FESTIVAL EUROPAVOX @ LA MAROQUINERIE (22.01.2013)

Alors comme ça, Cameron menacerait de mettre sur la table la question de l’appartenance de son pays à l’UE, dût son parti (j’aime bien utiliser des tournures compliquées lorsque je suis à la bourre dans l’écriture de live reports, ça permet de faire passer l’expiration de la deadline sur le dos d’un souci stylistique imaginaire) remporter les prochaines élections? David, David, are you f*cking kidding me?  L’Europe, c’est génial my lad, et même si ça te coûte plus cher que ce que tu es prêt à payer pour et que tu peux théoriquement de faire souffleter diplomatiquement par une alliance estonio-bulgaro-maltaise alors que tu possède l’arme nucléaire et une place au conseil de sécurité de l’ONU, ce n’est pas grand chose au regard de tous les inestimables avantages dont bénéficient les heureux pays membres de cette magnifique entité régionale. Tiens, parlons musique: si l’Europe n’existait pas, le festival Europavox aurait-il une raison d’être? I don’t think so dude. Et, crois-moi Dave, rien que pour ça, tu devrais y réfléchir à deux fois avant d’agiter le chiffon rouge de la sécession sous les yeux bovins et récemment nobelisés de la Commission. Toujours pas convaincu? Donne-moi cinq minutes et je te garantis que tu sortiras de cet article plus europhile que jamais. Raedhy. Steddie. Gå.

Le 22 Janvier 2013, la Maroquinerie était donc prise d’assaut par une horde d’estrangers, venus convertir la rue Boyer aux charmes du cosmopolitisme musical. Malgré une affiche très intéressante, la salle n’affichait pas complet ce soir, et c’est devant un parterre à moitié rempli que le premier acte de la soirée fut donné. Pas de quoi décourager MIKHAEL PASKALEV et ses comparses, venus défendre un premier album (What’s Life Without Losers?) même pas encore sorti*. Merci aux organisateurs d’Europavox d’avoir fait venir cette petite troupe pour la date parisienne du festival, car ce fut un sacré privilège d’assister au premier concert hexagonal de Paskalev & friends dans le cadre idéal de la Maroquinerie. Retiens bien ce nom, cette voix et cette moustache, ami lecteur, car ce type va bientôt devenir une référence de la scène indie. J’ai dit.

Mikhael Paskalev 3²Il faut dire que je ne partais pas aussi novice en paskaleverie que la majorité des sociétaires de la Maro réunis ce soir au sous-sol de la rue Boyer. Il y avait eu le Steinkjerfestival six mois auparavant, au cours duquel Mik avait déjà enflammé la Klubbscene en compagnie de toute une équipe de joyeux musicos, dont le hiératique blondinet Jonas Alaska (bien avant que ce dernier se mette à la boxe**), prestation qui m’avait convaincu du potentiel du garçon. Je ne m’attendais certes pas à le voir se produire en France de sitôt, étant donné son statut de rookie dans sa Norvège natale, mais puisqu’Europavox a accéléré les choses de manière inespérée, il aurait été grossier de ne pas saisir cette chance inespéree. Cerise sur le gâteau, l’espion en slip n’avait pas fait le déplacement seul, la quasi-totalité du groupe l’ayant accompagné sur les planches de Steinkjer étant de nouveau présent à ses côtés sur la scène de la Maroquinerie. Joe Wills (chœurs, lead guitare et producteur de l’album), Billie Van (chœurs, tambourin, pedal steel et premier album après l’été), Jørgen Svela (choeurs et basse) et Fabian Prynn (batterie), la bande du LIPA (Liverpool Institute for Performing Arts) était presque là au grand complet, excusez du peu. Les conditions étaient donc optimales pour une performance mémorable, et c’est exactement ce qui s’est passé (j’aime quand un plan se déroule sans accrocs).

Mikhael Paskalev 19²Le ton fut donné par un Hey Joseph introductif effectué seul à la guitare sèche par un Paskalev totalement maître de son sujet, et qui ne mit que deux minutes à éveiller l’intérêt d’un public certainement pas venu pour lui. Le reste du groupe entre en scène à la faveur de Jailhouse Talk conclu par un solo de trompette, et l’intérêt se change en enthousiasme. La suite du set permit de découvrir en avant-première mondiale, n’ayons pas peur de le dire, quelques uns des titres de What’s Life… (I Remember You, Come On, Sayonara Saigon) même si la chanson titre ne fut pas donnée ce soir. On se consola avec un final proprement épique, qui vit s’enchaîner les deux meilleures pièces de Paskalev: I Spy et le rollercoaster Jive Babe, véritable masterclass de breaks et de pre-chorus catchy en diable, qui fit souffler un vent de folie dans la Maroquinerie. Beau joueur, Mikhael termina les hostilités avec le plus calme Dust, histoire de ne pas fixer la barre trop haute pour ses successeurs. Gode gut.

*: Date de sortie: 8 Février 2013. Gleder meg. Gleder deg. Everyone gleder.
**: I Saw You Kid est le premier extrait de son second album, qui devrait sortir courant Mars.

Setlist Mikhael Paskalev:

1)Hey Joseph 2)Jailhouse Talk 3)I Remember You 4)Come On 5)Sayonara Saigon 6)I Spy 7)Jive Babe 8)Dust

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Funeral Suits 23²Car les successeurs en question, qui se trouvèrent être les Irlandais de FUNERAL SUITS, n’avaient vraiment pas besoin qu’on leur complique la tâche, les lads de Dublin se révélant tout à fait auto-suffisants en matière de galère. Some kind of jinx, comme aurait pu dire leur éminent et regretté compatriote Rory Gallagher. Jugez plutôt: une prune pour stationnement interdit plus tôt dans la journée, et un ampli guitare qui lâche en plein milieu du set, et ne sera remplacé/réparé qu’après dix bonnes minutes de tripatouillages désespérés, pendant lesquelles il a bien fallu jouer (résultant en un We Only Attack Ourselves interprété de manière quasi acoustique), puis meubler en attendant que tout rentre dans l’ordre. Il y aurait matière à tirer une chanson de ces péripéties à répétition, si ce n’était pas déjà le cas (Adventures Misadventures).

Funeral Suits 62²Abstraction faite de ces avanies finalement solutionnées à grand renfort d’huile de coude, le set de Funeral Suits fit la part belle à un post-rock brassant de multiples influences (shoegaze, garage, new wave, pop…), bien servi par des riffs saignants (All Those Friendly People, Stars Are Spaceships) et les harmonies vocales employées à très bon escient sur quelques titres (Colour Fade, Hands Down By Your Side). Sur scène, les rôles et les instruments s’échangèrent avec constance d’un bout à l’autre du show*, seul Greg McCarthy restant fidèle à ses futs jusqu’au clap de fin. Généreux dans l’effort, le groupe tint à allonger son passage de deux morceaux, contrepartie plus que suffisante pour faire oublier à un public de toute façon solidaire les quelques errements techniques de début de set. Une bien belle manière de terminer en beauté une prestation habitée et engagée, dont la substantifique moelle peut être retrouvée sur le premier album du quatuor, Lily Of The Valley, distribué physiquement en France depuis quelques jours. Et si vous avez le temps, jetez donc un coup d’œil aux clips du groupe, en particulier la trilogie HealthAll Those Friendly PeopleHands Down By Your Side, librement inspirée du terrible chef d’œuvre de William Golding, Sa Majesté Des Mouches.

*: À tel point que j’ai fini le set avec la guitare de Brian James autour du cou. Véridique.

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Ce fut enfin au tour des GREAT MOUNTAIN FIRE de monter sur scène, toutes chemises hawaïennes dehors, afin de terminer la soirée sur une note un peu plus légère. Pas de doute, c’est bien pour applaudir la quintette wallonne que la majorité des spectateurs s’était déplacée, ce qui permit au set de démarrer sur les chapeaux de roues. D’obédience électro-pop, mais une electro-pop agréablement mâtinée de lignes de basse funky en diable, la musique du combo belge évoque tantôt le Phoenix de It’s Never Been Like That, tantôt les Hoosiers période The Trick To Life, en tout cas sur les quatre titres auquel j’ai assisté avant de devoir partir, horaires SNCF incertains oblige. Dommage, car les groupes utilisant un ocarina/ »flûte ancestrale » sont suffisamment rares pour qu’on ait envie de rester jusqu’au bout de leur prestation. Espérons que les GMF reviendront tantôt mettre le feu à une autre salle parisienne, pas trop tard si possible.

Great Mountain Fire 7²

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Alors David, convaincu? Tu vois que l’Europe n’a pas que des mauvais côtés, en tout cas question musique, on ne craint personne. Tiens, bouge pas, je vais t’envoyer une petite playlist pan-européenne de derrière les fagots, tu m’en diras des nouvelles. Le rock progressif grec est très bon en ce moment, comme le folk suédois, l’indie-rock écossais ou l’electro portugais. Ah, et si tu pouvais faire avancer le dossier de la candidature de l’Islande auprès de tes petits camarades, ce serait vraiment sympa. Imagine Tilbury et Pétur Ben à la Maroquinerie l’année prochaine… Dément!

À propos de Schattra

Égoïstement optimiste, çapourraitêtrebienpirologiste assumé. Selfishly optimistic, proud itcouldbemuchworsologist

Publié le janvier 31, 2013, dans Revue Concert, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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