W.H.A.T.T. (N.O.W.): Le Palmarès Des Victoires De La Musique 2013

Ça y est, c’est fait. Nous sommes officiellement débarrassés des Victoires de la Musique pour cette année. Actualité internationale chargée*, j’ai l’impression que les résultats dévoilés lors de l’interminable soirée de remise des palmes d’avant-hier soir sont un peu passés à la trappe. Et je trouve ça assez dommage, car pour une fois, je trouve que nous, Français, n’avons pas à avoir (trop) honte des choix du jury. Certes, le palmarès final n’est pas à se rouler par terre, mais oh, n’oublions pas qui nous sommes non plus. On parle bien de l’industrie musicale française ici, nation plus réputée à l’étranger pour ses fromages et son pinard que pour la qualité de ses chanteurs. Bon, il fort est probable que la qualité de l’œuvre de la Grande Sophie et  de Dominique A ne soit pas immédiatement reconnue et célébrée à sa juste valeur de l’autre côté de l’Atlantique, et que seuls les doctorants en musicologie anthropologique aient été enthousiasmés par la victoire de Camille dans la catégorie de chanson originale de l’année. Mais au vu du champ des possibles que nous réservait la grille des nominés, je crois que l’on a échappé au pire. Cocorico.

*: Merde, Findus nous a fait manger de la viande de cheval dans ses lasagnes au bœuf. C’est grave. En fait, pas tellement, mais ça révolte les Anglais, peuple aussi résolument jellyphage (surtout si la gelée en question est à l’orange et à la menthe [Monstres! ]) que non-hippophage. Allez comprendre, c’est pourtant pas mal le cheval. Rien que pour ça, ça mérite que l’on en parle.

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Trophée

Mmm… Une tête de rasoir à 6 lames enveloppée dans une feuille d’alu?

Les Victoires de la Musique 2013, ce furent donc 12 trophées lourds, brillants et (soyons honnêtes) assez disgracieux remis aux artistes français/francophones/francophiles jugés les plus méritants par un jury composé de quelques 550 professionnels du monde de la musique pour 10 d’entre eux, et par le grand public, pour peu qu’il ait pris la peine de voter par réseaux sociaux ou SMS interposés avant l’expiration du délai imparti, pour les deux derniers. Ce fut également une cérémonie présentée par un duo d’animateurs sympathiques mais pas transcendants (Virginie Guilhaume et Laurent Ruquier), peu aidés il faut dire par une organisation brouillonne, des problèmes de son récurrents durant les performances live et de vieux artistes incroyablement bavards et tellement ravis que l’on se soit enfin souvenu de leur existence qu’ils ont tout fait pour prolonger leur passage sur scène. Les ingrats.

Comme chaque année, beaucoup des commentateurs de la grand-messe musicale hexagonale ont basé leur revue de l’évènement sur les inévitables omissions « scandaleuses » du palmarès, déclinables à l’infini selon les goûts et les affinités de chacun. Cet angle d’attaque, qui permet au critique d’exhiber sa culture et son bon goût tout en titillant agréablement la corde sensible du râleur qui se cache en chaque Français, pêche à mes yeux par un manque de vision globale. Car oui, mes amis, n’ayons pas peur de le dire, les Victoires de la Musique sont avant tout politiques! En récompensant X à la place de Y (même si tout le monde sait que X est un fils à papa monté sur pistons, alors que Y n’a que son immense talent pour elle*) , le jury fait passer un message au reste du monde (mais ce dernier écoute-t-il?). Il n’y a guère que le grand public, cette brave bête décérébrée par la seule force du nombre, pour décerner ses palmes sans arrières-pensées. On y reviendra. Avant d’aller plus loin, il me semble donc utile de rappeler les résultats d’hier soir, afin que chacun les ait bien en tête pour la suite:

PALMARÈS:

Artiste Interprète Masculin (Jury): Dominique A
Artiste Interprète Féminine (J): Lou Doillon
Groupe ou Artiste Révélation du Public (Public): C2C
Groupe ou Artiste Révélation Scène (J): C2C
Album de Chansons (J): La Grande Sophie (La Place du Fantôme)
Album Rock (J): Skip The Use (Can Be Late)
Album de Musiques Urbaines (J): Oxmo Puccino (Roi Sans Carrosse)
Album de Musiques du Monde (J): Amadou & Mariam (Folila)
Album de Musiques Électroniques ou Dance (J): C2C (Tetra)
Chanson Originale (P): Camille (Allez Allez Allez)
Spectacle Musical/Tournée/Concert (J): Shaka Ponk (The Geek Tour)
Vidéo-Clip (J): C2C (Fuya)

Victoires d’Honneur (J): Véronique Sanson, Sheila, Enrico Macias

*: Toute similitude avec un palmarès plus ou moins récent serait purement fortuite, ou pas. À vous de voir si vous avez envie d’éplucher 28 ans de Victoires à la recherche de la concordance ultime. Un indice pour les motivés: X a une tache de naissance sur la fesse gauche, et Y collectionne les dés à coudre.

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LE TRIOMPHE C2C

S‘il y a une chose à retenir de cette 28ème cérémonie, c’est bien sûr l’incroyable moisson réalisée par le quatuor nantais. Avec quatre Victoires dans leur escarcelle, les turn-tablers sont repartis du Zénith avec un tiers des palmes décernées lors de la cérémonie. Il faut remonter à 2005, l’année M (quatre trophées pour le fiston Chédid), pour trouver semblable plébiscite. Cependant, les quatre DJs ont fait mieux que l’ex Mister Mystère en son temps (qui au passage, est revenu bredouille au bercail), puisqu’ils se sont tout simplement imposés dans 100% des catégories dans lesquels ils étaient alignés. Trois de ces dernières étaient placées sous l’arbitrage du jury, dont l’obsession pour les C2C envoie un message fort: il faut suivre ces gars.

Il ne faut pas oublier que les Victoires de la Musique sont, entre autres, une vitrine pour les artistes nationaux. Et même si les observateurs étrangers ne doivent pas être très nombreux à suivre les résultats de cette vénérable institution, il n’en demeure pas moins que cette dernière est incontestablement l’une des principales portes d’entrées dont le tout venant international dispose pour découvrir ce que nous, petits Frenchies, sommes capables de faire avec nos doigts boudinés. Et quand un groupe remporte autant de trophées en une seule fois, forcément ça intrigue. On a envie d’en savoir plus, de comprendre ce que ces petits gars ont de si extraordinaire pour mériter une telle consécration. Avec un peu de chance, on est soi-même convaincu après écoute, et on fait passer l’info dans son propre pays. Le fait est que la reconnaissance nationale est dans l’écrasante majorité des cas la condition sine qua non à une éventuelle reconnaissance internationale (les exceptions sont tellement rares que les réalisateurs suédois en font des films*). Et remporter une Victoire de la Musique (ou son équivalent: Grammy, Brit Award, Grammi, Spellemannpris, Aria, Sama…), ou à plus forte raison, quatre, c’est accéder à une reconnaissance nationale. La machine semble donc bel et bien lancée pour les C2C, qui pourront en outre bénéficier de la flatteuse réputation de l’electro française au niveau mondial (c’est bien le seul courant musical dans lequel nous sommes indiscutablement dans le peloton de tête) pour partir à la conquête du globe. Alors, merci qui? Merci le jury des Victoires de la Musique.

*: Si vous avez besoin de lire cette astérisque, c’est sans doute par ce que vous n’avez pas immédiatement compris où la subtile indication de l’auteur de ces lignes menait. La réponse est: au Searching For Surgar Man de Malik Bendjelloul. Allez-le voir. Maintenant.

C2C

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LES PETITS, LES OBSCURS, LES SANS GRADES…

Autre tendance forte de cette édition, le souci du jury de récompenser des artistes peu connus du grand public, malgré une carrière déjà conséquente. Cette année, ce furent Dominique A (20 ans de bons et loyaux services, autant de passages en radio sur la période) et la Grande Sophie (15 ans d’activité et un seul « tube » au compteur) qui eurent droit à la médaille du mérite. En cela, on peut déceler une perpétuation d’une tendance « commémorative » déjà à l’œuvre depuis deux ans, et dont les bénéficiaires furent quelques uns des grands oubliés, plutôt célèbres ceux-là, de longue date des Victoires de la Musique: Bernard Lavilliers (première palme à 65 ans, pour son vingtième album studio, Causes Perdues Et Musiques Tropicales, en 2011), Thiéfaine (coup double en 2012, quarante ans après ses débuts) ou encore Catherine Ringer (qui reçut sa troisième Victoire l’année dernière, 25 ans après les deux premières). Aux vétérans de la musique, l’industrie reconnaissante…

Toutefois, en choisissant de distinguer des chanteurs aussi « confidentiels » que Dominique A et la Grande Sophie, qui étaient sans aucun doute possible les nominés les plus obscurs de leurs catégories respectives, le jury a fait plus que récompenser l’ancienneté, critère déterminant lors des années précédentes: il s’est donné une vocation de guide du grand public, en attirant l’attention de ce dernier sur des noms qu’il n’aurait jamais remarqué sinon. Attitude que l’on peut trouver admirable ou pédante, selon son humeur, mais qui a au moins le mérite de battre en brèche l’idée reçue selon laquelle les Victoires de la Musique ne seraient remises qu’à des gros vendeurs d’albums. À chacun de décider si le palmarès 2013 se base ou non uniquement sur des critères qualitatifs, mais force est de constater que le critère quantitatif n’a quant à lui pas prévalu dans (toutes) les délibérations. Et ça, c’est plutôt pas mal.

GSDA

Ces gens sont des stars de la chanson française maintenant. Essayez de retenir leur visage (au cas où).

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LE RETOUR DU ROCK

Mais était-il seulement parti? À voir les nominés pour la Victoire d’album rock de l’année, le doute était permis. Sans vouloir présumer de la qualité artistique de Lou Doillon, Raphael et des BB Brunes, je n’aurais pas instinctivement tendance à qualifier leur musique de rock, ou alors un rock pris au sens très large, incluant la pop, le folk, le blues, l’indie et l’alternative. Il faut dire qu’avec seulement cinq genres reconnus par le jury des Victoires, il n’est guère étonnant de retrouver une forte hétérogénéité de style entre les nominés d’une même catégorie.

À mes yeux, il n’y avait donc que les Skip The Use qui pouvaient incontestablement prétendre à la palme de meilleur album rock pour leur nerveux Can Be Late. Et au vu des prestations offertes par chacun des quatre concurrents lors de la cérémonie, il aurait été assez grotesque que le prix échappe à la quintette de Ronchin, qui fut la seule à livrer une performance digne d’être qualifiée de rock. Face à des BB Brunes gentillets et plus pop que jamais pendant Coups Et Blessures, une Lou Doillon impeccable mais hors sujet sur ICU et un Raphael en mode full synthé expérimental (Peut-Être), la bande de Mat Bastard a déroulé un Cup Of Coffee du feu de Dieu qui a enterré avec autorité les maigres arguments de la concurrence.  Bref, tout est bien qui finit bien, mais on est passé tout près de (re)devenir la risée du monde en couronnant un album non rock. J’espère sincèrement que le jury sélectionnera ses nominés avec plus de soin en 2014.

Deuxième preuve de la bonne santé du rock, la victoire de Shaka Ponk dans la catégorie de Spectacle Musical/Tournée/Concert. La concurrence n’était pas vraiment féroce non plus, mais on n’était pas à l’abri d’une mauvaise surprise. Une preuve supplémentaire de la reconnaissance de l’industrie du nouveau rock français, débridé, séduisant, souvent mâtiné d’electro, et, surtout, chanté en anglais. Tant pis pour les défenseurs acharnés de la francophonie, mais depuis la mort de Bashung et la dissolution de Noir Désir, on cherche encore ceux ou celles qui seraient capables de plier la langue française aux exigences du rock. En attendant la relève, let’s do it in English, right?

STUSP

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LA FRACTURE URBAINE

Le rock rit, le rap pleure. Oxmo Puccino s’en est reparti avec la Victoire d’album de musiques urbaines, dans l’indifférence quasi générale des amateurs de ce(s) genre(s). Il faut dire que le Black Jack Brel n’est pas vraiment l’artiste le plus écouté par les aficionados de rap, hip-hop ou R’N’B. Mais les véritables stars de ces courants musicaux ne sont pas assez politiquement correctes pour pouvoir prétendre à un trophée qu’elles regardent de toute façon avec une goguenardise non déguisée. C’est sûr que gagner la reconnaissance de l’industrie musicale quand on est résolument anti-système, du moins en apparence, ce n’est pas vraiment une priorité. De toute façon, il paraît peu probable que Booba, La Fouine, Rohff ou Kery James gagnent jamais quelque chose tant qu’Abd Al Malik, Oxmo Puccino, Grand Corps Malade ou MC Solaar continueront à sortir des albums. Je suis le premier à me féliciter de ce parti pris, consistant à sevrer les thugs du rap game de récompenses, au profit de plumes plus complexes et plus intellectuelles (et, oserai-je le dire, plus intelligentes), même si ces dernières ne touchent qu’une audience bien plus limitée, mais comme je n’écoute pratiquement jamais de « musiques urbaines », mon avis est fortement biaisé.

En boudant systématiquement les stars françaises du genre, le jury des Victoires de la Musique s’est durablement décrédibilisé aux yeux des amateurs de musiques urbaines, et ce n’est pas le palmarès de cette année qui précipitera une éventuelle réconciliation: Tal est repartie bredouille, tout comme la Sexion d’Assaut et Orelsan. Aucun des artistes « urbains » (décidément, j’adore cette formule) un tant soit peu populaires nominés cette année n’a gagné quelque chose, enterrant ainsi le mouvement d’ouverture esquissé l’année dernière avec le deux trophées d’Orelsan. D’ailleurs, la victoire de Camille dans la catégorie de chanson originale de l’année, dont le vainqueur est choisi par vote du public pendant la cérémonie, prouve bien que les jeunes « urbains » ne s’intéressent pas/plus aux Victoires de la Musique. Comment expliquer autrement le camouflet infligé à la Sexion d’Assaut (plus de quatre millions de fans sur les réseaux sociaux) par une artiste au public bien plus restreint (75.000 likes sur Facebook)? Les Victoires de la Musique, une institution qui se « ruralise » d’année en année.

TOSDA

Comme quoi, il ne suffit pas (toujours) d’avoir une jolie robe, un peignoir en soie ou de savoir compter sur ses doigts être récompensé.

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LE CAS DOILLON

Lou Doillon

Victoire de l’artiste interprète féminine qu’on soupçonnera toujours d’avoir été pistonnée! Si je m’attendais… (en fait, oui)

En s’imposant dans la catégorie artiste interprète féminine de l’année face à des concurrentes bien plus aguerries qu’elle, Lou Doillon a indubitablement fait un gros coup médiatique. Mais a-t-elle vraiment fait une bonne opération? En attribuant à une chanteuse de cinq mois la récompense suprême de son genre, le jury a obligeamment collé une étiquette « fille de … au triomphe népotique » sur la tête de Lou, qui n’en demandait certainement pas tant. L’album est sans doute bon, mais la trajectoire est trop parfaite, l’ascension trop rapide, la reconnaissance trop fulgurante pour qu’on puisse la contempler sans aucune suspicion. Et même si Mlle Doillon est malgré tout une self-made singer, chose dont on peut raisonnablement douter au vu de son pedigree et de son réseau (bizarrement, quand je chante dans ma cuisine, Étienne Daho n’est pas là pour m’encourager à persévérer), pourquoi diantre l’avoir dispensée de participation dans les catégories révélations (scène et/ou public), dans lesquelles elle aurait été bien plus légitime? Les voies du jury sont décidément impénétrables. Bref, la victoire de Lou me semble être la seule fausse note d’un palmarès autrement plutôt défendable et consistant. Difficile de ne pas y voir l’illustration concrète d’une industrie à deux vitesses, où il vaut mieux avoir des relations que du talent (même si rien n’interdit d’avoir les deux, of course).

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APPELEZ LE PLOMBIER, ÇA DÉGOULINE

Une cérémonie des Victoires de la Musique sans séquence(s) émotion, ça n’est pas audiovisuellement concevable. Quoi de mieux en effet que quelques larmes pour faire passer l’envie aux téléspectateurs (de moins en moins nombreux d’année en année) d’utiliser la zapette? Mais moi qui suis un être cynique au cœur froid, ces intermèdes mielleux et dégoulinants de bons sentiments me gonflent plus qu’autre chose, surtout lorsqu’ils s’étirent en longueur. Cette année, on a donc eu droit à dix bonnes minutes de « soyons solidaires avec nos amis Maliens », expédiées à grand renfort d’enfant des cités ondulant (même pas en rythme en plus) devant Amadou et Mariam lors de leur prestation, de drapeau malien géant représenté par un public bien brave de se plier à cette mascarade, et de discours tellement politiquement correct qu’on se serait cru à l’élection de Miss Prestige National.

Un peu plus tard, ce fut au tour de Véronique Sanson de se transformer en mamie gâteau sur scène, pendant que ses amis chanteurs et chanteuses lui rendaient un hommage préthume insupportable. Et était-ce nécessaire de faire monter le fiston Stills sur scène pour lui remettre sa Victoire d’Honneur? À la fin de ce numéro très pathétique, j’ai soudainement réalisé que la dernière fois qu’on avait assisté à une telle débauche de « je t’aime moi aussi », c’était en 2009, pour la dernière sortie médiatique d’Alain Bashung. Du coup, je me suis mis à flipper pour Véronique, que j’aime bien tout de même, et espère sincèrement qu’elle ne connaîtra pas le même funeste destin que son défunt collègue.

Enfin, et un peu plus supportable car légèrement plus court, la remise des Victoires d’Honneur à Sheila (plus siliconée que sa marionnette des Guignols) et Enrico Macias fut l’occasion d’un autre tsunami de bons sentiments. La musique est une grande famille où tout le monde se réconcilie une fois par an. Malheureusement pour nous, c’est diffusé en prime time chaque année. Ça aurait été tellement plus fun de demander à Johnny de remettre une Victoire d’Honneur à Michel Sardou. L’année prochaine peut-être.

Ils sont venus, ils sont tous là...

Ils sont venus, ils sont tous là…

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Que retenir de cette 28ème édition? Sur le long terme, il y a fort à parier que seule la moisson miraculeuse de C2C subsistera dans les mémoires. Espérons que les quatre DJs sauront capitaliser sur ce coup d’éclat pour devenir encore plus énormes qu’ils le sont déjà. Pour le reste, tout aura été oublié dans les trois mois, comme c’est à chaque fois le cas. À dans un an, et d’ici là, très bonne année musicale 2013.

À propos de Schattra

Égoïstement optimiste, çapourraitêtrebienpirologiste assumé. Selfishly optimistic, proud itcouldbemuchworsologist

Publié le février 10, 2013, dans W.H.A.T.T. (N.O.W.), et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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