un backing band.

Hannah Lou Clark 3

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Noiserv 2C‘est ensuite au tour de David Santos, alias NOISERV, de prendre d’assaut la scène du 64 boulevard de Clichy. Dans la droite lignée des serial loopers (KT Tunstall, Bernhoft, Loney, Dear…) sévissant dans le paysage musical de ce début de siècle, Noiserv construit sa musique par entrelacs successifs, chaque couche rajoutant une texture, une ambiance ou une sonorité supplémentaire à l’ensemble, avant que le maestro ne vienne poser sa voix sur le tout ainsi formé. Avec son inclinaison pour les compositions joliment mélancoliques, les titres artistiquement allongés (vous êtes plutôt Life Is Like A Fried Egg, Once Perfect Everyone Wants To Destroy It ou It’s Useless To Think About Something Bad Without Something Good To Compare ?), les samples jinglesques (What a life! Wha-wha-wha-what a life!) et sa louable volonté d’expliquer à son public la substantifique moelle se cachant dans chacune de ses chansons (ce qui vaut toujours la peine, mais dans son cas prend facilement 3 minutes entre chaque titre), Noiserv est un sympathique OVNI de la scène indie européenne, dont l’A.V.O. (Almost Visible Orchestra) – nom du premier album du fantasque lisboète – est désormais disponible dans toutes les bonnes crèmeries. Le número dois ne devrait plus tarder à pointer le bout de son nez, surtout avec l’attention médiatique générée par le duo avec Cascadeur sur Don’t say hi if you don’t have time for a nice goodbye. Franchement, c’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Noiserv 3

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Pour aller plus loin:

Mlle Clark a l’air de baguenauder du côté obscur du rock DIY ces temps-ci, et laisse tant son plectre que son stylo filer au but par le plus court chemin possible. Le résultat est assez brut de décoffrage, mais les amateurs pourraient y trouver leur bonheur. Un exemple: Kids In Heat

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Noiserv n’a pas besoin de très longtemps pour implanter une des ses petites mélodies dans le cerveau de tous ceux ayant le bonheur de l’écouter. Avec ses 2:47, Today Is The Same As Yesterday, But Yesterday Is Not Today (ou TITSAY BYINT, si vous voulez la réclamer en concert sans y passer deux heures) est dans la moyenne des travaux de notre homme, et je peux déjà vous dire que ce ne seront pas trois minutes de perdues. On parie? Un exemple: Today Is The Same As Yesterday, But Yesterday Is Not Today

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