BAND OF HORSES @ LE TRIANON (05.11.2012)

C‘est dans le superbe écrin du Trianon de Paris que les broncos de Seattle avaient donné rendez-vous à leurs fans français pour leur unique date dans la métropole. Après avoir fait trembler la Maroquinerie, la Flèche d’Or et la Cigale, la bande à Bridwell faisait donc halte dans cette belle et grande salle pour présenter son dernier bébé, Mirage Rock, dans le cadre d’une tournée européenne débutée la veille à Milan. Chevaux sur scène et grenouilles dans l’orchestre, retour sur une soirée animale.
La première partie de la soirée vit les cinq garçons de GOLDHEART ASSEMBLY défendre leurs couleurs devant un public attentif et (au moins) une fan acharnée, qui révéla sa présence en osant réclamer une chanson aux deux frontmen du groupe, lesquels invitèrent la demoiselle à quitter la salle. Non mais, c’est vrai ça, la foule qui (tente d’) impose(r) ses quatre volontés aux artistes, c’est so 70’s! Tu t’es crue à un concert des Doors poulette ou quoi?
Évidemment, second degré british oblige, l’injonction de James et John, respectivement bassiste et guitariste de l’assemblée des cœurs d’or, était à prendre au second degré, et le set se poursuivit dans la joie, la bonne humeur et les petites blagues de rigueur entre les morceaux. Petits fripons.

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Franchement desservis par une sonorisation excessive (être obligé de mettre ses earplugs après la fin du premier titre alors qu’on est assis au deuxième balcon, c’est la loose), qui a transformé les nombreux « aaaah » des chorus en attaques soniques de première catégorie, les GHA s’en sont toutefois sortis de manière honorable. Fortement influencés par la britpop des 60’s, perceptible à la fois sur le plan musical (les harmonies vocales, tout à fait beatlesques) et physique (leur guitariste lead semblant tout droit sorti d’un concours de sosie de Keith Relf et/ou Brian Jones*), le combo londonien vit et joue tout de même à son époque: l’indie-rock était également de sortie pendant cette demi-heure introductive, ce qui n’a évidemment pas déplu au public. À noter que James Dale a une tessiture très proche de celle de Nathan Nicholson (The Boxer Rebellion), ce que ne gâche rien.

Sans être aussi révolutionnaires que leurs modèles coupe-au-bol (en même temps, la barre était fixée très haute) les Goldheart Assembly ont fait étalage d’un sens mélodique et d’une inventivité très prometteurs, sans que je puisse malheureusement vous conseiller d’écouter tel ou tel morceau pour étayer mes dires, la setlist étant un peu trop loin pour que je fasse les recoupements nécessaires. Vous pouvez toujours jeter une oreille sur King Of Rome pour vous faire une idée de l’univers musical du groupe. Leur nouvel album étant sur le point de sortir, gageons que cette sympathique quintette devrait revenir par chez nous dans un futur pas trop lointain.

*: Ne saute jamais dans la piscine de l’hôtel avec une guitare non mise à la terre Kyle, ça pourrait mal se terminer.

Pendant l’entracte de rigueur, les roadies de BAND OF HORSES, tous aussi pileux que les membres du groupe, s’activèrent à faire place nette sur la scène. La batterie de Creighton au fond, les claviers de Ryan à gauche, une pedal steel (qu’il n’utilisera même pas en plus) pour Ben au milieu, et roulez jeunesse.

Voilà la joyeuse bande de potes qui débarque sur scène et débute un set long (22 morceaux) et varié, pas vraiment centré sur leur dernière galette (5 titres tout de même, soit autant que Infinite Arms mais un de moins que Cease To Begin) et au cours duquel tous leurs classiques seront livrés en pâture à un public enthousiaste mais pas chaud bouillant non plus, abstraction faite des deux bûcherons barbus du deuxième rang qui passeront la totalité du concert à sauter partout. Il en faut!

Visiblement contents d’être là et toujours aussi complices entre eux (surtout Ben et Ryan, qui s’enverront moultes œillades entendues au cours du show), les BOH gratifièrent en sus le Trianon de deux reprises: Ain’t No Good To Cry de The Hour Glass pendant le tour de chauffe, et Don’t You Take It Too Bad de Townes Zandt dans la dernière ligne droite avant le rappel. Pour m’être rencardé sur leurs précédentes setlists (et oui, on travaille quand même – un peu – en aval), j’avais secrètement espéré qu’ils jouent plutôt le Powderfinger de Neil Young, comme ils l’avaient fait au cours de leurs deux précédentes prestations. Ce ne fut pas pour cette fois, tant pis, c’était bien quand même. Le groupe faisant l’effort de remanier radicalement, si ce n’est la composition, au moins l’ordre de sa setlist chaque soir, il serait tout de même gonflé de leur reprocher cet « oubli ». Cette approche généreuse a toutefois les défauts de ses qualités, certaines silver bullets (Is There A Ghost et Islands On The Coast) ayant été à mon sens tirées trop tôt dans le set, alors qu’elles auraient pu avantageusement se greffer à un bouquet final réduit à sa plus simple expression (Ode To LRC et, bien sûr, The Funeral). Comment ça, je ne suis jamais content?

Qui dit concert de Band Of Horses dit évidemment utilisation immodérée du vidéo-projecteur. Rien de bien transcendant de ce côté là, ni de très neuf non plus, les fans présents au show de la Cigale ayant pu retrouver les mêmes images que celles utilisées à cette occasion. Le même lac pour The Great Salt Lake, la lune tourbillonnante pour Is There A Ghost, le ciel nocturne pendant No One’s Gonna Love You… Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec une présentation PowerPoint (assez basique je dois dire), chaque morceau ayant son slide attitré. Le groupe a toutefois mis à profit son excursion à Montmartre plus tôt dans la journée pour enrichir leur catalogue d’une vue d’ensemble (brumeuse) de la capitale, vraisemblablement prise devant le Sacré Cœur. Sympa.

Soirée diapos au Trianon… Heureusement, la BO des BOH est de qualité.

Après une première sortie de scène bruyamment contestée par le public, le rappel permit à notre bande d’équidés de conclure leur concert par une ultime rétrospective de leur répertoire. Quatre chansons tirées de leurs quatre albums, dont l’incontournable The General Specific, au cours de laquelle le plus barbus des roadies du groupe vint prêter guitare-forte à ses employeurs, offrant même une épaule secourable à la tête de Tyler Ramsey. Tu parles d’une sinécure.

Et c’est sur cette ultime image de franche camaraderie que le show se referma. Merci les gars, prenez soin de vous et n’hésitez pas à revenir nous voir: il y encore des tas de salles parisiennes dans lesquelles vous n’avez pas joué.

Setlist Band Of Horses:

1)For Annabelle 2)Electric Music 3)Ain’t No Good To Cry (The Hour Glass cover) 4)The Great Salt Lake 5)Is There A Ghost 6)Weed Party 7)Islands On The Coast 8)On My Way Back Home 9)Cigarettes, Wedding Bands 10)Everything’s Gonna Be Undone 11)Laredo 12)Older 13)Slow Cruel Hands Of Time 14)No One’s Gonna Love You 15)Don’t You Take It Too Bad (Townes Van Zandt cover) 16)Knock Knock 17)Ode To LRC 18)The Funeral

Rappel:
19)Heartbreak On The 101 20)The First Song 21)Infinite Arms 22)The General Specific

À propos de Schattra

Égoïstement optimiste, çapourraitêtrebienpirologiste assumé. Selfishly optimistic, proud itcouldbemuchworsologist

Publié le novembre 8, 2012, dans Revue Concert, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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