SUSANNE SUNDFØR @ LE POINT ÉPHÉMÈRE (10.11.2012)

En Norvégien, samedi se dit lørdag, ce qui signifie: « jour de lessive ». Partant, il était peu étonnant que les fameuses pluies de Novembre, immortalisées par un certain Mr Rose et ses Guns, s’invitent au décorum de la soirée à thème (nordique) organisée au Point Éphémère. Coïncidence? Je ne crois pas.
Sans pour autant se féliciter du climat froid, humide et détestable dans lequel s’est déroulé l’attente devant les portes de la salle, il était à propos de souligner les conditions exceptionnelles dans lesquelles l’unique date française de SUSANNE SUNDFØR, valkyrie songeuse à la voix de cristal, allait se dérouler: pour une artiste à laquelle l’étiquette du doom and gloom (rien à voir avec le dernier sursaut créatif en date des fossiles du rock) est si souvent accolée, il y avait quelque chose d’approprié à se produire dans un cadre aussi lugubre*. Le spleen, c’est bon et c’est de saison, écoutez-en.

*: J’adore le Point Éphémère (malgré son incapacité à orthographier correctement le nom des artistes scandinaves qui viennent s’y produire), mais force est de reconnaître que l’endroit évoque plus le squat bohème en déréliction que la retraite des Muses au sommet de l’Hélicon. Ajoutez des problèmes récurrents avec la préfecture et une forte population de SDF plus ou moins amicaux  aux abords du lieu, et vous comprendrez pourquoi il était opportun que la créatrice de The Brothel fasse escale ici.

Soirée à thème donc, puisque la première partie était assurée par une autre Norvégienne, la ravissante THEA HJELMELAND, qui semblait être une habituée des lieux. Multi-instrumentiste nomade ayant sorti son premier album Oh, The Third… plus tôt dans l’année, Thea nous venait aussi bien de Forde que de Cuba, du jazz que du hip-hop (pas forcément dans cet ordre). Un cocktail détonnant d’influences multiples, mises au service d’un folk à la fois intimiste et déluré, mais toujours classieux, comme quelques écoutes de l’opus en question (sur lequel l’incontournable Bernhoft a filé un coup de main et de voix, élément très favorable à verser au dossier) vous en convaincront rapidement.

Débarquée sur les planches du Point FMR avec armes, bagages, guitare, mandoline, banjo et ukulélé, resplendissante dans sa robe pailletée, Miss Hjelmeland a débuté son set par quelques morceaux joués en arpèges sur les manches de ses multiples instruments, canevas minimaliste sur lequel Thea broda à loisir d’incroyables motifs. Car, mazette, quelle voix! Difficile de décrire l’étendue des possibilités vocales de cette sirène du grand Nord avec mes pauvres mots tout muets, mais les exercices de haute-voltige auxquels l’ex-choriste de Lars Vaular* s’est prêtée étaient largement au niveau des vocalises psychédéliques de The Great Gig In The Sky, pour recentrer notre propos sur un exemple bien connu. Pour ceux et celles qui ont un jour essayés d’accompagner Clare Torry dans ses loopings soniques (et ils sont nombreux je pense – moi le premier – même si le résultat n’a pas du être très probant), imaginez réitérer cette performance en position assise et en jouant de la mandoline, et vous aurez une idée du respect que je porte désormais à Thea Hjelmeland en tant qu’interprète.

Le moment fort du set fut indubitablement la version participative (comprendre que Thea invita le public à l’accompagner sur le refrain avant de commencer le morceau) de It’s Too Late, étendue bien au delà de ses 4’45 » réglementaires par une Hjelmeland très inspirée, soutenue par un banjo plus folk que blue-grass. S’en suivit un Ladies aux petits oignons (et au ukulélé) ainsi qu’un Perfume dans la droite ligne du Midnight Blues de Liz Green, ultime escapade dans la discographie officielle de cette artiste prometteuse, qui finit sa partie avec deux unreleased comme on dit en anglais (ne me demandez pas comment ça se dit en norvégien), The Well et Reven. Il ne tient qu’à vous d’accélérer la mise en disponibilité de ces titres en votant pour la bonne personne sur cette page. À bon entendeur…

*: Comment, vous ne connaissez pas le Joey Starr viking, le Booba arctique, le Kerry James de Bergen? Mais comment se fait-ce? Sachez, pauvres béotiens, que nous parlons du rappeur le plus connu de Norvège, rien de moins. Cessez de ricaner, c’est également le cousin de Sondre Lerche. Comment, vous ne le connaissez pas non plus?

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Setlist Thea Hjelmeland:1)Age 2)Make Believe 3)Define 4)It’s Too Late 5)Ladies 6)Perfume 7)The Well 8)Reven

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« From Rhodes, Rhodes, Rhodes/From the ashes of Rhodes/Come back… » (air connu)

Thea partie, le staff du Point s’activa à l’installation de la star de la soirée, j’ai nommé l’emblématique clavier Rhodes que l’on retrouve sur une bonne partie des titres de Susanne, The Brothel en tête. La belle ayant choisi de voyager léger pour sa tournée européenne (un choix raisonnable compte tenu de son relatif anonymat à l’international, mais qui a du frustrer plus d’un fan étranger familier du faste des concerts norvégiens de Sundfør), quitte à ne prendre qu’un seul instrument pour faciliter le transport, autant choisir celui-ci. Un « petit » piano à queue de complément aurait sans doute été le bienvenu pour varier les plaisirs et les sonorités au cours du set, mais la salle n’en possédant pas en réserve, le régime musical de ce soir fut donc strictement limité aux vibratos éthérés du synthétiseur fétiche de Susanne Sundfør, enrichis par une foultitude de pédales amenés, aux dires de cette dernière, principalement parce qu’elles avaient l’air cool (blague).

L’imposante machine en place, voilà le taciturne roadie de Susanne qui revient avec dans les mains un fardeau bien plus léger mais tout aussi important au bon déroulé de la soirée: la setlist. Et là, divine surprise, j’aperçois sur le papier blanc les sept lettres que j’avais secrètement espéré lire depuis ce premier concert il y a presque un an de celà: O Master. Pour la faire courte, il s’agit du morceau qui m’a fait découvrir et adorer la musique de Sundfør, quand elle n’était encore à mes oreilles qu’une jeune auteur-compositeur-interprète scandinave dont Francis Zegut s’efforçait (en vain) de prononcer correctement le nom au cours de ses émissions nocturnes. Sauf imprévu de dernière minute, c’est une partie de ma boucle sundførienne qui devait donc être bouclée dans les prochaines minutes, et rien que pour ça, ça valait amplement le coup de venir. Tusen hjertelig takk, Susanne.

Et enfin arrive le moment tant attendu, espéré et fantasmé depuis le 24 Septembre dernier: Susanne surgit des coulisses et s’installe devant son noir pupitre, derrière lequel elle disparaît presque totalement (du point de vue des premiers rangs tout du moins). Après les quelques applaudissements de bienvenue de rigueur, un silence religieux tombe dans la salle, et la première touche effleurée libère la première note du premier morceau de ce récital parisien. Le temps suspend son vol sur le canal St Martin.

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Tout commence par une berceuse (Lullaby), introduite après un prologue atmosphérique et déroutant duquel émerge petit à petit le thème principal du morceau. Issu de The Brothel, ce titre présente la redoutable spécificité de reposer en grande partie sur une progression de synthétiseur d’une complexité toute baba o’rileyenne, impossible à reproduire en live, à plus forte raison lors d’un concert en solo. L’écueil sera contourné par de nouvelles « expérimentations » musicales de Sundfør, qui permettront au morceau d’atterrir sans heurts, même si la grâce onirique de la version studio ne sera pas émulée au cours de l’opération.

Directement greffé aux dernières mesures de Lullaby, When, valse lente faite d’amour et de neige, marcha sensiblement dans les traces de son aîné. Joué adagio, soit sensiblement plus lentement que sur l’album (un parti pris étendu à tous les morceaux joués au cours du set), et introduite par des chemins détournés, cette ballade romantique et funèbre fit forte impression sur un Point Éphémère religieusement à l’écoute. S’ensuivit un Turkish Delight à peine plus enjoué (et pourtant, il s’agissait probablement de la chanson la plus « légère » du concert), avant que Susanne n’attaque le terrible O Master, perle d’une noirceur absolue dans laquelle se reflètent les silhouettes de corbeaux et de chats sans yeux, nourris des os fendus des poupées ayant eu le malheur de déplaire au maître. Ambiance.

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Avant de poursuivre plus avant, Susanne prit le temps de discuter avec le public, réussissant du même coup à alléger un peu l’atmosphère, apprendre un nouveau mot de français et se faire offrir un verre de « vin de rouge ». Pas mal du tout pour une artiste souvent attaquée pour son apparente froideur sur scène.

La suite (et fin) du set fut largement consacrée à des morceaux plus récents (Rome, White Foxes et The Silicone Veil, tous tirés de l’album éponyme distribué en France depuis début Octobre), à l’exception d’un Torn To Pieces tout droit sorti du premier effort de Sundfør, et qui aurait sans doute gagné à être complété par le Day Of The Titans avec lequel il forme une sorte de diptyque naturel sur le CD. Dommage.

Dommage aussi, et c’est bien plus regrettable, que Susanne ait finalement choisi de ne pas jouer l’inédit Trust Me qui pourtant figurait sur la setlist (merci au spectateur du show de Köln qui a eu la bonne idée d’immortaliser ce work in progress plus tôt dans la semaine). Mais bon, le seul fait de savoir que la native de Haugesund est d’ores et déjà en train de travailler sur de nouveaux morceaux suffit à mon bonheur. Winter is coming, new songs too. Kul.

Après nous avoir remercié d’être venus, et nous avoir demandé ce que nous comptions faire après le concert  (si c’était une invitation déguisée à une virée parisienne, personne n’a osé saisir sa chance), Susanne fit mine de partir, avant de revenir conclure la soirée par l’incontournable The Brothel, chef d’œuvre désespéré au potentiel lacrymal encore renforcé par la certitude qu’après ce morceau, c’en serait définitivement fini. Mais, comme Susanne le chante, seuls vivent vraiment ceux qui peuvent mourir, et ça vaut aussi pour les concerts. Carpe Noctem.

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Et c’est ainsi que se termina le passage de Susanne Sundfør au Point Éphémère, laissant dans son sillage ce mélange de joie et déception qui est la marque des évènements espérés plus que de raison. Pouvant sans doute prétendre au qualificatif de fan hardcore de la sirène de Norvège, je suis sorti de la salle avec des étoiles dans les yeux et dans la tête, sans douter un instant que mon sentiment ne puisse pas être partagé par le reste du public. Avec le recul, j’en suis toutefois venu à réaliser qu’il y avait pourtant de nombreuses sources potentielles de déception pour les spectateurs moins avertis/partiaux/enthousiastes que moi. Sonorisation parfois limite, set assez court (neuf titres), artiste peu communicative, « bidouillages » expérimentaux avec les pédales du Rhodes, public très (trop?) discret*… Pour qui escomptait assister à un concert aussi impressionnant que ceux dont les extraits sont visionnables sur le net (celui de la release party de The Silicone Veil au Parkteatret par exemple, ou la session jouée pour la radio suédoise P3), ou imaginait retrouver les luxuriants arrangements des albums en live, la désillusion a pu être grande.
J’aurais évidemment préféré moi aussi que Susanne emmène avec elle toute sa fine équipe de musiciens dans sa tournée continentale, mais, outre le fait que la plupart de ces derniers est engagée dans des projets musicaux parallèles (et donc passablement occupés), le coût de l’opération aurait sans doute été disproportionné au regard de la notoriété limitée de Sundfør en dehors de Scandinavie.

Pour ma part, je préfère voir ce concert, aussi minimaliste fut-il, comme un cadeau offert par Susanne à ses fans européens, sentiment renforcé par l’absence de stand de merchandising et la diversité de la setlist (quatre morceaux de The Brothel, quatre de The Silicone Veil et un de Susanne Sundfør): de toute évidence, Sundfør n’est pas venue au Point Éphémère pour vendre son nouvel album (d’ailleurs, elle n’a a aucun moment évoqué le fait qu’elle venait de sortir un nouveau LP au cours du show). Et cependant, elle est tout de même venue « all the way from Norway » (dixit herself) pour se produire dans une petite salle parisienne. Venant d’une artiste qui pourrait se contenter de vivre de sa seule aura nationale (deux prix Spellemann à son actif, une critique dithyrambique, un succès commercial qui ne se dément pas et des concerts programmés dans les salles les plus prestigieuses du pays – dont un passage par l’Opéra d’Oslo avec les TrondheimSolistene en Décembre prochain -), le geste est, à mes yeux du moins, hautement symbolique.
Merci donc Susanne pour cette soirée trop vite passée, et à une de ces nuits froides, terribles et belles que tu chantes si bien.

*: Je pense tout de même que Susanne Sundfør préfère que son public soit trop calme (comprendre, attentif) que trop bruyant. Elle a ainsi suggéré aux bavards qui étaient venus la voir se produire à Kongsberg en Octobre de – je cite – : « gå hjem og spis bæsj » (traduction littérale: rentre chez toi et mange de la m….). 

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Setlist Susanne Sundfør:

1)Lullaby 2)When 3)Turkish Delight 4)O Master 5)Torn To Pieces 6)The Silicone Veil 7)Trust Me (pas jouée, malheureusement) 8)Rome 9)White Foxes

Rappel:
10)The Brothel

À propos de Schattra

Égoïstement optimiste, çapourraitêtrebienpirologiste assumé. Selfishly optimistic, proud itcouldbemuchworsologist

Publié le novembre 12, 2012, dans Revue Concert, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 8 Commentaires.

  1. Thea Hjelmeland en 1ere partie !!! Bon bah je suis vraiment déçue de ne pas être venue, surtout que je n’étais qu’à quelques centaines de mètres de là😦 Il y avait du monde ?

  2. Très bon résumé, et très bien écrit. Super artiste en effet, qui mériterait un rayonnement bien plus important (comme beaucoup de groupes norvégiens cela dit). Et merci infiniment pour le lien vers la performance à P3 que je ne connaissais pas. Quel concert !

    • Oui, avec le reste du groupe derrière, les concerts prennent une autre dimension! Un jour peut-être, quand la demoiselle aura acquis la reconnaissance qu’elle mérite à l’étranger, nous aurons la chance d’assister à ce genre de grand-messes musicales… D’ici là, il faudra nous (et par nous, je crains fort que seuls les Parisiens et proche banlieusards soient concernés) de performances en solo. Et du show de P3. Ce qui n’est déjà pas mal.🙂

      • Sans compter que l’extraordinaire concert du Parkteatret arrive goutte à goutte sur Youtube en qualité excellente. Certaines chansons (je pense à Among Us) gagnent vraiment de la profondeur avec les nouveaux arrangements. Quant à la voir chanter Rome sur scène, avec cette puissance exceptionnelle (et inattendue dans un physique si menu)…

  3. Un mot encore, allez ! Nous sommes venus exprès de Tours (certes ce n’est pas si loin) pour voir le concert du Point Éphémère, que nous avons trouvé très réussi. Alors, oui, la sono était loin d’être irréprochable, mais enfin, le Rhodes est un instrument impossible à gérer, surtout quand il est la seule orchestration, quant à l’ambiance recueillie, je la trouve beaucoup plus adéquate que les grandes fêtes dansantes (mais là ce n’est que mon avis). J’ai découvert Susanne grâce à a-ha, groupe qu’il est de bon ton de mépriser, mais qui pour moi représente la quintessence de la pop, un inépuisable creuset à sensations, et je n’ai aucun mal à trouver une filiation entre des chansons comme « Celice » ou « Cosy Prisons » et « White Foxes » (basse ronflante soutenant des instruments « organiques » jouant avec parcimonie, mais touchant toujours juste). L’absence de communication sur scène a sans doute à voir avec la retenue immémoriale dans ces contrées nordiques (ce ne sont pas des génies comme Hamsun ou Jon Fosse qui diront le contraire). Cela peut nuire évidemment au développement médiatique d’une carrière, mais au moins, seul l’aspect artistique de la démarche est mis en avant, et là je trouve que nous sommes comblés. The Silicone Veil est un formidable album, peut-être un peu inégal, mais qui renferme des pépites comme on en entend peu. Vivement la suite, avec, espérons-le, un peu plus de projecteurs braqués ici sur cette chanteuse qui mérite les honneurs dus aux plus grands.

    • J’aime bien a-ha! Pas tout et pas à la folie, mais il n’y a rien de honteux dans leur discographie, et comme vous dîtes, certains de leurs morceaux sont de véritables chefs-d’œuvre pop, un style de musique plus galvaudé qu’à son tour, et c’est bien dommage. C’est Gainsbourg qui disait que pop ne signifiait pas popu, et il avait (encore une fois) raison.

      Pour revenir au concert proprement dit, ni les problèmes acoustiques ni la communication minimale avec le public ne m’ont dérangé le moins du monde, mais comme je me savais très peu objectif sur le sujet, j’ai tenu à en faire état dans mon compte-rendu, afin que ce dernier n’apparaisse pas (totalement) comme un tract de propagande ouvertement pro-Sundførien. J’ai déjà donné!😉 Mon but était surtout d’informer les futurs fans potentiels de réalités peut-être pas déplaisantes mais sûrement un peu déroutantes pour qui se rendrait pour la première fois à un concert de la demoiselle: n’espérez pas un rendu aussi riche et grandiose que sur les albums (car elle n’emporte pas son backing band avec elle hors de Scandinavie), et n’attendez pas non plus qu’elle vous raconte sa vie entre chaque morceau (pour un public latin, c’est loin d’être évident). Une fois ces détails intégrés, on ne peut qu’être surpris en bien.

      Pour finir, je voulais vous remercier d’avoir pris le temps de lire cet article et de poster vos commentaires. J’espère avoir bientôt l’occasion de vous retrouver dans une salle de concert française pour applaudir de nouveau Susanne Sundfør! Et même si je ne sais pas si elle percera vraiment un jour en France, tant qu’elle aura des fans prêts à faire l’aller-retour Tours-Paris pour venir à ses concerts dans l’hexagone, je pense qu’elle n’est pas la plus à plaindre…

      • Oh mais merci à vous ! Nous aurons sans doute l’occasion d’échanger ailleurs sur votre site, puisqu’une passion commune pour la Norvège et pour la musique en général semble nous réunir. Et c’est un plaisir de lire des recensions si bien écrites, encore une fois. Quand à un prochain concert de Susanne Sundfør à Paris, eh bien… let’s hope ! Mais le prochain album semble déjà lancé alors… A bientôt ?

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