W.H.A.T.T. (I.F.): Summer’s Almost Gone

Oui, je sais, c’est cruel.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Les matinées se font plus frisquettes, les soirées plus courtes. Le périphérique, si fluide il y a seulement quelques jours, a retrouvé sa compacité habituelle. Dans les RER, les attachés-cases ont repris l’avantage du nombre sur les bermudas, et la première grève syndicale de la saison est attendue dans le courant des prochaines semaines. Trouver une place assise dans le métro entre 7 et 10h nécessite à nouveau soit l’explosivité d’Usaïn Bolt, soit une chance de gagnant de l’Euromillion (ou une carte de grand invalide de guerre et une grossesse à un stade très avancé). Le week-end, les bois et les pièces d’eau fourmillent de joggers et de VTTistes débutants mais plein de bonne volonté, qui disparaîtront en l’espace de deux semaines lorsque Septembre l’estival deviendra Septembre le lacrymal et noiera les bonnes résolutions sous des trombes d’eau très froide.
Il flotte comme un parfum de fin de règne dans les villes et les campagnes, et ce règne est celui de Sa Majesté l’Été, qui après s’être fait tant désiré, puis vilipendé avec ferveur à chaque fois qu’il a fait signe de s’écarter d’un dixième de degré des sacro-saintes normales saisonnières, a décidé qu’il était plus que temps pour lui d’aller voir ailleurs s’il y sera. Avec le changement climatique, ce n’est même pas sûr.

C‘est bien dommage que l’été s’en aille. D’un point de vue strictement personnel, je dois reconnaître que le beau temps et la chaleur presque systématique (pendant une période au moins) de cette saison ont des avantages indéniables. D’un point de vue de bloggeur musical, cela veut également dire que le temps des festivals touche à sa fin.
Bien sûr, des festivals il y en aura encore régulièrement d’Octobre à Mai prochain, mais rien de comparable en terme de taille, d’affiche et de notoriété avec ce qui s’est fait durant les trois derniers mois. Et puis, un festival pendant lequel les artistes se produisent sous un toit en dur au lieu de s’époumoner en plein air ou sous un chapiteau, ça fera toujours un peu tiquer celui ou celle qui a déjà eu la chance, le plaisir et l’avantage de rôtir sous le soleil ou de piétiner dans la boue devant une scène de concert. L’ambiance festivalière, c’est un peu comme une cerise: on peut la laisser macérer dans un bocal étanche pour la déguster en plein cœur de l’hiver, le goût ne sera jamais aussi parfait qu’au moment de la cueillette, même (surtout) si la branche sur laquelle on était perché se casse sans crier gare (c’est traître comme bois le cerisier).

Valeur de la parure au 19 Juillet 2012: 321 euros. Valeur actuelle: priceless.

Adieu donc, week-ends passés aux quatre coins de la France (voire de l’Europe ou du monde pour les plus chanceux et fortunés) à courir de scènes en scènes pour tenter de respecter un programme idéal mais absolument pas réalisable dans la vraie vie. Adieu, foules immenses massées devant la grande scène à la tombée du jour, mers tumultueuses traversées tant et tant de fois au cours de l’été, avec plus ou moins de succès. Adieu, journées passées à piétiner sur place dans l’attente de ze concert de l’amor quitus. Adieu, stands de nourriture et buvettes continuellement prises d’assaut par des hordes de congénères qui arrivent toujours à se faire servir avant nous. Adieu, eco-cups en plastique échangées  contre un euro symbolique à l’entrée du site, et qui n’ont pas toujours retrouvé le chemin des cartons des organisateurs à la fin des festivités. Adieu, petits mensonges pieux et ruses de sioux utilisés pour tromper la vigilance de braves vigiles peu enclins à l’excès de zèle (« non, je n’ai pas d’appareil photo sur moi »). Adieu, campings chaotiques, plus bruyants de nuit que de jour, et dont la propreté originelle a toujours rapidement laissé place à des amoncellements de détritus indignes des favelas les plus démunies de Bogota.
Adieu enfin, bracelets multicolores dont la valeur sentimentale est désormais plus importante que la valeur financière, et qui finiront épinglés sur le mur des merveilles musicales, parmi les autres reliques et reliquats de moments d’extase sonique révolus mais point oubliés. Que les souvenirs attachés, imprégnés, à ces bandes de tissu, de papier et de plastique puissent perdurer pour des siècles et des siècles. Amen.

Adieu donc, saison des festival. Adieu pour cette année en tout cas. S’il s’avère que les Mayas se sont montrés un poil défaitistes dans leur horoscope 2012, il se pourrait bien que l’on remette tous le couvert dans quelques mois. D’ici là, ne t’inquiète pas trop pour nos oreilles: les newsletters des salles de concert environnantes s’amoncèlent déjà dans les boîtes-mails comme des feuilles mortes sur les chemins forestiers au début du mois de Novembre. Summer’s almost gone, true enough, but this is not the end yet, beautiful friends.

À propos de Schattra

Égoïstement optimiste, çapourraitêtrebienpirologiste assumé. Selfishly optimistic, proud itcouldbemuchworsologist

Publié le septembre 10, 2012, dans Revue Festival, W.H.A.T.T. (I.F.), et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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